‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 3)Chapitre 15 sur 27 · A RECONNAITRE LE BOI · texte numérisé non relu

A RECONNAITRE LE BOI

« Messieurs, n^ayant jamais désiré que le bien de toute ceste proyince, je n'ay aussi jamais recherché que les moyens de faire paroistre les effects de mon désir. Pleut à Dieu que vos courages eussent eu tant de disposition à recevoir tous mes bons offices, comme j'ay eu et auray à toutes occasions la volonté de vous en faire, encore que cela n'ait peu réussir; si, pers-je point courage pour nccroistre le yostre et luy donner, s'il est possible, la cognoissance de ce que vous devez estre , c*est-à-dire vrais François, et, comme tels, recognoistre celuy qui est nay [né] pour régner sur vous et auquel vous debvez Tobéissance comme estant vostre souverain seigneur* Ce debvoir luy est rendu de beaucoup de villes et de beaucoup de provinces de son royaume*

Celle-cy seulle demeurera en son aveuglement. Je ne scay si j'ose dire que ce soit par crainte, estant trop voisine de nos enoem» naturels, ou que véritablement elle soit empoisonnée de quelque autre venin qui luy eut troublé le jugement. Tant y a que, pour vous en délivrer, je serois bien d'advis qu'après avoir imploré Faide de Dieu vous faciez comme la ville de Paris a faict ces joon passes. Elle a esté le patron sur lequel vous avez dressé et poursuivi les partialités où nous sommes depuis six ans; elle recognoist maintenant son erreur et ne Ta sceu mieux réparer qu'en recevant le roy dans ses portes. Comme donc, à Timitation de ses fautes, vous avez encouru beaucoup de blasmes et ayez souffert des misères infinies, vous debvez aussy, en suivant le bon exemple que elle vous donne, estre participants des honneurs, des louanges et des profits infinis dont elle jonira et dont jouissent celles qui se sont recogneues auparavant. Cest le moyen aussy de vous délivrer des orages de vos voisins, si d'aventure vous en avez quelqu'un qui vous en peut donner, car Dieu , qui va poursuivant le bien de nostre délivrance de la tyrannie espagnole, n'a point racourcy sa main depuis qu'il a commencé ce bel ouvrage, mais, au contraire, il va alongeant celle de vostre roy pour la ruine de ceux qui se voudront opposer à sa légitime domination. Les effects miraculeux qu'il a faict depuis que, par son Saint-Esprit, le roy a cogneu la vérité de la religion catholique, apostolique et romaine, vous font bien jogcr au vray que c'est la seule puissance divine qui nous faict ce bien, et cela me faict espérer qu'à la prière que je vous eo fais» vous n'aurez le déshonneur d'estre les derniers pour jouir des biens que vous en pouvez justement attendre, et que ne donnerez subjet à ceux qui se rendent près de Sa Majesté de vous estiincr par trop entiers en voslre opinion : mais bien plustost IcQf ferez-vous cognoistre que voih estes aussi prompts à laisser le

plie ilonc et vous convie, par vostre liberté mesme qui se v^

mal comme vous avez esté soudains. à l'embrasser. Je voussup'x

perdant si vous n'y donnez ordre , que, comme je fais iood i

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