‹ La lignée des poètes français au 19e siècleChapitre 3 sur 42 · VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

VICTOR HUGO

Tous mes étonnements sont finis sur la terre,

Tous mes adieux sont faits, l'âme est prête à jaillir

Pour atteindre à ses fruits protégés de mystère Que la pudique mort a seule osé cueillir.

O Sauveur ! soj-ez tendre au moins à d'autres mères Par amour pour la vôtre et par pitié pour nous,

Baptisez leurs enfants de nos larmes amères Et relevez les miens tombés à vos genoux.

A CÔTÉ — si loin — sur la me les tintamarres "^ ^ et les fanfares des lutteurs. Hugo paraît, panache' et arme' comme son héraut de Cromwell, brisant les rythmes anciens et in jetant les morceaux, après les avoir marqués de son poinçon de bon armurier. Ainsi Fe'pée dans Hérédia :

Car elle porte au creux de sa brillante gorge,

Comme une noble dame un joyau, le poinçon De Julian del Rey, le prince de la forge.

Que choisir dans ce flot de vocables qui couvre pendant des générations la plage de la poésie française, pierres lourdes, diamants fins, pêle-mêle, sinon la lueur la plus rare du verbe isolé, enveloppé comme Eve du seul éclat de sa chair ?

T? VE ofifrait au ciel bleu sa sainte nudité,

^^ Eve blonde admirait l'aube, sa sœur vermeille.

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