S0:\\ET ACROSTICHE
Haste-toy, Monseigneur, fais ton heureuse entrée En la ville fidèle où tes prédécesseurs Nous ont fait cy-devant les suaves douceurs Ressentir par effect de la déesse Astrée ;
Jette, jette les yeux dessus ceste contrée ;
Des tiens (1) remarque ici les antiques honneurs
Et vois pour bien menger (2) tes supresmes grandeurs
Ores de toutes parts la joie démonstrée ;
Reçois doneques les cœurs lesquels desja tu tiens Longtemps auparavant obligés par les tiens (3), Et, puissant, garde-les d'oppressé et de misère ;
Ainsi, les gouvernant, ton los redoublera ; Noble et cogneu partout ton nom résonnera, Symbolisant en foy de seigneur et de père (4).
(1) De tes ancêtres.
(2) Sic.
(3) Par tes ancêtres. Ce vers est oublié dans la copie de Waignart.
(4) Je devine bien un peu en pénétrant dans l'intention de
Ne reconnaît-on pas là, au milieu de rembarras et du bégaiement poétique, un écho de cette large poésie de Ronsard qui avait pénétré dans les provinces et était devenue Pétude des esprits très lettrés de cette époque entre le bruit des armes et les discussions religieuses, entre les bulles menaçantes et les caresses de la renaissance grecque? L'influence du grand poète des Valois est plus remarquable encore dans l'ode dont quelques strophes sont fièrement tournées ;