SAINTE-BEUVE
Et les Jaunes rayons que le couchant nunène, Plus jaunes ce soir-là que pendant la semaine, Teignent mon rideau blanc.
J'aime à les voir percer vitres et jalousie ; Chaque oblique sillon trace à ma fantaisie
Un flot d'atomes d'or; Puis, m'arrivant dans l'âme à travers la prunelle. Ils redorent aussi mille pensers en elle,
Mille atomes encor.
Seul, sans mère, sans sœur, sans frère et sans épouse ; Car qui voudrait m'aimer, et quelle main jalouse
S'unirait à ma main I • . • Mais déjà le soleil recule devant l'ombre, Et les rayons qu'il lance à mon rideau plus sombre
S'éteignent en chemin. . . .
Non, jamais à mon nom ma jeune fiancée Ne rougira d'amour, rêvant dans sa pensée
Au jeune époux absent ; Jamais deux en&nts purs, deux anges de promesse. Ne tiendront suspendu sur moi, durant la messe,
Le poêle jaunissant.
Non, jamais, quand la mort m'étendra sur ma couche, Mon front ne sentira le baiser d'une bouche,
Ni mon œil obscurci N'entreverra l'adieu d'une lèvre mi-close 1 Jamais sur mon tombeau ne jaunira la rose,
Ni le jaune souci 1
la