‹ La librairie de Charles d'OrléansChapitre 58 sur 224 · XLVIII LA LIBRAIRIE · texte numérisé non relu

XLVIII LA LIBRAIRIE

d'dventure le Méliador de Jean Froissart, Cléomades et l'Histoire de Prudence et Mélibée.

Une suite de romans de la Table ronde : Arthur et le Saint Graal, Giron le Courtois, Lancelot du Lac et Perceval.

Parmi les compositions satiriques, allégoriques et morales il faut d'abord nommer le Roman de la Rose, cette bible de toute poésie ; La Consolation de Boèce (dont la librairie comptait quatre exemplaires en latin, deux expositions et un exemplaire en français); les Métamorphoses d'Ovide en français ; les Échecs Moralises de Jean de Vignay ; l'Apparition de Jean de Meun par Honoré Bonnet (deux exemplaires); de Christine de Pisan, le livre de Prudence, de Police, le Chemin de longue étude, les Épîtres sur le Roman de la Rose, l'Epître d'Othéa à Hector; le livre des Questions d'amours; l'Estrille Fauveau; le Miroir aux dames de Durand de Champagne; Carité et Miserere du Reclus de Moiliens ; les trois Pèlerinages de Guillaume de Deguilleville ; le livre du Pèlerin, qui désigne quelque ouvrage de Philippe de Mézières'.

La poésie était représentée par les Ballades d'Eustache Deschamps ; le Dit Royal de Froissart ; les Cent Ballades ; le livre des Quatre Dames d'Alain Chartier et par plusieurs autres livres de ballades^.

La réunion des livres de Charles d'Orléans nous permet-elle d'esquisser le tableau de ses goûts et de ses connaissances ? Pouvons-nous retrouver en lui, l'empreinte que la fréquentation des livres nous laisse dans l'esprit ? Ce raisonnement, sans trop de hasard, nous pourrions le formuler en général; il a sa valeur dans le cas de Charles d'Orléans. Ne possédonsnous pas les comptes de sa maison, si complets certaines années qu'ils nous permettent de restituer ses occupations journalières? N'avons-nous pas le Uvre, confident de sa pensée, son recueil de poésies, où l'allégorie voile seulement ses propres sentiments et l'histoire de sa vie intérieure :

1. Sans doute le « Songe du povrc pèlerin » (Jorga, Philippe de Mé:iièies et la croisade au XIV' siixle, 1896, p. 467).

2. L'un fut offert en 1457, par Jacques de ,Savoie (Bihl. Nat., Pièces Orig., 2159, n" 660) ; ur. autre payé à un Lombard en 1462 (Maulde, Histoire de Louis XII, p. 91) ; un troisième ollert par lemarquis de Saluces (Le Roux de Lincy, p. 49).

Dedens mon livre de pensée J'ay trouvé escripvant mon cueur La vraye histoire de doleur De lermes toute enluminée... ■

Le fond de sa bibliothèque se composait d'ouvrages pieux et toutes les bibliothèques du temps offrent ce trait commun. Ils étaient l'objet des méditations et des commentaires^. On aurait tort cependant d'après leur nombre de déterminer leur importance dans le cercle des laïcs et des gens du monde du moins. L'influence d'un livre se mesure au nombre de ses lecteurs. Les livres d'aventures, les romans de chevalerie, les poésies étaient déjà beaucoup plus lus. Dans les anciens catalogues, ce sont eux qui manquent le plus souvent, toujours prêtés ou, comme nous dirions, en mains. Ils circulaient dans les cercles de personnes curieuses et lettrées et les dames se les faisaient lire. Nous retiendrons cependant le grand nombre d'ouvrages pieux que Charles a rapportés de sa prison d'Angleterre et un religieux, son contemporain, autorisé à tirer des copies de ses livres, les estima précieux et dévots K C'est un fait qu'il demeura pieux et un chroniqueur a parlé de ses oraisons comme de ses aumônes qui édifiaient tout le monde 4. De Michel Boudet, nous le vo^-ons en 1455 acheter des patenôtres d'Allemagne»; d'un marchand étranger des patenôtres de cristal^; il en possédait de corail vermeil", de jais noir à pièces de cyprès^, avec des médailles de Véronique et de saint Pierre ^, en sitrin '°, à signeaux de cassidoine '', à

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