VICTOR HUGO
Chair de la femme ! argile idéale ! ô merveille ! Ô pénétration sublime de l'esprit Dans le limon que l'Etre ineffable pétrit ! Matière où l'àme brille à travers son suaire ! Boue où l'on voit les doigts du divin statuaire ! Fange auguste appelant le baiser et le cœur, Si sainte, qu'on ne sait, tant l'amour est vainqueur. Tant l'àme est vers ce lit m^'stérieux poussée, Si cette volupté n'est pas une pensée, Et qu'on ne peut, à l'heure où les sens sont en feu, Étreindre la beauté sans croire embrasser Dieu ! ****** (^Légende des Siècles. I. * Sacre de la Femme.')
/~\i/ parfois, comme un pli de tttantcau somp- ^-^ hicii.v, le lieu-commun grandiose à réiiorme bordure d'or :
T^H bien! oubliez-nous, maison, jardins, ombrages! ■*— ^ Herbe, use notre seuil ! ronce, cache nos pas ! Chantez, oiseaux! ruisseaux, coulez! croissez, feuillages! Ceux que vous oubliez ne vous oublieront pas.
Car vous êtes pour nous l'ombre de l'amour même !
Vous êtes l'oasis qu'on rencontre en chemin ! Vous êtes, ô vallon, la retraite suprême
Où nous avons pleuré nous tenant par la main !
Toutes les passions s'éloignent avec l'âge,
L'une emportant son masque et l'autre son couteau ;