SU
i TOUS, race de Rois, prinoea de tant de prioces, )ai tf*Dez dessous vous deux si grandes provinces, |)ai par toute TEnrope esclairez totit, ainsi ()u*un beau soleil d'esté de fiâmes esclairci, (^ l^estranger admire et le sujet honore, Et dont la majesté nostrc siècle redore (1).
In vain je me souvenais des espérances qu'il avait lîrées en Pologne déjà à Desportes plus flatleur et ( souple :
Le grand Benry qne le ciel a feîct naislre Comme on bel astre aux humains fiamboyant (f )•
U Bùoage ra^fol^ t Ul, p. SS8« Ronaard, vieilli dans les liantes royales, ami encore en deuil de Charles IX, écrivait leurs à Henri UI avec nne liberté qui eût épouvanté Racine, eant an sourcil de («ouis XIV :
Homme, na p«aMs astra M«vtv|iMmt parfait; De marne peaa qoe dou aatore foos a fait.
id., p. 287.
) Desportes, Àdiêu à la Pdk^ne. — Le trait ne porte- t-il pas re Desportes en ce vers de d'Aubigné qui vient de rappeler loe grand scandale dea Valois :
Leart poëtet Tolagea If OUI chtnteat cet doacean eonune amooreusee raget?
I Tragiques^ p. 107 (Princes).
même ton à peu près, Théodore de Bèze, qui avait bien [ues péchés de jeunesse sur la conscience (n*en pas avoir etlt liracle alors)» disait an s'adresaant au« poaea des Valois :
, . . Chantes tm feiatêi poêaiea» Damas, amoan, eomplaintea, jalooaiea :
Qnant est de moy, toot petit que je aola Je feox ioaar maa Diea coaime je paie.
ijira d r^^iisa de Notire Seignmr m féU dcê Pêêamnetmiim
françoiiêié
En vain je me rappelais ce compliment ao roi, dont le poëte ne parait mettre en doute rorthodoxie en rien :
Un plus jeane escrîvaiu que Pamour fiToriie Chantera la beaaté, la grâce et les attraits
De celle dont les yeux tiennent rostre franchise (1).
Si j*enlrevoyais de loin, à Paris, à Bkris, âSiM- Cloud, la figure aux moustaches courtes, les chemi presque ras ou le crâne tondu du chétif et dernier Valois (2), rimage se détachait moins des vers complaisants des deux poètes familiers que des mdigmlions et des rudesses du poëte ennemi :
A? oir ras le menton, garder la face pule, Le geste efféminé, Toeil d'un sardanapale Etc. ... * (S).
C'est grand malheur, dit le poëte, dans une aatie portrait :
Quand le royal manteau se change en une anmnise Et la couronne an froc d*un rilain picqoe-pnce (4).
(1) Ronsard, t. V, p. 313, Um Sonmtt dmn, xix, u i«f Henn m).
(2) Buste des salles de la Renaissance an Lootre.
(s) Les Tragiques, p. 101-102, (Princes). On est forcé de pasiff les traits les plus caractéristiques. Voyez aussi p. 101, p. 109.
(4) Les Tragiques^ p. 84-8&, (Prwieet). La fin da dernier reis ae fuit-elle pas penser à quelques-ans des jeux de oMlt par i<fei* près qu'Hugo a fait entrer dans ses rers de comlMlt?
Ou sMl parie des dévolions du prince :
Cette lingue qui prie a parlé des ordures,
Les maios que tous joignei ce sont des mains impures
Blc (1).
Car le calviniste^ qui poursuit contre les Valois la vengeance jurée à son père après les exécutions d'Amboise, ne se fatigue pas de revenir sur Henri III, de le peindre de face, de profil, directement, par allusion, de Taccabler de sa colère, de son dédain, de son mépris. Ainsi, Tragiques, p. 97 98-99-100, Prineei; ou dans les Vengeances :
O Roy, mespris du ciel, terreur de TuoiTers, Herodes glorieni, n*attens riens que les rers (9).
Cest lui qu*il a visé encore lorsqu'il représente les princes
Courans à leurs plaisirs, ehontez, par les rues (3);
Lui qu'il met eo parallèle avec le grand émailleur Bernard Palissy :
La France avoit mestier Que ce potier fnst roy, que ce roy fust potier (4).
S'il veut accabler d'une accusation plus forte que toute excuse possible « un prescheur mercenaire, » il découvrira parmi tous ses griefs un mensonge
(1) LesTragiquei^ p. 8S-80, (Princes).
(2) Le$ Tragiques, p. 290.
(S) Les Tragiques, p. 95, (Princes).
(4) Us Tragiques, p. 202 (les Feux),
plus grand que tous les mensonges : œ prasebeur, dira-t-il^ a fait
Gbaste le malheareux aa nom doqoêi Je tremble (1).
Et quelque part il ajoutera :
Honteuses reritez, trop Téritables hontes.
Néanmoins, comme pour montrer quelle déchn rure font à son cœur de Français» pour eu sortir, oa éruptions de colère, c'est encore avec une certaine admiratioq qu'il nomme quelquefois la maison de Valois qui est, malgré tout, la maison de France:
Cette haute maison, la maison de Valois
Qui s*en va dire à dieu ()) au monde et aux François (I).
Pour moi, sans faire là part du sectaire dans ces flots d'amertune, je ne pouvais oublier ce qu'Abbéville a dû au prince châtié par la muse exaspérée: exemption, un peu malgré lui peut-être, de tailles, de subsides, d'impositions; confirmation de privilèges, et^ de son plein gré incontestablement, de sa bonne volonté bien entière, la création ou la confirmation de rétablissement du bureau des pauvres; car, quel que soit le jugement que l'histoire doive en définitive porter sur le misérable et dernier prince des ValoiSi il est certain que sous son règne, malgré les troubles, à cause des ^troubles peut-être, l'œuvre
(1) Lu Tragiquêif p, 80, (Ptmiom).
(2) Adieu.
(S) P. 58, (Miêèru).
de llHiihairité et continua et qne la bienftdsance p(AK(ftte, déjà JMvorisée par ses prédéeesseorâ, 8*étttdit loua éa màin^ f^af aes brdrés. Sar ses tolontés exprimées à cet égard, voyez 1. 1, p. 236-237. Rencontre dont notre ville n'a pas à se glorifier» e'est au roi d'Angleterre, Edouard II, châtié de ses vices par liieiDe Isabelle, usufruitière du Ponthieu, qu*Abbei[ille a dû aussi quelques-uns de ses privilèges.
Les portraits abondent, avcms nous dit, dans d'AuiNKDé. Je ne rappellerai pas ceux de Charles IX (l)f Il mort de Charles IX (2), parce que Charles IX n'appartient pas à notre période, mais le maréchal de Kelz, un duc de Nevers y font figure. Le maréehal visitait -il Abbeville pour y faire construire roQvrâge de défense qui porte son nom, je ne pouvais m'empécheTy ea le voyant marcher sur nos remparts, de mettre sur son visage un vers qu'il est impossible de citer (3).
Le duc de Nevers paraissait-il dans nos annales k l'ocetsion de la ville de Saint-Yalery, ou comme Beuienant-général en Picardie, je le voyais daudi- <laer comme au conseil du roi, dans ce vers :
Un boiteux eMranger y bàstH son trésor (I).
Quant à Hend fV, on dirait que le poëte, ami du
(1) Lu Ttùgi^, p. 101 {Fnnàei) et p. 230-140 {Uê Fm). (S) IM., p. 9Sê,^ (f^anyeatiotr).
(3) Let Tra§Ufu$^ p. 103. (PrîMcet).
(I) U$ t¥àç^ifiÊiu^ p. «S, (PrlMMf).
roi» mais désolé de la conversion royale^ a craint de le peindre. Il ne louche à la figure populaire aijyourd'hui que métaphoriquement (t) et dans les trois mots de cet hémistiche :
Ftambeaa luisant, esteint • (1).
Pour les événements, je ne tirais pas moindres ressources de la société de mes poStes. Nos modestes annales présentent souvent une réduction assez cotDplète de h grande histoire. Presque tous les faits qiK je rencontrais dans nos registres, dans nos historiens,
(I) Dans <e« Tragiques bien entenda, car dans son UHimnàUê et snrtout dans Vappendix de cette histoire, triai da traits de la figure du roi se détachent nettemeot. Bo Vap^mà» même, d'Aubigné est revenu aux vers. S'adressant au roi, frappé par RaTaillac, il remonte aux jours passes, aux batailles, aoi Tîctoirea» au profit de ces victoires pour tous les Fraaçait :
Tm Ttiat yîs et faÎDqais : c*ett toj qai as porté k tet jog«s, proscrit, le présent de It tie : ils ont ptr toy, banni, reconvré la patrie, Dt loy» lear prisottûer, rteti li liberté.
Et il lui voue enfin, en forme d'épitaphe, ces quatre versqai, • si la défaveur de leur autheur les fait refuser au tombeaa de S. Denis, ne le seront pas en celui qui est posé et sacré dans le aaarhre permaneot* Fétenielle mémoire de la postérité : »
leari le Graad» ai graaé f m la paix ai la goerra Ife Ini ont fait soaffrir maistres ni compagnons, Troevt repos an Ciel, qa*U B*e«i point ea la lam : Gaerrîer sans pear, rainqnenr sans fiel, roi sans aaigiOBt.
(S) Lat Trmgiqms^ p. US, {!$» Fmn). U est Trai que d'ivbigaé bit, par ces mots, allusion à la oMrt du roi,iiiais on voit, par ki vers qui précèdent, qu'il n'eût pas reculé devant Tallnsioa à raposlasie royale et peut-être unèwtt ft*a*l-il pas teculé.
ne les retrouvais pas seulemrat dans les historiens la France, mais aossi, et rendus plus caractérisiies, dans ses poëtes. Ronsard et d'Aubignë souteient la persévérance de mes lectures. Témoins ulaires des crimes, des folies, des combats, des isères, ils prêtaient seulement meilleure langue à es vieux compatriotes. Croisais-je, en 1584, dans i rues de la ville, une procession de pénitents smcs (1)^ c'étaient les vers mêmes de d'Âubigné que voyais marcher sous les capuchons (2), à grand rt sans doute pour les bons bourgeois qui, dans ir naïveté, étaient à cent lieues des « ribaus de la Qlarde > dénoncés sous les frocs par d'Âubigné. Apprenais- je à Abbeville, en 1587^ la bataille de utras, j'entendais venir ces vers :
0 Coatraa ! combien tosi celte petite plaine
Est de cinq mille morts et de yengeance pleine (S) !
Si je voyais, dès avril 1588, les suspects appelés à ôtel-de-ville, les plus honnêtes gens, les plus morés peut-être et les plus sages, admonestée ou bannis r des rumeurs d'opinion, sur des accusations fanaues , je ne pouvais oublier ces saisissantes pein- ^ d'une époque de terreur :
IjCest à tort que j'ai suspecté pour ces processions le témoige de Formentin. Je ne sais comment j'arais oublié celui du gaace. (Voyez Hist. des Mayeurs, à Tannée 1584).
l)U$Tragique$, p. 108-109, (Prinoei).
I) Lu Tragiquêê, p. 158, (U$ F$ri).
P<mr Tinte il fent fair de son proche la toM^ Fuir rœil iricognu et Toreille iocognaS : Que dis-je? pour parler on regarde trois fois Et les arbres muets et les pierres sans voix (1).
Si nos registres, nos historiens me montraiect aa loin Paris révolté par les Guise, les barricades, Ttssassinat de Blois, mes yeux étaient guidés aussi pir le poète :
Yoicy Paris armé sonbs les loiz du Guysard Btc (t).