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ce conseil. Dans les circonstances importantes, k trois ordres sont bien reunis, t en assemblées génc raies, » mais au prieuré de saint Pierre; pointa procès-verbaux pour nous ; les assemblées général< « du poeuple » et de c tout lé tiers-estat du comi de Ponthieu » se réunissent seules à Téchevinagi Celles-là nous appartiennent, nous en possédons l actes ; d'elles seules nous tenons presque tout ce qi nous pouvons savoir sur ee temps.
L'Echevinage, la maison commune, c'était là qi siégeait l'orgueil municipal, que se renfermait dignité bourgeoise. Déplacer de l'Echevinage les d libérations qui y étaient tenues traditionnellement! droit eût été regardé comme déchéance par toute communauté abbevilloise. En février 1590, le cor échevinal maintient en l'hôtel commun, contre 1 prétentions du gouverneur, le siège des délibératio concernant l'intérêt et la sûreté delà ville (t, II, f 201-202).
Et c'est devant le corps échevinal, en l'Echevina même, que, peu de temps après, le gouvemei accusé de trahison, est heureux de venir se justifii repousser les méchants bruits, les paroles qui laquent sa loyauté. C'est devant le conseil des boi geois que M. de Hucqueville porte la cause de s honneur, et ce conseil se reconnaît naturellemi juge du fait ; il fait comparaître et interroge h gi tilhomme^ auteur des mauvais propos ; il apprécie
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JDge (t. II, pp. 226-227). Il y a là certainement signe de démocratie.
Le 4 octobre 1590, c'est en l'Echevinage que M. de Rambures désire rencontrer M. de Hucqi^eville, le gouverneur, « pour se purger d'une lettre quelcd. sieur de Hucqueville a oy -devant représentée en cest Eschevinage et maintenue avoir esté par luy escripte à M* Je^n de Grebetmesnil. » (t. Il, pp. 345-246). Et le 6 du même mois, M. de Hucqueville, qui a obtenu de Tévêque d'Amiens une censure eontre ses accusateurs renfermant trois points dotlt on semble mal softnant pour Téchevinage, ne peut obtenir du corps de la ville la publication complète de cette censure aux prônes des paroisses. L'échevinage ordonne que la censure ne sera publiée qu'en ce qui concerne M. de Cornehotte, le gentilhomme accusateur, et défend aux curés d'en étendre au-delà la lecture. On voit, par ce fait, qu'Abbevilie catholique connaissait parfaitement les limites des pouvoirs^ et De se laissait ni intimider ni dominer par la hiérarchie ccclésiastiqne. Bien mieux, M. de Hucqueville ayant, Quelques jours de là (13 octobre), obtenu une nouvelle censure de Tévêque, l'échevinage se décide à appeler comme d'abus des deux censures, et nous ne voyons pas que le clergé d'Abbeville enrreignc les défenses de lecture portées [)ar le corps de la ville (t. Il, pp. 246-247).
Le &it qui suit n'est pas tout à fait signe de démo-
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cratie, cependant nous ne le pouvons négliger. Le 22 décembre 1590, il est décidé que les maïeur et échevins nommeront pour les aider, dans les grandes affaires qui surviennent, douze habitants auxquels pourront s'adjoindre messieurs de Téglise et deb noblesse (t. II, pp. 258-259).
Plus tard (1 3 novembre 1 59 1 ) , quand la ville jugera nécessaire de lever elle-même quatre cents hommes de pied, il sera bien entendu que ces troupes seront sous le commandement supérieur des maïeur et echevins, et commandées, au-dessous d*eux, par quatre capitaines € choisis et elleus par lesd. maïeur et eschevins » (t. II, p. 307).
En ces derniers mois de 1591, le sénat bourgeoii qui siège en TEchevinage {Senatui Populusque Atba* villosus^ éerira-t-on bientôt sur le satin des fêtes), tant w^rs une sorte de supprématie, d'autorité en matièn de guerre. Pour ce qui regarde la ville et ses environs immédiats, de fait, la commune abbevilloise es devenue une petite république. Uéchevinage dédd que les habitants des campagnes seront mandés c conviés à fournir un certain nombre d'hommes ps village « pour la deffence de ceste ville » (t. I] p. 307-208). Il siège au milieu des armes, et c'ei bien comme un sénat respecte qu'il reçoit les tro phées rapportés des combats livrés aux enviroi t. II, p. 338-339).
Une compagnie de gens de guerre loge-t*^lle p^
nsard dans la ville, die est tellement sons le coup in loig municipeles qu'on voit (en février 1593) Mlle d'an sienr de Belleville retenue en gage dans lei hôtelleries de la ville pour n'avoir pu acquitter 8esdette8(t. II, p. 365).(1).
La justice municipale s'exerce d'ailleurs librement sur les troupes momentanément logées dans la ?ille (t. m, p. 74).
Enfin, depuis longtemps, la ville subit impatiemment la vue du château attaché à son enceinte, comme mi cadenas sur la Somme^ par le dernier duc de Bourgogne, et ne supporte pas sans frémissements le gouvernement militaire que détient au-dessus d'elle on gentilhomme logé dans pe château (2). C'est avec j(^ que les bourgeois démolissent, le lendemain de
(H II n>ii était pas toujoars ainsi. Quelque temps aaparayabt réebefinage avait payé reotrrtien dans les hôtels de la ville et toi les faubourgs des cbe?aux du régiment de Lheure envoyé in secours de Saint- Valéry. l\ est vrai que la ville prenait ainsi sa pm de l'expédition (t. II, p. 324).
(S) Les occasions de conflit entre réchevinage et le gouverneur Client sans fin renaissantes. Tantôt les fortifications, les fossés fcla place leur donnaient lieu; il s'agissait, par exemple, de la Mebe dans les fossés: de là contestations dans lesquelles se trou- ^ùeni en présence le droit de propriété de la ville et l'autorité inytaire du gouverneur (t. I, p. U); ou bien il s'agissait des ours mêmes à consolider, à développer : de là, discussion encore el a?is différeoU (t. U, p. 230-231) ; tantôt le dissentiment poriiil entre le gouverneur et le maTeur sur retendue de leurs droits «spectib : ainsi le 1% mai 1590 à rocoasion d'un passeport l'armes (t. II, pp. 215-216).
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Noël 1691, sur la proposition du duc d'Aumale, h masse fortifiée^ leur ombrage et l'ombrage de lem pères depuis 1471 . Le duc d'Aumale, intéressé i kor plaire, il est vrai, s'est rendu de sa personne dam TEchevinage pour faire la proposition (1) et a donné b, premier coup de pic. Le château n'existe plus, mais le gouverneur se trouvant maintenu, les bourgeois ne se donnent pas de repos qu'ils n'aient acquis le goovernement mêrr.e, pour le réunir à leur échevinagc. Nos registres gardent de nombreuses preuves des Dégociations. L'accord fut conclu enfin le 16 avril 1592 en la présence du duc de Mayenne (t. II, p. 379 et suivantes) (2).
Ainsi s'accomplit à la faveur des troubles de la Ligue, une conquête durable de la commune abbevilloise, le gouvernement militaire devant, jusqu'à la Révolution, appartenir aux maïeurs élus par la bourgeoisie. La ville n'avait fait que rentrer d'ailleurs, après un peu plus de cent vingt ans, dans les droits retirés à sa mairie par le duc Charles-le-Témérairc.
(I) Celte proposition peut s'accorder avec la demande prWdemmeot faite par les habitants. (Voyez plus haut, p. uv)/
(«) Voyez les lettres d'exemption de gouverneur et de gamîiOD données par le duc de Mayenne (t. H, p. 381-883); ces lettres consacrèrent avant Tautorité royale une délivrance d'Abbevilte. (Voyez t. m, p. 66).
Ponr le paiement à M. de Hucqueville de Pindemnitë convenu ponr son gouvernement, voyez t. III, p. 38-30. — Ce paiement fait, toutes les clefs de la ville appartinrent à Técherinage (t III p. 8«).
Li gnte des événementB qui se précipiteot nous nontre moore Abbeville vigilante, soucieiue de son indépendance, de sa sûreté.
Bientôt, sans paraître conserver grand souvenir des gracieusetés récenfes du duc d'AuraaIe, démolisseur du château, le moire, appuyé sur le conseil de la ville, refuse les portes au chef lorrain pour un pMsage de troupes, lui tient tête avec persistance et bit enfin passer la petite armée par la Bou vaque, & b grande colère d'abord, puis au dépit déguisé du doc(t.II, pp. 407-410).
Après la soumission de la ville au roi, les tendances de Topinion que j'appelle, faute de mieux, démocratique, ne s'arrêtent pas court. Le maîeur est toujours, par l'élection, le représentant de la commtmauté générale des habitants. A cette qualité, considérée ainsi , faut-il rapporter la proposition d'oitretenir quatre hommes chargés de suivre le chef municipal « pour l'honneur de la ville et le respect de sa charge » (t. III, p. 176)? Henri IV réduira bientôt le nombre des échevins, mais, en attendant (JQin-août 1594), les maïeurs de bannières s'efforcent d'obtenir po^ir leurs votes plus de puissance en certain cas (t. III, pp. 171-174). Lorsque le roi voudra, pour la première fois, toucher quelque peu >QX libertés municipales, faire préjudice aux usages, il ne dédaignera pas d'écrire, non-seulement au maîeur en charge et aux échevins, mais, par une
lettre distincte, aux maïears de t^annières (t. III, pp. 181«<-i83), et le maïeur lui*«même désigné parh roi pour la réélection (1) croira devoir protester contn Tinfraction proposée et que le désir du roi ne renc pas encore légitime à son jugement {ibid.y pp. 18& 186). Les électeurs mêmes de réchevioage, avan de céder (au roi, bien entendu), demanderont ave dignité la lecture de ses lettres. L'esprit d'indépeo^ dance, respectueux des lois et des formes qui sont k sauvegardes de toutes les franchises, cet esprit qui malgré des désordres, s'était développé peut-èti pendant la Ligue, ferait souffrir impatiemment m soumission trop précipitée, aveugle ou joyeuse, sm volontés du roi. On aime à se représenter, à devinai qu'il en coûte à Tesprit muDicipal de recevoir U invitations signées Henry^ si gracieusement qu'elk soient enveloppées. N'y peut-on redouter uneprc mière atteinte et le présage d'atteintes à venir ai: vieilles coutumes, aux libertés plus de quatre fc centenaires de la ville?
Et en effet, les jours brillants de la liberté munie pale sont passés. Bientôt la ville, qui vient de pay à M. de Hucqueville son gouvernement, aura à lutt pour n'avoir pas de commandant militaire (t. Il
(1) Henri IV n*eat pas osé encore nommer toi-même un ma perpétuel comme Louis XI V le fit en 169S — quatre- vingt-d neuf ans plus tard. — La ville avait déjà lutté, on s'en soavie ponr la défense des mêmes droits, en 15S7. V. 1. 1, pp. SS9-2*
pp. 196*198). Lorsque le rqi viendra visiter Abbevillèy c'est à genoux, dans les allons de la route d'Ailly» devant le cheval royaU que le maïeur, ta milieu des échevius et des notables bourgeois igPDouillés, lui fera sa harangue (t. III, p. 220) ; â gnioux, sur la même route, que lui parleront MM. les officiers du Présidial, de rElection, de la Gabelle, les avocats et procureurs, etc. {ibid.^ p. 222); et cependant encore, dans les enveloppes triples du respect et des protestations d'obéissance, les discours proaencés conserveront une certaine liberté de paroles, de remontrances, d'exhortations. A noter : seuls^ les ehaooines de Saint-Yulfran parleront debout au roi.
Maintenant serait^il inopportun de conclure par ^pelques remarques générales, d'examiner, par exeiBple, qui fut vainqueur et qui fut vaincu dans cette longue lutte si complexe à laquelle nos pères ^bevillois ont assisté, non toujours en simples témoins et quelquefois mieux qu'en comparses? Non, et la question se pose d'elle-même ; mais si nous tentons de la juger par l'étude qu'on en peut faire cbez nous, dans nos annales> il faudrait, ce nous semble, distinguer entre le point de vue politique et ^ point de vue religieux et entre les hommes et les dées, car le succès fut aussi divers que la lutte avait lé eomiplexe. Notre travail ne touchant que par Kception aux généralités, nous n'entrerons cepenmt pas dans cas divisions et nous feront saieir
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les résultats opposés sans pousser si loin Tanalysc Si nous considérons donc les hommes en roém temps que les principes, leur aiguillon et leur force à qui pourrons^nous pleioement accorder la victoire Certainement le roi^ le parti royaliste^ le parti dei politiques a triomphé, mais en transigeant^ en cédao beaucoup au point de vue de la Réforme. Les gea tilshommes, espoir et soutien de l'émancipation reli gieuse (1), vont en être réduits à n'offrir pour seul asiles à l'exercice commun ou réputé public de leo culte que leurs châteaux ou leurs moulins. Dans les ei virons d'Abbeville, établissons-le, ces gentilshommc étaient en petit nombre^ et c'est seulement asse longtemps après Tédit de Nantes que nous voyoi des lieux de culte évangélique à la Neufville près ^ Saint-Riquier et à Poireauville près de Yaudricour Les adhérents des seigneurs calvinistes, bourgeoise paysans, ne peuvent participer au culte réformé qi dans ces lieux d'asile ou d'exception. Les bourgec catholiques ont triomphé, au contraire, au point ( vue religieux ; ils ont imposé leur religion au roi
(f) Relative ou plutôt à venir, car le protestantisme d'alo se croyant seulement maître d'une meilleure interprétation < livres saints et d'une meilleure discipline ecclésiastique, e après un couplet triomphe, estimé de son devoir, cela es craindre, d'extirper le catholicisme, comme le catholiciso complètement vainqueur, se fut estimé tenu d'extirper ia C( fèssîon ennemie. Henri IV put couper court à ralternaUfe < deux perséoQtloiis. Sa sagesse ne prëfoyait pas Louis XIV.
obligation de la reconnaître comme dominante ; ils Mit obtenu contre les protestants une bonne part de ce qui a fait Tobjet dé leurs mémoires depuis qu'ils obâssent aux suggestions des Guise ou des Seize, iDais ont-ils gagné beaucoup au-delà de ce triomphe de domination parcimonieuse? Nos derniers chapitres donnent la réponse. Les honnêtes bourgeois marchandent encore un peu le serment au roi, mais d^ le roi leur impose des maires contre la règle et les usages immémoriaux, restreint le nombre de leurs échevins, etc. En résumé, nous voyons, d'un côté, le roi vainqueur , les royalistes vainqueurs et les protestants sacrifiés malgré la sécurité gênée que leur promettra Tédit de Nantes ; de Tautre , les Ugoeurs vaincus, mais le catholicisme triomphant avec diminution des droits politiques ou autonoiniques des villes , droits auxquels les troubles , Hoterrègne, avaient donné occasion de s'exercer Sivec une aisance inconnue jusqu'alors ; enfin nous voyons , comme consolation pour tous , le règne ^parateur de Henri lY demandant des sacrifices dux uns et aux autres, mais imposant la seule Urève possible aux animosités en ces temps de foi en armes, la seule mesure possible aux prétentions ^ussi absolues et réciproquement inconciliables des protestants et des catholiques.
g XI
IBS DOGUIIEHTS fOitiQUBS
J'ai pris à témoin Ronsard, Desportes, d'Aubigiié. Certes» ces noms sont bien hauts pour pouvoîc honorer de leur voisinage les noms des rédacteurs de nos registres. Combien semblent-ils, de prime abord, dépaysés entre ceux des Waignart et des Formenlial )*ose cependant les prononcer^ tout sonores encore des vibrations de la lyre après les méritantes syllabes de timbre modeste qui désignent à notre resped le chanoine Clugnet et le bailli Rumet, poètes latins, Tavocat du roi, Tillette, et le notaire royal, Becquio, poètes français, le siéger Beauvarlet, aussi prêt à la mesure latine qu'à la rime française. Je fais descendre les clartés de l'Olympe dans les marais de CopaïSi mais aussi je m'acquitte par celte irrévérence. J'ai dû à Ronsard, j'ai dû à Desportes, j'ai dû à d'Aubigné bien des éclaircissements, bien des avis. Ils m'ont expliqué les événements, les passions de leoi temps. Leurs œuvres vivantes ne m'ont pas quitta pendant toute la durée de mon travail. Je Voulall habiter véritablement le ivi* siècle, j'ai vécu avei eux. Pour moi, dans ce siècle où la Bible et ïhéo crite s'interfoliaient sous les mains des théologien
et des érudits^ les Tragiques^ les EgJogues, les Elégies sont devenues la manne du voyage ; les Hymnes^ les* Poèmes, les Discours, l'eau du roeher ; les Sonnets, . tes Bergeries, les Mascarades j les cailles savoureuses rendant possible la traversée des arides archives. Â vrai dire, sans ces ressources de la route, j'aurais cent fois succombé aux fatigues, à l'ennui, au découragement, mais les fidèles lévites parlant la belle langue étaient là/qui, sans penser que je n'avais rien da Sinaï, me soutenaient les coudes quand la défaillance relâchait mes nerfs (1).
Sorprenais-je , par exemple, dans nos registres, dés le commencement de mon étude, quelques signes des émotions, un écho des troubles encore lointains,
(OUm [Nirt (on peu extérieure) da secret de la Lîgae est dans il Satyre Uénippée. On a appelé cette satyre le Charirari de li9l. Une autre part se trouve — je laisse de côté L*Estoille si comiii dans les pamplets souvent assez infâmes, dans les seriMHif non beaucoup plus louables, objets rares de la recherche ^tt cnrieux : Lt Banquet ei après dirUe du comU d'Àreie, les ser- *^ de la simulée conversion et nullité de la prélefidue absolution ^Bowhon, prince de Béam, à Saint-Denis, etc. Mais une bonne W aussi peut être demaudée aux vrais poëtes contemporains, ^ Ronsard, à d'Aubigné. Ces deux hommes, qui ne se sont pas ^otmuB peut-être, se touchent dans toutes les bibliothèques, tiis ont servi surtout jusqu'à présent, le premier principale - Qent, à la délectation des lettrés. (Je parle de d'Aubigné, poëtc» OOB de d^Aubigné historien). Leurs colères religieuses et poliliqoes n^avaient pas encore été mises en présence. Je livre donc an lecteur les rapprochements que la fréquentation des deux foUes in*a fklt faire.
— Lxwni —
je me rappelais le poëte tiré cruellement de ses loisirs sacrés :
Je faisois ces soDoets en Taotre Piéride
Qaand on rid tout un peuple en fureur se ruer (I).
Des trois poètes principaux contemporains de Henri III, Ronsard. et d'Aubigné me soutenaient sa^ tout. Il serait permis de s'imaginer dans le premier, païen ei grec (du xvi* siècle), un homme inaccessible aux douleurs et aux joies du commun des vivants; on se tromperait. Ronsard, le poëte de la forme awt tout, supérieur par l'arrangement, par la sci^ce des images et des mots, n'était aucunement étranger aux agitations, aux troubles, aux intérêts de son temps, affirmant encore en cela sa supériorité sur la file de ses imitateurs, et prouvant que la forme puissante ou parfaite n'est que le résultat des réflexions longues et de la justesse de l'esprit. Dire quelle animation le second portait dans les querelles du prêche et delà chaire, dans les batailles de l'épée, serait injurem lecteur. D'Aubigné est le xvi* siècle même. Son ftme, comme sa poésie, vit tout entière dans la politique* dans la religion. Obscur souvent^ incorrect aussi, assez souvent, il trouve parfois, dans sa promplitude naturelle, des images, dans son indignation et dans si colère, une force^ qui permettent bien de Técouter après Ronsard.
(1) Ronsard, 1. 1, p. 386, Amours diversei. Editioa de P. Jannet
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Je marchais, en me rendant au dépôt de nos ariives, entre les deax voix, la voix savante et la voix lutaine, celle du païen et du catholique, celle du ipitaine et du protestant, toutes les deux très-irriies. La poussière des pages remuées les excitait ncore. •
Si nos r^istres me montraient les calvinistes en »roie aux haines de la bourgeoisie abbevilloisCt si je voyais entendre dans la chapelle de TEchevinage la ^le ftpre du cordelier Raimbert, dans l'église de Saiirte-Gatherine, celle du curé Cavillon, dans les ^lises de Saint-André^ de Saint-Gilles, de Saint- Ceorges, celles des curés Silleri, Pérache, Gambier, j'y reconnaissais sonnant , avec raccent picard en plus et les élégances de la cour en moins, lus préventions, les colères du poëte de Charles IX. Pour Ronsard, les prêches du xvi* siècle sont aussi damnables qu'étaient condamnables pour Horace les mystères de Gotytto. Il a dessiné quelques portraits des protestants et de leurs ministres. Je meurs» dit-il,
Je meurs quand Je les yoj par troopes inoognoea Marcher aux carrefoura, on aa milieu des rueSt Et dire que la Fraoee est en piteui estai Et que les Goysiens auront bien tost le mat. Je meurs quand je les roy enflez de ranteries Semans de toutes parts cent n^le menteries, Btc (1).
(1) T. vu, JMaaoïirt, p. 71, (Hsmonlrofiosi au psypls d# Pfana).
El je voyais inoi-même se dresser les persoimages grotesques sur les écritures du xvi'' siècle. Certes, les curés de nos paroisses ne pouvaient se figurer les ministres calvinistes, leurs bêles noires, sous uo aspect plus noir que ne les peignait le poëte, et il ne me déplaisait pas de retrouver spécimen de leurs invectives en meilleur langage dans les vers élevés a plus clémente école cependant. Virgile, Homère, Anacréon et Pindare eussent-ils souri toujours à ces aménilés? Prince, disait le poète, devant moi, an prince de Condé, en chargeant les ministres calvinistes,
Prince, si vous n'aviez votre rang oublié, Et si vostre œil estoit tant soit peu deslié, ' Vous cognoistriez bien tost que les ministres vostres Sont, certes je le sçay, plus meschans que les nostres. Us sont simples d'habits, d'honneur ambitieux; Us sont doux au parler, le cœur est glorieux ; Leur front est vergongneux, leurs âmes eshonlées ; Les uns sont apostats, les autres sont athées, Les autres par sur tous veulent le premier lieu ; Les autres sont jaloux du paradis de Dieu, Le promettant à ceux qui leurs songes ensuivent ; Les autres sont menteurs, sophistes qui escrivent Sur la parole saincte, et en mille façons Tourmentent TEvangile et en font des chansons (1).
Soldars, disail-il ensuile aux troupes catholiques^
Ne craignez point aussi, vous, bandes martialles. Les corps e£feminez des ministres si pilles
( 1 ) T. VU, Dtf cours, p. 75, {Bemoniranoes aa peuple éê Prantm^'
Qui font si triste mine, et qui tournent aux cienz, Eo faisant leurs sermons, la prunelle des yeux (1).
Et je le voyais peindre »core ces prédicaiits , comme il les appelle, « pasles de visage » et dans leois vêtemrats :
Ces habits grands et Ions, Ces reistres importans qui tombent aux talons,
Ces toques à rebras .
Et dessous un bonnet quelquefois de taftas Qudquefois de Telours (2).
le Tenteiidais adresser particulièrement ses injures au propagateur principal de la Réforme en France, à Calvin, le qualifiant de toutes les épithètes qu'on ne trouve et n'amasse qu'en temps de guerres civiles ou
religieuses :
Je ne sçay quel yvrongne, apostat Augustiu, Un picard usurier, un teneur de raquette. Un mocqueur, un pipeur, un bon nieur de debte Qui vend un benefioe et à denx et à trois, Un paillard, un causeur, un renyé François, Etc (3).
Quand, sous mes yeux, dans la cour de TEchevinage, montait, sans devenir trèi-tana(i(]ue cependant^ la colère des bourgeois d'Abbeville contre les ennemis de rautorité romaine, sous ones yeux aussi, au loin, P'^ssaient ces ennemis dans les laides pourîraictures
(0/6id., p. 79.
W T. VII, Réponse de P. de Ronsard, etc., p. 117. (^) T. VU, p. 57. ' Nous sommes loin du portrait donné par **• Goiïoi.
qu'en denne le poëte (f)^ et riimgimtîoftdesbo gçois devenant un instant h mienne, je diâfingi dan le corps de Lnthw le serpent de TOphiioii (2] Mais la voix opposée s'élevât à son toar, et tai que Ronsard accusait les Huguenots de renier Di d'Âubigné criait à la France tinême :
Tes supersUtioti» et 4e8 cofusUnnes folles,
De Dieu qui ta frap|>oit, te ponssoieot aux idoles*
Rien n^estoit honoré parmi toi que le vice. An eief estoit haouie, en pleurant, la Jostiee, L'Eglise au sec désert, la Vérité après (s).
L'homme dont la petite-fille , presque reine France, devait un jour condamner à la ruine, aa niement ou à l'exil, les petits-fils des fidèles sau par le sec désert^ tonnait contre le parti romain
Dont le principal soing
Est de mettre à jamais au tyrannique poing De la beste de Rome un sceptre qui commande L^Europe, et encor plus que FEurope n*est grande (4).
On Toit sans qu*on s*estonne,
ajoutait-il,
La pantouffle crotter les fleurs de la couronne (b),
(1) Ibid., p. 60.
(2) Ibid., p. 61.
(S) Les Tragiques^ p. 52. Edition due aux soins de M, Lu* Lalanne, dans la bibliothèque de M. P. Jannet.
(4) Tragiques t p. 68, (Misères).
(5) Ibid.
— UUUUII —
Il faisait parief le pape lui-même :
Je dispense, dit-il, du droict contre le droict. Celai que j'ai damné, quand le ciel le Youdroit, Re penl estrê saoTë ........ (1).
Je fai de boae an roi, je mets les rois aux fanges, Je tài les saincts, sons moi obéissent les anges (2).
Les pré^jcâteurs m*avaient renvoyéypour leur plus rand honneur, au poëte catholique; il m'était imposible de ne pas entendre le poète de la Réforme réponlant au nom iies prédicants. Les prédicateurs accuaienl les prédicants de tourmenter V Evangile; le léfenseur de TEvangile prêché au désert, répliquait n capitaine de sa foi :
Mais dessous les autels des idoles j'advise Le TÎsage meurtri de la captive Eglise Qiii à sa délivrance, aux despens des hazards. M'appelle (3).
L'Eglise captive était une des images qui hantaient >a pensi'e ; il la peignait sous cette forme, et les accessoires du psaume et du luth indiquaient bien, ilans la prisonnière, son Eglise, l'Eglise de ses com- P^nons de croyance et de guerre :
(1) Cest, avec peu d*excès, la prétention mise par Dante dans l> bouche du pape Boniface Vlll :
Lo Ciel poss'io serrare o dÎBMrrare.
Inftnmo, eaïUo XX VIL (')/Wd., ^.69, [Misères).
f^) D'Aubigné, Us Tragiques, pp. »i-32, {Miières).
Elle a les fers aux picdU, sur les géhennes assises,
A sa gorge la corde cl le fer inhumain,
Uo pseaume dans la bouche (1 ) et un luth en la maii
Je ne pouvais donc plus m'étonner d'cnte poëte calviniste traiter les prédicateurs à pe comme le poëte catholique avait traité les prédi
U(i prescheur mercenaire, hypocrite effronté, De qui Satban avoit le savoir acheté A-il pas taut cerché fleurs et couleurs nouvelles Qu^il habille en martyr le bourreau des fidèles ? Il nomme bel exemple une tragique horreur, Le massacre justice, un zèle la fureur ;
(f) Le psaume venait tout naturellement dans les vers
calviniste :
Eoeootre le tambour qai gronde Le pstlme esleve son doai ton,
dit-il ailleurs. Les Tragiques, p. 24, {préface),
(t) Les Tragiques, p. 72, (Misères); avec non moins • Théodore de Beze se représentait TEglise de Jésus-Chris
.... Qoaod vous tous je rassemble Roif et Seigneare> bergers, brebis ensemble, Il m*estadviB qoe mon conte ne trouve, Ten Yoy les ons aux pattes de la Loave : J*eD Toy les ans qoi ont les cœars faillis, Autres aussi en leurs parcs assaillis.
Je voy un masque afec sa maigre mine Qui fait trembler les lieux où il chemine : Je Toy le Loup qui trois couronnes porte Enfironné de bestes de sa sorte :
Je Yoy des loups desguiset en brebis.
D'autres j'en voy qui tournent leurs habits Je Toy les feux hruslans en lieux divers :
Episire a V Eglise de Nostre Seigneur, en tête des Psea en rimss françaises.
il plaint uu rot saDgIant (tj, surtout il le feot plaindre'
Qu'il ne pût en vivant assez d'âmes esteindre ;
Il faict vaillant celui qui n'a veu les hazards,
Studieux Fennemi des lettres et des arts,
Chaste le mal-heureux au nom duquel je tremble (t).
Ei tous les autres vers du poëte irrité voltigeaient lans mon souvenir contre les gens d'église catholiques (4), contre certains ordres de cette église; contre les Dominicains :
Les sectateurs ardentz du meurtrier Dominique (5).
Contre les jésuites :
VoiUi vostre évangile, 0 vermine espagnolle, Je dis volstre évangile, engeance de Loyole,
(1) Charles IX.
(2) Henri Ul.
(3) Ui Tragiques^ p. 79-80, (Prinees).
(4 Ainsi dans la Chambre dorée : {Tragiques^ p. 145) :
Et TOUS qai le faux nom de TEglise prenez Etc
Seize Ters pleins d'énergie, mais auxquels il manque je ne sais
<Iuoi, un peu de netteté, et dont Ronsard eût pu faire de très-bons
▼ers.
()) iet Tragiques^ p. 148, la Chambre dorée. L'épithète de ■Q^nrtrier est toujours accola par d'Aubigné au nom de saint ï^ominique :
Ce qui fit moostrueox ce monceaa de fagots, G*est qae deax jacobins, enfenimez cagots, Crioyent, vrais escolliers da meartrier Dominique : « Brnslons mesme le Ciel sMl fait de rhérétique. »
^ ^agiques^ p. 177, (les Pewo),
— UXX¥I —
Qui ne portei la paix soqs le double manteau» Nais qui empoiaoonez rhomicide couitean.
Etc (1).
Si j'ai trouvé trace des jésuites chez nous au temps de la Ligue, ce n'est pas, j'ai eu soin de le dire, dans nos registres échevinaux, mais dans les œuvres mêmes en prose de d' Aubigné (2) , ce qui rend poor moi un peu sujette à doute l'action directe des disciples de « Loyole » sur' les Abbevillois de 1589â 159&
Le vieux clergé, bien qu'ayant alors un rayon daos la Pleïade par Tillustre et modéré Pontus deThiard, n'a pas de chance dans les jugements des deux poètes, de foi ou de confession si différente, qui jetaient leur mot dans toutes mes lectures. Quand, pour être certain de rester dans la justice, je me tenais sur la réserve et mettais le lecteur en garde contre certaines assertions de Formentin ou de Devérité, accusateurs des ecclésiastiques de la ville, je ne pouvais repousser de ma pensée quelques aveux du poëte catholique. Le bénéficiaire de Bellozanne n'est pas tendre aux c prostrés. y> Si , dit-il aux protestants.
(1) JMtiéres, p. 69. Et encore :
Si ta poavois conoistre, ainsi qoe je coooit, Combien je foy lier de princes et de rois, Par les Teoîns subtils de la bande hypocrite, Par Tarseoic qii*espand rengeaoco loyolite!
P. 54, {les Fers).
(«) Hist. utiio. éd. d'Amsterdam, 1626, i. m, Uv. IV, ool. 469.
Si TOUS n'eusftà» parlé que d'amender TEgHae, Que d*08ter les abus de i'avare prestrise, Je TOUS eusse suivy, et n'eusse pas esté *
LeiDoiodre des suhratis qui tous ont esconté (i).
Les conditions^ les garanties de sagesse, d'âge, de science, qu'il réclame pour les prêtres et pour les évèques ne sont pas exposées certainement sans quelque esprit de satyre :
11 ne faut qu'un jeune homme Soit eresque ob abbé ou cardinal de Rome.
11 but oertaineoient qu'il ait le nom de prestre (Prestre reut dire vieil) ; c'est afin qu'il puisse estre De cent mille péchez en son office franc, Que la jeunesse donne en la chaleur du sang.
On ne doit en TEglise eyesque recevoir
S'il n'est vieil, s'il ne presche et s'il n'est de sçavoir (3).
Et que penser de cette concession énorme au prince de Condé :
Hâ ! prince, je scay bien Que la plus grande part des prestres ne vaut rien ; Mais l'Eglise de Dieu est saincte et véritable, Ses mystères sacrez, et sa voix perdurable (3).
(1) T. VII» p. 69 {Ditoourt, Remontrances au peuple de France). A voir aussi douze vers de la p. 110 :
II est vray que le temps qai toat change et destryit Eté
Besponee éê Pierre de Ronsard aux injures^ etc.
(2) Ibtd., p. 66. (Discours, Remontrances au peuple de France),
(3) IMd„ p. 75. (Discours. — Remontrance au peupU de
0 Raimbert, CavilloD, Silleri, Gambie, m'éarîaii^je en entendant parler de la sorte l'ennemi du protestantisme, le coup est rude, mais peut-être Ronsard sacrifiait-il ainsi, pour le besoin de la défense, le clei^ à l'Eglise; peut-être dans ses bonnes intentions, n'étiez- vous (et non pas vous, pauvres petits religieux ou curés, mais vos abbés et vos évêqoes), que la part du feu.
Accord d'ailleurs des deux poètes sur les misères du temps. Etant, en qualité de poètes, les plus hommes qu'il est possible d'être, ils ne pouvaient beaucoup dificrer sur les questions d'humanité.
Si je voyais en 1588 les querelles religieuses grossir, se transformer en politique envenimée; si les registres de Téchevinage me montraient des suspects recherchés, mandés, interrogés, admonestés, menacés, bannis; si, en ces mêmes registres, m*apparaissaient les malheurs de la guerre, les misères des champs, je n'avais qu'à ouvrir l'un ou Tautre, le catholique ou le protestant, je trouvais une voix française. Le catholique d'abord nie représentait l'effel des querelles religieuses : les partis a(>pelant à leur aide l'étranger ; la division dans les familles mêmes; l'ordre rompu, les lois oubliées (1) :
France). Je n'ai pas besoin de rappeler que le prince de Condé fft^ tué à la bataille de Jarnac et que ces vers sout par conséqoeii^ bien antérieurs à la L gue.
(!) Ronsard accuse particulièrement ses adversaires religicu>^ On ne peut lui en vouloir.
Ce monstre (ropinion, — noup dirions Tesprit de arti ou de secte),
Ce iDODstre que j'ay dit met la France en campagne,
MendiaDt le secours de Saroje et d'Espagne,
Et de la nation qui, prompte au tabonrin,
Boîl le large Danube et les ondes du Rhin.
Ce monstre arme le fils contre son propre père,
Et le frère (ô malheur !) arme contre son frère,
La sceur contre ta sœur, et les cousins germains
Au sang de leurs cousins feulent tremper leurs mains ;
L'oncle baitson nepveu, le serviteur son maislre ;
La femme ne veut plus son mari reconguoistre ;
Les enfans sans raison disputent de la foy,
Et tout à l'abandon ya sans ordre et sans loy
Tout Ta de pis en pis ; le sujet a brisé
Le serment qu'il devoit à son roy mesprisé
Etc (I).
Le protestant ne déplorait pas en termes moins rifs les divisions civiles et religieuses :
L'homme est en proie à l'homme, un loup à son pareil. Le père estrangie au lict le fils, et le cercueil
(1) Ronsard, t. VU, p. 14, les Discours. — (Discours des Misères de ce temps.) Le thème qui, dans les malheurs civils,' ne change pas avec les langues, était le même en latin et en français; l'aoteur espagnol de vers imprimés à la suite du Vindiciœ eantra ryranaoi (édition d'Amsterdam, 1660), disait en s'adressant à la Francf :
Cor popalos bello regem, popalamque fieissim
Rei petit ? iodigno terra cruore rubet ? Cor fratrem frater lacérât? car viscera ci vit Id soa cradeles ipsa acoit gladîos?
Unde animis nofus iste faror?
ÂLraoHsos Msnsns Bim avives.
^h^■é par le ih sollicîtie le ptve.
Le frère araat le teoips kérite de «mi frère.
• •..«•. les pilDviMcs Quad 1rs UmbMn frMçois SMt de Mi CBleidos (1).
Ou, $*«ineâsuil i la raBeCalberine de Màdicis
Té» m. . . . àemx
Î^H» dfu IVauyâr, tnts dm cbmhîs de b FkaBce,
Tmb df«x eiiétaiHus de tM iafaticBoe,
df«x U fikslr kotnew da pf|ip wmmé (t).
Et i It Fnnoe
O rruMif deMiiéf : l terre
>e itcx |iriaidnr la Fmusr ow <}ci «X. retire srs Ink. dr dns
0<$ âM\ eûfsus sie bsnm sr le sa onleniel, :»" lix^iren; ^:\v^k:^ àe j^ùbcss. oe («ôik, fait jiilb 4«ii$ t^uni^ <x4&hatîv fs §ttu$: en profiler, tout le bi' ^ h \\xirmt àr^oQK. ti Àt ik mat mounûti
f!^^ v?*re dt vreiow %* «^ vite ^ de
1 portail, la barque sur laquelle luttent avec aq^arement deux personnages inconnus, je me rappelais «tte peinture des Tragiques :
La France donc ainsi est pareille au raisseau Qui outrage des vents, des rochers et de Peau, Loge deux ennemis; l'un tient avec sa troupe Ia proue, el l'autre a pris sa retraite à la poupe (1).
Ainsi les deux poètes écrivaient les Misères de leur temps. Les plaintes de Ronsard contiennent quelques hardiesses quMl ne craignait pas d'adresser à la reine-
mère^
D*Qne plume de fer sur un papier d'acier.
iïÂubignéy lui, ref rogné comme un Michel-Ânge militaire et protestant» n'adressait les siens à aucune
puissance :
Sous un inique Mars, parmi les durs labeurs Qui gastent le pappier et nostre aucre de pleurs Nous avortons ces chants au milieu des armées (2).
Ronsard juge et peint admirablement avec la vision du poète les maux de la guerre civile ; ainsi, dans une adjuration à Louis, prince de Condé :
Hà, prince, c'est assez, c'est assez guerroyé. Vostre frère avant Fâge au sepulchre envoyé. Les playes dont la France est sous vous affligée, £t les mains des larrons dont elle est saccagée, Les loiz et le pals si riche et si puissant,
(1) D'Aubigné, Us Miêèret, p. 86.
(3) D'inbignë, iet Misèrêi^ p. 83.
Depuis douze cens ans aux armes fleurissant. LVxtrémc cruauté des meurtres et des flammes, La mort des jouvenceaux, la complainte des femmes, Et le cry des vieillards qui tiennent embrassez En leurs tremblantes mains leurs enfans trespassez. Et du peuple mangé les souspirs et les larmes Vous devroient esmouvoir à mettre bas les armes (1).
Rien mieux, il a prévu et il prédit en vraiwrtei (jVvrirais voyant |>our d'Aubigné), les luttes de b Ligue :
Le Roy (dit-on) n'aura jamais d'enfans (t).
Son héritier (3) dè5 ses plus jeunes ans
Aymo la guerre, il est haut de courage.
TriMupt et actif, il est caut, il est sage;
Bref c*e$t un foudre, un astre des combats ;
Et toutosfois ne le voudra-t-on pas
En survivance ; ah ! que de fiers grodarmes, j
\h ! que de feux ! que ii*hombles alarmes !
^c de pitie ! que de sang ! que de morts !
Que dVtraugers aucrer'.^nt en nos ports !
tout c$t perdu, U France esta son terme,
$1 )e Ivn Ojcu. Cv^mxe le feu saint Henae.
>e l«;t J^$o«-Adre <a rcspr4td'uBi tel Eoy
>i^n l>pril 5j:r.ct Z'.Hir .r nnmà soy (4 .
lV\à on IciSiK ;o >i>ei*lnf de ce temps là hantait 55^^) eï54>riu et m\< \or< son; ple:n> ie predictions si-
î :*^i ;,Kr :; ùx rs^-'ir^ç^T irA" raac« qv b pièce M fnt ^M fn.^ ie«.- ^^.V4. viNom»; 4&« r:««j| ie ft#ifBSa«4.
îstres. Ces devins, dit-il, qoi découvrent dans les istres les secrets de l'avenir.
Prédisent qo'en qnalN au (Saturne étant le goide) Noua Terrons tont ee inonde one canpaigne Toide ; Le peuple carnassier la noblesse tuer, Et des imnces Testât s^altérer et muer, Comme si Dieu vouloît nous punir en son ire, Faire un autre chaos et son couvre destrnire Par le lèr» par la peste, et embraser le sein De r«r poqr estouffer le pauvre genre humain (1).
Quels sont les causes de tous ces maux ? d'Âubi- ^é dit ouvertement Tesprit italien, la peste floren- Une. Ronsard accuserait la même influence peut être s'il n'avait pour Rome et pour Florence le respect du catholique et du maître en Tart païen du langage. Tous deux sont d'accord contre les Italiens introduits en France par les Médicis, venus derrière la reine Catherine, trop écoutés par ses iils ; ils ont en même antipathie ces esprits déliés et ces mains rapaces.
D'Aubigné, s'adressant à Catherine^ lui reproche d'avoir fait la France c gibier d'Italie (2). >
n s'indigne de la place prise en France par les intrigants d'outre-monts (3) :
(1) T. I, Amours diverses, p. 869.
(t) Jfifèret, p. M.
(3) L'injure ne doit pas porter sur les Italiens qui sont un Snnd, intelligent et, en général, vertueux peuple, mais sur ces hommes de toutes les nations qui vont hors de leur pays, sans que le malheur des révolutions les en chasse, chercher fortune istrement que par le travail. Ceux-Ik sont des intrigants, et tels Client les Italiens de Catherine.
Ott fraude de soo bieo Un François natorel pour on Italien (I).
Quant à Ronsard, il n'y a qu'à applaudir à la finncbise française avec laquelle le poète courtisan , mais sincère et souvent énergique, s'élève contre les raffinés de proie qui dévorent la substance de la France. Ce n'est pas à la reine, il est vrai, mais au trésorier de Tespargne, qu'aux approches des troubles de h Ligue, il dénonce les Iluliens vivant de la France :
Il faut chasser quelques Italiens, Les yray s corbeaux ravisseurs de nos biens, A qui la chair et la graisse est donnée ; Etc (î)-
Dans la période des vingt ans parcourue par nm
étude, la date se présenta, en efifet, où je revis les anciens maux des guerres civiles de nouveau déchaînés. Si le scribe do TEchevinage me montrait dans la ville les réfugiés affamés des campagnes, d'Âubigné me montrait les campagnes elles-mêmes :
Les villages champestres
Sans portes et planchers, sans meubles etfenestres. Font une mine affreuse* • (8).
Ainsi m'apparaissaient, à travers les lignes des vieux registres, entre les plaintes, entre les remon-
(I) Princes, p. 93.
(3) Ronsard, t. VI, p. 266 {les Poëmes, livre second),
(Si D'Aubigné, p. 41 (les Misères). Je passe le reste de la desr cription qui regarde d'autres pays que le nôtre, je retpère.
.rances, les villages dévastés, la misère des champs ii souvent rappelée dans nos archives.
Suivais-je, pendant la guerre mêmCi les milices bourgeoises dans leurs corps-de-garde sur les remparts; épiais-jCt la nuit, le sommeil agité des bourgeois tandis que le silence de la ville. me faisait saisir le cri de désolation des campagnes, je me sentais des tentations de crier au cinquantenier fatigifé de veilles, au bourgeois rêvant sous son toit inquiet :
Bncor* tous bien-heureux qui aux Yilles fermées,
D^uD mesUer inco^u avez les mains armées,
Qui goustei en la peur raltemalif sommeil
De qui le repos est a la fièyre pareil ;
Mais je le plains, rusUc, qui, ayant, la Journée,
Une piteuse yie en tes sueurs traînée,
Reçois an soir les coups, rinjureet le tourment (1).
Si, plus tard le maïeur de Maupin, dans une représentation au roi^ montrait les paysans mourant au coin des haies (2), je ne pouvais, dans mon horreur et ma pitié, m'étonner cependant :
Ne Toit-on pas des-jà dès Urois lustres passez Que les peuples fuyards des Tîllages chassez Vivent dans les forests (S).
D'accord aussi étaient les deux poètes contre les taxes croissantes.
(1) D*Aublgné, p. S9, {lesMUèrei).
(2) Harangue du 18 décembre lft94.
(S) D*Attbigné, Uê Mùèru, p. 39.
Certes, il ^ra assez souvent question dans le cours de notre travail, d'impôts, de finances, et sans être dans le secret des cours précédentes ou de la cour présente, nous pourrons soupçonner quelques gaspillages. SijAr toutes ces questions mes guides avaient aussi leurs avis et s'expliquaient en bons termes.
Je dois ie dire, c'est le poète de la cour, c'est Ronsard, qui s^inquiète le plus souvent des charges nouvelles imposées aux provinces, qui proteste contre la gabelle, contre les tailles, qui s'élève contre les constructions ruineuses de la reine-mère.
Serait-il étonnant qu'il y eut eu dans Ronsard un homme d'Etat inconnu ?
Dès ie temps de Charles IX, le poète reconnaissait la lourdeur des impôts, sans en méconnaître la nécessité :
Je sçay combien nostre prince a sonffrance D^argent (le nerf des guerres), et j*entens Crier au camp les soldats mal-contens ; J'oy d'autre part la proyince affligée D*imposts, tributs, et de tailles mangée, Qui donne sang et entrailles au Roy, A longs soupirs se lamentant de quoy Rien n*est payé, sans que pourtant on laisse De la charger d'une augoisseuse presse ; Comme le fleuve en la marine court, Tout cet argent tire devers la court (I).
Charles IX avait à peine laissé la place à Henri III
(t) T. VI, les Poèmes^ second lirre, (au trésorier de Tespargne),
— JtCVH -—
que Ronsard représentait en vers vigoureux les plaintes récentes du peuple sous la charge des impôts :
Les Tilles grommeloient, et youloient les villages
Secouer de lenr col le dur joug des truages,
Et le faix des tributs, douanes et impos,
Fardeaux demesurez qui accabJoient leur dos.
Le sel, don de la mer, salive de Neptune,
Fut Tendu chèrement à la pauvre commune ;
Sur le bled, sur le vin, tailles on imposa;
La France toute en peur depuis n*en reposa.
Chacun se dëfioit ainsi qu*on se dëfie
Quand un prince sans hoirs et sans masles dévie (1).
Ronsard soupçonnait déjà «pendant les ressources possibles, même en ce temps et relativement û ce temps, de la France, et exposait ainsi, en vers plus sages qu'héroïques^ Tefiet politique des bonnes finances :
Si des François Pinnombrable tinance
Alloit par ordre, et par juste dépance.
Chacun ponrroit aisément s*en seniir.
Et si n^auroit an cœur itn rej^ntir
De bazarder pour le Prince la vie.
Quand des François la bourse est bien garnie.
Et quand Targeut s'y conte à grands monceaux,
Quand Por y court comme Tonde aiix ruisseaux,
Chacun bénit le Prince et sa couronne;
A le servir chaudement on s'addonnc,
On meurt ponr luy. Mais quand Pargent défaut,
L*esprit languit, et le cœur n'est plus chaud (2).
(1) T. vu, EpUaphes, p. 188.
(3) T. VI, k$ Poëmês, {au tritorier de ^espargne)^ p. 267.
— xcvm —
Aux «ipproches des troubles de la Ligue, Ronsard écrivait hardiment au trésorier de Tespargne :
Il ne faut plas que la Royne bastisse,
Ny que sa chaux nos trésors appelisse;
Molins suffit sans en bastir ailleurs.
Peintres, maçons, engraveurs» entaillenrs
Succent Tespargne a?ec leurs piperies.
Mais que lui sert son lieu des Thuilleries?
De rien, Moreau, ce n'est que vanité ;
Deyant cent ans sera deshabité.
Et n*y aura ny fenestre ny salle,
Leton entier, corniche ny oyalle.
Son plus certain, son palais le plus beau,
(Test saint Denis, quand, auprès du tombeau
De son mary, dormira trespassée,
A joinct^ mains, à clos yeux renversée (1).
D'Âubigné, soldat et théologien^ préoccupé sur^ 1out des intérêts religieux et des faits de guerre, est plus bref sur ces questions d'argent^ mais non moins énergique :
On traitte des moyens et des ruses nouvelles Pour succer et le sang et les chiches moelles Du peuple ruiné (2).
Il précise quelquefois d'un vers net. Si j'entendai s les bourgeois d'Âbbeville se plaindre des taxes mis^^ à Saint-Valery par le duc d'Aumale sur le commerce ^ de la Somme, je me rappelais le rude partisan :
On resserre dUmpost le trafic des rivières (S)
(i; T. VI, Us Poèmes^ livre ieaond^ p. 366.
(2) P. 93, {Princes).
(3) P. 50, (les Misères).
Mieux que nos anciens historiens en possession de créait, les deux poètes me faisaient saisir la marche des événements, m'en montraient les points de départ, les causes, les fins, les effets.
Si je voyais dans nos registres décroître Tautorité royale et grandir la popularité des princes lorrains, je me rappelais la place que ces princes tiennent déjà dans l'opinion du poète si attaché cependant à là maison royale. L'admiration commune pour la famille de Lorraine était entrée dans l'âme de Ronsard. La popularité des princes de cette famille datait de loin et avait précédé de beaucoup les premières étincelles de la Ligue. La défense de Metz, par François Je Guise, y avait largement contribué et la justifiait, ^es vers de Ronsard exaltaient ce grand fait d'armes le 1560, et, lors de mes dernières corrections d'éreuves en 1871, je me sentais moi-même entraîné relire • la harangue que fit Monseigneur le duc ^ Guise aux soldats de Metz, le jour qu'il pensoit ^oir Tassault (1) : »
NdI
Bost-il le bras de Mars, la langue de Mercure
S'il n'est brave au combat je ne Testinie point.
Vous souvienne, soldats, en quelle adversité
Seroit réduite, helas 1 ceste belle cité
Si vous la laissez prendre
(!)T. VI, les Poëmes, livre premier , p. 28.
Je me rappelais la € Prosopopée de fisa Fnuicois de Lorraine, duc de Guise (1) : »
Pdiir lonbe draMs-mof de Mets b gnade Tille, Les grands non de Citois, et eeox de ThkMifîlk ;
GraTci-y mes assauts, nés combats et mes goerics...
Je faisais enfin un retour plein de douleur Ten les événements récents et me disais : ah ! si Melx avait pu avoir, il y a six mois, pour défenseur, Guise ouFabert!
Les Guise affirmaient, la voix publique répétait; t et Ronsard se faisait Fécho des princes et du public), que la maison de Lorraine descendait de Charlraiagoe et de Godefroy de Bouillon. Le poëte écrivait, en 15G0, € au très-illustre prince Chartes^ cardinal de Lorraine (2 : »
Si je Toalois ta gloire eiridiir par les fûts Et par les gestes Tîenz que tes pères oat faits ; Sî je Toalois chaoter ton ayeil Gtttrlemagne, Et SCS cooibati g*>g*^ <* Fiaace et en Espagae Lorsque les Sarrazins de farcar attizcs Povssèreat leurs geans contre les l>aptisez ; Si je Tonlois chanter les chrestîenncs arasées De Godefroy rainquenr des tUIcs Idamées, Les faits da rov lenê ^a), et coaibien de haraois
(l> T. vu, Epitafkm, p. tfS.
(t) Qui n'était pas encore ceM de la Ligne* mam ks tarsde lonsaid étaient d^s titres pour une fimilk et restaient.
{Xt Dtans une autre édition :
De Beandoia, d'EastK'be.
Ton père a foudroyés dessous le roj Fraoçois,
Le jour me defaudroit ^ (!)•
Les vers de Ronsard sont pleins de cette géaéalogie )ëtique. /
Par une invention de poëme épique, la cuirasse du éfenseur de Metz rappelle dans ses ciselures les [eux du héros :
Là le duc Godefroy
Embossé dans Facier, Tendoît deyotieux Verdun, Mets et Bniiion, et d*nQ brave courage ▲insî qu'une teapeste amepioU un orage De soldats tous armez.
Et la fin du discours au cardinal Charles de Loraine, nous montre encore cet aïeul
Qui reît ses Gdelies armées
S'orner sur le Jourdain de palmes Idumées.
Un hymne au même cardinal :
Un plus sçayant que moy
Chantera les combats de tes nobles ayeuz» Dira de Godefroy etc
(1) T. V, les Hymnes, liv. I, hymne V, p. 84. Arant Ronsard, on était allé pins loin; le poSte n'est quHin modéré. Bn 154S, Bdmottl du Bonlay arait pubKé à Strasbourg sa GénialofU dm pnneet de Lorraine^ chef-d'œu? re du genre (réimprimé en 1147 î Mftz) , dans lequel la filiation desdits princes est remontée jasqu'i Adam. M. Charles Abel {Rabelais à M^z, Mém, de VAcaiémie de Meix, 18SS-18S9), fait remarquer que cette généalogie et d'aatres analogues sont les prototypes de celles inventées pour Gargantua. Ainsi, une fois de plus, nous royons triompher dans le hon sens le rire de Rabelais.
— en —
Une épitre au même encore :
Bien que poar yostre ayeul tous yantiez Godefroy, Bien que Hierusalem en ros titres se lise...
Dans la Prosopopée même de François de Lorraine :
A moy
Jssu de ces riéux Rois des terres Iduméés...
Et Ronsarl ne se contente pas de sacrer ainsi h popularité do ses héros dans le sang de Çharlemagne et dans les eaux du Jourdain, il choisit dans la famille quelques figures contemporaines et peint d'après nature des portraits d'un réalisme corrigé; ainsi le portrait du cardinal Charles (1), ainsi celui d'un due d'Âumale qui n'est pas encore celui de la Ligue (2). Ces images remplissaient cependant, sans aucun doute, dnns notre ville, les souvenirs des hommes qui ont laissé trace de leur culture d'espril, à cette date, les Tillette, les Beauvarlet, les Becquin, les Rumet, tandis que le peuple, les bons et simples boui^eois des corporations, se souvenaient de Metz défendu « de Renty témoin de la retraite de Charles- Quint, de la prise de Calais, de la prise de Tbionville.
En même temps, je voyais dans le comp opposé le
(t) T. VMr Aeciidi des Poëmts, p. 976-277. it) T. Vl« U Rê€^ml des PoMims, p. SOO.
— an —
oëte calviniste prévoir le triomphe des princes lorains:
QoaDd Fédifice haut des superbes Lorrains
lisait-il à Catherine,
Maiigré tes estançons, t*accablera les reins, Et, par toy eslevë, faccrasera la teste (1).
D*Aubigné excelle d'ailleurs aux portraits. Il pose 3t fait marcher en pleine vie les personnages évoqués lans un crépuscule par nos modestes annales. Il serait inutile de dire que les héros du catholique ne sont pas du tout ceux du protestant. L'antagonisme est frappant, surtout dans les portraits de ce cardinal de Lorraine, flatte avec récidive par Ronsard et enluminé par d'Aubigné de couleurs sanguinolentes : ^
Perpétuel horrenr à nos tristes nereux, Ce cardinal sanglant, couleur à point suivie Des désirs, des effects, et pareille à sa yie. l\ fut rouge de sang, de ceux qui au cercueil Furent, hors d*aage, mis, tuez par son conseil (2).
Ne serait-on pas tenté, pensais-je, de reconnaître en d'Aubigné un copiste d'Hugo :
Voilà rbomme rouge qui passe?
La reine Catherine de Médicis traverse fréquemment les vers de d'Aubigné; elle parait peu au fond de nos registres. Si je l'entrevoyais cependant, de
(1) D*Aubignë, p. 56, {k$Mi$ères).
(S) Les Tragiques^ p. 62, (les Misèrei), On peut voir aussi sur la mort de ce cardinal les pages 296-297 {Vengtancei),
~ onr —
loin, dans l'ombre, silencieuse» sinon inftctive, h vieille figure sortait des portraits qu'en a laissés d'Aubigné sous le nom de Jésabel (1).
Tout le monde des Valois est frappé et refrappé par le poêle. Les accusations^ les peintures, les apostrophes, ne pourraient être re|Mrodait€S partout (p. 37, les Misères; pp. iUAi2, Princes). CeAk roi Henri III lui-même qui est le centre de ce moide et c*est sur lui que d'Aubigné s'acharne.
En vain sonnait dans ma mémoire l'hymne de ksie allure pour la \ictoire de Montcontoor :
Tel qal*nn peCil aigloB sort
rKT et fort De dessous rûleâ si mèft.
Et d*0Bgles erochus et loags
rwà g«erre tortut de rare (a);
En vain je me Si^uvenais des espérances que le roi | avait inc>pir^'s dans les premières années de son règne \ au grand Roi;s;ird :
(Il L» IVtijîiftttfs, p. »{-59. MiMTis . Les passages ne soit pas 3«sez coDcis peur une citiboo. lodis ce sosbatt aie icfeaat
Or. u vQieilU la Ci«i. ivqît ^uçé la Fr 1 vÊt^h Mpiaittai uft •!« phnt \ Pic
P. M. in Jftnrrfsi.
On peut tire 2itssi« p. 273, dans les ^i