LES NOUVELLES LOTS ECCLÉSIASTIQUES DE L^AUTHIGHE
ce mot révolutionnaire : c Jamais, quoi que vous fassiez, nous n'accepterons dans le Tyrol une pareille législation. > Le premier député libéral entendu répondit à ces objurgations par ce simple mot qui donnait au débat toute sa signification : « L'Autriche est un Etat fondé sur le droit, et à ce titre, elle ne peut être un Etat confessionnel, elle ne peut admettre aucune religion d'Etat; tous les cultes doivent être soumis à la loi. Il faut mettre fin aux agressions cléricales qui retentissent dans ' toutes les chaires, et c'est aux lois présentes à tra* cer la ligne entre le domaine de la religion et le domaine de l'Etat. > Les ultramontains ne trouvèrent pas d'autre argument que celui du Père Oreuter, celui de la violence et de la révolte, en se fondant toujours sur le caractère irrémissible du concordat. D'après eux, l'Autriche doit lui être sacrifiée, aux siècles des siècles, quels que soient ses vœux et ses besoins de réforme. Les députés libéraux ont opposé à ces harangues fanatiques le droit moderne, qui a pour première conséquence qu'un peuple s'appartient à lui-même et qu'il peut disposer de lui-même et de sa constitution. Ils ont eu soin également d'établir que la législation proposée ne portait aucune atteinte à la religion, qu'elle la laissait dans sa haute sphère, en se bornant à régler ses relations nécessaires avec l'Etat
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dans l'intérêt du bon ordre et de la liberté. < Nous voulons en finir, s'écria le député Fuchs aux applaudissements de l'assemblée, avec Je principe d'une autorité théocratique inconditionnel]ie ; nous voulons que notre patrie bien-aimée combatte du bon côté dans cette grande lutte engagée en Europe dont toutes les aspirations vont à la liberté. » La mémoire de Joseph II y fut souvent invoquée dans la discussion, pour être maudite par les uns et glorifiée par les autres. Cependant il faut remarquer à l'honneur du parti libéral qu'il n'a point copié le passé, et qu'il a évité avec soin de transformer l'Eglise en ud pouvoir politique. Les lois de 1874 marquent le progrès accompli au dix-neuvième siècle dans les hautes sphères du vrai libéralisme, qui aspire à la distinction des deux pouvoirs et non à la subordination de la religion.
Le discours du ministre des cultes, le D"" von Strœmayr, est remarquable à cet égard; il prit soin de distinguer les lois proposées par le gouvernement de celles qui ailleurs portent atteinte à la conscience catholique. Il avait le droit de déclarer que le chemin que suivait le ministère était un chemin nouveau et ne ressemblait point à celui où s'engageait la politique autoritaire qui fait la guerre à TEglise. c Permettez-moi, dit-il, d*ex-