‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 5)Chapitre 12 sur 33 · LB ABNOUVBLLEHBIIT DE L4 LOI · texte numérisé non relu

LB ABNOUVBLLEHBIIT DE L4 LOI

Je ne veux faire qu'une longue causerie sur Vépoqne de la Ligue dans notre pays, en appuyant toutes mes remarques sur des textes scrupuleusement reproduite. Notre dernier mot nous a ramenés dans la salle du conseil. Nous allons nous y arrêter un peu longuement pour voir fonctionner et s'accorder encore, à la date où nous sommes, l'autorité et les franchises communales, sauvegardées au milieu des troubles environnants par les prudences et par la sagesse bourgeoises.

L'acte le plus important dans le fonctionnement de la vie municipale était le renouvellement de la loi, autrement dit la nomination annuelle du maieur, des échevios, des maieurs de bannières, etc.

Nous prendrons, pour exemple de ce renouvellement, la première élection qui se présente après la regrettable lacune ouverte dans nos archives par la perte des

sols (oD an ëcu 45 sols), cy i*" xlv*. •

— Beg. aux comptes.

Elle paie, en 1589-1500, à Jacques de Cocqaerel, marchant mercher, la somme de deux escus deux tiers pour deux rames de papier de luy achellëe pour servir à faire les expéditions des affaires

de la Tille, cy ii- rf.

En 1590-1591, une rame de papier achetée par la ville est payée un écu un tiers ou 4 livres.

Quelque temps après, deux rames sont achetées deux éeus trente sols.

Begiitres aux dUiMraêUmi de 4573 à 4584. Les incidente de cette élection auront Tavantage de nous faire saisir en acte tout le mécanisme de la loi d'alors et de mettre en regard immédiatement devant nous les deax maieurs les plus importants dont les visages se détachent encore comme souvenirs caractéristique de l'époque de la Ligue en notre ville, de Maupin et Le Roy (i).

Le 24 août 1581, «jour monsieur sainct Barthélémy, au grand eschevinage de la ville d'Abbeville en assemblée des deux collèges représentans le corps et commonaulté de lad. ville assemblés au son des cloches pardevant noble homme Jacques Le Roy, esleu en Tellection de Ponthieu» maieur de lad. ville, présents messieurs etc.

Ont esté mandés les maieurs de bannières(2), et, après

(I) Il faudrait compter trois grands maieurs. J. Robault, que nous oublions ici, nous semble avoir été seulement un maieur énergique, mais inaccessible par sa sagesse même aux ardeurs politiques.

(S) A la date où nous sommes, toutes les corporations avaient quatre maieurs de bannières; ces corporations étaient, suivant Tordre que nous donnent les registres aux délibérations: les boullengers; les taverniers et cabaretiers (ne formant qu'une corporation); les bouchers; les chausseteurs marchans et Pestrille; les pareurs ; les tisserands de draps et toilles ; les roerchers et bonnetiers ; les charpentiers, maçons, briquetiers, chanfourniers (une seule corporation): les tanneurs, coureurs — corroyeors — cordonniers (une seule corporation); les mareschaux, ffevres, chaudronniers et aultres (dans cette corporation je trouve ailleurs les barbiers) ; les cousturiers; les pelletiers mégissiers; les jardiniers; les laboureurs, caruiers et couvreurs; les mariniers (dans cette corporation je trouve aussi les poissonniers, les cordiers et les vinaigriers); les allenauz. --1581-1582. — En tout seize bannières. La réglementation à laquelle se conformaient encore les corporations et leurs maieurs» était toujours ou à peu près Tordonnanee des maire et échevins de mai 1810.

avoir esté admonestés d'eulx bien deuebment (dûiaent) et fidejlement acquitter au faict de rellectioQ de Tua des trois personnages quy leur seront portés pour esire maieur en la présente année, aians promis et Joré ee faire, se sont retirés en leur chambre.

Ce faict lesd. eschevins ont procédé à la nominatios de deux d'entre eulx pour estre au bureau recepvoirel ojrr les voix des trois personnages — c'est-à-dire les voix données aux trois personnages (I) — quy seront nommés pour estre portés ausd. maieurs de bannières pour l'un d'iceulx estre choisi pour maieur en la préieote année-, et ont esté nommés lesd. Rumet et RobauU;et, estans approché du bureau (2), ont esté nommés et etleu à pluralité de voix les trois personnages qui enssuivent:

Noble homme M« Pierre Le Boucher, lieutenant-général criminel en la séneschaussée de Ponthieu.

Noble homme M* Pierre Tillette, lieutenant particullier en lad. séneschaussée et siège présidial.

Noble homme Me Jehan de Mauppin, conseiller du roy aud. siège.

Lesquels ont esté portés ausd. maieurs de bannières par lesd. Rumet et Kohault et led. Lagache, procureur.

Et, par après, lesd. maieurs de bannières ont rapporté l'ellection par eulx faicte dud. maieur et la nomination de douze eschevins sellon qu'il enssuit :

Pour maieur :

Noble homme M« Jehan de Maupin, conseiller du roj, etc.

(1) Les voix recueillies étaient celles du collège des échevins.

(2) On voit dairement, dans d'autres délibërationSy que ce sont les échevins même qui 8*approchenl suecessîvemeat du banau.

Pour les quatre premiers eechevins :

Noble homme M« Jacques Le Roy, sieur de Saint- Lot, elleu en Ponthieu.

Noble homme M« André Vincent, conseiller au siège de lad. séneschaussée.

Honorable homme Galliot de Le Warde.

^ Honorable homme Ancel Gourdin.

Les huict :

Grégoire Dompierre.

Martin Warré.

Anthoine BouIIon.

Simon Lorfebure.

Gilles Dailly.

Pierre de Meldemant.

Pierre Poultier.

Jehan Crîgnon.

Argentier de la ville :

Josse Le Yiel.

Argentier du val :

Nicolas de Poilly.

Lesquels instament ont esté envoyé quérir, scavoir led. sieur Maupin par lesd. Kumet et Sanson et Lagache procureur, et lesd. eschevins et argentiers par les sergeans à masse. • Les nouveaux écbevins étant alors réunis, — je comble une petite lacune du procès-verbal, — Jacques Le Roy leur donne « lecture de lad. nomination» • et, • en ce qui louche son regard, *• remontre « qu'il a faict l'exercice l'année dernière en Testât de maieur sous les protestations faictes lors et paravanl [ju'il eut prins le serment, qu'il ne poeult accepter lad*

Ti

charge d'eschevin pour avoir estai de jadicatare roiaUe en quallité d'esleu sur le faict des aides et tailles, que, si le roy voeult les habitans de lad. ville estre oontribuabla aux tailles nonobstant leur arTranchissement} il neporroit faire Texercice d'eschevin pour leur estre juge aux o^ positions des surtaux (ou surtaxés), et aussj qu'il eit interdict et deffendu par Tordonnance du roy, tantenTao V" XLVl (1) que des années suivantes, à tous aiant eitit de judicature de accepter telle nomination à peine de cent escus — allencontre de Tacceptation de pareille somme allencontre de ceulx qui auroient faict lad. ellectioD (^), — requérant temps et dellay compettant pour dire plu$ amplement ses excuses paravant faire l'acceptation (3); et par led. procureur esté (il fut) dict et remonstré que les ellecteurs aiant congnu le debvoir qu'il a voit faict en Texercice dud. estât de maieur [cette connaissaoeij] les a meu (mus) et incité (incités) d'eslireet choisir poor premier eschevin sellon la règle [ancienne] de céans qu'ils désirent faire renattre et [pratiquer] comme il se observe

(1) Du moins je crois bien lire cette année.

(2) Je cite textuellement tout ce passage parce qu^ii expose des points (lu droit électoral alors en vigueur, mais, il faut Tavouer, Fexposé est bien confus, particulièrement dans les deux lignes que j'isole ici.

(3) Les maieurs nommés ne s'empressaient pas toujours noD plus de se rendre aux désirs des électeurs. Le sieur de Naupio, élu de nouveau en 1581-1582, maieur en son absence, litaiiJM de grandes difficultés pour accepter la charge ; il réclama vainement auprès de monseigneur de Crèvecœur, lien tenant-général iiQ gouvernenient de ces pays de Picardie. — Reg, aux délibératùmi, 18 septembre 1581.

Le 29 septembre 1581 , le conseil de la ville délibère encore de sommer le sieur de Maupin de prendre la charge de maire.^ Htgistre auœ deUbéroHanê.

» ailles cappitales de ce roiaulme comme Paris, Amiens 5t aultres bonnes villes, et aussy qu'il estoit besoing FêsUre tel personnage que luy pour accompagner led. rieur maieur an conseil privé du roy pour les affaires urgentes et d'importance quy se présentent aujourd'huy eomoie led. sieur Le Roy scait trop mieulx ; et, pour le T^rd des ordonnances par luy alléguées, y a aultre ordonnance subséquente quy y déroge et permet de choisir indifféremment toute personne de quelque condition et qoallité qu'ils soient; entre aultres ordonnances telle de Mollin ; joinct que y a lettre patente en cest «dievinage dérogatoire ausd édicts pour ce regard, nivant lesquelles cinq ou six officiers et conseillers du roy en la sénescbaussée de Ponthieu ont esté elleus et choisis et [ont] exercé lad. charge sans en avoir esté aucunement recherchés, mesme le sieur Le Roy; qu'à plus forte raison, ayant exercé lad charge de maieur» doibt-il faire moins de difficulté de prendre la charge de premier eschevin, consentant néanlmoins led. procureur général que . en cas qu'il en soit inquiété , il en soit desdoroagé, [ce] quy est pour le mettre du tout hors doute et que la ville ne demeure sans chef, attendu que led. sieur Maupin elleu maieur est absent, et, en ce quy touche le faict de son estât d'elleu, y a en lad. ville quatreaultres elleus qui porront décider des différends qui porroient advenir; que l'on ne redoubte pour le faict de lad. taille, oomme pareillement de la solde du prevost des maresehaulx, attendu les privillèges, franchises et libertés des babitans qui n'ont oncques esté cottisés; soustenant par % moien que led. sieur Le Roy doibt accepter la charge tuivant lad nomination. » Jacques Le Roy persiste dans a prodence et dans ses précautions ; il tient au délai

réclamé par lui, et demande que le procureur « soit teoo luy enseigner l'antienne coustume. - Où était la règle obligeant le maieur sorti de sa charge k entrer eu eeUe de premier écbevin? Pourquoi, si l'usage exista, est-il tombé ea désuétude depuis dix, vingt, trente et quarante ans? Le procureur répond • que c'est chose toutte nottoife que telle règle estoit observée mesme du temps de boaorable homme Jehan Gaillard naguères maieur. • Lefiûtie trouve attesté par quelques autres échevins présents; le procureur ajoute que les occurrences des affaires aont« urgentes qu'on ne doit accorder au sieur Le Roy aaeoD délai ; il requiert donc « la chose estre mise au conseil des eschevins pour en ordonner par leur advis. • Le sieur Le Roy et le procureur se retirent alors* et les échevias avisent unanimement et ordonnent que le sieur Le Roj sera tenu de prendre la charge • attendu les urgentes affaires qui se présentent à la ville, joinct que lad. nomination a esté faicte à la requeste de la phis signe [saine?] partie des habitans. *• Le sieur Le Roy demande au moins un répit jusqu'au lendemain; il veut • en conférer à la conservation de soi\ estât. • Le procureur répond de nouveau qu'aucun délai ne peut être accordé. Les affaires de la ville s'accumuleraient en souffrance» ks autres échevins nommés ne pouvant manquer de profiler de la circonstance et de la discussion pendante povr refuser aussi • comme de faict ont faict les sienra Vincent et de Le Warde. *• Eniin « sur plusieurs reiMBBtrances et requestes à luy faictes pour l'utilité de la vUle, led. Le Roy, comme contraiuct, » et à la condition «d'estre indempné *• au besoin « par lad. ville, • accepte la charge par provision • et tant qu'il en sera aultremeDl ordonné et soubs touttes protestations. » Le proeoraoi

t la THIe aeeepte tontes ces conditions, et, de Pans de os les éche^ins et des maienrs de bannières , oblige tout le bien et revenu de la ville » à la garantie iclamée.

Le Roy somme alors le procureur de vouloir faire )server et garder à l'avenir la coutume prétendue icienne qui enchaîne comme premier écbevin le maieur »rtaDt (4). Le procureur répond « qu'il en fera son •fbvoir et de le faire dire et ainsy ordonner par la remière assemblée des estais. *• • Ce faict» après que les cloches ont esté sonnées pour lire entendre au poeuple la rénovation de la loy, led. eur Le Roy, s'estant présenté sur les plombs» a faict le îmerciêment au poeuple (2); et, ce faict, a esté appelle d. sieur Maupin elleu maieur et pour l'absence duquel esté donné deffault, comme aussy ont esté mandés et ppeliés lesd. sieurs Vincent, de Le Warde et Gourdin, isqaela sont comparus et [ont] preste le serment en jeï\ cas requis et accoustumé. »

(i) Le leodemaÎD encore le sieur Le Roy déclare qu'il « se porte oor appelant » de sa DominatiOD de premier écheviu « et de ce ni s^en est suivi. » ^

(2) Ainsi toujours quand le maire et les douze premiers échevins aient nommés et qu'on les avait élé quérir, loules les cloches jîent sonnées; la porte de réchevlnage s'ouvrail aux habitants DÎ entraient en grand nombre. Le maire sortant s'adressait issi parfois à la foule : « Led. sieur Groul a fait publiquement m reoierciement et a fait prester le serment sur lesd. plombs id. sieur de Saint-Lot (son successeur) et lui a baillé les sceaux, qnel à Tinstant et sur le même lieu a Tait prester le serment au

eur Waignart (le premier des quatre), et quaul aux autres

c. » — Registre aux délibérations, t5S4-1585.

Défaut est donné ensuite contre les argentiers, qoi, appelés, ne se sont pas présentés.

Les absents prêtent serment dans les réunions qui suivent.

Un jour ou deux après Télcction du maieur et des douze premiers échevins (ce n*étatt pas toujours leleodemain), étaient nommés les eschevins de reoœul. Eo 4ÔS4, cette dernière élection n*eut lieu que le ^7 août; elle donna Thomas du Ghesne, Nicolas Duflos, Pierre de Gailly, Clément de Mondiaux, Jehan Violette, Jehan Hatton, Clément Lengles, Simon Thomas, François DuTal, Jehan de Courchelles, Jehan Le Fray, Claude Griffon

Des nouveaux élus avertis par les sergents, ceux qui se présentaient immédiatement prêtaient serment; on donnait défaut contre les autres.

Venait ensuite le renouvellement des maieura de bannières. Pour la convocation des électeurs des corporations, les cloches étaient sonnées Les maicurs de ban^ nières s'assemblaient dans la salle qui leur appartenait, en vertu de Tordonnance des maire et échevins de mai 1310: M Auront les Majeurs de bannières, toutes les fois qu'ils s'assembleront, une salle libre pour parler ensemble; et est à scavoir, quand le Maire sera fait nouveau, et on devra faire les nouveaux Majeurs de bannièresjes Majeurs de bannières, qui ont esté Tannée passée Majenrs de leurs bannières, nommeront quatre hommes pourestre Majeurs de leurs bannières pour l'année présente; et seront les quatre Majeurs de leurs bannières l'année présente, si les maire et eschevins n'y mettent empêchement et n'ayent reproches pour lesquels ils n'y doivent pas estre. ^ La réserve exprimée dans ce style barbare avait pour objet d'écarter les indignes-, je n'ai pas

eDcore rencontré de cas où récbevinage ait exeroé son droit d'exclQf<6.

En Tannée 4581, Télection des maieurs de bannières fut remise jusqu'au retour du maieur Haupin.

Quand le corps échevioal se trouvait enfin complété par l'élection des écbevins de recoeul, on procédait dans le conseil même à la distribution des offices, (on dirait aujourd'bui des commissions).

Voici quelle était la marche suivie en pareil cas.

Les écbevins nommaient d'abord à baute voix deux auditeurs qui devaient^ au bureau, recueillir les votes donnés à voix basse pour les offices de maistres du Val, des ouvrages et de la clesette. — Un seul échevin était nommé maître du Val, un seul maître desouvrages; deux pour la clesette. Aussitôt nommés, les nouveaux maîtres prêtaient le serment requis.

Les nominations étaient ensuite faites à baute voix pour les autres offices; ainsi:

Aux présents, un écbevin ;

Aux poissons, deux -,

A Tartillerie, un;

Au pain, les quatre premiers écbevins de droit et deux fiutres;

Au cbervois (ou à la bière), les quatre premiers écberins de droit et deux autres;

Au bareng frais, deux ;

Ao gibier et trippes, deux ;

Au poinçon des orfèvres, un ;

Aux aaiettes, un ;

Aux pottiers d'estain, un-.

Aux poids et mesures, un i

Aux selles et cbevaulx, un ;

Aux bonnets et chappeanlx, un ;

Aux gardes, un ; quelquefois deux; "^

A la boucherie, messieurs les quatre premiers écherins de droit et deux autres *,

Aux comptes, messieurs les quatre et deux autréè;

A la marque aux harengs, deux ;

Aux briques et thuilles, un ;

A la marque des harquebuses, un.

Puis étaient, sans ordre fixe, instituées d'autres commissions pour contrôler les ouvrages et les matériaux, etc.

Alors « les sergeans à mace » représentaient « leur machc » et étaient admonestés < de eulx bien acquiter au faict et service de leur estât » conme aussi étaient admonestés les sergeans de la vingtaine.

Pareillement, les portiers représentaient leur clef et recevaient semblable admonestation « de faire iidelle garde des clefs et eulx deubment acquiter au faict de leur estât » (1)

(1) Lors du renouvellement de 1583-1584, le registre est plus explicite, les discours sont plus longs. Le nouveau maire aimait-il à parler? le grefGer était -il en humeur de développer son savoir faire où les circonstances réclamaient-elles des leçons plus vigoureuses? Nous ne savons, mais nous avons levé cet extrait:

« Ce faict, les sergeans à mace ont représenté leurs mâches sur le bureau en signe d'obéissance et pour eulx purger des accusations quy pourroient estre faictes contre eulx, lesquelles leur Ont esté rendues avec injonction de faire leur debvoir à Padvenir.

« Lesd. sergeans de la vingtaine chargés du guet se sopt aussj représentés, auxquels a este pareillement eujoint défaire le debvoir dVstre soingneuxen Texercice de leur estaige et eux gouverner eo toute fidélité en la garde du mot qui leur sera donné et aux mandémens qui leur seront faicts à peine de privation de leurs estats.

Toutes cen opérations et formalités aoooflq>lies, le gandien (4) des Cordeliers faisait la prédication, ainsi qu'il était aecoutiuné •• de toot^emps, » et présentait requête afin qu'en considération des prédications q«e Taisaieot, par chacun dimanche, les Ck>rdeliers en l'église Satote-Catherine^ il piiK leur faire quelque aumône. La requête était lue et^ avis pris de i'asse«iblée,oo décidait qfu'il serait accordé aux religieux de Saint - François soiximte barils de bière.

Toutes les fonctions de Téchevinage étaient rétribuées. Les comptes annuels nous donnent les traitements, qui ue diangent guères ou qui ne changent pas, pendant la période comprise entre Tavènement de Henri IH et celui de Henri IV. Nous consultons le registre de 1596-4579:

A sire Pierre Le Boucher, licentié es loîx, conseiller do roy, lieutenant criminel en Ponthieu, maieur de ladicte ville Tan du présent compte, la somme de soixantedeux livres tournois, cy lxuI.

A M® Jehan Gaude, licentié es loix, siéger, pour ses

« Les portiers de toutes les portes ont rapporté et mis les cU^s de leur porte sur le bureau pour respoudre aux plaintes que Ton pourroit faire contre enix, auxquels elles ont esté rendues par advis de rassemblée, et à eulx enjoinct de faire bonne et fidèle ^arëe à paine de la vie et eulx gouverner en tout ce q«iy despend d^icaUuy [debvoir?] sans abuser ou faire entrepriosie suj* ces ^rdes [les gens de garde sans doute] à paine de privation de eurs estats.

« On fait savoir que la loi on rénovation de Teschevinage de ad. ville est eotièrei^eni faite ^elloo fu'jU eat, etc. P^ia le« déènses de Jurer, de klaapbémer, etc. »

(1) Sn IftSl. Maâ on autre ^e le gardien pouvait préeher aans loute.

gaiges dudict estât l'an du présent compte, cinquante livres, cy i».

A M« François Gaisier, aussi licentié es loix, poor ses gaiges de procureur fiscal de ladicte ville, trente^! livres xxxnl

A Jehan Delecourt, substitut du procureur. . xvi'.

A Nicolas Lebel, greffier de ladicte ville, pour ses gaiges z^.

Audict Pallette, argentier, pour ses gaiges qu'il a receu par ses mains xxn^ x>

A M*" Claude Mangot, advocat pensionnaire de ladicte ville en la court de parlement à Paris vi^.

A René Auganet, procureur en ladicte court, ausqr pour sa pension (1) vi^.

A M^ Oudart Gomel, médecin pensionnaire de ladicte ville, au lieu de feu M* Estienne Cuignet, la somme de douze livres, par moictié, pour Tan du présent compte xii^

A Artus Formentin, conducteur des orloges passé

sur les octroys, néant à ce compte

A Jacques Le Gat, sergeant de Targenterie et des présents, pour ung an de ses gaiges viL

Audict Le Gat, sergeant à mace, pour ses gaiges dudict office ... vi^

A Jehan Auger, aussy sergeant à mace. ... vi^

A Anthoine du Marcq vi^

A Jacques Dulot vi^.

(I) La ville pensionnait toujours à Paris des gens de loi pour la conseiller et la servir : « A Guillaume Vienne, messager de Paris, la somme d'un escu pour porter à monsieur Auganet, afin de se porter contre, etc. • ^Reg, aux comptes^ 15S1-15S2.

A Jeban Dubois vi^

A Jehan de Honneau vi^

A Pierre Dufoar, aussy aergeant à mace ... viK

Aux huict sergeaots de ia vingtaiDe, etc Cet

rticle étant peu clair sur les comptes de 1576-i577,je ! prends sur le compte de l'année 1 577-1 578 : • Les huict sergeants de la vingtaine ont de gaiges lacun six livres, qui montent à xlvui livres, laquelle •mme a esté passée au compte des octrpys pour Jehan ^nry, etc. (suivent les noms des sergeants). . néani. » A Claude Le Cat, clercq du guet, douze livres qui ont té passés sur les octrois, partant. ..... néant.

A Jehan , portier de la porte du Bois ; Anthoine

... y portier de la porte Sainct-Gilles; Nicolas ,

^rtier de la porte Marcadé, chacun six livres; Jehan • . . , portier de la porte Docquet , neuf livres ; et

colas , portier de la Portelette, sept livres; le

Qt montant à trente-quatre livres. Ladicte somme est issée esdict compte d'octroy, partant .... néani. A Adrien Darras, Adrien Hallet et Anthoine Henry, nonniers, trente livres (1), qui ont esté passés sur le

mpte d'octroy néant.

A messieurs les gens et officiers du roy en icelle ville, ig escu que Ton a accoustumé leur bailler chacun an jour sainct Barthélémy, lorsque l'on procède à nouvelle ection du maieur.

A Anthoine Darquel, Baudechon Mauppin, Jacques

, Jehan . . . . , esgards du mestier de tisserans

draps vii^ nu*.

A Philippe de Bordeaux, saigneur des pestiférés, et

i) Le compte de Pannëe suivante dit: ont chacun dix livres.

Jehttnne QoeuDue, sa mère, pour ses saignées dudict estkt de cest an xxim'.

A Didier Henry, exécutteur de la baolte justice, pour ses gaiges de l*aii dadict compte (1). • . . xto^iii^.

L*argentier de la ville recevait, en outre, une cinquantaine de livres, après la reddition de «es comptes.

Messieurs les auditeurs des comptes recevaient des sommes Variables, selon leurs vacations ou les besognes Alites par eu.

On donnait des robes « aux officiers et aux conseiltos de la ville. »

Ces robbes étaient deues <« chacun an. •»

A M'' Jehan Gande, siéger, François Caisier, procureur fiscal, leban DeHecourt, son substitut, et Nicolas Lebd, 'gtieflSer, chacun six aulnes de drap au pris de soixante sols tournois l'aulne , avecq chacun ung quartier de Velout*8 (2) tel qu'il plaist ordonner à messieurs au pm 'de soixante sols le quartier pour mettre sur Tune des mënches de leurs robbes ; ausdicts sergeants à mace, en nombre de sept, chacun six aulnes de draps de coulleurs tiu pris de cinquante sols Taulne, suivant la dellibération de Taugmentation du vingt- quatriesme jour d'octobre mil cinq cens soixantt-seize ; ausdicts sergeants de la vingtaine, en nombre de huict, suivant ladicte dellibération, chacun quatre aulnes de drap de coulleors au pris de quarante sols l'aulne; aux cinq portiers, à chacun

(1) L^exëeutear des hautes-œuvres était, en 15S5-15S6, Anthoioe Baalle ; il recevait alors pour ses gages ordinaires cinq écus deux livres quatre sols. A ce faible traitenient s'en ajoutait sans doute un autre de la sénéchaussée de Ponthieu.

(2) Dans les comptes de Tannée suivante, on lit de velours violet.

qefttn «olaes de dnip au prâ de treote aolf Teulnq ; & Pierre Goiret (ou Qoiret), maistre.cbarpentier ordio^irq^ Jacques Boargeoîs , maiatre maçon , eit Jean Darraa» maistre serrurier, à ctiacun six aulnes de drap de eoulleurs an pris de quarante sols Taulne ; aui trois maistres eanonniers, chacun quatre aulnes de drap au pris de trente sols Taulne^ à Nicolas Gambier, maistre paveur^ et Nicolas Roussel, guetteur au clocher du grand escbevinage (i), chacun quatre aulnes de drap audict pris» k Jehan Apaoul, messager ordinaire de Paris, pardi nombre au pris de quarante sols l'aulne ; et à Jebaq Fossette, trompette ordinaire, six livres tournois poui^ lujF aider à avoir un manteau ou robbe; touttes lesdictef parties revenant enssemble à la somme de trois cens soixante^-trois livres tournois. En appert par mandement et quittance du marchant qui a livré lesdicts drapfi, signé Belle, cy m'uun^-r

£n dehors des réunions pour le renouvellement de la. Un,

(1) Le 27 novembre 15S7, le procureur de la ville remonstre qu*il est eipédient de pronvoir d*un homme pour sonner la cloolie et liire le guet au clocher de cest eschevinage, au lieu de deffuoçt Hiçollas Roussel naguères décédé. On choisit, à la place du défunt, Jehan de Baîlldëul qui fait service à la ville depuis cinq ans.— Reg. anœ déUbéralùms, 1SS7-1S8S.

(S) Mention est faite, en 1586-1S87, d'un « clocqueman juré de la ville pour recommander les deffunots et trespassés la nuit. » Ce clocqoeman (ou sonneur) réclamait alors une augmentation de gage, « attendu la cherté du temps. » — DHibériUiot^ du X octobre ISS5.

Je trouve, en I&00-1A91, le paiement d*un écu — était-ce pour

quelqae circonstance particulière? ---à Jehan , contmis à

recoinoMisder les trespassés. — lie^. am eom^s.

trois sortes d'assemblées étaient, selon les ciroonstanees, convoquées à réchevinage :

Les assemblées des états;

Les assemblées générales;

Les assemblées du maieur et des échevins. Les assemblées des états se faisaient « au son des cloches; <• elles se tenaient « par-devant le lieutenant général en la comté et sénéchaussée de Ponthieu et le maieur, » mais la préséance et, autant qu'on peut le voir, la direction des débats appartenait an premier; elles étaient composées de délégués du clergé (deux chanoiDes de Saint-Yulfran et deux religieux de Saint Pierre dans les délibérations que nous consultons actuellement) ; des gens du roy ou conseillers du présidial, des ancieos maieurs, des échevins, du siéger, du procureur fiscal, des maieurs de bannières; (on voit, en outre, dans rassemblée du 22 janvier 4587, le syndic et quatre commissaires du bureau des pauvres, mais il s'agissait justement de chercher les moyens de remédier à la grande misère de l'année).

Les « deux cloches » appelaient aux assemblées générales (1), qui se composaient du maieur, des échevins et des maieurs de bannières; quand les circonstances étaient graves, on convoquait particulièrement à ces assemblées les anciens maieurs (2). Les deux collèges ne

(1) On les appelait les cloches des deux collèges.

(2) A esté dellibérë que pour gratifiier messieurs les anciens maieurs des yaccations et assistances qu*ils font ordinairement aux assemble'es particulières pour les affaires de la ville que aux quatres festes solempnelles de Tan scavoir No^l, Pasques, Pentecoustes et Toussainct leur sera onnoré par ung sergeant à chacun un pot de vin. — Reg. auœ délibérations, Il décembre iaS7.

pouvaient être convoqués que sur l'avis du collège des échevins. — - Voir, comme preuves, les discussions du 22 aodtt 1688, année i587-l6ti8. Pour les préséances lors des assemblées à deux cloches, voir les délibérations du 28 juin 1588 (1). Les avis étaient parfois discutés et formatés d'avance daos des réunions préparatoires tenues par les maieurs de bannières, par les gens du roy, par les juges et consuls, etc. Les différents corps avaient alors la plus absolue liberté de réunion. Voyez les délibérations dii 22 jpin I58S. — Sur Taspect démocratique de quelques-unes des réunions nombreuses à Téchevinage, voyez l'assemblée du 17 mars J588. Sur l'importance et sur la fierté de la magistrature communale, voyez l'assemblée du 12 avril 4588 (2).

Les assemblées ordinaires, convoquées par une seule cloche, se composaient du maieur et des échevins. Ces derniers n'étaient pas toujours, parait-il, de l'empressement le plus louable (3).

Aux délibérations de Téchevinage assistait quelquefois le gouverneur de la ville, soit probablement sur les invitations de Féchevinage même, soit lorsqu'il avait

(1) Pour le pas aux processions, Toyez les diflicaltés qui paraissent s'élever , en décembre 1587, entre le maieur et le président du présidial.

(2) L^échevinage parle de mander par devant lui le procureur du roy et le lieutenant criminel, pour les sommer de nommer rinstigatcur de quelques commencements d'information ou de poursuites contre les habitants.

(3) Le 18 juin tSS9, le procureur de la ville est obligé de remontrer que MM les échevius sont bien peu exacts aux réunionSf et rassemblée décide que dorénavant une amende de dix sots frappera ceux qui ne se rendront pas exactement à Téchevinage au son de la cloche. — Aa^. awa détibérationSt 1581-15SS.

qaètqoe coimÉuBieatlon à faire aux maiear et échtfViM.

Le son de la deebe ^H, è bien dire, le deul mode de ao#vTOÉtfOD. Qoand les aasemUées sont amoncées poor telle heure dans qa pr6cèe-verbal, on les voit, dane oa aolre, prendre séance une heure oo deux plus tard.

Tous les ans , le 28 juin , le maiear réunissail les éolievins et leur ftilsait le même petit discours; il leur rettiôntmit que, « suivant l'antienne cousftmt, l'on a AeoMstumé, à pareil jour que cejourd'buy, nomtner ung de meaMeurs les éebevins poar prevost de la frandft feite de Saint-Piërre quy commence cejourd'huy midy et fine demain midy soleil couchant (sic) • L'assonblée nommait alors un des échevins à Téphémère dignité, « pour conserver lad. antienne coustume *•

Tous les ans aussi, le 22 juillet, depuis rétablissement dn bureau des pauvres, on renouvelait, en assemblée des ét^ts, les commissaires de ce bureau Le lieutenant général qui dirige la délibération expose asset invariablement, suivant ta rédaction des grefflersde Téchevinage, <*que, à pareil jour que celui-ci (1), on a coustume de Aommer et eslire, par pluralité de voix, de nouveaux commissaires au bureau des paouvres, pour Tannée cMnmenchant le premier jour d'aoust et finant au dernier jour de juillet. <•

I^s affaires du bureau des pauvres sont d ailleurs souvent traitées avec développement dans les délibérations de la ville, et il serait facile de relever dans les registres la plupart des faits qui intéressent l'histoire de cet établissement (2}.

(I) J'ai trouvé parfois, cependant, le 21 juillet.

(3) Voyéi, psr exemple, la séance du 2o aodt I5S6 où il est

D£ QUELQIItt FONDATIONS ET DE QUEI.QUE8 USAGES

DANS LA VILLE "r

Uoe £Qi4ition, de quelque viogl sds seulement postérieure à la créatioD du bureau des pauvres, est celle 491 collège. L'époque dans laquelle cette histoire nous fransporte était un temps de grande culture littéraire. jQsqoesdans Abbeville même, nous pouvons reconnaître les influences bien sensibles de la Remissance. Les muses grecques, latines, françaises, avaient des oreillers sous les toits de notre vieille bourgeoisie-, on verra comme elles s'éveillèrent toutes et rivalisèrent pour payer à Henri IV une bienvenue savante et gracieuse. L'enseignement était donné, depuis une date incertaine pour nous, dans la maison des Grandes Écoles, mais un sentiment plus vifd'intérét pour les études classiques porta Téchevinage à fonder lui-même un collège, en fournissant un lieu propre à Tinstallation des maîtres et des élèves et en allouant une somme annuelle au premier régent (1).

qoestiou de âiffiealtés entre le bureau et quelques particuliers à propos d*ttne donation testamentaire, etc.

(1) Dans la délibëration du XXrilI décembre t5S3, il est question du bien public qui devrait résulter de rétablissement d'un collège ponr Pinstruction de la jeunesse tant de cette rille que d^ailleors. Il serait besoin pour cela d'nn lieu commode; aucun ne conviendrait mieux que la maison appelée Thospital Jehan le Scellîer. On voit qu*il n'y a encore à cette date qu'un projet.-* Reg. aaaù délibératiom, I5SS-1586.

n est question , dans t.l délibération du dernier jour de maf

Tous les ans, la veille de la Toussaint, Téchevinage donnait « quelque aulmone en drap et toiles aux pauvres relligieux. » Aux distributions de cette aumône participaient THôtel-Dieu, les « religions » mendiantes, les pauvres de la Maison du Val (les lépreux). Les procèsverbaux déclarent que ces charités ne porteront point préjudice à i'aumosne qui. de tout temps, soolloit estre publicquement faicte à tous les autres pauvres de la ville. *• -- Délibéralion du XXriII octobre 1586.

15S6, du collège « de nouveau érigé en ceste ville » et d*une maison « proche et contiguë ledit collège » occupée par des locataires qui céderaient volontiers leur bail pour raccommodation du collège jusqu'à ce que la ville pût faire achat de la maison même. — A^. aux délibérât ans, 1585-1586.

Dans la séance dePèchevinagedu 23 juin 1586, on lit: • Sur la requeste du procureur de la ville avons fait venir et appeller par devant nous les maistres, bastonniers et confrères de la confrairie de monsieur Saint-Quentin establie en Tégliseda Saint-Sèpulchrc contre lesquels iceluy procureur a conclud à ce qu^ils aient à quitter et remettre en nos mains la maison, lieu et teneur (ou tenement) appelle Thospiial de Saint-Quentin près le pont Grenet pour y mettre et faire habituer les paouvres tilles repenties mises hors puis naguères de le hospital Jehan LeScellier pour Testablissement d'un collège suivant plusieurs délibérations. » Les bastonniers et confrères répondent que « led terrain a esté

donné dès Tan mil cinq cens (un blanc dans le registre)

par un nommé Quentin? Le Sueur au prouffit d'icelle confrairie pour y recepvoir et coucher tous paouvres pellerins voyageurs au nom dud. sainct (Quenlin?) sous quelques conditions parmi lesquelles des obits. J'abrège maintmant beaucoup. Les confrères « ne voulant contredire à une sy bonne œuvre que de recepvoir et donner lieu et dcmeuranche aux paouvres tilles repenties mises hors des anciennes demeures pour Testablissement du collège » consentent enlin à céder la plus grande partie de rhospital de Saint-Quentin « pour y donner lieu et demeure aux paouvres filles repenties» à quelques conditions; ainsi ils seréser-

Les Cordeliers recevaient habituellemeDt 25 aulnes de drap blanchet.

L'Hôtel-Uieu, pour faire draps aux mallades, de 40 à 50 aulnes de toille.

Les sœurs Saint François, 25 aulnes de drap blanchet.

Les sœurs de Cbauny, 1 aulne de drap, 2 aulnes de toille, quelquerois un peu plus

Les sœurs Dominiques, x aulnes de drap.

Les Repenties, 6 aulnes de drap et 4 aulnes de toille.

yent le dortoir « où ont accoustumé gitter les paouvres pèlerins pour lesquels recepvoir ils pourront commettre un homme suffisant et de bonne wie ; ils seront déchargés des obits, etc. »

L'ëchevinage ordonne alors que les religieuses repenties seront transportées aud. hospital suivant les conditions acceptées. Les confrères commettront un homme de bonne et prude vie pour recevoir les pèlerins qui coucheront dans le dortoir réservé, « sans néantmoins que led. homme demeure aud. hospital. » — Rfg. àuœ délibérations, 1585-1586.

Dans rassemblée du 9 juillet 1586, il est décidé a que achept sera faict an nom de la villo d*une maison sise et contiguë le collège, «dtin de Pagrandir et eslargir. » — Reg. aux délibérations, 15S5-1586.

Dans rassemblée du 7 août 1586, on délibère de présenter requeste au roi atin d'obtenir un certain nombre de chênes pour construire le collège. — Reg. aux délibérations, 1585-1586. — Des chênes du domaine du comté furent accordés: ils vinrent probablement de Cantâtre ou de Crécy.

Le 21 janvier I587, « a esté par mesme ad vis trouvé bon et délibéré de taxer à ung régent, pour tenir la première place au collège de ceste ville, homme bien expérimenté en la congnoissance de la langue latine et grecque, y comprins sa penssion, la somme de cent escus à prendre sur les deniers d'octrois et à ceste tin obtenir lettres d'autorisation. » — Registre aux d4ib., 1586-1587.

Enfin on lit, au 23 janvier (i587), dans le registre de Tannée 1586-1587: « Et pour le regard d'un régent pour tenir la première place du collège de ceste ville, au lieu de feu M* Pierre Le Porcq,

Le chapelain de lad. maison, 4 anlnes de drap.

Tout lépreux recevait aussi particulièrement sa part de Taiimône.

Marie de Lavergne, lépreuse, recevait, en i58A, t anlnes de drap et 7 aulnes de toille.

Le chasse baudet de la Maladrerie recevait I aolne de drap et 1 aulne de toille.

Les Minimes, vi aulnes de irap.-- Reg. aux dtfîMroi'ons, i 58^-1 585 et autres (1).

etc. » (Le reste regarde la pension à payer à ce successeur dont le nom nVst pas dit ou nVst pas encore connu. La phrase est asm difficile à lire Je crois qu*on surseoit à tixer la pension à cause de la misère de la ville?).

Enfin Fargentier de 1590-1591 inscrit une somme de deux cent trente-trois écus vingt sols, prix de la maison « où se soulloient

tenir les grandes escolles pour estre employé en Paugmen-

tation du collège de lad ville, etc. » — Reg. a*œ eonpfet, 1590- 1591 . — Note renvoyée à la Topographie historique d^AbbemUe,

Et le même argentier inscrit encore:

« A M* Jehan Macquet, principal du collège, la somme de soixante-six escus deux tiers pour gaiges et nourriture des régens dudict collège, pour demie année eschéant au jour de Paaqnes dudict an V« Hll" XI, cy liviT- n\

« Audict Macquet pareille somme de soixante-six escus deux Mers pour aultre demie année desd. gaiges et penssions eschéans '" dernier jour de septembre V* IIll" XI, cy. . . . Lxvi^ii*. ■

Reg, aux comptes ^ 1590-1591.

Nous retrouverons ce principal Macquet parmi ceux qui fêtèrent, par des mesures et par des rimes, Henri IV, vainqueur de THydre.

(1) Nous voyons, dans une délibération du 2i janvier 15S2, que Taumône aux religieux mendiants avait été différée jusqu*alors à cause de l'absence du maieur.

« Sur la requeste drs relligieux de Tordre desmandiantsde œste ville et mallades lépreux, afiin que Paumosne accoustumée leor soit distribuée pour subvenir à leurs nécessités» oe quy a esié

Le joor do mardi-gras, il y avait fêle dans la ville poor les gens de tous les ordres. Od se rendait au vieux bois où les bourgeois des siècles précédents allaient écouter les ballades (i); les ménestrels ne chantaient plus, mais les habitants étaient restés fidèles aux jeux virils (^).

toujours différé jusques à présent pour Pabsence de monsieur le maieur, a esté dellibéré que lad. aumosne sera faicte, etc.

Premièrement, a esté aumosné :

Aux relligîeuz Cordel iers, xxv anines blanchet.

Aux sœurs Grises, xxv aulnes blanchet.

Aux sœurs de Thérouanne, x aulnes blanchet.

Aux sœurs de Chauny, vi aulnes toille, drap i aulne.

Aux Repenties, vi aulnes drap, toille un aulnes.

A THostel - Dieu , pour les mallades et paouTres y estaas , des draps, xlviii aulnes toille.

Aux Minismes, vi aulnes drap.

Aux chapelains du Val, nii aulnes drap.

A Marie de S. ... ? lépreuse, ii aulnes de drap, toille n aulnes.

A Charles du Ruissel, chapelain des Repenties, un aulnes toille.

Aux chasse-baudet et servante des lépreux, i aulne drap, toille 1 aulne.

Nombre de drap , lxxvi aulnes.

-- de toille, Lxvn aulnes.

{Registre aux délibératwns, 15S1-15S2).

Dès Tannée suivante, la date ordinaire est reprise. Le dernier jour d'octobre, le maieur remontre que, à pareil jour que au}-**' d''hui, on a accoustumé distribuer draps aux rclligions. -^ % 7; aux déUbèratiom^ 1582-1588.

(1) « De Jacques de Vincheueuil par achat au lieu de Claude Le Cat, pour trente-deux verges de terre, tenant à la fosse où Ion |it les balades le jour des caresmiaux, d'un bout a Jacques Bon-

nard, icy x* nn*. »

— Reg. aux comptée de 1578-1579.

(S) Je relève, d'année en année, quelques notes sur ces jeux, ces montres, ces fêtes du mardi-gras :

Parmi les devoirs annuels que les droits, les privilèges de la ville, la liberté et, par conséquent, la responsabiUté municipale, imposaient à l'échevinage, étaientlaf)ùttalî(m des remparts et la recherche des habitants pour téiabUssement de la garde.

Ces deux vacations des officiers de la ville avaient lieo

1576. — « Audict argentier de ce compte la somme de quarantesix livres quatorze sois pour les frais et mises du banquet et collation qu'il auroit fait lo jour de mardy gras, ainsy qu'il est accoustumé,après la monstre faicte en armes par les cinquantcniers, à laquelle collation se trouva ledit sieur de Rubempré, messieurs \^ gens du roy, antiens maieurs et aultres. . . . xlyi* xmi*. » — Reg, aux comptes^ 1575-1576.

1578. -- « Payé à Nicolas Macquet, marchand de vin, pour vin par luy livré pour faire gouster messieurs les gens du roy, antiens maieurs et autres, après la monstre faicte en armes par les cinquanteniers le jour du mardy gras, et pour avoir faict gouster lesd. cinquantcniers, la somme de cinquante livres tournois ; et auroit aussy payé aux bareurs (joueurs de barre),

(I), escrimeurs et aullres, au lieu de vin que Ion a de

coustume leur bailler chacun an à pareil jour, huict livres quinze, sols. Les deux sommes montant ensemble a la somme de Lvni livres XV sols. » — Ibid. 1577-1578.

1579.— Reirait par ses mains ledict Noël (c'était l'argentier de cette année) ta somme de trente-six livres tournois, suivant l'ordonnance à luy à ceste fin adressée le septiesme jour de mars M. V* LXXIX, cy rendue pour le vin bu, le jour de carcsme prenant, à la collation faicte au logis de monsieur le maieur, après avoir fait faire montre au bois, aux capitaines, seilon qu'il est accoustumé de tout temps, ensemble pour avoir faict goûter du

vin (Le reste manque dans le registre de cette année).—

Ibid. 1578-1579.

1580.— « A Nicolas Caron, marchant de vin, la somme de dix escus quarante sols à luyoeue et ordonnée pour avoir livré le vin donné aux cinquanteniers de ceste ville le jour des cendres len-

(I) Uo moi que je oe peu lire.

à peu près à la même date, peu de temps, je pense, après le renouvellement de la loi

k la Visitation des remparts assistaient, d'ailleurs, habituellement le gouverneur ou son lieutenant, quelquefois l'un et Tautre.

Pour la viaîtation des remparts, comme pour la re-

demain des caresmiaux de Tan de ce compte, et aux barenrs, pareurs, boucbiers, brouttiers, escrimeurs et aultres, qu'il auroit esté adfisé leur donner au lieu de la collation et du vin que Ton I de tout temps accoustumé donner au logis de monsieur le maieor la retour de la montre qui se faict chacun an ledict jour des caresmiaux par lesdicts cinquanteniers et aultres habitants avec

leurs armes, cy x*~ ii*. »

1586. -> A Mariellc Lheureuse, veuve de feu Pierre Veque(ou Leque), la somme de vingt-six escus deux tiers à elle deue et ordonnée pour la collation et festin faict le jour de caresme prenant, après la monstre des habitaus cinquanteniers et de la jeunesse estans en armf s, où auroient assisté monsieur le lieutenant général, messieurs les antiens maieurs, gens du roy, conseillers et ofticiers de la ville et les cappitaines et membres desdictes compagnies (Mandemmt du 2 mars 1586). . . . xxvi*** n^

Aux trois compagnies des cinquantoniors de coste ville lu somme de six escus, qui est à chacune compagnie deux escus, à eulx taxés pour et eu considération de lad. monstre, cy. . . vi^. A la compagnie de la jeunesse pour pareille considération, la

somme de quatre escus, cy iiir*.

— /6td. 1585-1586.

Iléiae année. — « Aux tisserans et pareurs et aux bouchers à chacun six quennes de vin pour avoir barré (joué aux barres) le jour de caresme prenant ainsi qu'il est accoustumé de tout temps de la valleur de deux escus, et aux joueurs d*escrime vingt sols,

cy il"* XX*. »

— /6kl. 15S5-1586.

1587. — Le jour de carême prenant cette année, on fit faire un [>arc avec des estocqs dans le bois pour y faire jouer les barres. :>n paya au ëcu au charpentier qui lit ce parc.

— tt —

tkftidm été baUlaots, le bodgeC i mmiumI nbvcMttà de larges collations Les cuisioieffs, tai pilkBCfS, lu fliarchftDds de vin IrooTaieol bon profil d«B6 \m soins donnés a la sAreté de la ville : aaasi les regialrei mi eomptes, mieux que les procès -vertNioz des aMembléo, BOUS font saivre ces inspections des mgm tel fofkmm

La eompapiie de la jfanesie r«rot quatre écus sf»«s la Boalic.

Lrs mattrfs du jra d^anucs de la rille trente-six sols.

Les maîtres bouchers deux éciis TÎDgt-quatre sols posr koit qoeuoes de vio qu^on leur doona pour a?oir ëlé aom i MiU montre et avoir joué aux barres contre les pareurs.

Les maîtres pareurs reçurent la mine somme pour la nèae cause.-* /6}d. 1S8S-1587.

1S87. — Cette année, monsieur de Hucquerille, gouveneafi messieurs les ^ens du roy, les anciens mayeurs, les écbefiss, les officiers de la Tille assistent, cjmme de coutume, à la cdlalioa chez le niaieur le jour de carême prenant, au retour de la moBin des compagnies. La somme payée à cette occasion an cuisinier hi

de cinquante et ung écus U"*

— /6ûi. 1586-1587.

1588. — A Jehan , marchant bourgeois demeurant en

lad. ville, et Meon Ternisien, cuisinier, la somme de cinquantequatre escus quaranle-huict sols à eulx deube et à quoy s'est trouvée monter la despencc faicte. à la collation du jour du mardy gras, après la monstre en armes des compagnies des cinquaaleniers et de la jeunesse de la yiile, y comprins le vin donné et présenté ausdictes compagnies en passant par-devant la porte dudict sieur maietir; à laquelle collation se seroit trouvé ledict sieur de Hucqueviîle, gouverneur, assisté de plusieurs gentils hommes, messieurs les gens du roy, an tiens maieurs, eschevins, ofûciersdela ville et cappitaiues desdictes compagnies, assavoir

aud. • , pour le vin, la somme de trente-sept escus dix-

huict sols, et aud. Ternisien, pour pain, viande, fruicts etaulUcs choses, la somme de dix-^pt écus trente sols, ensemble wsT XLvm*.

On donna quatre écus quarante-huit sols aux bouchers et aux ^reurs pour les barres et les luttes.— IM, 1587-IS88.

B la ville, cetuiveoUiicies de muDitionSi ces recepsements es bourgeois arrivés à Page de porteries armes (1). Nous devons dire un mot, maintenant» des

158S. — A DuquesaioDt, maistre du jeu d^argies, pour

ireille canse* Mn sols.

Aux cappitaines et compagnons de la jeunesse, un escas.

Aox trois compagnies des cînquanteniers, vi escus. — Ibid.

1590. — La dépense du jour de carême prenant où 8*est trouvé oDsieur le gouverneur, roe^ienrs les gens du roy, etc., monte )ur la collation à xxni écus vingt sols. — Ibid. 1589-1590.

1591. — Pour la dépense de carême prenant, après la montre en

mes, 33 écus 14 sols xxm^xnn*.

Aux parcurs et aux boucliers, pov la lutte et les barres, S écus » sols par moitié. — Ibid. 1590-1591 .

La calamité du temps est visible dans un paiement pour le ardi-gras de 1593:

« A esté payé aux maistres bouchers, pareurs efbrouttenrs, la tmme de trois escus ung tiers pour estre présents pour Incier

barer le jour de mardy gras ainsy qu'il est accoustumé de tout mps, ce quy auroitesté différé à raison de la calamité du temps^ nsy qu*il appert par deux requestes présentées par lesd. bouchers

pareurs et ordonnancées sur icclles le troisiesme jour de mars idict an (1593), cy nr*!». »

Ifnd. 1593-1593.

(1) A mesure, peut-on remarquer dans les comptes, que lasnrîllance augmente sur les murs par suite de Tinquiétude ^^ts mps, la dépense monte chez les cuisiniers et ohez les marchands î vin. On pourrait vérififr à peu près, d'année en année, en >nnant les événements pour commentaires aux chiffres. Les quelques extraits suivants qui me fournissent cette obserition ont été faits cependant sans préoccupationjks périodes de 3ubles ou de paix.

1576*1577.— A esté pareillement payé pour aultre despence icte après Visitation des murailles et invenlnre des niunitions Laos es forteresses de la ville où .^toit monseigneur de fttimpré , son lieutenant » lesd. miieur et tscheviM, tn^xeril'

contagieuses qui désolaient asses fréquemment la ville, du service médical entretenu par Téchevinage, des mesures prises pour la salubrité publique.

maistres des ouvrages et canoniers de lad. Tille» la somme de dixneuf livres quatre sols, comme il est appert par dëlibéraliM et maudeinent du dixiesme jour d'octobre mil V* soixau te -quinze, cy xix'nif.

lft77-lft7S. — A esté payé pour aultre despence faicte après h Visitation des murailles et inventaire des munitions et artillerie oh ont assisté le lieutenant de mons' le gouverneur, messieurs les quatre premiers eschevins, officiers, canoniers, ouvriers etaultres, la somme de vingt- neuf livres dix- huit sols à Nicole Macquet, marchand de vin, et h Marieile Lheureuse, paticière. Mandement du Vlll* jour de janvier M V LXXVIU, cy. . . . xxix» xvin».

En 1579- t&SO, lors de la « Visitation des murailles, rampartset aultres lieux de la forteresse et inventaires des munitions de guerre de lad. ville, Mariette Lheureuse, cuisinière, reçoit pour sa part quatre écus et demi, et Anthoine Herny • pour vin » deux écus six sols. »

1586-1S87. — A Nicolas Rohault, marchant de vin, et aud. Gouchon, cuisinier, la somme de huict escus trente et ung sols, a Rohault pour vin deux escus un quart, à Gouchon cinq escus S6 sols, le tout employé en la despence faicte le jour de la visitalion général le des ram parts et forteresses de la ville et inventaire^ des munitions de guerre, ordonnance du 14* jour d'octobre

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