‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 3)Chapitre 9 sur 27 · SONNET ACROSTICHE · texte numérisé non relu

SONNET ACROSTICHE

Haste-toy, Monseigneur, fais ton heureuse entrée En la ville fidèle où tes prédécesseurs Nous ont fait cy-dcvant les suaves douceurs Ressentir par effect de la déesse Âstrée ;

Jette, jette les yeux dessus ceste contrée ;

Des tiens (l) remarque ici les antiques honneurs

Et vois pour bien menger (2) tes supresmes grandeurs

Ores de toutes parts la joie démouslrée ;

Reçois doncques les cœurs lesquels desja tu tiens Longtemps auparavant obligés par les tiens (3), Et, puissant, garde-les d^oppresse et de misère ;

Ainsi, les gouvernant, ton los redoublera ; Noble et cogneu partout ton nom résonnera, Symbolisant en foy de seigneur et de père (4).

(1) De tes ancêtres.

{2) Sic., ,

(3) Pa. tes ancêtres. Ce vers est oublié dans la copie de Waîgnart.

(4) Je devine bien un peu en pénétrant dans Pintention de

Ne reconnaft-on pas là, aa miliea de rembarras et du bégaiement poétique, un écho de cette large poésie de Ronsard qui avait pénétré dans les provinces et était devenue l'étude des esprits très lettrés de cette époque entre le bruit des armes et les discussions religieuses, entre les bulles menaçantes et les caresses de la renaissance grecque? L'influence du grand poète des Valois est plus remarquable encore dans l'ode dont quelques strophes sont fièrement tournées :

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