‹ La lignée des poètes français au 19e siècleChapitre 2 sur 42 · MARCELINE DESBORDES-VALMORE · texte numérisé non relu

MARCELINE DESBORDES-VALMORE

/^E /loi, contenu en A. de Vigny par le calme ^-^ souverain de la pensée {ce Pcre la Pensée, comme disait Barbey d'Aurevilly), sépanche en cette œuvre poignante entre toutes de la grande Marceline, sans que les larmes effacent pourtant le rythme délicat, inouï jusque-là {peut-être un éclio en Chcnier), d'une pensée de femme. Sa douleur — si poignante qu'elle fût — reste éminaite d'art et de naïveté, et ira joindre une autre source de vie dans le Verlaine de Sagesse. Oh ! ces sources souterraines, si fraîches, de C intérieur 1 Comme dans le conte arabe, la larme pénètre le diamant qui entoure cette nouvelle eau, la plus précieuse, de sa muraille finement taillée. A mante, mère : ses sentiments sont relevés par cette âpre distinction, cette manifestation la plus haute de la beauté, suivant E. A. Poe : la tristesse, le navrement des madones dans les primitifs.

"pARDONNEZ-MOI, Seigneur, mon visage attriste, •*■ Mais, sous le front joyeux, vous aviez mis les larmes : Et de vos dons. Seigneur, ce don seul m'est resté.

C'est le moins envié, c'est le meilleur, peut-être.

Je n'ai plus à mourir à mes liens de fleurs. Ils v-ous sont tous rendus, cher auteur de mon être,

Et je n'ai plus à moi que le sel de mes pleurs.

Les fleurs sont pour l'enfant, le sel est pour la femme;

Faites-en l'innocence et trempez-y mes jours. Seigneur, quand tout ce sel aura la\ê mon âme,

Vous me rendrez un cœur pour vous aimer toujours.

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