AVANT-PROPOS. VU
la date de leur publication. Les autres morceaux du volume sont inédits. Un lien étroit rattache entre elles toutes ces études. La première est consacrée à un historique rapide des progrès de la Société de Jésus, d'après de nouveaux documents. C'est dans son récent triomphe qu'est le point de départ de la crise présente, comme j'ai essayé de l'établir. Le chapitre sur la politique ultramontaine au lendemain de la guerre montre jusqu'où allaient alors ses prétentions et ses provocations. La réplique lui est venue de l'Allemagne et de la Suisse. Les deux chapitres étendus consacrés aux luttes ecclésiastiques qui ont éclaté à Berlin, à Genève et à Berne mettent en lumière les torts graves que l'Etat s'est donnés en empiétant sur le domaine religieux, sous prétexte de se défendre contre l'usurpation cléricale. J'ai opposé à ces exagérations si regrettables l'exemple de l'Autriche, qui a su se débarrasser des liens de son concordat, sans porter atteinte aux franchises de l'Eglise. Enfin, après un rapide aperçu de la crise ecclésiastique du protestantisme français, qui a abouti au synode général de 1874, j'ai signalé
YIII LA LIBERTÉ RELl&IEUSE EN EUROPE.
sans détour toutes les entraves que la liberté religieuse rencontre encore dans notre législation. Si j'ai trouvé plus que de simples fétus dans Tceil de nos voisins, je ne pouvais oublier la poutre qui est dans le nôtre. Ce livre est, je puis le dire, un livre d'entière bonne foi; j'ai signalé sans détour le mal^ et Terreur dans tous les camps. La sincérité qui abjure l'esprit de parti se paye cher ; elle provoque la sévérité des jugements contraires ; mais quoi ! combattre franchement le com -
bat de toutes les libertés, en commençant par la
# plus sainte de toutes, c'est pour cela qu'il vaut la
peine de parler, d'écrire et de vivre.
E. DB i?BESSENSé, Membre de TAssemblée nationale.
Paris, ce 12 mai 1874.
LA