‹ La liberté religiuese en Europe depuis 1870Chapitre 13 sur 19 · LES NOUVELLES LOIS EGGLÉSUSTIQCES DE L'AUTRICHE · texte numérisé non relu

LES NOUVELLES LOIS EGGLÉSUSTIQCES DE L'AUTRICHE

de toute liberté étouffait les protestations. La Hougrie, grâce à sa constitution particulière, échappa à cette tyrannie inepte ; les Etats héréditaires lui furent eijtièrement sacrifiés : ce fut une sorte d'asr phyxie morale, enlevant l'air respirable au pays et le paralysant peu à peu. On s'en aperçut dans les plaines de la Bohême, sous le pied du plus rude vainqueur des temps modernes. Il y eut alors un formidable cri d'indignation qui monta jusqu'à l'empereur. Le peuple autrichien se montra trèsgrand dans la défaite; au lieu de s'abandonner et de se traiter en moribond en demandant les saintes huiles à l'Eglise, il vit promptement où le menait la domination cléricale. La cause du mal fut dé' noncée avec énergie et persistance. Un congrès d'instituteurs pour la réforme de l'instruction primaire tenu au château impérial de Vienne en septembre 1867, constata Tétat misérable où l'on avait laissé les écoles et leur petit nombre; il exprima avec unanimité et énergie le ferme vouloir de la partie éclairée de la nation d'enlever l'école à l'influence du clergé. Eien d'excessif ne se mêla à ces manifestations ; elles ne revêtirent point un caractère irréligieux. Le parti libéral comprit qu'il ne suffisait pas de donner à TAutriche un régime constitutionnel et que rien ne serait fait tant que le concordat serait debout. Par bonheur l'em-

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pereur qui Tavait g igné était un prince vraiment patriote, désireux avant tout d'assurer le bien du pays, disposé à se laisser éclairer, à modifier ses vues. Catholique sincère, il n'était pas un^ dévot intraitable ; il savait résister au clergé quand il le fallait. Aussi ne mit-il aucun obstacle à ce que. son gouvernement reprît en la modérant la tradition de Joseph II, et, sans abroger le concordat tout entier, lui portât les plus graves atteintes. M. de de Beust soumit au Reischratli trois lois qui suffisaient à détruire le système de 1855. Par la première, les causes matrimoniales étaient enlevées aux juges ecclésiastiques; le mariage civil était rendu possible en cas de refus obstiné du prêtre. Une seconde loi enlevait l'enseignement à la domination de l'Eglise. Une troisième loi, présentée au mois d'avril 1868, abrogeait dans les mariages mixtes les conditions intolérables faites aux pères de famille non catholiques et statuait que, tandis que les fils suivraient la religion du père, les filles celle de la mère. Les conversions d'un culte à un autre étaient déclarées libres. Les cimetières ne furent plus fermés aux dissidents. Enfin le chômage des jours fériés n'était plus imposé*

Certes cette législation était encore bien timide ; elle laissait subsister de grands abus. Néanmoins, dans les deux chambres, elle provoqua les plus

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