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quart-d'heure par la contemplation des prototypes, c'est encore dans nos deux poètes, si différents d'habitudes, de foi, de préférences, qu'il faut, dans ces temps de passions et de luttes outrées, rechercher la modération relative et la sagesse.
La sagesse religieuse, nous pouvions, à côté des passages cités plus haut, la découvrir dans Ronsard. Une fois par hasard, le poëte des belles divinités de la Grèce a peut-être laissé voir, près du fond, malgré tout chrétien de sa pensée, un couloir à demi dérobé qui s'échappe. Ce couloir, fermé prudemment au public dans le reste de ses oeuvres, semble aboutir au Que saisie ? Le scepticisme est d'un catholique encore, il est vrai, et le poëte l'exprime aux dépens des calvinistes, mais il ne faudrait pas presser beaucoup pour trouver le scepticisme de Montaigne :
L'un se dit zuinglien, l'autre luthérien, Et fait de l'habile homme au sens de l'écriture. Tandis que nous aurons des muscles et des veines Et du sang, nous aurons des passions humaines ; Chacun songe et discourt et dit qu'il a raison.
Et l'homme ce-pendant n'est sinon qu'une fable (1).
C'est dans un sentiment de bonne fraternité , avec une compréhension assez large de la justice divine et une sagesse qui incline à la philosophie sans cesser d'être chrétienne , qu'il condamne la
(l) Bonsard, tome 1", p. 427, (le Recueil des sonnets, etc.)