Ibid., p
« Veux-tu donc voir ton cas en autrui et les aventures de nos jours comparer humainement à celle des anciens prédécesseurs ? Lis Homère, Virgile, Tite Live, Orose, Trogue Pompée, Justin, Florus, Valère, Stace, Lucain, Jules César, Brunet Latin, Vincent de Beauvais et les autres historiens qui ont travaillé à allonger leur bref âge par la notable et longue renommée de leurs écritures » : ainsi le conseille un insigne orateur ' .
Charles d'Orléans avait lu ces auteurs, comme il connaissait sa chronique des rois de France ^, la Signification de leur sacre ' et l'Office de sainte Clotilde ■+. De tradition il aimait le très chrétien « franc royaume ' de France », étant luimême « creu au jardin semé de fleurs de lys '^ », son écu d'azur, l'oriflamme et il nomma avec honneur les vaillants champions Charlemagne, Roland, Olivier et saint Louis ". Mais, malheureux à la guerre, plus que toute chose il aima la paix '^■. De tels enseignements ne se trouvent point dans les livres. Il est par contre difficile de ne pas rattacher à la lecture de Boccace, plutôt qu'à celle des romans chevaleresques, les charmants vers :
Ou vieil temps grant renom couroit De Criseïde, Yseud, Elaine Et maintes autres qu'on nommoit Parfaictes en beaulté haultainc 9.
Il atteste plaisamment la vieille légende : (Melusine n'en peut mentir !) '° et raille les lecteurs du Philostrate " :
1. Alain Chartier, U Espérance, éd. Du Chesne, 1617, in-4'', p. 362.