CHARLES BAUDELAIRE
— Ainsi va ma pensée, et la nuit est venue ; Je descends, et bientôt dans la foule inconnue
J'ai noyé mon chagrin :
Plus d'un bras me coudoie ; on entre à la guinguette, On sort du cabaret ; l'invalide en goguette
Chevrotte un gai refrain.
Ce ne sont que chansons, clameurs, rixes d*ivrogne, Ou qu*amours en plein air, et baisers sans vergogne,
Et publiques faveurs ; Je rentre; sur ma route on se presse, on se rue; Toute la nuit j'entends se traîner dans ma rue
Et hurler les buveurs.
- Lis Rayons jaunes. (Poésies de Joseph Delorme.)
T 'AUTREf une sorte de rappel de E. A. Poi, le "^^ Boileau romantique^ législateur de la beauté étrange et/Us naturel de Sainte-Beuve : Baudelaire, subtil essayeur de rythmes. Les précurseurs avaient refait un seimême siècle; lui, procède au grand onwre, décomposant et recréant des formes en son creuset^ d*où sortent des vapeurs curieusement attirantes: les fleurs du mal. Ce fut là un voyage vertigmeux — comme Faust descendant ehes les * mères* — à son invitation quelle âme résisterai F