‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 5)Chapitre 11 sur 33 · OU · texte numérisé non relu

OU

Ce fut lors que Ton rid les lions s*embraser Et chasser, barriquez, leur Nebucadnezer (S).

Suivais-je le roi sous les murs de Paris qu'il assiège, c'était aussi le poêle que je suivais en m'efforçant de voir de Texagération dans quelques-unes de ses paroles :

Paris, tu es réduitte à digérer Thumain ; Trois cens mille des tiens périssent par la faim Dans le tour des dix lietts qu'à chasque paix frirole Tu donnois pour limite au pain de la parole (4) ;

ou, dans cette comparaison de Paris à Jéruâal^ assiégée par Titus :

(1) Les Tragiquéi^ p. 104-105, {Princes).

(t) Lu Tragiquei. p. 253, {tê$ Fers).

(S) Les Tragiques, p. 201 , {ks Peux).

(4} Les Tragiques^ p. 254, {les Fers). La limite dont il estqo^ tion dans ces vers est celle qui interdisait à la piMicatioA cal^'* niste rapproche de Paris.

— cxm —

Tes bouttefeax prendront le fanz nom de xélës. To mangeras comme elle un jonr la chair humaine Btc (1)

Si je voyais lé duc de Parme, Alexandre Farnèse, ircher au secours de Rouen contre le roi, je me »pelais d'Âubigné regrettant

Le bel or mon noyé Dont bien tost se verra le Parmesan pBjé En la façon que fut salarié Gonsalve (2).

Si je voyais s'avancer les Espagnols dans le Poneu, je tremblais. « Ces mi-mores (3) hautains, risais je avec le poêle,

Ifont d*autres points d'honneur que d*estre impitoyables

Corbeaux courans aux morts et aux gibets en joye, S'esgayants dans le sang, et jouants de leur proye(l).

Quand je voyais enfin ces mêmes Espagnols occur Saint-Riquier ou le duc de Mansfeld assiéger le; quand je voyais mettre garnison à Pont-demy, dans la tour de Donqueur, dans la tour de »yelles, je me demandais ou était maintenant la intière et je trouvais la réponse dans mes souve- "s:

I) Les Tragiqueif p. 310, (Jugement),

t) Les Tragiques, p. 117, (Princes).

!) Démi-roorps

) Les Tragiques^ p. 1 f5, {la Chambre dorée).

Les yilles da milieu sont les yilles frontières ; Le TÎIIage se garde, et nos propres maisons Nous sont le plus souvent garnisons *et priions (t).

La conversion du roi s'annonçait-elle^ éiait«{lle apportée dans la ville, les prédictions cahrimito m'assaillaient. Les attentats de Châtel et de Bawllie entrevus par le poète devenaient, pour lui» avertissement du ciel au roi, cb&timent :

Quand ta bouche renoncera Ton Dieu, ton Diea la percera»

Quand ton coeur, desloyal aaooqvenr, Comme die sera punissable.

Alors Dieu percera ton cœur (1).

Mu'gré la date aulhentique de ces vers (1616) il me semUait bien reconndbre dans Tapostroplie intidatée par la forme prophétique les mécontratemeots detSM:

Jr Yoè Teaîr avec bormu-

tr jour qm"^ gnnd lemple d^ermr

T^ fms rire fïBSÎstaBer 3).

Et je te croi^^ cette Ibctlité a voir des ponitions de Dieu dans tes crimes dir^ri^ contre le roi se liait s une intpressioa demeurée tire pour d^Aobigné depub plus de YÙi^i a^^.

Lorsque je chetclnfes^ à sùsir psarmi ks booigeois

y /Ml

délibérant à Téchevinage ce que j'appelais Tesprit '

démocratique en hasardant peut-être un peu le mot,

je ne m'interdisais pas de poursuivre le même souffle

dans mes poëtes. Réponses bien diverses à Tinterro-

gation : Ronsard libre dans ses Discours à la retne^

etc., se contente d*ê(re libre par lui-même, par son

caractère ; d'Aubigné sent et pense quelquefois en

juge d'Israël, en homme qui voudrait voir la poitrine

des autres hommes libre comme la sienne. Malgré

son dévouement i\ Henri IV, il a contre la royauté des

préventions au moins bibliques :

Samuel lient son rang (t), juge et prophète sage, A qui ce penpie sot, friand de son dommage, Demande un roî (2).

£l me complaisant dans cette étude, qui m*écartait, il est vrai, un peu d'Abbeviile, mais ne faisait pas diversion tout à fait inutile au long travail, j'allais plus loin, je cherchais à entrer plus complètement dans la pensée du calviniste, à me rendre compte de cette pensée, à y surprendre le secret de beaucoup d'autres peut-être du même parti. Et de même que nos registres échevinaux me montraient les bourgeois disposés à élargir, à étendre, l'indépendance, Tautorité de la commune, je croyais voir le capitaine penseur et le gentilhomme savant dispose à défendre les droits, la dignité des caractères et l'indépendance au

(1) Le rang de Jeptittié.

(t) Les Tragiques, p. 149, (la Chambre doréf).

— GXVl —

moins de race ou de classe. Ce n'est pas de Isi démocratie probablement, mais de raristocratie fij^ 4 libre, qu*il faut, pensais-je, voir dans ces vers :

Nos pères estoieol francs : doos qui sommes si bnives (I), Noas lairrons des enfants qui seront nez esclsTes (1).

C'est toujours de la fierté et de l^HMineiir biM exprimé.

(1) Vanitenz.

(l) Les Traffiquêin p. 96, (Prtnctt). — Pour que d'Aobipté n^eûl pas connu le Vindiciœ eontra tyrannos^ il eût falla qoll n'eût été ni de son temps ni protestant. Loin de moi la tentitioB de rouvrir ici ce traité de prttictpû in pc^ukim popnlifiii « principetn légitima poUstaUt mais je ne m'écarterai pas de la compagnie des poètes en demandant un résumé de qoslqoes opinions du livre a l'espagnol Benavides; je ne m^écarteni pu probablement non plus des lectures de d'Aubigné. Àlfllmnï Meneiius Benamdfs Galliam adloquitur. Il engage la Fnicei écouter Brutus (nom supposé de l'auteur du Vindicim). Après tes comparaisons d'un cheval lâché sans frein et d'nne barque sibs pilote portée contre les rochers, il dit :

Utod aliter, legam popalo dam frsoa relasia,

Dom Regî toi vis ▼încnlt, tota rais.

At poj^uloB et regcB tolitît ta tTtte lopatit,

llicet antiqaiu reatitaetar hoaoe.

Il conseille le gouvernement du royaufne par les tro^ ordieii les états généraux :

Moriboi antiqaif, Regai CooTentai agator Leg itîmos, Statuom nomiae Taattiiiniuii.

Il déclare que ces états doivent commander an roi Ini-arinti le diriger comme avec un frein et une bride, lui foin plier le ees:

Hoc regnm indomitas freao distringere greaaosy Hit placeat lorit coIU tnperba regi«

Se passer de lois serait chose nouvelle en FrancCt ^ 9^B|videi

— fÇKW —

^ f4éçs Bips rppal»lipaiq#?^ non déwacratiqqf)» nre îl est vrai, mf^a, cppume il convenait au pro* m( d'alors fi ^u gentilhomipe, un pieu plus qu'pirçhiqiieSi paraîtraient daqs ces yprs adressés 9ux )nais délivrés d'Henri III :

Ba ! Sarmates'nseï, vous qui, estaos sans rois, àfiez le droit pour rof , et ▼oaflrmesiiies pour lois, Qui, dedans Tioterrègne, obseryiez la justice Par amour de vertu, sans craindre de supplice, Quel abus vous poussa pour venir de si loin Pnscr ce mesprisé. (1) !

Enfin, me semblait-il, d'Âubîgné n'était pas trop olé de dire à propos de Nabuchodonosor :

IMeu refit ceste beste un roy quand il luy pleut (S).

, à propos d*Hérode Agrippa :

On adoroit un roy, on fuit une cbarongne (3).

Cependant, le bon sens, quoique en pensent les irgeois de ^ous les siècles, la ju^Uce vraie §4 réiant toujours, ayant toujours retraite assurée dans prit des hommes sauvés des emportements du

[ue à rappi|i des exigences du Vindieiœ un passé dont il igère peut-être la force légale :

IIOD licaSt llêfi, jus, Teetigalia, eeniOBi, Aat pacem, aot forti beUa gerere mtna,

Connabil aot tmàts, nova Tel deceraere paeta, Kl popolusy TjMAri nore, jolierM idem.

) U9 Tragiques, p. 99, (Princes),

) Les Tragiques^ p. 275, (Vengeances).

— Gxvm -

quart-d'heure par la contemplation des prototypes, c'est encore dans nos deux poètes» si différents d'kbitudes, de foi, de préférences, qu'il faut, dans ces temps de passions et de luttes outrées, rechercher h modération relative et la sagesse.

La sagesse religieuse, nous pouvions, à côté dis passages cités plus haut, la découvrir dans Ronsird. Une fois par hasard, le poète des belles divinités delà Grèce a peut-être laissé voir, près du fond, milgré tout chrétien de sa pensée, un couloir à demi dérobé qui s'échappe. Ce couloir, fermé prudemment tu pablic dans le reste de ses œuvres, semble aboutir au Qm sais-je ? Le scepticisme est d'un catholique encore, il est vrai , et le poète l'exprime aux dépens des calvinistes, mais il ne faudrait pas presser beaucoup poar trouver le scepticisme de Montaigne :

L*un se dit zuinglien, Taotre latherien, Et fait de Thabile homme au sens de l*écritare. Tandis que nous aurons des muscles et des veines Et du sang, nous aurons des passions hnmaines ; Chacun songe et discourt et dit qu'il a raison.

Et rhomme ce-pendant n*est sinon qu'une fable (1).

C'est dans un sentiment de bonne fraternité i avec une compréhension assez large de la justice divine et une sagesse qui incline à la philosophie sans cesser d'être chrétienne , qu'il condamne h

(1) Ronsard, tome I*, p. 417, {le ileouet/ des aoimelt, etc.)

— câi — prétention des protestants d*être les seuls élus :

Les paoTres insensez ! qui ne cogooisseDt pas Que Dîen père commua des hommes d'icy bas Veol sauver un ehacun, et que la grand*elostnre Do grand paradis s^onyre A toute créature Qui croît en Jesus-Cbrist (t).

Et notez qu'il ne semble exclure nullement ainsi lea protestants du grand paradis.

La sagesse politique, nous la rencontrions dans d'Aobigné. Tandis que les bourgeois confondaient les conditions de leur liberté avec celles d'une dominalion religieuse aux mains d'un parti, d'Âubigné voyait la liberté de tous. dans une protection impartiale exercée par le prince. C'est pendant la guerre même que, s'adressant au roi, il lui donnait ces conseils :

Henri, qui tous les jours Tas prodiguant ta vie, Pour remettre le règne» oster la tyrannie. Ennemi des tyrans, ressource des vrais rois, Quand le sceptre des lis joindra le navarrois, Sou?ien-toi de quel œil, de quelle Tigilance Tu vois et remédie aux mal-heurs de la France; Souvien-toi quelque jour combien sont ignorans Ceux qui pour estre rois veulent estre tyrans (2).

Ces rapprochements ne nous amènent-ils pas à une réflexion complètement étrangère aux habitudes de pensée <iu xvi' siècle , encore incomplètement accueillie de notre temps^ mais qui n'aura bientôt

(l) T. vil, p. 18, (Dûootirs des misère$ de ce temps). (1) Lu Tragiquei, p. 49, (Misères).

plus qu'à choisir entre les preuves et les justifie»tions? Dans les querelles qui arment les hommes la uns contre les autres, il y a bien moins de coquiv que ne le croient et crient, pendant le combat, la passionnés mis hors de sens par la lutte même. Cette découverte n'est plus à faire et l'humanité n'en ot pas assez heureuse encore. Les retours d'une philosophie impartinlc sur le passé la confirment cepoidant de jour en jour ; rexpérience l'^établira de plos en plus eu marchant. Un fait^ par exemple, n'adnel plus de doute aujourd'hui : pris en masses, les protestants et les catholiques du xvV siècle ne se devaient rien. Aussi braves gens, aussi sincères, tu» religieux sans contredit, étaient ceux qui chmtdieot les psaumes en français et ceux qui entendaient h messe* en latin^ mais comment le plus sage ou le plos éloquent des hommes, Platon aveô la langue de Qcéron, aurait-il pu leur faire accepter cette vérité honorable? Comment aurait-on pu les condamner i l'estime réciproque? Quelle parole de justice dut eu chance d'être entendue au milieu des apostrophes exaspérées? Les injures échangées alors, nous venoos d'en avoir et nous en avons eu pendant tout le cours de notre étude des échantillons : idolâtrie, athéisme, accusation de tous les vices, les noms les plus odieux trouvés à peine suffisants aux haines, et cela dans la bouche des plus honnêtes, de eeipc qiii n'étaieptni pour une goutte de sang dans les assa^ipatg ou les

is, ni pour une voîx dans les condamnations, un tisoh dans les bûchers. Philosophie, acquise, incontestée, n'y font rien ; il eil a même dans tous les temps ; dans tons les les faits examinés en toute bonne foi le proules manières de voir , de sentir, déjuger, sont rement fausses à quelque degré pour les de la sérieuse comédie humaine. En adcun iiêine dans le nôtre, les contemporains plus is engagés dans ta bataillé n'ont été justes, cehdants seuls voient clair — quand ils le bien ; -^ et nous pouvons craindre qu'il n'en jours ainsi. Que la justice et la modération it^elles donc enfin dans nos esprits et dans ^ I Quand, sans cesser de combattre, s'il lé ous résoudrons-nous à comprendre qu'en erelle politique comme en toute querelle reliil n'y a, sauf les exceptions rares dont aucun %t exempt, que des gens d'opinions diverses, actes peuvent être quelquefois dommageables, nt les intentions sont rarement coupables?

DERlfUA MOT.

t d'abandonner cette époque ancienne qui a it d'années de ma vie, je veux rentrer une 3 fois, par la pensée, par le regard^ dans mes

— Gxxn —

murs regrettés. Regrettés au pied du mot, peut-a dire, car déjà la pioche les attaque et bientôt il n'a restera plus rien. Impuissants contre les conveniooa

du temps ont été tant de souvenirs Je ven

saluer encore cette enceinte du seizième, du dixseptième siècle, à laquelle nous avons dû, en 1871, di ne recevoir l'ennemi vainqyeur qu'après les deruoi efforts brisés de Paris, et encore en vertu des oobventions malheureuses de Tarmistice de VersaiHeeet de la paix. Ainsi, en 1594, elle avait permis i dm pères de ne se soumettre au roi qu'après M. le previlt des marchands et MM. les échevins de Paris. La ville d'Abbeville, place de guerre, est pure de tout affiroiL Abbeville la pucelle, c'est un nom qu'elle partage avec d'autres villes, mais qu'aucune n'a mieux niérite. Aujourd'hui, son manteau de pierre tombant» son histoire militaire est finie. Le souvenir lui reste et^ consolation, aucune honte ne s'y mêle. &i ses retours complaisants vers le passé, elle rencontren l'auteur de ces pages. Puisse-t-elle l'agréer pour in de ses guides, et quand elle s'arrêtera à l'époque tourmentée qui s'agite des commencements du de^ nier roi Valois aux coiçmeocements du premier roi Bourbon, puisse cette époque, une des mieux remplie de sa vie municipale sept fois centenaire, sortir pour elle, en mon livre, de la poussière de près de trois cents ans. La vision de notre ville, à cette date, m't été possible. Qu'un dernier effort réduise cette vi-

— cuni —

ou, la fixe et ia fasse saisir. Les faits, à mesure que ï m'en éloigne moi- même en fermant ces trois vojDQcs, se reiiserrent,'^ comme les aspects dans le petit ercle de la lorgnette où se résument les lointains lébarrassés des détails. Sous les clochers du iyi* ôède, sous les toits de tuiles ou de chaume, derrière es murs dont l'eau mouille le pied, avec la vue de la Hier au loin, et, au loin aussi, à droite et à gauche, \iomme sur deux promontoires, le Crotoy et St-Vale- 17 (1), je crois reconnaître en notre ville une de ces républiques de puissance moyenne qui, en Grèce, groupaient autour d'elles, dans les temps de guerre, et surveillaient d'autres villes, d'autres bourgs plus bibles. Je ne voudrais pas exagérer. Elever Abbeville beaucoup au-dessus des république^, colonies ou sujettes des puissantes cités grecques, serait trop. Le rôle de Sparte, d'Athènes, de Thèbes, revient de droit à d'autres puissances, à Paris avant tout, au parlement et aux éUils des grandes provinces; le rôle du roi de Pella revient de droit nu roi de Navarre (et Henri lY .vaut mieux que Philippe), mais enfin la comparaison se présente et on peut la soutenir. Le Rapprochement avec les républiques grecques (ou 'Maliennes si l'on veut) s'offre et se fait accepter d'au- M plus naturellement qu' Abbeville aussi, à la date

(t) Ce point de yue, si on veut se ménager cette vision de sprit dans un paysage réel, peut être pris dei hauteurs qui dooent la ville à t'est et au sud.

oè nous nous transportons, s'est déji ehrichie (rii'te commerce, et, au milieu de ces guerres qu'elle sootient sans découragement, se montre très-prudoile i ftiénagér, de près ou au loin, ses relations dtthfie, ses intérêts commerciaux. S'associe^t^elle, n^olfet-ellè, fait-elle des conventions avec les chèfe del k ligue, avec le duc d'Aumale, avec le comte dé Ibns- Teld, elle ne perd pas de vue ses intérêts, étonne saurait nier qu'il n*y ait de sa part spontanéité de résolution, engagement libre. Sicyone ou Siraiie fie se déterminait pas mieux. A la feçon des républiques italiennes aussi, elle fait la guerre, non en envcrpnt très-souvent ni en grand nombre hors de ses murs des hommes, mais en faisant des prêts, des avances, des fournitures aux armées qui passent ou qui assiègent les places voisines. Pendant œ temps, aatM signes et moyens de rapprochement, dans les mai* sons de bois hautes et étroites, aux retraits profonds, ses riches bourgeois, ses magistrats, lisent flomèr^ et Vvgile, fidèles de Tantiquité épris de b roaaissance. Le dernier sculpteur d'Egine ne trouverait pas indigne d^attention TateUer du tailleur de bois, de rimagier ; le peintre de Sicyone ne dédaignerait pas de causer avec le brosseur d'aUégories, et Catherine de Siaine elle-même ne désavonerait pas Gabrielle Foucquart déjà dans toute la ferveur de sa foi, en son xèle ardenU ou Catherine de Via qtti grandit pour le dévouement et les ardeurs dévnnailÉi.

ABBBVnXB VERS LA FIN DU XVl^ SIÈCLE

M. F.-C. Louandre a, avec les qualités sévères et abondantes 4es écrivains épris de la vérité et infatigables à la poursuivre, arrêté le dessin, fixé les lignes, mis en lumière les points importants de Tbistoire du Pontbieu et de noire ville. Sa sobriété n'a rien de commua; avec la parcimonie, sa netteté avec la sécheresse J*ai déjà eu le triste honneur de reconnaître ces qualités parmi toutes celles de Tbistorien (1); aussi n'ai-je d'autre hardiesse dans cette exposition développée d'une période assez courte, mais riche, des annales de notre pays, que d'apporter des pièces justificatives au chapitre ii du tome ii de VHuioire d'AbbeviUe et du comté de PonUiieu.

L'histoire locale peut, pour certaines dates, je crois, recevoir avec avantage ces développements. Entre les

( 1 ) Abbtv^UoU et Journal d'Amim^, 1863.

murs de la ville natale, dans ces raes où les bourgeois à robes, à escarcelles, à grands collets, retrouveraient encore quelques unes des sinuosités, quelques angles, des maisons mêmes et de rarescbarpentessculptéesdei vieux Ages, les détails rapprochés par Thistorien ne sont |NM jeux stériles, les passe -temps d'une imagination sans ressources ^ ce sont les mille hachures du crayon qui reproduit une figure. Ces développements font sortir les faits de l'abstraction où les tient forcément "toujours un peu Thistoire générale ; ils les font re\ ivre avec les noms des familles qui remplissent nos archives municipales, ( qui habitent sous nos pieds dans les cimetières transformés en places publiques, qui nous coudoient encore et dont nous sommes partie nous mêmes. La vie d*uD botiime peut se prêter à cent analyses diverses; la vie d'une ville, d'une iBommunauté, offre à notre esprit oolle tableaux qui surgissent du simple rapprochement de quelques traits, souvent des réalités les plus vulgaires* Le nom d'une auberge, le prix du souper d'un homme d'arme, le prix d'une maîtrise, une condamnation contre des joueurs de dés, contre des marchands usaoJLde pots trop petits ou d'aunes trop courtes, contre des taverniers ayant reçu chez eux des buveurs en joura^ilc fêtes, contre des cuisiniers trop pressés d'acheter du gibier au marché, les différends d'un maieur et d'un gouve^ neur pour le mot du guet, pour une porte ouverte ou fermée, pour la pêche dans les fossés de la villa», les discussions des milices bourgeoises tous ces évènedents qui ont eu de l'importance un jour peuvent en reprendre encore pour nous si nous le voulons bien. Presque insignifiants sous notre premier coup-d'osil, il noas suffira de les contempler sérieusement quelque#iastants

DOW les TOjîoM grandir de noaTen et qaMte

re|N'éeeDtent toute une époque. Et quel caractère

irréfragable portent tons ces petits traits rap-

I L'histoire générale ne saurait les saisir ] ib

Ma fortune des histoires restreintes, le bonheur des

qui ne dédaignent pas de tirer la Vérité d*un

rustique et de l'asseoir sur une margelle étroite. 11

^^ ttfira plus rien à dire sur les histoires de nos villes

l^lutôt on commencera seulement à en tirer les der-

conclusions quand toutes leurs archives seront

nologiquement et complètement publiées avec de

des tables analytiques.

l'aspect db la ville

Avant d'aborder l'histoire chez nous des années qui ^emplissent pour la France le règne de Henri 111 et les ^foobles de la Ligue, je voudrais pouvoir reproduire (^aspect, la physionomie de notre ville même, faire teisir piar des exemples, par des cas précis, les usages tnunicipaux, les mœurs bourgeoises, les besoins religieux et les exigences du zèle pendant cette période.

Abbeville avait déjà par ses fortîGcations (diversement modifiées depuis) l'étendue et les limites que nous lui coDDaissons. Les grandes rues de notre temps existaient déjà sous divers noms,— étranglées, il est vrai, çà et là, ici par un rapprochement des frocqs, lu par une vieille porte oubliée au milieu de la ville. Beaucoup d'autres rues en général assez étroites, beaucoup de ruelles— ou

voyeuis -- pour la plupart supprimées aujourd'hai (i), couraient entre les voies princi pales;— les voyeuis, diM les parties de la ville un peu à Técart, traversant h plus souvent des jardins et longeant des baies. Des cours d*eau, dont plusieurs onl été comblés ou couverts par des voûtes, partageaient les quartiers bas; les berges de quelques- uns étaient soutenues par des pieux et abritées par des arbres^ ainsi du Rivage certaineroent(2), ainsi de la rivière de la rue Cache-CornalUe (3), ainsi peut-être de TEauette.

La ville, par la plupart de ses édifices religieux portant encore les empreintes vives du ciseau, par un grand nombre de ses maisons mêmes nouvellement bAties, paraissait en grande partie neuve. L'église du Saint- Sépulcre avait à peine un peu plus de cent ans; celle de Saint -Gilles datait, — sinon pour une reconstruction complète au moins pour un agrandissement,*— de i485, c'est-à-dire de quatre-vingt-dix ans seulement; celle de Saint-André avait été rebâtie dans le siècle même, en 4546 : elle était donc plus jeune que la dernière branche des Valois sur le trône; la première messe D*avait pu être chantée à Saiitt-Vulfran que dans Tautomne de 1Ô24; les belles sculptures de l'église collégiale s'offraient à l'air dans tout Téclatde la pierre caressée encore moins

(1) Dans la période qui nous occupe, Péchevinage supprime des rues par des baux à r^ns,— Argentiers, 1587-t58S.

{2) Les tranchées qu'on y ouvre parfois font tomber, à plusieurs pieds au-dessous du sol, sur de très-vieilles et grosses souches d*arbres.-Nous sommrs à peu près fondés à croire d'ailleurs que le Rivage fut en tout temps planté.

(8) Travaux de Tégoût en 1861. Quelques souches, tnais surtout une suite de pieux rangés en véritable palissade.

que mordae par la ploie et les vents d*ouest; T^ise de Siiot-Georges, exécolée à plasiears reprises, ne devait itre finie qo'en 1583 ; presque seule an miliea de ces édifices nouveaux, Téglise du prieuré de Saint-Pierrft aoeosait une grande vétusté. Quant aux maisons, la plupart de celles que décoraient au-dehors des bouts de poutre sculptés, la plupart de celles dont nous avons vu disparaître les unes après les autres les charpentes ouvragées étaient Tœuvre des hommes de ce siècle même (1). Au milieu de ces maisons, on remarquait, pour Timportance de la construction , l'hôtel de la Gruthuse, qui

(1) Pour la décoration de la ville, est -il dit dans les registres de Pëchevinagr. En cette vue de décoration, aussi bien qu'on pourrait le faire aujourd'hui, quelques avantages étaient accordés aux constructeurs :

• De Anthoine Briet, Thomas Noël et François de Huppy, mar* chanSy demeurant en ladicte ville, la somme de dix escus pour les cens et redebvances de la portion de terre sur laquelle lesdicts Briet, Noël et de Huppy ont faict nouvellement bastir, prinse sur la place des halles, et accordée à cens à la ville par sa majesté, laquelle portion de terre auroit été adjugée à cens aud. Briet seul le quatriesme jour de juillet M. V* soixante-dix-neuf à la charge de bastir pour la décoration de la ville et aultres charges portées andict bail, lesdictes maisons abouttans par derrière aux maisons des changes, par devant et des deux cotés au frocq, cy

pour cest an z escus. »

-- Comptes des Argentiers, 1581-1582.

Quatre autres maisons avaient été un peu avant bâties sur le poDt aux Poissons, voisin de la place des Halles :

• 1>e Loys Sanson, Philippe de Lrstoille, Jehan de Hault et Pierre de Lavemot de chacun dVulx six livres de cens par an pour les quatre maisons de nouveau édiffiées sur le pont aux Poissons du costé de la rue aux Changes de la portion duquel Sanson ses père et mère ont retenu Tusufruit pendant leur vie. . . . xxmi'. » — Compkn iês ÀrgeniitrSf 1576-1577.

datait de la fin da siècle précédeat. Devenu k aiégede Ja sénéchaussée du Ponthieu, il regrettait, en vqfaM traîner les robes de messieurs les gens du roi, ks fto du mariage de Louis Xll, dont le souvenir ne le reportait qu'à deux tiers de siècle en arrière.

A côté de ces maisons neuves que couvrait la Uiik, s'en élevaient d'autres cependant que des toitures en paille exposaient plus facilement aux incendies. La condamnations ne parvenaient pas à chasser des toits de la ville Yéteuley cause des alarmes fréquentes (!) Aux

(1) Les amendes variaient selon Timportance de la contrafention:

■ Le XXII* jour dudict mois de febvrier, Jehan Dopny pour avoir faict couvrir d*estoeule condampné eu. . . . xm' un'. • -^Registre aux comptes, 1581-1582.

La même année d'autres condamnations montent pour la même cause à XX sols d^amende.

Nous relevons quelques autres exemples dans les années suivantes :

1583-1684. a Le XVI* jour du mois de septembre Benry Coma pour avoir faict couvrir d'estoeulle. . .' xl*. •

1587-1588. a Le XII* jour du mois d'octobre (I5S7) JehanU Quieu pour avoir faicl couvrir sa maison dVstoeulle condauipaé en trente sols, le tiers aux accusateurs, cy pour la ville, xx'. •

1589 1590. a Le deuxiesme jour d'octobre (15S9) Jacqaes Palette pour avoir faict couvrir d'estoeulles est condamné en XV*. ^

1592-1593. « Le sixiesme jour dud. mois (juillet 1593) Antboini^ Legrand pour avoir couvert d'estoeullc sans permission, xx*. ^

Les termes de cette condamnation prouvent que des autorisa^ tions pouvaient être accordées pour la réparation et peut-être, em certains quartiers, pour l'établissement des couvertures de paille^^ An commencement du dix-neuvième siècle, bien des maison^ étaient encore couvertes en chaume dans la chaussa d'Bocquet.

1593-1594. « Le XXIII* jour dud. mois de mars (ISM) Jehan

brMttîert appartenait alora paHicoIièranent le soin d'itdlidre les feox de sii«fc*^(l).

Il artWt curieux de savoir combien étaient louées eellei de ces* maisons que n'habitaient pas les propriétaires mêmes, quelle était la valeur moyenne des maisons ordinaires. Nous ne désespérons pas de trouver les indications nécessaires pour répondre à ces questions (t).

DaingocTille pour aToîr faict couvrir UDg bastiment d*estoeolle xv*. ■

(1) Les broutlirrs recevaient des gratifications de Tëchevinage, selon rimportance de Tincendie. Les gens de quelques autres niëtiers réclamaient aussi une part quand le feu n^avait cédé qu*à UD IcDg combat ; ainsi le registre aux comptes de 1575-1576 nôHlk doDDe :

« A esté payé aux compagnons mariniers pour avoir aydé et

donné ordre à esteindre le feu de meschef advenu au pont aux

Poissons à raison duquel les quatre maisons estans sur ....

auroient esté bnillées la somme de cent sols sellon qu'il appert

par leur requeste et taxe en fin du VI* aoust V* LXXVI, cy. C.

■ Pour la même cause aux serviteurs des brasseurs. . . xx*.

« Pour la même cause aux brouttiers de la ville. . . . vi*. »

Mais les brouttiers figurent seuls dans les comptes des années

suivantes :

157S-1ft79. • Aux compagnons brouttiers de cestc ville la somme de quarante sols pour avoir esteint le feu prins par meschefcn quelques maisons proches du pont de Sottines, cy. xl'. • 1579- 15S0. « Aux maistres et compagnons du mestier de broottiers la somme de cinquante sols a eulx taxée pour avoir travaillé à donner ordre et esteindre le feu de meschef advenu sur la chaussée Saint-Paoul sellon qu'il est porté par leur requeste ordonnancée sur icelle et quittance cy rendue, cy. l*. » 1581-1582. « Aux compagnons brouttiers de ceste ville pour le debvoir par eulx rendu pour esteindre le feu arrivé par meschef dorant la niiîct en ceste ville cinquante sols l*. »

{t) Comme simple exemple, une maison est louée par Féchevi- Qage deux écus par an, en 1581-1582.

Ed cet temps où on fte voyageait pas aussi vite que de nos jours, les hôtelleries étaient nombreuses; ooosate mmptons pas moins de quatorze à Abbeville ▼€# hfti de la ligue, savoir: Phôtel du Bar, Tbôtel drfVot l'hôtel du Géant, Thôtel de l'Escu d'azur, l'hôtel del'Eiai de Brabant , Thôtel de Sainct - Anthoine , l'hôtel da Chevallet, Thôtel de la Fleur-de-Lys, l'hôtel du petit Sainct- Jacques, l'hôtel des Trois-Lombarts, l'hôtel de la Lanterne, l'hôtel du Bois de ViDcennes, l'hôtel de la Teste-de-BcBuf. — i^e^ûlre aux comptes^ iô9i-!âK, paaatm.

' En plusieurs lieux de la ville s'élevaient des croix: aûnsi au Pilori, ainsi sur le port du Guindal ; en d'autres, des puits avaient été creusés et la marge de ces puits était surmontée d'appareils de bois ou de fer : ainsi dans la rue Saint-Gilles, ainsi dans la rue de Larquet (l);eD d'autres places s'écoulaient des sources naturelles défendues par des ouvrages en maçonnerie: ainsi sur le port du Guindal , ainsi surtout près du Moulin do Comte (2).

Sur la place du Marché, une croix était entourée par six boutiques ou maisonnettes (3).

Le pavage des rues avait été commencé au quinzième

(1) Comptes de 1578-1579. Je produirai un jour rindication empruntée au registre de cette année dans la TopographU Atilorique d* Abbeville^ dont les Notices sur les Rues et les Fmdtourgt n'auront été qu*un premier brouillon.

(2) On 6t des réparations assez importantes à la Fontaine-le- Comte, dans Tannée écbevinale 1579-1580. Je renvoie une note sur ces travaux à la Topographie historique d'Abbe^nUe,

(3) Ces boutiques devaient chacune annuellement vingt sols, en total six livres.

siècle, mais il était loin de s'étendre encore par'toute la ville*, dans Tannée 1576-) 577, nous voyons travailler par corvée à la réparation de la chaussée Docqoet (4) ; cette chaussée n'était évidemment pas pavée. Dans Tannée 4583-1584, les rues du Rivage et de la Pescherie d'eau douce sont pavées aux despens de la ville pour la main-d'œuvre, mais les habitants de ces rues se sont engagés à fournir les matières (2); dans l'année 1586- ^587, une partie tout au moins de la rue Blanca mi pavée — ou réparée avec des pavés — (3).

La Somme, qui refluait à chaque marée jusquea dans les rues de la ville, faisait la fortune des habitants. Chaque flux (ou flot comme nous Tavons encore entendu dire) était un signe matériel des bienfaits que la mer ell^nléme jetait au seuil des maisons ; le commerce des Abbevillois couvrait la rivière de gribannes qui descendaient jusqu'au Crotoy et à Saint- Valéry et remontaient jusqu'à Amiens. Le r^istre aux comptes de 15u 1-1592 donne une idée de la quantité de ces gribannes par le nombre de celles qui sont employées et quelquefois ar(nées pour les secours portés à Rue et à Saint Valéry. Ces mêmes comptes font supposer aussi un très-grand oombre de marins dans la ville

On peut croire que la rivière servait partout un peu le port. le long de la rue dite du Rivage (^), aux bateaux )o relâche; mais le principal, sinon le seul lieu de

(1) Registre aux comptes, 1576-1577.

(3) Registre aux délibérations de 1583-1584. Note renvoyée à la 'pographie hiHoriqw d'AbbevUle.

[S) Registre aux comptes, année 1586-1587.

4) Notre itrand d'alors.

— iO —

débarquement des marchandises , était la place dite encore du Guindal ( 1). Là était un véritable quai (2) éonA les pierres, des grès énormes, n*ont été démoètées et

enlevées qu'en 1865, quand la place a été élargie sur II rivière (3).

Tous les ponts qui traversent aujourd'hui la Somme existaient déjà, sauf le pont Ledien, mais plus loin était le pont du Château dont le gouverneur permettait peattee Tusage aux habitants Dans tous les cas, un bac, établi un peu plus haut-probablement que le pont Lediea, peut-être en face de Timpasse Ck)q-Chéru, allait et veaait de la rue de la Pointe à la rive opposée (4).

Sur le courant principal de la Somme entrant dans la ville près de la Portelette, et sur les affluents poar lesquels s'ouvraient les murs de la ville, tournaient pins de douze moulins (5).

Le plan de Robert Gordier, gravé environ quatre-

(1) Guindal, cabesUin.

(2) Le mot même existait ou à peu près : • De Jehan Lebel commis à la recepte des droicls de ferme du caiage, aoltremeat appellée le Guindal, consistans etc. — Registre aux comptes de 1590-1591. Note renvoyée à la Topographie historique éfAhbtioilk*

(3) Le Guindal revient souvent dans le registre aux comptrs, ainsi en 1585-1586, en 1587-1588, etc.

(4) Comptes de 1579-1580 et tous les comptes précédents et suivants. La ville tirait X sols par an de Tautorisation donnée pour ce passage.

(5) Le chiffre serait à préciser; Il était de treize au moment de la Révolution. Les registres aux comptes et les registres aux délibérations ont, à chaque instant, à mentionner ces moulins e quelquefois à consigner des affaires qui les regardent, de contrats, des ventes, des procès. Voyez comme exemples : poarl nioulio Darragon, les comptes de 1576-1577^ de 1581^1581 et ton

fiogts ans plus tard, bien que représentant tous les clochers de la ville, et les cours d*eau traversant les murs, et les bateaux remontant la Somme à pleines foiles, et les roues des moulins principaux, ne saurait reproduire l'aspect t.issé de quelques parties de la cité, la différence des architectures selon les quartiers, les couleurs variées de la tuile et du chaume. Ce n'est qae par des recherches nouvelles, en dressant une topographie, non de cadastre ni de plans levés mais d'érudition, qoe Ton pourra reconstruire complètement Abbeville autant de fois qu'il y a de siècles depuis la charte qui l'affirauchît.

Avant de visiter les deux échevinages où nous trouveroDS occasion toute naturelle d'assister au renouvellement de la loi, h Tadjudicatlon des fermes, aux actes iidioaires de l'administration municipale, reconnaissons rapidement Tenceinte fortifiée de la ville.

Le registre aux délibérations contient, à la date du ^Smars 1585, un règlement détaillé sur le service des i^mparts Ce règlement uous fournit le nom, le nombre des corps de garde, la place des sentinelles, etc.

Le chef du corps de-garde de la porte Harcadé devait poster une sentinelle à la tourelle Quanterne.

Celui du corps de garde de la tour à Bourel en devait mettre une à la tour de la Fontaine.

Celui de la porte du Bois, à Hault degré es bourdeaulx. Celui du corps-de garde du chasteau de Ponthicu, à Wallen [?] et tour noeufve.

les antres autour de ces dales; pour le moulin Gnffé, le registre lox délibérations de t58S-1587; pour le moulin Wattepré, le même vgislre ; pour un mouJin à fouler draps, situé hors la porte iifcade, k registre aux délibérations de 1591-1599.

Les soldats (1) poseront leur corps-de-garde prè8 la couverture Saint-Gilles, pour placer les sentinelles sur la tour nommée le Creno [?]

Le corps-de-garde de la porte Saint Gilles en enverra une à la tour no*' (neuve) Cache Cornaille

Celui de la Portelette au pont des Prés et une autre i Maillefeu.

Le corps-de-garde de Saint-Jeban-des Prés au dea xiesme <2) Sainct-Jehan.

Celui de la porte Docquet à la tour no (neuve) le Beau regard.

Un autre règlement, complémentaire du précédent, sur les corps de-garde et sur les sentinelles, est inscrit sous la date du 21 mars dans le même registre aux délibérations, 158^-15S5.

La ville avait l'entière disposition dos tours (3); dk les réparait (4) ; c'était elle aussi qui avait fait construire et qui entretenait les corps-de-gardc (5), ainsi que les

(1) En principe , les corps-de-garde étaient occupés par la bourgeoisie. A cette date, quelques-uns Tétaient sans doute par des soldats du gouverneur M. de Hucqueville.

(?) Je copie comme je lis. Un mot doit être passé.

(3) Le dernier jour de septembre 1581 , on délibère que les deux tours qui sont sur la porte de la Portelette seront, suivant la requeste faite par monsieur Octomey, baillées aud. sieur poar mettre les pouidres sans préjudice aucun à la ville qui pourra les reprendre toutes fois et quand elle en aura affaire. — Registre anx délibérations, 1581-1582.

(4) « A Estienne Prot, manouvrier, pour avoir rassis des pas à

la tour du Maillefeu, sept sols Yii". •

— Reg. aux comptes, 1585-1586.

(5) « Payé à Anthoine du Mesge, couvreur d'ardoises, adjudicataire de la couverture du corps-de-garde du pont des Pfés, h

nrailles (1) et les ponts (2); on fermait ces ponts le ûr, et la porte Marcadé» qui devait être reconstruite ms Henri lY , était alors fort mauvaise (3). A l'est, sur la ligne même des fortiûcations nouvelles t coupés par elles, s'assombrissaient les restes de la ieille Cour Pontbieu.

Dans la ville, pour ne rien oublier, la porte Comtesse smblait encore vouloir faire un faubourg du quartier a Bois.

Quant au cbâteau bâti par Charles le-Téméraire, il 'âevait à l'endroit où les anciens remparts venaient tHieber la Somme à sa sortie de la ville. Ce château tait la résidence du gouverneur militaire, et Téchevi-

OQiBe de cinquante-cinq escus deux sols sur et tant moings de Iftnoie de quatre-vingt-dix-sept escus à quoy montoit le pris

« lad. adjudication, cy lv*^ ii*. »

D*aatres mises concernent Poufrage de massonnerie et de barpenterie dudict corps-de-garde.— Aey. aux comptes^ 158S«

(1) « A Jehan Dumeril, portirr de la porte Docquet, In somme le eiaquaute huict sols six deniers pour son remboursement de •ireiile somme par luy déboursée pour avoir faict adosser la juraille nouvellement faicte contre la porte Docquet par delà la

ille Lvui*. »

*%. aux comptes f 1579-1580.

(2) « A Lois Neudia quinze sols tournois pour une tronche de Dis par luy vendue à faire ung trulle? pour lever le pont du

)olevert de Longueville xv'. »

Reg, aux comptes, 1579-1580.

(s) « A Jehan ..... la somme de six livres à luy ordonnée par issiears maire et eschevins pour hiy aider à se fajre pensser e blessure qu'il avoit receue en la teste fermant le dernier pont la porte Marcadé de la chute de quelques pierres de la voûte

»lle porte vi'. »

Heg. aux comptes^ 1578-1579.

nage, bien que toujours en possession des andeiiff dfoHi consacres dans ses privilèges, avait parfois à les défendre contre l'officier du roi soumis au lieutenant de Picardie(t). Ainsi, pour choisir un seul exemple qui ne nous écarte pas des fortifications, dans la délibération do X** jour^ mars mil V*" Illl" 11, le maieur remonstre «que, sarb dtfférend meu entre monsieur de Hucqueville goovenieiir pour raison du bail et pcschc des fossés, feqoel mnr gouverneur auroit faict refus de signer Pacte qoy lay auroit esté par nous envoie, mais au contraire que lad. sieur gouverneur en a envoie ung aultre du tout ao désadvantage du droict de la ville par lequel il prétend que lesd. fossés sont à luy appartenans et qu'il entend que les baulx par nous faicts soient nuls et que lesd. fossés soient de nouveau par luy rebaillés, qu'il Ufft refus de renvoier Martin du Flos et Estienne Uacqoet qu'il détient prisonniers au chasteau, n'est que le procès soit faict et instruict en sa présence. Après que lectures esté faicte dud. acte, a esté advisé et dellibéré qu'il sera envoie par devers led. sieur gouverneur pour luy remonstrer et déclarer qu'on ne poeult accorder led acte en la forme qu'il est, d'aultant que lesd. fossés nous appartiennent el non aud. sieur gouverneur; confessons qu'on reconnoit bien qu'il a authorité avec nous sur lesd. fossés, mais que c'est à nous à faire les baulx desd. fossés comme il a esté faict de tous temps, par lesquels baulx l'authorité dud. sieur gouverneur est conservée en tant que par lesd. baulx il est dict que les preneurs et peik cheurs n'y poeuvent entrer que, au préalable, ils n'aient demandé congé aud. gouverneur et à nous, etc. »

(1) Ainsi qu'on le verra cependant, le roi écrivait souvent directeinenl aux gouverneurs des filles.

Il est eiMorè question de cette affaire de fossés et de pddie dans la séance da premier avril suivant. A cette date, Hacqaet et autres avaient intenté un pn»^ ao maienr aux flMïd'étre mis en jouissance du droit de jfilbbei^ntesté L'échevinage décidait qu'on demanderait W gouverneur des explications sur les empêchement^ opposés par lui à l'exercice de ce droit, et que, dansJe cas où il nMihtiendrait les empêchements, on protei|H*ait contre lui. -— Registre aux dilibirationê, 4581-1582; — (I).

Des diseussions aigres s'engagent un jour entre le gouverneur et Téchevinage pour des communications de lettres.— i58ô.

Ces discussions nous ramènent aux deux Ëchevinages. Le premier de ces édifices où nous nous arrêterons — le Mlîl Écbevinage — était celui où, entre autres actes, se msaient les adjudications des fermes (2). Très-vraisspri-

(1) Le gouverneur n'ëtait pas plus d*accord toujours avec messieurs de la sënëchaussëe et du prësidial. Les gens du roi s^avîsent un jour de donner un avis à M. de Hucqueville (le XXX avril). M. de Hucqueville rëpond qu'il est gouverneur de la ville, qu'il sait bien ce qui est de sa charge et que, quand il faudra mettre du canon sur les remparts, il en usera selon son propre avis et non d'après celui de messieurs les gens du roy auquel ce n>st affaire d'en délibérer, lui seul étant maître du rempart. ^ i{<?^. aux dUibératioM, t5SI-lMS.

(1|^^ « Le mercredy XII" jour d'aoust 1587 a esté délibéré que :|r Adrien Pofrilain, bourgeois de cestc ville, sera exempt de garde l'espace d^un an à commencber au XVl* jour dud. mois et finant i pareil jour enssuivant et ce moîftinant une table de bois de chesne de la longueur de xii à xv pieds et de largeur de m pieds et demy ou environ avecq les deux tourteaux de chesne tourné que led. Poullain a délaissé et quitte au prouflit de ceste ville et par luy délivrée et mis en mains de Beinard Rohaultcappitaine du guet quy t'en es! chargé pour estre mise en la chambre d'en

UaUemeot ao doonème siède, les délibérations de la ville s'étaient tenaes en ce lien, dans une eonstroctioD qu'a replacée celle qai, en gardant jusqu'à la Révolution le nom de petit Kchevinage, a pris oeiiMdant (4) celui de Bourdois. Ce lieu, près de l'église Saint-Georges, M centre de la vieille ville, et qui fut, peut-on fermcmeal * croire, le berceau de la liberté communale» est donc le plus vénérable de tous ceux devant lesquels 'fiasse ootre indiffërence. Â l'époque où nous nous transportons» le conseil échevinal parait n'avoir conservé, dans le modeste édifice existant alors, qu'une chambre du haut pour II commodité de quelques opérations, le louage des fermes, quelquefois les nominations des officiers de la milice bourgeoise, etc. Le reste de la maison était loué par adjudication (2). ^^

ImÊtl dÉ Boardois de ceste ville respondant sur le marché où se font les adjudications et baux des fermes de cu'sted. ville. > - Reg. aux dUibiratUms, 1586-1587.

(1) Ou garde. Le nom de Bourdois est aussi fort ancien. Us deux noms d'Échcvinage et de Bourdois oui pu être simullaoéroent employcfs à celte place dans les leii;ps les plus reculés.

(2) « A J«*han Boutart la somitu' do unze escus quarantc-lrois sols huicl deniers à lui ordonnée pour plusieurs ouvrages ri réparations quMI auroit faicl faire en la maison du bourg d*of (ne) qu^il auroit occupée a liltre de louage ds la ville — requeste

ordonnancée du 14 may i587 — cy xi'*' xuHP vnK. ■

— Reg, aux comptes, 1586-1587.

« Dv. Toussaint Boutart pour le louage de la maison du pelit eschevinage respondant sur le marché à luy adjugé pour six ans en Tan mil W^ quatre-vingt-quatre commencés au jour de Pasques, premier jour d'avril dudictan (1584), moiennant quarante et iing escus deux tiers. » ^Reg, aux comptes^ 1587-1588.

« De Jeban de Framery pour le louage de la maison do petit eschevinage respondant sur le marché à luy adjugé comme le plus

LE GRAND ÉCBEVINACB

r Le''graDd Échevinage où nous nous arrêterons enfio datait de 1209 et conservait bien des restes du vieux temps.

Les îndieatioos nous Tont défaut pour que nous puissions nous représenttp exactement cette construction au temps de Henri III. Essayons cependant de rapprocher le peu de notes qu'il nous a été donné de rencontrer. La porte d'enlrce était en forme d'arcade-, au fond de la cour s'élevait comme aujourd'hui la grosse tour quadrandrangulaire du t)efrrui; la toiture pointue de ce beffroL diflerait seule de la limballe qui l'a remplacée . oommencemcnt de noire siècle. Kn retour, à droite de la grosse et vieille tour, élait le bàlimeutà porte ceintrée surmontée d'un dessin ogival par laquelle on se rend maintenant au Jardin et dont k' bout est occupé par le dépôt des archives. De l'autre côlé de la tour, c'esl-à-dire en face même de la porte en arcade ouvrant sur la rue, courait la galerie sur laquelle le maire haranguait le peuple le Jour de sa nomination. Pour le reste, nous ofl pODVoos plus que reconstruire, et bien incomplètement,' en nous aidant des registres municipaux.

Et d'abord où se trouvait la chambre du conseil et

offraot pour trois ans, dont l'an de ce compte est le premier, Dioiennaut la somme dt; vingt-lrnis osons chacun an, cy pour

l'ann^ diidict eonilite xxni"'. i<

— Rtg.auxcompU», ISOI-IASI.

cette chambre était-elle difTérente de celle qu'on appehit la grande salle de réchevinage? Les notes suivantes, rapprochées d'autres qui pourront se révéler, aideront peut-être à éclaircir le point plus tard :

• A Augustin Lebrun la somme de vingtrsix sols pour avoir nettoyé et mis en plomb les verrières de la chambre du conseil, cy xxvi». •

-^Reg. aux comptes, 4578-1579.

« A esté payé par Jacques Lecat à deux manouvriers qui auroient nettoie et porté plusieurs pierres et terres hors de la grande salle dudict eschevinage la somme de

quatre livres deux sols, cy r^ xxn». •

— Reg. aux comptes, 458o-4586.

« A Jehan Calippe, menuisier, pour avoir raooutréles

de la grand chambre dudit echevinage. . v*. >

r^Refi aux comptes ^ 1587-4588.

«1 A esté paie à un menuisier pour avoir levé et remis le refend de la salle du grand eschevinage par plusieurs

fois dix sols X*. "

'^Reg. mux comptes, 1580-1590.

« A Michel Lebel» peintre de la ville de Paris, la soinme de six escua à luy ordonnée pour avoir peint en ung tableau l'image du Crucifix pour poser au manteau de la cheminée de la chambre du conseil dud. eschevinage. —Ordonnance du XXI111« aoust (1593), cy. vr~. • -^Reg. aux comptes, 1592 1593.

Une grande partie de réchevinage parait, d'ailleurs, avoir eu grand besoin de réparations au temps où nous sommés.

L'horloge était en fort mauvais état, au mois d'août 158^, d'autant que le clocher était resté découvert depuis les réparations faites quatre ovcinq mois auparavant* —

I dt Ârtur Formentin, conduettur dei orioge* ifw grand eichevinage.

On trouve encore :

• A Nicole BoDtin, cliortier, pour avoir charJé en l'eschevinage une pierre blitnche pour faire une ovalle en

l'escallier faicl de neuf mi". -

\ un auire charretier pour avoir charrié ■ plusieurs grès aud. eschevinage x", -

— Keg. aux comptes, lo>5-lS86.

A un plombier - la somme de cinq escus dix-sept sols pour ouvrage fuict et plomb employé et mis en csuvre au beffroy de l'eschevînage. Ordonnance du 28 mai 1592. -

— Rey aux complet, 1591-159-i.

Du feu était allumé en quatre lieux au moins de l'échevinage:

- A Hector Torel, bousseur de cheminées, pour avoir housse quatre cheminées uudict eschevinages sellon qu'il

appert par sa quittance huit sols viii*. ■•

~Btg. aux comptes, 1575 1578.

Si nous parcourons maintenant les bâtiments, un peu au husnrd au milieu de nos incertitudes, nous trouverons qu'une trésorerie et une chapelle avaient été aouveHement construites :

- A Uaude , menuisier, pour avoir racoalré

viugt et une laiettes à metlre pappiers en la noeufve argenterie la somme de trente-quatre sols, cy. xxuiii'. ••

— Rt g. aux complet, 1.S5-1ÙSG.

■ A Wall Warré, vitrier, pour avoir faict une

vitre à la chapelle nouvelleuieot falcle Audict eschevinage cinquante-cinq sols tv. -

— Btg. aux comptes, 1585-1580.

Nom trcaveron» qQ*en an lieo était dépoaé le poidi de la ville :

« Le treiziesme jour de may (t591) , Deoia de. la Comble, fermier du poids de la ville» poar avoir transporté de son autorité le poids de Teschevioage ao

chasteau, condaropné en six escus vi5^. •

-^Xeg. aux comptes, 1590-1591 — Une amende de cette importance marquait alors une grosse condamnation.

Nous trouverons encore un lieu où étaient conservées des armes, une sorte d'arsenal :

A Anthoine de Caumont, armurier, la somme de ung escQ vingt sols pour avoir nettoyé et entretenu les armes estans au grand eschevinage par mandement du ving-

tiesme dud. mois d'aoust 1592 r^xx*. •

-— Ae^. aux comptes, 1591-1592.

. Derrière Téchevinage était une grange :

« De Pierre Quoiret, charpentier, pour le louage de la grange derrière Teschevinage, la somme de ung esca

deux tiers, cy. . r^n*. •

— - Reg. aux comptes, 1587-1588.

Iféme location au même et pour le même prix en , 1689-1590.

Le magasin actuel des pompes de la ville ne serait-il pas sur remplacement de la grange du seizième siècle?

Dans le jardin même dépendant de l'échevinage coulait un égoût nomtné la Rabette :

« la somme de soixante et ung sols huict deniers

pour le nettoiage et curement de la Babette passant par

dedans le jardin de Teschevinage, cy lxi». •

— flegf. aux comptes, 1587-1588.

C'était le concierge de réchevinage q«i se chargeait des fournitures nécessaires à la chambre du conseil :

• A Jehan Auger, sergeant à mace, garde et geoUier dodict eacbevînage, la somme de viDgt-nœuf livres nœuf sols tournois pour bois, chandelles et feu par luy livré durant l'année de ce compte lors de Tiver et qu'il en a esté besoing es assemblées journellement feictes et pour les affaires de ladicte ville, sellon qu'il est particulièrement et au long déclaré par le rolle de ce dressé et mandement estant en fin d'icelluy du vingt troisiesme jour d'aoust audict an mil Y« soixante-dix-sept, et quittance, cy xxix^ix*. »

^^Reg. aux comptes, 4576-1577 (1).

Le geôlier ne fournissait d'ailleurs que le papier employé dans la salle même du conseil et servant aux détails de la délibération \ la ville achetait elle-même celui que réclamait l'expédition de ses affaires (2).

( 1) Cet article se répétait sans grands changements tous les ans :

« A Jehan Aoger, geoIKer des prisons da grand eschevinage, la somme de trente livres dix sols à luy deue pour les bois et chandelles, feo, charbon, pappier et anltres choses par luy livrées durant le temps de ce compte pendant Thyver qu*il auroit esté besoing y estre journellement assemblés, scllon qu'il est parUcnllèrement déclaré par !*estat de ce dressé et mandement en fin d'icelluy du XXllU* d*aoust M. Y« LXXIX et quittance, le tontcy

rendu, cy xxx* x*. »

— Reg, aux eompteit^ t57S-1579.

Il paraît, suivant la déclaration du geôlier, fournisseur de bois, de chandelles et de papier à MM. du conseil, que MM. s'étaient assemblés fort souvent en cette année 1579-1580; aussi Tindemnité qui lui est accordée s'élève-t-elle cette fois à dix écus deux livres cinq sols quatre deniers.

Dans les comptes de 1579-1580 figurent aussi des «torses et aultres luminaires » qui ont servi « tant à monsieur le maieur pour aller aux portes la nuict et aultres endroits pour le faict de la garde comme aultrement. »

(3) En I5S7-1588, elle paye la rame du grand papier cent cinq

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