HENRI DE RÉGNIER
Dans mon vallon de Mai tout arum s'étire, Le soleil s'aveugle au miroir mobile, Un ruisseau roule un rêve en son rire. Une araignée en les roseaux file, Un oiseau se mire ;
Sous ma forêt de Mai fleure tout chèvrefeuille, Le soleil goutte en or par l'ombre grasse, Un chevreuil bruit dans les feuilles qu'il cueille, La brise en la frise des bouleaux passe, De feuille en feuille ;
Par ma plaine de Mai toute herbe s'argente, Le soleil y luit comme au Jeu des épées, Une abeille vibre aux muguets de la sente. Des hautes fleurs vers le ru groupées, La brise en la frise des frênes chante,
{Les Cygnes.)
/~^ONSERVANT, même en P apparente anarchie ^^ dit vers libre, la trace fière du Parnasse, la poésie de M. Henri de Régnier semble le trait d'itnton entre deux époques : avec la répétition identique chère à Poe:
T L y a des Sirènes qui chantent et peignent Leurs cheveux d'algues et qui sont nues ; Les trois plus belles sont venues Nager autour de la carène,