‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 3)Chapitre 7 sur 27 · IS94-IS9S · texte numérisé non relu

IS94-IS9S

inoa^dlement de la loi. — Le roi désire la rëélectioa 'de M. de Maupini. •— 8es lettres à rEeheyinage et aux maieors de bannières. — Incidents de rfâecticND. <— Craintes ponr les priYÎlêges. — Discours de M. de Manpin. — L'âeetion maintient le maieur et tous les échevins. — Derniers restes des tronbles. — L*Echevinagemet hors delà ville un religieux qui dispute la possession du prieuré de Saint-Pierre avec scandale dans la ville et désordre parqni les religieux du prieuré. — Députation à Paris du siéger Beauvarlet pour la vérification de Tédit de la réduction de la ville et pour plusieurs autres affaires. — Démolition des forts du Pont-Remy et de Noyelies, suivant Formentin. — Expédition, suivant le même historien, d*iA détachement de milice abbevilloise vers Montreuil. — Ordre do roi de relâcher des prisoiiiers. — Lettre de M. de Ganteleu annonçant Tenvoi par le roi, à Abbeville, d*un officier commandant, et éventuellement de quelques troupes. — Protestation de TEchevinage et réponse à U. de Canteleu. — Qu*advint-il des réclamations ? — Passage de troupes, suivant Pomentîn. — Là culture littéraire. — Entrée du duc de Longnevilie. -* Remination, à la demande du due et suivant Tordre du roi, de deox dépota qui iront trouver Sa Majesté à Saint-Quentin.

1^ roi, dans deox lettres données à Amiens le 21 loût, avait engagé les habitants d'Abbeville à maintenir à la tête de TEchevinage le maire en exercice. La première était adressée au maieur lui-même et aux échevins:

• Chers et bien amés, vous ayant par nostre ëdict faict sur la Rqoeste qui bous fut pour vous préseutée, lors devostre réduc-

tion en notre obéissance, et en faveur d*icelle remis rentier gouvernement de nostredicte ville d^Abbeville pour le soin qne nous sommes très-certain que vous aurez tousjours ass<;z grantl pour la maintenir et conserver en libre subjection et vous ga^ lantir des pernicieux desseins que nos ennemis pourroient avoi^ au contraire : Nous avons bien voulu vous advertir que le fai:^ de ceste charge estant du tout en la disposition des maieur, eschevins et magistrats de nostredicte ville, qu'il est très-aécessaire d*y commettre personnes vigilantes et soigneuses da salut commun de leur patrie, conservation et protection de leors concitoyens, et après que nous avons meurement considéré le seur tesmoignage que nous a donné le sieur deMaupin,à présent vostre maieur, de la 6délité et loyauté en Tavancement qu'il a donné à la réduction de nostredicte ville et, à son exemple, h toutes les autres de nostre province de Picardie : Nous aTons estimé ne pouvoir espérer d'aucun d'entre vons plus de debvoir, de diligence et de vigilance en telle charge que de luy. (Test pourquoy vous nous ferez service très-agréable, et vous prions que vous ayez à continuer Icd. sieur de Maupin en la charge de maieur l'année prochaine, et que procédant à nouvelle création et élection des eschevins, toutes passions et considérations particulières postposées, que l'on choisisse ceux d'entre voua que vous cognoistrez dignes et capables de telles charges et entièrement affectionnés à l'avancement de nostre service, qui est inséparable à vostre bien et repos ; est [c'est] le seul but que nous nous proposons en ceste affaire, comme vous le éetez croire : et que rien ne nous faict désirer la continuation dnd. sieur de Maupin qui puisse en façon que ce soit diminuer ou altérer vos privilèges : mais le seul soin paternel que nous avons t.^ de la protection et conservation de nos Odèles et loyaulx subjets, ^ 'tels que nous prions Dieu vous faire la graee d'estre à tousjours, et vous avoir en sa saincte garde. Donné à Amiens, ce XXI aousl '^ M.D.XCIV. Signé Henry; et plus bas: Rugé. Et à costé: 4 Nous avions résolu de vous envoyer, nostre cousin le duc di \ Longneville, ne pouvant nous acheminer par delà comme le dé- ^ sirez, mais nous sommes contraint de le retenir près de nous ^^

eaeoK pour quelque temps. Et à la suscription : A dos chers et bien amés les maieur et eschevins de iiostre ville d'Âbbeville. »

La seconde était adressée aux roaiears de bannières :

• Chers et bien amés, combien que nous n'ayons aucun subject decraiqdre ou appréhender qu'il advienne quelque changement 00 altération à la seureté et conservation de nostre ville d^Âbbeîiile en nostre obéissance, bien asseurë que nous sommes de Teatière et immuable affection que chacun de vous a au bien et ifancement de nostre service : craignant toutefois qu'à ce nou- Tcin changement de magistrats on n'admette aux charges de naieur et autres principaux officiers de nostredicte ville quelques personnes moins soigneuses qu'il n'appartient ; nous désirons, puisque nous nous reposons entièrement sur lesd. magistrats d« gouvernement de nostredicte ville, que le sieur de Maupin' qui, à la réduction d'icelle, s'est monstre tant zélé, pronipt et dispesé à procurer et estahlir le commun repos et le salut général de ses concito\ens, continue encore pour l'année prochaine h fonction de maicur, et nous ferez service fort agréable qu'il soit par vous esTeu et choisy à cest effect : et de croire que loas ne sommes poussé à ce désir d'aucune chose qui contrefienneou puisse tant peu que ce soit diminuer de vos privilèges : nais du soing seul que nous avons de vostre repos et conser- Talion, desquels dépend entièrement le bien et avancement de Mstre service. A quoy nous promettant que vous serez tousjours Ih^b aises d^ satisfaire, puisque c'est chose et utile et nécessaire, Mus ne vous en ferons plus ample recommandation que la présente. Donné à Amiens, le XXI aoust M.D.XCIUl. Signé Henry ; , <t plus bas : Rugé ; et au dos : A nos chers et bien amés les maieurs de bannières de nostre ville d'Abbeville. »

U caractère particulier que ces lettres vont donner

i Pélection nous engage à Texposer en pleine lumière,

AU lieu de la rejeter, comme nous Tavons fait pour la

plupart des autres, dans un compartiment inférieur de

DOS pages.

24 août. Renouvellement de la loi. 11 est à remarquer, — nous avons le regret de constater ce délit des vieux temps sans doute, — que la première page de la délibération (la p. IMll^'X!) a été enlevée du registre aux délibérations (1).

Nous trouvons donc la séance ouverte.

Beauvarlet , siéger, et Tillette , procureur , représentent « que Ton a cejourd'huy receu lettres du roy concernant le faict de lad. ellection, adressées aud. sieur maieur, etc., avec aultres deM^ de Longueville et de M. de Humières à mesme efTect. *»

La teneur des lettres n'est plus certainement un secret pour personne, cependant la discussion s'engage avec régularité et dignité. 11 en coûte, peut*on voir, à

(1) Waignart, au temps où le registre était encore évidemment intact, a analysé ainsi le commencement de la délibération :

« Le XXIIII* jour d'aoust, au grand Echevinage, au son des cloches, les deux collèges assemblés, la porte de PEchevinagè fermée et les clefs rapportées sur le bureau, M* Jean de Maupin, maieur, après avoir remercié la compagnie au nom de toute la ville en signe de démission de sa charge, remit les sceaux de la ville sur le bureau. Puis M* Josse Beauvarlet, Tayaut remercié et les escbevins du devoir qu'ils avoient faict en Texcrcice de leurs charges, W Jean Tillette, procureur fiscal, requit qu'il fut procédé à la nomination du magistrat à la manière accoutumée, et, suivant ce, ledit sieur maieur fit prester et faire serment aux eschevins de nommer trois hommes pour Tun d'eux estre choisi par les maieurs de bannières, lesquels ledit maieur fit jurer de choisir Tuo d'iceux et de faire nommer avecluy douze eschevins, un argentier de la ville et un du Val. • Les maieurs de bannières ayant, pour procéder à l'élection, prêté le serment accoutumé, le siéger et le procureur fiscal communiquèrent la volonté du roi, mais ici je retrouve la délibération même au registre municipal. — Voyez notre texte supérieur.

l*Mprlt manictpal de recevoir cet avis do roî^ si gra-^

eieiraeinent qu'il soit enveloppée On y redoute une

première atteinte et le présage d'atteintes à venir aux

Yieilles coutumes , aux libertés plus de quatre fois

centenaires de la ville. L'esprit d'indépendance, res»

l>ectaeuz des lois et des formes qui sont les sauvegardes

de toutes les franchises) cet esprit qui, malgré des

désordres, s'était développé peut-être pendant la Ligue,

eot fait souffrir impatiemment une soumission trop

précipitée, aveugle ou joyeuse, aux volontés du roi.

H. de Maupin lui-même prend la parole et il ne tient pas à lui, si nous en jugeons par son discours, que la ville ne résiste au désir royal, à un ordre qui a pris le ton bien plus puissant de la prière (1).

« Ledict sieur de Maupin remonstre que véritablement l'on a receu lettres de Sa Majesté par lesquelles il (2) entend qu'il (3) soit continué en lad. charge, mais il y a de l'apparence que lesd. lettres ont esté poursuivies et praticquées comme il se remarqué païf les dates et teneurs des lettres de mond. seigneur de flomières. » — Au demeurant, le maieur ajoute « qu'il a plusieurs remonstances et excuses à faire à Sa Majesté par ie moien desquelles il doibt estre deschargé, tant pour son indisposition, incommodités, qu'il a receu en ses affaires propres et domestiques durant l'an passé) que, aussy, à cause qu'il ne manque de gens de bien et

(I) Henri IV li'eut pas osé encore liomtner lui-même un maire perpétuel comme Louis XIV le fît en 1693 — quatre-vingt-dixneuf ans plus tard.

(3) Le roi.

(3) M. de Uaupia.

d'hoDoear en ceste ville, aultres et plus suffisant^ qoe lajr poor exercer la charge Joinct que telle contiauation ne poeuit estre faicte sans faire préjudice aux droicto et auctorités du poeuple représenté par les deulx col^ léges, quy est fondé et en possession de faire et eslir^^ chacun an led. magistrat, dont les previlléges et usaige^ ont esté naguaires confirmés par Sad. Majesté lors A.^ la réduction de lad. ville en son obéissance. » Il supplie l'assemblée « d'y penser et le bien considérer pour la conséquence où cela tire pour Tad venir et eiifz

donner garde de perdre parce consentement et (i)

le droict d'ellection et nomination dq magistrat, et qoe chacun an, à Tadvenir, ils ne soient interrompus par telles lettres quy sont aisées à obtenir à la volunté des seigneurs estans près du roy, au très grand préjudice des auctorités et previlléges de lad. ville et de la liberté publicque. »

Les assistants demandent cependant qu'on lise les lettres.

Tous ces procédés sont fort remarquables au lendemain de la reddition au roi.

Le maieur de Maupin reprend une seconde -fois la parole avant les opérations électorales pour se déi fendre d'être porté sur la liste des trois personnages « capables (2). •»

(1) Un mot que je ne peux lire.

{%) Après la lecture, a résumé Waignart, le maieur fut d*un commun consiMitement prié de continuer sa charge, de quoi il sVxcusa, disant, entre plusieurs considérations, • que s^il avoit apporté quelque chose à la réduction de la ville, çjavoitété avec la compagnie qu'il faudroit continuer pour mesme raison. • Nous pourrions remarquer dans ce langage une habileté» M. de

to anh0viM panèrent outre eepeadânt(1)etpréiMiveDt M «holi des iMieors de bannières :

Ifeèk hofluroe Jbhaii tce Maumn , sieur de Bellencourt,

conseiller do roy au siège présidial de Ponthieu ;

Noble homme François Rumbt , sieur de Beauciorroy ;

Honorable homme H« Jehan de Cantkllbv, conseiller do roy, elleu en Ponthieu.

Les maieurs de bannières nommèrent :

Pour maieur :

Jehan de liAupiN (2).

Niapio, en eonfondant ainsi en une somme, commune la part prise par le maieur et toutes les parts prises par le corps de la fille dans la soumission, confond aussi les mérites et les responsabilités pour Favenir. Avait-on, cependant, de ces prudences CD ce moment de satisfaction réelle? « D'ailleurs, ajoute M. de Manpio, ce serait contre les privilèges de Veslection. • 11 n>st pas impossible que M. de Maupin ait voulu prendre ses précautions contre des reproches à venir. Dans tous les cas et quels que soient ses motifs, son langage n'est pas celui d'un personnage commun et doit être mis en quelque balance avec les avantages qui lui échurent dans les négociations de Tannée échevinale apirânte.

(i) L'afTaire mise en délibération, on avisa de satisfaire à la ▼olonté du roy en observant néanmoins la forme accoutumée. — Waignarl,

(2) Pour les quatre premiers eschevins :

Noble homme François Rumet, sieur de Brancanrroy, antien maieur ; Honorable homme Antoine Manbssibr, aussi antien maieur; Bouorable homme Jehan de Cantblleu, elleu en Ponthieu ; Honorable homme Charles Cocquerbl.

Pour les huict eschevins :

Lois Sanson le joeune ; Sanson Hogquet ;

Noos devons, avant d'aller ptos loia^ dénoncer Me lacune imporiante dans nos moyens de renseignesienta sar l'année lô9*4*io95. Le registre de l'argenâèr de

Jehan LaeRMirnBR ; François du Val ;

Pl^RBE DD IdAISNlEL ;

Lois Le Sage ;

Gilles Lardé ;

Nicolas Robault.

Pour argentier de la Ville :

Nicolas Lataignant.

Pour argentier du Val :

M* ânthoine Coullon. «

Tous les échevins et les argentiers furent ainsi continués, mais Ânthoine Coullon (Waignart écrit Nicolas Coulon) ayant fait refus de reprendre sa charge, Gilles Ândace fut nommé à sa place et prêta serment. — Remarque de Waignart.

Le lendemain (25 août), élection des échevins de recueil qui furent :

André Waucquet ;

M« Charles Robin ;

Jacques Manessier ;

Jehan Le Sergbant ;

Jacques Crignon ;

Jehan Pappin ;

Jehan Lamy ;

Claude Hocqubt ;

Jehan Œuilliot ; * ^

Jehan Foucques ;

JCBAN Levbsque ;

Quentin Longuet.

; Ainsi furent aussi continués les maieurs de bannières « afin que tout denieuiàt en TEchevinage sans changement ni altération. » — Remarque de Waignart. — Et ainsi aussi fut tenu compte de Topinion de M. de Maupin que la compagnie, ayant été en tout d'accord avec le ma'uMir, il faudrait • la continuer » comme lui.

œtie «Btiée maïKioe dans la série des comptes reliés et eoftsenrés à Pbôtel-de-vîlle ; nous ne pouvons donc eon^ sulter que le registre aux délibérations qui est he^^ reasement assez riche, et puis nous avons Waignart et ttoosnoos servirons, avec précaution, de Formentin.

Dans le mois de septembre (i594), une querelle intestine de communauté (au prieuré de Saint-Pierre) semble bien conserver trace des grands troubles généraux du pays et porter la marque de quelque réaction politique. Cette querelle vient se dénouer devant TEchevinage. Noos la résumons d^abord avec Waignart et suivant Waignart, en complétant ou redressant par quelques notes prises sur le registre aux délibérations.

Le samedi 10 (de ce mois de septembre), assemblée à FEchevinage sur la requête du procureur de la ville. Il s'agit d'expulser des murs mêmes de la cité un religieux de Cluny, Estienne Pennet (i). 11 y va « d'émotions » à prévenir. Pendant les troubles qui ont agité Abbeville , Estienne Pennet s'est introduit dans le prieuré de Saint-Pierre et l'a voulu retenir comme de force avec quelques adhérents. Chassé par Edme de Belly, supérieur du prieuré, Pennet, pour continuer à diviser les religieux, s'est fait pourvoir de l'office de visiteur provincial et de sous-prieur. Edme de Belly lui a refusé la porte du prieuré, mais Pennet, faisant de la ville son terrain de bataille, s^st retiré en la

(l)PoiD Estienne Penet, religieux de Tordre de Cluny, était depuis envirop trois mois à Àbbeville, • contesitaDt pour le prière de Saint'Pierre allencontre de M* Edme d^ Belly, prieur d^iceliuy, en estant en possession en vertu des arrests tant de la coort du parlement à Paris que du grand conseil. » — Reg. aux délMMiknu, X 9$ptêmbrê 1594.

maison de Loais de Dourlenst • homme factieux et espagnol (i), procureur et notaire. • Pennet est expulsé de la ville (2).

Du Xlll« jour de septembre 1594 :

« Il est besoing d'envoier en la ville de Paris où est

(t) L^expressioQ est de Waignart; le registre aux délibëratioM est loin de s^ezprimer ainsi. Après avoir montré la discipUiiç perdue dans le prieuré par ces divisions, Técrivain de la vilfe ajoute : Penet fait d'ailleurs > ung scandalle premièrement à soft ordre et à luy-mesine de demeurer avecq an habit momeal âioni du cloistre, secondemeut de demeurer en une maison privée et séculière d'une bonne famille de ceste ville, le maistre absent, où il attire aucuns desd. refligleux, lesquels, par sa charge (par tfs ordres ou les conseils qu^ii leur donne), sont ordinairement par les champs, vaccabons {sic) comme apostats, tirant des fermiers tout ce qu'ils poeuvent, tant soubs coulleur d^un prétendu arrest dont se vante led. Pennet que par la force et avec soldards quMIs prennent, et mesme que deppuis trois jours ung nommé Cottignon (on Collignon), quy a esté vallet dnd. Pennet et auquel il a donné Fhabit religieux, a esté prias et amené prisonnier se mettaul en effort (au moment où il se met^ tait en effort) de despouilier quelques dixmaiges de lad. maison

(de Saint-Pierre) contre les deffenses et arrêts de la Cour

I)*aillenrs, que led. Pennet, quy a tousjours esté recongneu dorant ces troubles (les troubles politiques) fort factieux et dëvotieux au party de la Ligue (1), hante et communique plusieurs gens suspects et mal affectionnés au service du roy etc. •

Mais d'où venait Tanimosité de Waignart contre Louis de Dourlens? Antipathie peut-être d'avocat à procureur.

{%) m Led. Penet sera admonesté de se retirer an doistre et maison où il n esté receu profès, et que conimandemens Iny . seront faicts de se retirer hors de ceste ville en dedans demain, à peine d'y estre mis parles voies ordinaires, et que deffenses seront faictrs à tous habitans de le plus recepyoir ny tekiir jen leurs maisons led. temps passé, à peine de centesens d*amende. • — Reg. aux délib. , X septembre,

(1) On remarquera ce reniement tona U plane du greffier de la viUe.

ad présent le rojr et Meuieurs de son conseil, poor • poarsoWre la vérification de Tédict de la réduction de ceste ville en la chambre des aides, ensemble plusieurs aoltres aflaires de conséquence dont a esté dressé mémore. • On députe, pour ce faire, le siéger Beauvarlet.

Ici, nous nous hasarderons à emprunter à Formatin un premier Tait, sous toutes réserves, puis un second pour en discuter sérieusement Texactitude :

• Le mois de septembre (1594), dit notre historien du xvni* siècle , fut employé à démolir les forts du Pont-Remy et de Noyelles bâtis par les ducs de Parme et de Mayenne. »

Suivant le même historien, un gros détachement de la milice bourgeoise d'Âbbeville aurait été contribuer, vers le même temps, à une défaite des troupes espagnoles :

• Le comte de Fuentès» qui venoit de succéder dans le gouvernement des Pays-Bas au comte de Hansfeld, informé que Haigneux, gouverneur de Hontreuil, aimoit l'argent, lui fit proposer par ses émissaires de le mettre en possession de cette place importante moyennant une somme considérable. Le marché fut conclu ; mais dans la vue de duper le comte de Fuentès, Haigneux en ayertit le roi et introduisit bon nombre d'Espagnols dans la place où il les fit distribuer. Au jour marqué, le gouverneur d'Artois s*avança près de Hoatreuil avec son argent promis et un corps de troupes, mais il fut bien surpris de se voir attaqué en tête par la garnison de Montreuil, en queue et en flanc par les garnisons de DouUens, du Grotoy et un gros

DÉTACnEHKlIT DES GOMIIUlIfiS D'ÂBBBVILLE pOStéS eO

embuscade* Ce gouverneur se retirai hoDteusemeDu après II voir f^iit une double perte de fies soldats et m mm argent »

Telle est Taventure de guerre rapportée et arrange par Formentin, attribuée par lui au mois de septemb ou d'octobre 1594 et que nous ne pouvons laisser pass^ $§fks examen ; nous ne Pavons même conservée ici aplani été séduits d*abord par la part accordée à h milice abbevilloise, que pour, mettre en garde contre une acceptation trop prompte les futurs historiens d'Abbeville. Eau deux mots, avant la note ci-dessoo8(0

(1) J^ai consulté sar cp moiiteiit de notre histoire du Ponthien le très-savant M. Henneguier, à qui Montreuil devra la rfconstitutiou de sas archives et toute son histoire. M. Henneguier a bien voulu venir à rnon secours avec des extraits décisifs de la chronique manuscrite (qu'il possède) de Niscolas Lédé, abbé de Saint-André-au-Bois. « Lédé, un des hommes les plus importants de Tordre de Prémontré, me dit M. Henneguier (i), a connu dans Fabbaye (de SainJ-Ândré) et au dehors, les témoins oculaires des faits qu'il rapporte en cette circonstance. Lui et presque tous les religieux ont conservé, après la conquête (Française), leurs affections espagnoles.

« Un mois avant Tépisode qui nous occupe, le ?4 novembre 1591, des EssartsdeMeigneux, gouverneur de Montreuil, avait projeté sur la ville de Saint-Omer [alors espagnole] une entreprise qui n'échoua, paraît-il, que par la trahison de son lieutenant de Conteval, snr Tesprit duquel le P. Augustin Roger, moine de Saint-André, exerçait une grande influence. — Ce religieux ayant reçu de Conteval la confidence du projet de Meigneux, en donna avis au gouverneur de Saint-Omer. Ileigueux n'en sut rien alors. Le P. Roger et le gouverneur d'Hesdio complotèrent de lui rendre le tour qu^il avait voulu jouer 1

(1) On regrette toujours d'abréger ce qui tort de U plome de If. Hcnae gnier. J'y sais forcé ao peu par la nature de ce tra?ail restireiot à lliisloir 4*AbbeTiilo.

fo'il est indispensable de lire*» le fait rappelé eut liea à Noël 4594. Le comte de Fuentès ne parait pas noioioalement ou en première ligne dans TafTairc, mais

SmiUhner. » M. Henueguier me donne alors Textrait de la chronique même, et nous yoici au fait embelli, je le crains bien, par Pormenlin :

< Le s' de Gomicourt, gouverneur d'Hesdin, ayant quelque intelligence avec le s' de Conteval, lieutenant de la citadelle de KoDtrenil, forma une entreprise et pensa surprendre la ville et citadelle de Montreuil, le jour de Noël au matin, ayant à cet ebt assemblé environ huit cents hommes, tant cavalerie qu'infanterie, mais comme celte entreprise ne fut pas assez secrète,

la chose fut éventée, dont le sieur de Conteval,

qoiy procédoit tout de bon auparavant, fut dôplaisant de cette ■iQvaise conduite du s' de Gomicourt et changea de mine et de htterie. Et, ayant fait mander au sieur de Meigneulz, gouverneur de Montreuil, que led. sieur de Gomicourt le sollicitoit par prouesse d*or et d'argent à lui mettre es mains la citadelle de NoQtrenil, ledit sieur de Meigneulx en donna ad vis au roi qui lui OModa qu'il vouloit bien que Ton fît une attrape au s' de Gomieoort et à ses gens, pourvu que Ton se gardât de rien hasarder. Sur quoi le s' de Conteval advança son jeu, et, après avoir donné eoBDoissance audit s' de Meigneulx de tout ce qui étoit résolu pir le sieur de Gomicourt et du jour que les Bourguignons (on ^pelait encore ainsi les Espagnols dans FÂrtois) dévoient venir, bdit s' de Meigneulx demanda gens au roi qui y envoya le s' de Runières avec cinq ou six mille hommes qui, à point nommé, se fendirent près de ladite ville de Montreuil, la nuit de Noël, si secrètement que le s' de Gomicourt n'en sut point à parler. H y envoya donc lesdits six cents hommes destinés à cette entreinse, sous la conduite du s' d'Ârlencourt, son lieutenant, qui î marchèrent la nuit, en sorte que le lendemain matin ils se trouvèrent tons aux portes de la citadelle, pensant entrer dedans. Et comme le s' de Conteval sommoit les officiers de faire entrer leon gens, M' de Roacourt, lieutenant de la compagnie des hoDunes d'armes du comte de Rœux, s'étant approché à cheval JQsqnes sur le pont, n'y eut pas plutôt fait entrer le s' de Coulu 13

le gouverneur d'Hesdin (pour l'Espagne). Le gouverneur de Montreuil , des Essarts de Meigneux , n'est nullement accusé d'aimer l'argent, mais son lieutenant de Gonteval ne sort pas pur du récit. Quant au gros détachement des communes d'Abbeville, je n'oserais encore rejeter complètement le fait sur de faux souvenirs ca* ressés et amplitiés par le patriotisme ou l'imagination de Formentin, mais je le crois assez invraisemblable. Je n'en trouve pas trace dans le registre aux délibérations. Le registre aux comptes eut pu nous tirer d'incertitude-, il nous fait défaut, comme nous l'avons dit.

Dans le recueil des Lettres missives de Henri IV, M. Berger de Xivrey résume ainsi une lettre du roi datée de Monceaux , le 3 octobre J59â : « Ordre de relâcher les étrangers licenciés par le sieur de Fontaine-

bronne avec vingt-huit à trente soldats, qu'il s'apperçut de la fourbe et conlrevendition, et sitôt se retira, et, faisant sonner la retraite le plus doucement qu'il put, ses gens se démarchèrent de quelques pas. De quoi ceux de ladite citadelle, qui étoient en armes avec ceux de la ville, s'étant apperçus, firent soudain lâcher le canon et In mousqueterie sur lesdits Bourguignons, qui se mirent sitôt en fuite, jetant les armes qui deçà, qui delà, pour courir de tant plus légèrement. Ceux qui entrèrent furent tués,

entre lesquels, etc Quant à ceux qui prirent la fuite

pour se sauver, il leur vint bien qu'il fit un brouillard fort épais et noir, à la faveur duquel ils se retirèrent sans grande perte, n'ayant pas pu être bien reconnus par les gens de Humières, qui les altendoient, quoique parfois ils fussent mêlés parmi eux, » etc. On le voit, rien ne nous apprend^ dans ce récit trèsintéressant, comment étaient composées les troupes de M. de Humières, et nous ne pouvons savoir encore si Âbbeville prit part à l'expédition par un détachement faible ou gros de sa mihce.

Martel, et qui avaient été retenus prisonniers à Abbeville. n

Les regards du roi étaient alors tournés vers l'Arlois d'où pouvaient descendre les attaques espagnoles. Des preuves de cette préoccupation se rencontrent dans notre registre.

Du mercredy vingt-sixiesme jour d'octobre J39i :

Le maieur a reçu le matin même des lettres « de H' de Gantelleu et de M^^ de Thésy estans à Paris, en date du XXill^ dud. mois, portant advis d'une entreprise qu'on dict estre faicte par l'Espagnol sur Abbeville et quelques autres places de ceste province, qui a meu aucuns de Messieurs du conseil de les mander pour leur faire entendre que le roy envoyoit quelques personnes et commandemens dans lesd. villes, scavoir à Péronne M^ de Humières, à Saint-Quentin M^ de de Yisques, et M^^ de Bellin en ceste ville, lequel sieur de Bellin leur avoit donné charge d'en escripre. •• — Les lettres sont lues, et l'assemblée décide qu'on répondra aud. de Gantelleu et que Ton enverra copie de sa lettre à H. le siéger estant à Amiens près M^ de Longueville, afin de l'informer du contenu en la lettre, attendu la conséquence d'icelle, pour descouvrir à quelle fin et intention se poeult faire telle poursuitte.

M. de Canteleu avait écrit:

c Messieurs, cejourd'huy, du raattin, Monsieur de Thésy m*a envoie quérir pour me mener chez Mons' Chombert (1) scavoir la volunté du roy où tout aussy instament je me serois acheminé estant accompaigné de Mons' de Brancourt avecq lequel je suis logé, lequel sieur Chombert nous auroit faict entendre qu*il avoit

(1) Schomberg probablement.

charge de Sa Majesté de nous advertir qu^elIe avoit advertisscment de trois ou quatre endroicts que TEspagnol avoit desseing d'attaquer trois places en Picardie, scavoir Sainct-Quentin , Péronne et Âbbeville, et que ja il avoit envoie en lad. ville de Sainct-Quentin dix compaignies de gens de pied du régiment de Picardie avecq deulx aultres compaignies de Suisses, et que, pour y commander, Sa Majesté y envoioit M' de Visqnes, en lad. ville de Péronne M' de Humières et en la ville d'Abbeville M' de Bellin, craingnant que sy Pennemy taissoit la ville de Sainct- Quentin, laquelle il semble qu'il voeulle siéger, il ne se rabatte à Péronne ou Abbeville. Led. sieur de Bellin ne mesne aulcunes forces Cl) que son train ordinaire et y doibt faire séjour de deulz mois; il emmeyne avecq luy le cappitaine Augustin, ingénieur, pour adviser aux fortifications les plus nécessaires. S'il a besoing de forces , il prendra celles cy-dessus envoiées aud. Sainct- Quentin, car Tennemy ne poeult siéger que Tune desd. trois places. Ce qu'aiant entendu dud. sieur Chombert, tout à l'instant nous serions acheminé chez led. sieur de Bellin quy nous auroit tenu les mesmes propos que led. sieur de Chombert, mais qu'il ne voulloit entreprendre ceste charge sM ne vous estoit agréable, nous priant de vous le faire scavoir, d'aultant que sy vous en affectiez ung aultre pour commander, il seroit très-joieulx d'en cstre deschargé. C'est pourquoy nous vous avons envoie ce lacquet exprès pour nous mander tout au plutost par luy-mesme que renvoierez vostre volunlé pour tout aussy tost le faire entendre aud. sieur de Bellin, lequel nous a dict que Sad. Majesté se pourroit dellibérer de s'acheminer aussy à Abbeville pour le désir qu'elle a de le conserver. Quand nous en pourrons descouvrir quelque chose de certain, nous vous le manderons par homme exprès. Il vous plaira m'escripre sy vous voulez que j'achève ce que M' le siéger a laissé, selion que je vous l'ay faict entendre par mes dernières que vous a portées le lacquet de

(1) Ainsi le roi, vainqueur, se croit encore obligé de ménager les répugnances d' Abbeville contre les garnisons*

M. de Belly* Ifestant la présente à aultre fin, vous baiseray bien hamblement les mains. A Paris, ce XXIII* jour d'octobre 1594. Vostre humble et serviable confrère , J. De Cantellbu. — A Messieurs Messieurs maieur et eschevins de la ville d'Abbeville. »

L'Echevinage, effarouché déjà comme nous Tavons vu, et toujours inquiet pour ses privilèges, toujours en crainte des garnisons, répondit donc à M. de Canteleu :

• Monsieur, nous avons.faict veoir Tadvertissement contenu en vos lettres et celles de Monsieur de Thesy eu compaignie nottable assemblée pour ce subject, où après, entre beaucoup de considérations, chacun s'est trouvé assez mal édifGé de ceste ouverture fort importante et de grand poids, n'estant accompaigné ny de lettres du roy, ny de Monsieur de Longneviile, gouverneur de ceste province, ny d'aulcune apparence de desseing des ennemys sur ceste ville quy poeult mouvoir Sa Majesté d'y emploier aultre que mond. seigneur de Longueville ou Monsieur de Humiêres, son lieutenant-général, pour nous commander; et sont aulcuns esmerveillés de ce que mond. S' de, Thesy et vous aiez prins ceste charge d'escripre et demander response pour la donner en affaires de telle conséquence sans aulcun commandement de Sad. Majesté ny depputation que vous aiez de ce corps de ville en vostre présent voiage. Tant y a que vous scavez le respect que nous debvons à Sad. Majesté, à Nosseigneurs ses gouverneurs et lieutenans-généraulx, à la conservation de ceste ville en son obéissance et de nos previllèges pour lesquels non seullement nous^veillons dedans et dehors à éviter ce quy y pourroit arriver de coutraire, mais serons tousjours prests, quand la nécessité le requerra, de reccpvoir tout le secours de chefs et gens de guerre qu'il plaira à Sa Majesté nous envoier et sans qu'il nous entre en l'âme aulcun soupçon que Sad. Majesté voullut jamais contrevenir à nos previllèges , principallement ceulx de l'exemption de gouverneur et de garnisons qu'il nous a si libéralement octroie et que nous tenons aultant ou plus cher que nos vies propres et celles de nos femmes et enfans. Vous délaisserez donc, s'il vous plaist, le soing de tels adver-

tissemens et moiens de pronroir sur semblables affaires à ceaix à qui il appartient ou Sad. Majesté et Nosseigneurs nos supérieurs (1) ^^ chemin qull fanlt tenir à nous faire entendre

sa Tolunté sur laquelle nous ne doubtons poinct que nos remonstrances ne soient tousjours bien receues pour y joindre nos yeux d*obéissance tels que le bien de son service poeult désirer de ses plus humbles et fidelles subjects. Sur ce, nous recommandans bien humblement aux bonnes grâces de mond. sieur de Thesy et les vostres, nous prions Dieu vous donner. Monsieur, en parfaicte santé , ce que désirez. — D'Âbbeville , ce XXVII octobre 1591. Vos bons confrères et serviables amys maieur et escbevins d'Âbbeville. — A Monsieur de Cantelleu, elleu pour le roy en Tellection de Ponthieu, à Paris. >

Quant au résultat de ces correspondances, il fut tel, je pense, que le désirait TEchevinage. M. de Bellin vint-il ou ne vint-il pas? Je ne saurais le dire. Du moins, je ne vois pas trace de l'arrivée de troupes royales à Abbeville (2).

Enfin voici venir mieux pour nous montrer l'état bien changé des esprits depuis quelques mois et nous faire apprécier le point élevé de culture littéraire où en étaient arrivés les bourgeois de notre ville à la fin du xvi® siècle. Les entrées d'apparat vont mettre heu-

(1) Je ne peux lire.

(2) Je ne vois pas, mais je n'ose rien affirmer. Fornentin s'est-il laissé entraîner un peu au delà des faits par le souvenir des craintes et des protestations d'Âbbeville en montrant des troupes du roi traversant au moins la ville?

« Le roi, craignant que les Espagnols ne formassent quelque entreprise sur Abbeville, manda aux capitaines Blin et de Yiques de s'y rendre avec quelques mille hommes, mais sur la remontrance faite à ce prince que cela ëtoit contraire à Tédit de réduction, ces troupes sortirent aussitôt d'Âbbeville el furent pétarder Saint-Omer, mais sans succès. »

reosement en recherche et en verve toutes les imaginations, en mouvement les mémoires érudites, en mouvement la poésie rimée, scandée, imagée sur satin vert ou bleu, et nous pourrons saisir dans les vers latins et français, dans les citations grecques comme dans les allégories peintes, un développement des fa cultes artistiques dont notre ville — du xvi^ siècle -* peut s'honorer assez justement.

Le jeudi IX^ jour de novembre 1596, assemblée au son d'une seule cloche, mais par-devant J. Bernard, lieutenant-général, et F. de Beaucaurroy (Rumet), ancien maieur, premier échevin.

M. de Gaumartin a annoncé, par lettres, Tintention de Hs' de Longueville, gouverneur général de la province de Picardie, de faire son entrée à Abbeville le XVill de ce mois. L'assemblée décidé qu'on lui « fera entrée sellon qu'il s'est faict par cy>devant aux gouverneurs du pays. »

Suit immédiatement, dans le registre» le récit de cette entrée. L'écriture de ce récit apparaît pour la seconde fois seulement dans le registre. Nous n'avons précédemment reconnu de cette écriture que la transcription des lettres, correspondances, avis de Sorbonne relatifs à la reddition de la ville au roi.

Les compagnies de la jeunesse et des cinquantiniers tenaient les champs, les compagnies de quartiers faisaient la haie depuis la porte du Bois jusqu'à Saint- Yulfran. François Rumet, premier échevin, remplaçant le maire absent, sortit de l'Echevinage à cheval, « avec housse, n Autour de lui chevauchaient les autres échevins , les officiers de la ville et plusieurs notables bourgeois-, le trompette sonnait devant eux. A un

quart de lieoe de la ville , ils rencontrèrent le dcv c. François Ramet lut adressa la parole sans descenAn?

dé cheval : « Vous voyant, lai dit-il entr'autce^

choses, nous estimons voir une parcelle, ou plustost va rayon très-clair de la splendeur de Sa Majesté. >» Pais après avoir rappelé les hautes actions des aïeux du duc depuis le comte de Dunois (i), il termina en exposant les demandes et les intérêts de la ville : « J'ay charge bien précise de vous supplier en toute révérence et humilité que vous plaise nous maintenir en tous nos privilèges, coustumes, franchises et droits tant

anciens que modernes Au réciproque , vous

vous pouvez asseurer qu'il n'y a place ny endroit en tout votre gouvernement où vos bons commandemens soient à Tadvenir plus rigoureusement observés qu'ils y seront, avec la grâce de Dieu, par tous et chacun

les habitans de ceste ville d'Abbeville etc. (2). *»

Après le défilé de la jeunesse (3), les gens et officiers

(1) a commençant à Monseigneur Jehan d'Orléans,

lequel feit tant de prouesses à reconquérir la France aux Anglois qa*il en mérita la clef de grand chambellan héréditaire. • — Ae^. aucD àè\ih.<^ XVlll nowwhrt 1594.

(2) Le registre aux délibérations que nous quittons un peu ici, trouvant ce grand aide de Waignart, ne donne pas textuellement ces paroles. Waignart est donc plus complet en quelque sorte. Il eut des mémoires particuliers ou pouvait consulter des sou* venirs, utiliser des traditions de famille ou d'amis. H ne transcrit pas simplement les registres. Les registres, d'un autre côté, précisent quelques détails sur lesquels glisse Waignart. La harangue du sieur de Beaucaurroy est tout au long à la fin du compte-rendu du séjour du duc (page Ill^XVIIl verso du reg. aux délibérations). |

(3) Je ne pense pas qu'il y ait eu là défilé de la jeunesse. Je vois seulement dans le registre qu'après le second discours (celui de Pierre Tillette), le duc témoigna « son affection » aux gens du

<)q roi s'approchèrent» et M« Pierre Tillette, escuîer (4),

sietir de Maotort, président, loua le duc « quasi de

fflesme^ mais plus longuement (2). »

Les armes du roi, celles du duc et celles de la ville

décoraient la porte du Bois , le Marché , l'église de

Saint-Yulfran. La porte du Bois offrait en outre cette

inscription en lettres d'argent sur une étoffe de satin

orangé :

Henrico Aurel.

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