‹ La liberté religieuseChapitre 27 sur 33 · IN BOUDDHISTE · texte numérisé non relu

IN BOUDDHISTE

inventées par la crédulité et des miracles imaginés pouf plaire au peuple ou pour le tromper, que restet-il? Une doctrine simple, qui s'adresse à l'esprit et au cœur, un culte aussi simple que la doctrine. Il y a peu de dogmes et de cérémonies dans le bouddhisme, car c'est la réforme d'une religion qui en a singulièrement abusé, la religion de Brahma. Surtout il n'y faut chercher ni Trinité, ni Dieu incarné, ni ressemblance foncière avec le catholicisme ; Burnoui a fait justice de toutes ces rêveries qui souriaient a l'incrédulité du dernier siècle, et ce n'est pas le moindre service qu'il ait rendu. Le bouddhisme est une religion purement indienne, une protestation contre le brahmanisme et sa désolante doctrine , rien de plus.

On sait quel est ce dernier système, qui règne encore dans rinde; c'est une métempsycose sans fin, une existence continuelle, sous des formes diverses. Tantôt homme et tantôt bête, l'individu change sans cesse, sans cause et sans but; il y a, sans doute, une condition meilleure pour l'homme de bien, et pire pour le méchant, mais, bons ou mauvais, tous sont condamnés à traîner éternellement une vie sans repos. Sakya-Mouni repousse cette religion, qui ne satisfait pas le cœur. Suivant lui, l'homme est maître de l'avenir; le bien qu'il a fait, la culture qu'il a donnée à son inteUigence , lui profitent au travers de toutes les transformations qu'il lui faut subir; il s'élève sans cesse par le progrès moral et le travail de son esprit; plus pur que les divinités dont est peuplé le Panthéon indien, il est aussi plus grand; chaque pas dans la voie de la vérité et de la vertu le hausse d'un degré, jusqu'à ce que enfin, devenu une pure iulciligencc (le nom do Bouddha ne veut pas dire

autre rhosp), il s'abîmo dans l'iiifini, et entre dans le nirvana ou l'éternel repos.

Que faut-il pour atteindre ce but suprême? Un complet détacliemetit du monde et de ?oi-rhêiUe. Il faut qu'on ne tienne pas plus aux choses humaines que là goutte d'eau ne tient à la feuille de lotus. L'esprit se détache par l'étude sans passion, la contemplation, l'extase; le cœur se détache pâli* le sacrifice. Ce n'est pas assez d'avoir mis de côté tout orgueil , loute envie et toute crainte ; ce n'est pas assez d'être ihaste, pauvre, patient, il faut pousser le dévouement jusqu'à la foHe. Le Bouddha, dans ses existences successives, a donné sa terre, ses éléphants, ses esclaves, ses femmes, ses enfants, ses maitis, ses yeux, sa langue, sa vie. En somme, anéantir le moi, ou plutôt le réduire à l'état d'intelligence en extase et laisser écouler toutle reste, aller par la souffrance au reriôiicement de toutes choses, et s'immoler pourle bonheur et même pour le caprice d'autrui, c'est là tout le bouddhisme. Quand le dernier soufîle de la passioll est tombé, quand les dernières cendres sont éteintes, quand ce que nous appelons la vie a disparu, l'homme, devenu bouddha, sort enfin de ce monde , qui n'est qu'une illusion, emportant avec lui à l'autre rive les âmes fidèles qui l'ont suivi. « Après avoir délivré complé- (( tement les êtres de la vieillesse, de la mort, de la « maladie, de la corruption, du désespoir, des mi- (( seras, des inquiétudes et du trouble, après les (( avoir fait passer au delà de l'océan de la vie émi- (( grante, il les établira dans la région d'une nature « impérissable, heureuse et sans crainte, exempte de « misère et de douleur, calme, sans passion, et sans « mort. » Ainsi s'expriment les cent mille fils des dieux dan.>5 la curieuse légende que M. Foucaux a

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