Ibid., p
3. Jean Juvénal des Ursins, t. III de Froissart, éd. Buchoii, p. 322. — Livre des faits de Jean Boucicaut, p. 281 et suiv. — Christine de Pisan, t. III de Froissart, éd. Buchon, p. 224. — Cf. R. Delachenal, Histoire de Charles V, 1909, 1. 1, p. 14 et suiv.
4. L. Delisle, Recherches sur la librairie de Charles V (Paris, 1907, 2 vol. in-8), t. I, p. 7 et 23.
toutes sciences connues '. Le roi Charles prenait plaisir à fréquenter ces maîtres solennels, les translateurs infatigables, Denis FouUechat, Jacques Bauchant, Jean Corbechon, Jean Daudin, Jean Golein, Nicole Oresme, Raoul de Presles et Simon de Hesdin - : car, possédant la science et entendant lui-même le latin, il voulait toutefois que tous profitassent des bonnes doctrines de saint Augustin, d'Aristote, de Tite Live, de Valère et de ce livre par excellence, la Bible, dont le texte, la glose et l'allégorie étaient, grâce à lui, distingués 5. C'était sa vraie cour royale que cette assemblée de clercs et de religieux, qui, au jour attendu, un genou en terre, leur livre fraîchement enluminé ouvert à la bonne page, venaient lui offrir un travail richement rétribué ; dans ces miniatures de présentation, assis dans son fauteuil en X, parfois même le capuchon ou le bonnet en tête, ce roi nous apparaît comme l'un d'eux +.
Christine de Pisan le comparait à Ptolémée, roi d'Egypte, qui réunit cinquante mille volumes et mesura la circonférence de la terre > ; pour Pierre Bohier il semblait un autre Jules César, prompt à saisir en même temps le sens d'écrits très divers, un Charlemagne qui, le jour même où il devait livrer bataille, ne faisait pas moins de trois lectures ^.
Il y a là, on en conviendra, quelque exagération. Gilles Malet, son valet de chambre, ce lecteur agréable qui ponctuait si bien ", dressa en 1373 le catalogue de sa librairie ^ : elle