‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 5)Chapitre 16 sur 33 · LA POLICE · texte numérisé non relu

LA POLICE

Nous diviserons ce chapitre en deux parties, d'abord la police des métiers, des marchés, des rues, puis la police que nous appellerons morale, celle qui regarde la conduite individuelle, Tobservance des règles religieuses.

•49oIlce des Métiers

Je ne veux pas aborder en plein, dans ce chapitre, les règlements des corporations. Il suffît à notre projet de jeter le regard du passant sur les relations quotidiennes, les chicanes, les grosses afTaires de ménage des bourgeois entre eux Je n'ai pas la prétention d'écrire ici une histoire des métiers d'xVbbevillc , mais seulement de montrer, dans les professions diverses, les mœurs honnêtes ou non, de saisir quelques supercheries, de retrouver quelques usages. De là, le choix des notes que j'assemble pour en tirerdesimples révélations familières. J'entreprends ces rapprochements, non dans l'espoir de compléter, mais dans le désir d'ébaucher sous un nouvel aspect, sous le jour de la boutique ou de l'atelier, b physionomie des habitants d'Abbeville aux eavtraaaet

au aioment de la Ligue. Les témoignages, il faut le dire, ne sont pas tous à l'honneur de la probité commerciale, mais n'y avait- il pas aussi plus d'exigence de la part des chalaniM, plus de hâte dans leurs plaintes, plus de sévérité dans les répressions? Estimons que les bourgeois du seizième siècle aimaient à être bien servis et à avoir en tout bonne mesure.

Voyons d'abord comment étaient punies les fautes commises dans la fabrication ou dans la vente des choses nécessaires à la vie.

Les boulangers nous entraînent les premiers devant

la justice municipale. Le premier jour de décembre 4576,

un d^eox est condamné « pour avoir faict pain defTectif »

i une amende de ixvi sols un deniers; en juillet i577,

on autre est condamné pour la même cause à xv sols. —

Argmtierê, 1Ô76-1577.— Le premier jour de février 45M,

on autre est condamné, « pour avoir vendu pain blancq

à plus hault pris que l'ordonnance, » à un écu d'amende

dont le tiers aux accusateurs, soit pour la ville xl sols.

'^ Argentiers^ 4587-4588.— Un autre est condamné, le

onzième jour du mois de mars 4592, à xxvi sols vin

deniers « pour avoir faict pain deffectif, » et, le quatorze

du même mois, un autre, <* pour avoir faict pain trop

léger, » est frappé de l'amende alors énorme de six écus.

-- Argentiers, 4594-4592.-- Deux autres condamnations

indiquent des limites de métiers ou la protection même

de l'industrie des boulangers : le vingtiesme jour du

mois de septembre (4586), Michel de Bernay est « con-

dampné en ung escu pour avoir trouvé du pain d'espice

en sa maison contre la defTense. » — Argentiers, 4586-

4587. — Peut-être ne devons nous pas oublier ici que

Vannée 4586-1587 fut une année de grande misère et

d'ateliers de charité — « Dudit jour (1II1« de novembre S583), Charles de Rnmbures, pour avoir vendu paia du dehors à ses hosics, est condamné à xx soU. »

Aux boulangers succèdent en grand nombre lesniarchands de vin et les brasseurs. Le commerce des vios parait avoir été important. L'échevinage ne s'ingérait pas de Gxer le prix du vin qui était une boisson de luxe et qui venait de loin, niais il n'en était pas de même pour la bière, boisson f(« briquée dans la ville et regardée comme de nécessité. En l'année 1587 i 588, un sergeant reçoit la somme de six escus trois sols six deniers « pour les frais d'une esproeuve faicte affin de donner pris à la bière (1). » Les condamnations pleuvent d'ailleurs sur les marchands de vin comme sur les brasseurs pour des contraventions diverses. Le 3 septembre 4579, un marchand de vin est condamné, <• pour avoir vendu du vin

(I) Le 21 janvier 1588, une commission composée d*éche?iiis présente un état des mises « qu*il leur a fallu fatre pour faire on hrassin de bière de doux sacqs pour esprœuve, aftin de donner prix raisonnable à iceile pour le bien public. »

Suivent toutes les dépenses de ce brassin.

Le prix» disait-on, pouvait être établi, en définitive, à 33 sols 9 deniers pour chaque baril, ce qui serait pour chaque pot 4 deniers.

On avait tiré 21 barils du brassin. Il devait, à ce prix, rester en bénéfice pour le brasseur 3 deniers par chaque baril, plus le *2V baril.

On Tait venir les brasseurs , la délibération continue avec eux. — 1587-1588.

« A Nicolas de Calmont, sergent, la somme de six escus trois sols six deniers pour les frais d'une espreuve faicte afBn de donner pris à la bière. — Ordonnance du XXlll* jour d*aousl

(1588), cy rr* m* vi*. »

— - Mime année, 1587-1588.

sans afforer, » en xxx sols d'amende ; le même jour» un nuire, pour semblable cause, est condanmé à \x sols; — beaucoup d'autres encore ; — et le lendemain , pour même cause» un échevin est frappé de la même amende de XX sols ^— d'autres encore. — La police municipale avait, parait'il, jeté largement le hlet — Argeniieri, 1579 1550. — On trouve aussi, en 1580, des condamnations à deux écus d*amende, • pour avoir mellé vin. • — Le XV11« jour de novembre (1581), un marchand est condamné à vi sols viu deniers, « pour avoir remply vins sans avoir appelle l'esgard; » le même jour» quatre autres sont condamnés pour avoir faict remplir lesdicts vins.— Le XXVll® jour dudict mois de juillet (1582), FraBçois de la Plante , gascon , « pour avoir souffert emplir en sa cave une barique de Bordeaux de vin de Charente, condampné en xl soIs^ ledict jour, Nicol. Franqhomme, tonnellier, pour l'avoir emply, xni sols m deniers; ledict jour» Ânthoine de Hault, pour avoir vendu la futaille entre deux fonds, xl sols. » ^Àrgentùrs, 1581-1582.- Le XV11« juillet (15^*6), condamnation en un éeu pour vente de vin deffectif. — 1585-1586. — Le seizième jour de juillet (1588)» un brasseur, pour avoir vendu sa bière a plus haut prix que l'affeure» est condamné en un écu dont le tiers aux accusateurs, soit pour la ville XL sols; le même jour» le même brasseur, « pour sa bière n'avoir esté estoffé suivant l'ordonnance, >* est condamné en pareille amende ; le dix-ncuviesme jour do même mois, nouvelle condanmation en quarante sols» dont le tiers aux accusateurs, pour vente de bière à plus haut prix que l'affeure — Argentiers, 1587 1588.— Le Wogt-huitiesme jour de septembre (J589), condamnation pour vente de bière deffective à xxx sols. — Argentiers^

lâH9-i59(^— Les coalitions des brasseora étaient peursuivies ; il est vrai qu'il s'agissait akMrs d'une aflMre nnportante, d'une conspiration sérieuse pour les bear • geois du seieième siècle : le vingtiesme du moia d'aoost (lôiM), sept brasseurs sont condamnés en Qaéca d'amende chacun» « pour s'estre liés et complotés ensemble de ne faire bière. • — 4589-1690.*- Et le r^istre de la même année nous donne, pour quelque cause grave saas doute : « A esté paie pour une sentence du greffe de la séneschaussée contre les brasseurs uoœ sols quatre deniers — xi> iiii'. » -^ 4589-1590.

Nous trouvons moins de condamnations contre les bouchers : le XU« jour du mois de majr (1586), deux bonehers sont condamnés à xl sols « pour avoir tné sais montrer. f> — Argentiers, 1583-1586 — Le XHI* jour du mois de septembre (1585), un boucher est condamné à dix sols « pour n'avoir mis du drap rouge sur et la chair de thoreau. » — Argmiiers^ 1585-1586.

l^s marchands de poisson étaient soumis à des réglementations que Ton peut encore saisir dans les amendes infligées aux délinquants. Le poisson devait être vendu publiquement dans un lieu ouvert à tous les acheteurs et ne pouvait être enlevé sans avoir été mis en vente. Le vingtiesme du mois de may (1593), « la vefve de Jehan Sanson, hoste de la Poissonnerie, pour avoir vendu du poisson en sa maison, r* est condamaée en un écu. — Argentiers^ 1592-1593.— Le XX Vll« jour da mois de septembre (i 585), Cliarles Uavesne, chasseur de marais (1), «« pour avoir chargé son poisson pour Irans-

(1) Marée évidemment. Nous ne disons plus chasseur de marée, mais chasse-marée.

porter par basteaa sans Pexposer en vente, » est eondafUné aussi en un écu. — Argentien, 4585-1586 —Le fait eut été puni non moins sévèrement, quand bien même cette année n'eut pas été une année de disette.

Marchands d'épices, de vinaigre. Un grand nombre àe condamnations frappent, en mars iô86, des bourgecMS qui ont vendu • des espices deflectives. *• — I5S5 4586, année malheureuse, nous l'avons dit.— Le trentiesme de Juin 4592, Jehan Damerval, vinaigrier, • pour avoir abusé de son mestier, •> est condamné en quatre écus, dont le tiers aux accusateurs.— 4591-1592.

Les hommes de notre temps n'ont plus toujours contre leurs fournisseurs les garanties du seizième siècle. Ce ne sont pas seulement les boulangers et les marchands de vin que nous trouvons à chaque instant ramenés à l'honnêteté par la justice municipale, mais aussi les tailleurs, les cordonniers, les fabricants et marchands de drap. Nous relevons rapidement les condamnations suivantes: du XYII* jour dudict mois (de may), Guillaume Seguin , tailleur d'habits • pour avoir faict ung manteau deffectif, xxvi* viii' — Argentiers, 4577-^578. — Le dix-huictiesme jours du mois de janvier (1593), un antre tailleur d'habits est condamné, •< pour avoir gatté une robe, » en un écu. — Argentiers, 1ô92-4ô93. — Le treiziesme jour d'octobre (4576), un cordonnier est condamné en XV sols, « pour avoir faict mulles defTectives. » '-^Argentiers, 457G-4577.* Le c'inquiesme jour de mars (4590), un pareur, « pour avoir paré ung drap défectif, » est condamné en xxx sols. — ArgenlterHf 1589iô90.— Le quatorziesme jour du mois de janvier iô88, un marchand chez qui on a trouvé •< ung aulne deffectif » est condamné en trente sols, dont le tiers aux accusateurs;— 1587-

lâS8--le Illl« jour du n^ois de seplemi^re f48S« ut drapier chez qui on a trouvé « une aulne de ceate iWk trop longue » eat condamné en un livres; — l5Hfi-f58é— le XY* de jour de janvier 1586, le même marchand, chei <|gi on a trouvé cette fois «* ung aulne trop cQfirte, * est jÇl^damné en xiu* lui deniers.— i5bô-iô8d.-r- En ot mois ()e janvier, un grai^d noqfibre 4e marchaads sont ooa- 49innés.pour la même raison — ri 885*4086.-1- Le qoa* ^riesme jour de may (459A), onse marchands sont encore (condamnés comme possesseurs d*âulneatrôf^ courtes - «593-1594.

Les arquebusiers aussi étaient tenus de fournir de bonnes armes: « Le vingt-huictiesme jour d'aoust (1586), Nicol. Temps, harquebusier, pour avoir faict des harquebuses deffectives, condamné en trente sols, le tiers à Taccusateur ; cy à la ville, xx sols. «• ^ i686-iâ87.

La justice municipale n'était pas moins sévère pour les jauges. Mous trouvons, au cinquiesme jour d'octobre 1589, dix contrevenants condamnés à cinq sois chacun « pour avoir des tombereaux n'estans de jaulge. » *- 1589-1590.

Cette même justice punissait les malhonnêtetés intéressées qui faussaient les règles dans les réceptions aux maîtrises : Le trentiesme jour de may (1592), un tailleur d'habits est condamné en quatre écus « pour avoir reoeo argent d'ung tailleur pour le passer maistre. <• — 159 1- 1692.- (I)

Elle condamnait aussi les contraventions aux statets

(1) La ville tirait un certain produit des maîtrises. Je lis, eo rannéc 1591-1592:

« Autre, recepte à cause de certaines maîtrises vendaes en

Itttérieors des corporations, aux invasions d'an métier sur un autre. Je prends quelques exemples au toI, en feuilletant chronologiquement les registres : Le seitiesme du mois de décembre (i578), un bourgeois est, « pouf* entreprinse par luy faicte sur le mestîer de vinaigrier, « condamné en soixante sols, dont le tiers aux esgaHs. ^ Argentieri, ^578-1579 (1) —Le dix septiesme jour de février (1588), un mercher (mercier), qui a eofttt^venn aux statuts, est condamné encore en soixante sols, dont

fannée, en conséquence des dellibërations faictes en Fan i^irëcé-

dCBl.

D^Antoîse I>entier [?}* pour une maîstrise de fourbisseur, deux escns iV.

De Pierre Gorenflos, pour une maistrise de mareschnl, hûict escns Vnr*.

De François , poar une maistrise de cordier,

trois escus iii**.

De François Sarazin, pour pareille cause, deux cscus. ir^.

De Jehan Platel, pour une maistrise de serrurier, dneqescQS v^.

De Charles Petit, recen maistre harqnebusier, quatre

cscos. IV*".

De Nicol. Daullé, receu maistre brasseur, cincq escus. v*".

Os sommes n*empéchent pas la perception de quelques droits de bourgeoisie sur les titulaires de ces nouvelles maîtrises. Ainsi, je lis au chapitre des receptes, pour les droits de bourgeoisie :

DePierre Gorenflos, receu maistre marescbalet f)ourgeois, xvi*.

De Jehan Platel, maistre serrurier xvi*.

-Argentiers^ 1591-1592.

(i) A plus forte raison la ville protëgeait-clle dans lents pro- M>Ds ses habitants contre les empiétements du dehors : Le quinxiesme jour de may (1579), Nicolas Tellier, carrelier du Pou- <lreffly. « pour entreprinses Taictes sur le mcsticr de gribcnnicr, • ni condamné à ramende.'

1^ 15' jour de novembre, Jehan GaCTé, charpentier foiain, « pour 3voir besongné en ces te ville, condamné (^U' xV sois, môffic aux

le tiers aux accusateurs — 1587 15S8. — Le quiosiesme jour du mois de mars de la même année, un autre marcliand, « pour avoir entreprins sur le mestier de cbaulseteur, •• est condamné en trente sols, dont la moitié aux accusateurs. — 1587- d5s8 — Le septiesme jour de septembre (1592), un savetier est condamné en vingt sols, • pour avoir faict des souliers neufs. •• — 1592-4593.— I^ vingt-buictiesme de may (1593), Thostesse do Petit- Sainct-Jacques, « pour avoir entreprins sur le mestier de cuisinier, » est condamnée en vingt six sols hait deniers;— 4592-1593)— et le buictiesme jour d'aoust (1594), un cuisinier est condamné à xxx sols, « poar avoir entreprins sur le mestier de boucber. » — 1593- 4591. — La soumission aux règlements devait être si stricte» le qui -vive était si prompt sur les limites des diflerents métiers, que la justice municipale avait à maintenir parfois les droits des brouttiers contre les simples manouvriers : Le deuxiesme jour de juing (1592), cinq manouvriers sont condamnés en la somme de quarante-cinq sols, <« pour avoir entreprins sur le mestier de brouttiers. •• — 1591 - 1592. — Deux autres manouvriers

esgards vn* ti*. »

— Argentiers, 1578-1579.

• Le XXI* jour du mois de janvier (1580), un tellier (tisserand) estranger (1), pour avoir ra porté (apporté) une toille en ceste ville, condampné en x sols. »— 1579-1580.

En 1589-1590 encore, je vois des forains condainnés pour avoir vendu des meubles à des bourgeois. Cette interdiction d*acheter des meubles aux forains était un grand encouragement à la fabrication dans la ville même, la ville étant riche d^ailleurs et les bons bourgeois pouvant bien payer la prospérité des métiers, du métier des huchiers, par exemple.

(1) Oa esirange, ce qui a le même seni.

sont condamnés, Tannée suivante» en vingt sols, pour la même cause (1).

Quelquefois aussi on condamnait les gens de métiers qui refusaient de travailler quand ils en étaient requis. Un tonnelier est condamné pour cette cause, en 4579.— Argentiers, i 579*1 580.

Police des Marchés

Passons à. un chapitre qui intéresse les hommes de tous les temps, mais qui préoccupait visiblement les hommes du seizième siècle. Les raffinements des princes, les grosses joies à ventre déboutonné des écrivains, excusent fort les brives bourgeois de ce temps Rabelais n'était pas encore très loin, et la date ne serait pas mal choisie pour traiter de la gourmandise à Abbeville.

Certaines précautions écrites dans les règlements protégeaient, dans les marchés au gibier et à la volaille, le gros des habitants de la ville contre les cuisiniers et les releveurs forains. Cuisiniers et acheteurs du dehors ne pouvaient faire leurs emplettes dansées marchésqu'à une heure fixée. Il leur était également interdit d'arrêter les denrées au passage en les achetant partout ailleurs dans la ville. Mous courrons vite au milieu des condamnations qui pleuvent, d'année en année, sur les cuisiniers Le XYH* jour de novembre (1^78), un cuisinier est condamné, « pour avoir acheté gibier avant l'heure, » à x sols (2) -, le même jour, un autre pour pareille cause, à

(1) Ne serait-ce pas par suite de certaines interdictions imposées aux manouvriers que nous verrons quelquefois dans les travaux ée la ville les terres transportées sur les remparts dans des hottes?

(t) Od achetait encore (et avant Theure !) dn gibier aa adois'de

]U( sols^ te mâme jour, uo autre à xx sols; le lendemaioi deux autres cuisiniers sont condamnés pour semblable QûDtraventioa chacun en xxx sols. Les amendes grossisseAt» on le voit, avec l'indignation des juges; elles retombent en général, cependant, à x sols dans les années suivantes où il n'y a encore qu'à choisir, car les cuisiniers paraissent surtout incorrigibles entre les gens des métiers divers h cette date. Ainsi on peut, poar trouver plus vite, voir au XXX décembre iô83, et pasiim daps les années 1585-1586 et 1587-1588. Les cuisiniers tiennent ainsi beaucoup de place dans nos registres Ils devaient être nom breu x , à en j uger pa r les noms différents que je rencontre. Une rue même de la ville était appelée rue des Cuisiniers, du rapprochement sans doute de plusieurs d'entre eux. £t les bourgeois de ce temps avaient tous leurs maisons, leurs femmes, leurs cuisines particulières. Les cuisiniers ne semblent pas avoir souffert beaucoup, dans les teiiips que nous étudions, des troubles civils et des misères de la guerre. Si les bourgeois prudents prenaient et faisaient appliquer cependant quelques mesures contre eux,, ils les protégeaient, en se défendant eux-mêmes, contre les acheteurs étrangers: Le XXII® jour de novembre 1578, Simon Dubo, forain, est condamné en xx sols, dont le tiers aux accusateurs, pour avoir acheté gibier avant l'heure.— Argentiers, 1578-1579.— Le XXI novembre de Tannée suivante, un homme du village de Frireille [?] est condamné seulement à dix sols pour la même cause.— 1579-

na4* U» lois ooflSMvatriet s du gibier étaient loin de la p«ttaëa An^)H>wivimift 4h wizièiiM) siècle.

H était déCeodii d'aller au-devant des vivres^ On voulait ehaiioe éfi(ale pour tous devant les bonnes fortuoea de la table. Jd trouve, au XXI novembre (4ô7H), une oondamnaKon de quatre sols contre Catherine de Vinctieneuil, veuve de Guillaume Darras, pour avoii^ esté auHkvant des vivres, -1ô78-1ô79, — et plus tard une autre condamnation de trente sols, dont le tiers aux ascttsateurs, contre un bourgeois qui était allé au-devant des vivres et en avait fait acheter pour transporter hors la ville.— iirgptffilMrj, iô87-i6b8.

Il ne fallait pas d'ailleurs que les cuisiniers, protégés comme nous le voyons par toutes 6es mesures, se permissent de vendre du gibier avancé ou mal en point. Le qnatriesme jour du mois de septembre (1575), Thomas Blanchart, cuisinier, « pour avoir vendu ung levrault deffectif, » est condamné à l'amende. — 1578- 1579.— Hais ce qui marque encore mieux le souci des habitants d'Abbeville pour la correction en toutes les choses de la bouche, c'est cette condamnation à quarante sols qui frappa, le 2 décembre 1585, Marguerite Leleu, veuve de Gaude de Bonnelles, « pour avoir vendu des pattes (pâtés) resohaufés »--i585 15!^.— (1)

(1) L'auteur qui voudra écrire un jour Tbistoiré des mëtierii d'Abbeville devra nécessairement parcourir d*andëe érf année, dans les registres aux comptes, les chapitres des amendes. Chaque année fournit un bon contingent de condamnations qui montreAt avec quelle sévérité on punissait les transgressions aux règlements dêi diverses professiois. Tous les métiers étaient plus ou moins frappés par ces condamnations. Je retrouve celle-ci : « le troisiesititf jou^dadict mois de septembre ( 1 ft79), Martin d*BscaSfotfr, Uriilea^ dimages, pour avoir faict des ymages de bois deffeettf, condlimftté em uns eseu» le liera aux accusateurs» %h sel» pour la ville. • — ArgmUieri^ lft70-15S0.

Ces observations sor les vivres nous amènent natorellement aux lieux où étaient vendus les objets de eossommation les plus ordinaires et les plus nécessaires.

Lia place des marchés, sauf celle du Mardiè-au-Blét était fixée par des ordonnances (i). Le bois et le charbon se vendaient à la place Saint-Pierre (2); les œuft, le beurre, le fromage « et aultrcs sortes de eampenaige ▼enans des portes Saint-Gilles, du Bois et Marcadé, • au Pilory (3); les mêmes denrées, venans de la porte Docquet, au-devant de la porte de l'Hostel-Dieu (4).

Police des Rues

L'ordonnance des alignements existait déjà depuis longtemps peut-être. Il était, comme de nos jours, défendu de faire» sans autorisation, exécuter des travaux aux façades des maisons, ou suivant Texpression da temps, aux frocs.— Le 1^' jour de mars (id86), Jacques

(1) Ordonnance du mois de septembre de Taonée fftS5-lft8S; mais celte ordonnance e'tait renouvelée annuellement.

(2) ■ Le XVII* jour dudict mois (de décembre 1579), Adritu Dairainnes, forain, pour avoir chance bois ailleurs que en la plaer Saint Pierre, condampné en xx*. »

— Argentiers^ 1579 1580.

« Le XX VI* jour dudict mois (de juillet 1586), Pierre

Mathieu de le Pierre cl Jehan Garbe, pour avoir < stalle charbon en aultre lieu quVn la place Saiut- Pierre, coudampnés en. . xV. •

— Argentiers, 1585-1586.

(3) Le cinquiesine jour de septembre (159t), Anthoîne. Ciomar* tin, pour avoir cstallé beurre sur le pont aux Poissons, coq-

dampnë en xx sols r xx'.-

ArgeiUierB, 1502-1593.

(4) Il n*i>st pas question, dans celte ordonnance, des denrées entrant par la Portelette.

de Happy, pour avoir touché sur le frocq sans congé, est condamné en xx*. - Argentiers, 1585-4586. — Le treiziesme jour du mois d'avril, Pierre de Brucamp, masson, pour avoir travaillé sur le frocq sans permission, est condampné en un écu. . . i****.

Le même jour, un autre maçon et un charpentier sont condamnés pour même cause ^Ibid., 4589-1590. — Le vingt et ungiesme (uniesme) jour dudict mois d'avril (1592), Henry Darras, pour avoir entreprins et basty sur

frocq, est condampné en ung escu. r~.-*

Ihid., 1591-1592.

La police municipale n'était pas indifférente a la propreté des rues, à la salubrité même des cours d'eau qui traversaient la ville, bien que nous puissions douter du parfait succès des ordonnances à cet égard et de l'efficacité des peines appliquées aux contraventions; on voit» cependant,que les rues n'étaient pas encore régulièrement balayée8,et l'on trouve de ces mentions dans les registres aux comptes : A tels ou tels <* la somme de cinquantedeux sols à eulx deube pour avoir nettoie les immondices estans près de l'Hôtel-Dieu ; » de même pour le Pilori ou d'autres lieux. — il r^en/t^f, 1581-1582. — Les habitants se débarassaient volontiers dans les rues ou dans la rivière des ordures qui s'entassaient dans leurs étroites maisons. Les condamnations, « pour avoir jeté des immondices sur les places publiques » ne sont pas rares.— Yoyes en l'année 1585-1586, Reg. aux complet^ mars, et dans les autres années pasfim: « Le Yl* dudict mois (d'août 1585), Charles GafTé, naeunier, pour avoir charié immondices en la place Saint-Pierre, » est condamné • en XL sols. * — Argentiers^ 1585-1586 — Je rencontre, en Pannée 15s7-l58S, plusieurs condamnations pour

avoir jeté des immondices dans la rue pendant la naît Et de même pour la souillure de la rivière; en 1683- 4584 : du XXIUh jour dudict mois de septembre, Jehaa de Poilly, pour avoir faict jetter immondices en la rivière x».

Et en 15SÔ-458G: le XYll* dudict mois de décembre (i5$5) Jacques Noël, pour avoir fait jeter des immoodiœi en la rivière xni* no*.

Ledict jour, Jehan Bequet, pour pareille cause, même condamnation.

Police des Malsons

Il était, h certaines dates du moins, plus sévèremeat défendu et puni, pour la salubrité publique, de garder cbe£ soi des porcs, des canards, des lapins, mais lei condamnations pour les porcs sont surtout nombreuses. Nous trouvons, en dô79-lô80, défenses « de tenir pourceaux *> dans les maisons, et condamnations à ce siqetî l'année ]â83-iô84, nous fournit beaucoup de condamnations pour cette cause ; ces condamnations vont parfois à XL sois, - avril J584 —J'ai relevé une oondamnatioo à XX sols, au XXVI* de septembre i585; l'année lô«2rl6IO nous en fournit d'autres, dont je n'ai pas noté le taux.- Pour la défense de garder des ainettes (des canards) et des connins (des lapins), voyez le Registre aux amplm de 1583-1584.

La cloche était sonnée pour la clôture des portes Après cet avertissement, on ne pouvait plus se livrera certains travaux. Quelques exemples de condamnatioas à cet égard pourraient être présentés d'année en année: Le XXVl* jour d'octobre (1585), Jehan de la Fosse eit condamné ea cinq sols d'amende pour avoir fait Ira-

veiller en sa maison la nxni.— Ikid., 4585*1586. -Le douziesme jour dud. mois (juillet 4593)^ Nicolas Laiaignant, pour avoir faict tirer son vin à heure indeube,

condampné en ur*" jltlk —

Ibid., i592-i593.

II était également défendu de se promener dans les rues aux heures de la nuit (i)-, la règle était d'une morale très- sévère.

Le guet se chargeait de remettre dans le chemin de la vertu ou de la réserve les bourgeois ou les étrangers tentés de s'en écarter. Le guet recevait le mot du gouverneur militaire de la ville (2). Les bourgeois qui veil-

(i) Le dix-huictiesme dudict mois de novembre (1593) Charles Le Fort, pour avoir esté trouvé par la ville à heure indeube,

condampné en f***—

àrgm^iieri^ f59S-159l.

(t) Le Xin* jour de may a esté ordonné ^e, à raison de M malladie dn cappitaine du guet, Claude Le Cat, clercq dn guet, îm pir chacan jour quérir le mot au chastcau.— Reg» aux iélib , tfta3-15S4.

Je n'ai encore réuni que peu de notes sur le guet d*Âbbeville; je fixe celles-ci pour ou chapitre à venir :

Nicolas Lourdel résigne Toffice du cappitaine du guet au proit de Bernard Bobault.— t:^ë«-l»S7.

L^office de clerc du guet, résigné aussi par Claude Lecat au profit de Beruard Rohauit, reste uni et incorporé à Toffice de capitaine, dont appert par délibération de Tescbevinage du 9 aoAl 1SS6.

leaepte à raisQ» des droicts du quart de la vente et résination des ofiices de lad. ville :

4 iedijCt comptable receu de Nicolas Briet pourvu de Testât de cappitaine du guet vaccant par la mort de BernarSnu>hault, la somme de huict vingts-six escus deux tiers, sellon quMl appert

par dellibération du jour de décembre audict an Y' quatre

vingt et dix.— ^r^peiuier^» t&90-i591.

laient dans les corps-de- garde prêtaient main-forte aussi an maintien de Tordre. On trouve, dans les registres manicipauX) mention des rondes faites par leurs ofBciers (1).

Avant d'en finir avec la police des marchés et des rues, nous savons que la ville était déjà divisée en quatre quartiers, savoir :

du Bois,

Marcadé,

Docquet,

Sainct-Gilles, mais nous n'avons pas vu encore que cette division ait servi sérieusement à la police avant la Révolution de

Les hôteliers étaient tenus d'apporter à l'échevinage les noms des voyageurs qui logeaient chez eux. Des amendes variables punissaient ceux qui oubliaient cette obligation.

« Le XX» jour dudict mois (de janvier loSO), Toussaint de la Fosse, pour n'avoir aporté la bulette de ceulx logés en sa maison, » est « condampné en un escu. • i*^. •— Argentiers, 1579 1580.

Lannée 15S3-15SÛ nous fournit plusieurs condamnations contre tels ou tels, « pour n'avoir apporté les bullettes de leurs hostes ** Les condamnations sont, en général, de xxx sols. — Ibtd., 1583-1584.

« Le XXIIU' jour dudict mois (avril 1588), Jeban

. (i)^.Le« qualTû. porliecs de la ville roiirniss«iicnt Tcncre et \f papier « pour fairo signer ceulx qui ont faict les rondes eo It présente annde. » Ils rapportnienl aussi 1rs hullclins é récherinage. Une délihi^ration du ?4 aoAt 1581 leur accorde h chacm vingt sols pour ces fournitures et pour ce service.

Wallon, poor avoir logé quelques soldats en sa maison sans les avoir comprins en sa bullette, » est « condampné en ung escu» le tiers aux accusateurs xl*. » —

« Le quinziesme jour du mois de janvier (1593), les hostes des Tripes et du Pain, pour n'avoir aporté les bulettesde leurs hostes,» sont « condampnés en i***. » — Ibid., 1592.1593.

Les hôteliers étaient encore assujétis à quelques réserves dans l'acceptation de leurs hôtes. ** Le quatorziesme jour de novembre 1593, un « hostellain ou cabaretier, » est condamné par sentence, « pour avoir receu des femmes impudicques et [des] coupeurs de bourses en sa maison ; » amende un écu n^Argenliers^ 1593-1596.

Pas plus que les cuisiniers, les hôteliers ne pouvaient enlever les premières pièces de gibier ou de poisson qui paraissaient sur les marchés; ils ne pouvaient pas davantage entreprendre sur le métier de ces cuisiniers, c'est-à-dire sans doute vendre en ville. Le XVIU septembre 1585, un hôtelier est condamné en x sols, « pour avoir achetté poisson avant l'heure, *» et le même jour, il est encore condamné à xl sols, « pour avoir entreprins sur le mestier de cuisinier. » — Argentiers, 1585-1586.— Malgré ces gênes, on obligeait encore lesdits «hostcllains» à ménager la bourse de leurs hôles : Le XK« de décembre (1585), Josse Le Vieil, « pour avoir trop vendu la viande aux hostes logés au Géant, *» est « condampné en six livres. » — Argentiers, 1585-1 586.

La ville punissait aussi les habitants ou les étrangers qui refusaient les monnaies ayant cours légal. Je trouve, en 1592-1693, quelques condamnations pour refus de pièces de six blancs.

La sarveitlance de Téchevinage s'étendait Sur tn pâturages communaux : « Du XVi<* jour de may (1584), Pierre Bonnet, pour avoir mis chevaux ferrés de derrière aux marrests, xiiiMiii'. » — Autres condamnations pour la même cause» en cette même année. — Argentiers, 4583- I58&.

La police municipale s'exerçait encore sur la rivière et sur les fossés de la ville contre la pèche illicite ou les délits analogues

« I^ vingt-ncuficsme dudict mois (janvier )593), Nicolas et Anthoine Masures pour avoir pesché

en la rivière de Somme, condampnés en • . xl<. •— Argentiers, 1592-1593.

« Le vingt- sixiesmc dud. mois (may 1593), sire Anthoine Laloe, pour avoir tiré un brochet avec une harquebuze dans le fossé de la ville, • est « condampné

en n«*. •—

Ibid.

«• Le quatriesme jour de juing aud. an (1593), Bastien Boully, pour avoir tiré sur ung brochet dans le

fossé XXX». •—

Ibid.

Administration des Faubourgs

Les faubourgs ne se gouvernaient pas, ne s^administraiciU pas à part sans doute, mais formaient cepeodaDt, sans grandes attributions il est vrai, sans règles bien fixes, des sortes de sous-communautés dans la commune, des compagnies : « Le dixiesme jour de septembre (459^), deux chevaulx trouvés espavés [?] aux fauxbourgs da Bois furent vendus trente sept escus et dcmy , dont moitié fut adjugée à la compagnie dud. fauxbourgs, icy à Is

ille dix-huiet eseus quarante-cinq sols, xvni^ xlv*. » "Arfmiiirs, I592-459S.— (i)

Police des Mœurs

Abordons onaintenant la police que nous avons appelée lorale, parce qu'elle porte sur des délits de la vie >minune, sur des fautes causées par Temportement et ar les passions, sur des infractions à la morale ou aux ieoséances du temps.

Je viens de parler d'emportement et de passions, et ^pendant je ne vois pas que, dans ces années où les roubles devaient cependant exciter si violemment les sprits, on ait a relever un beaucoup plus grand nombre le voies de fait que de coutume. J'ai avec soin noté les kctes de ce genre un peu significatifs dans la période issez longue qui nous occupe, et ne puis en produire }ue bien peu.

» Le unziesme jour d'octobre (io78), Charles GEuUiot, pour avoir blessé Jehan Watinelle (2) et ung soldat» »

est • condampné en vi^ *•

--Argeniiert d'AbbevWe, 1578 4579.

(1) Il n*était pas inouï de rencontrer ainsi des chevaux égarés, méiiie dans la viUe. En Tannée 1590-1591, on trouve un cheval errait de la sorte au inUieu des rues. L'échevinage le vend à un bourgeois, moyennant deux écus cinquante sols (ou sept livres dix sols). Malgré la dépréciation de l'argent depuis Tan 1590, ce cbeval n*eut pu sans doute être offert à Henri IV triomphant.

(t) JTai, plus haut, supprimé les noms dans les exemples à toi-boDorables d'aulnes trop longues ou trop courtes; ici je pois, sans inconvénient, laisser des visages dans mes extraits. Uanoms propres donnent une physionomie aux temps. L*histoire ^ui les accueille sort des abstractions, et uous voyous marcher devant nous de vrais acteurs, de vrais témoins, la vie.

En février i579, une condamnation frappe des habitants un peu pointilleux de la ville, qui se sont battus et blessés à coups d'épces hors la porte Harcadé. • Les partis *» étaient trois contre trois. « Chacun des partis* paie quatorze livres d'amende. — 157b- 1579. — Hais il s'agissait \h d'un véritable duel et dans les formes les plus aristocratiques du temps.

Un seul ecclésiastique se trouve amené devant noos par un acte de violence.

« Du XXlUle février audict an (15S0), sire Raoul Chevrcux, pbre (preblre), pour la blessure par luy commise en la personne de Jehan Parenty, dont il seroit déceddé, condampné par sentence en l'amende de lad. coustume modérée à trois escus ung tiers. . . iii"* i^ » - Argentiers, 1579-lotiO.

Je remarque d'ailleurs, en cette année, un assez grand nombre de querelles et de rixes. L'année fait donc exception.

« Le VI» jour de mars (1582), Jacques Qucrard, pour avoir blessé Julien Manessier, *» est « condampné

en L». •—

Argentiers J 58 1 -4 582.

« Le 1111' jour de novembre (1585), Jacques du Boupgnier, pour avoir injurié Henry Garon, » est «condampné en XX"."

« Ledict Cnron, pour mesme cause, » paie . xi^x».- Jbid , 1586-1587.

La police des tavernes a rempli, nous devons l'avouer, bien des pages de nos registres. Les condamnations prouvent que les braves bourgeois du seizième siècle, avant de crier: Vive le Roi ou Vive la Ligue! ne se contentaient pas toujours des honnêtes ragoûts des cuisi-

liers. La plaparl des amendes punissent des infractions la respect du dimanche ou des jours de fête. Un entrait |>ri8 au milieu de la période que nous étudions nu>ntrera ivec quel zèle les juridictions diverses se seraient disputées alors la poursuite de ces méfaits, si l*échevinage, jaloux de sa justice, n'avait revendiqué le droit absolu l'en connaître.

• Le 111® jour de novembre (1584), le procureur de la ville annonce à l'écbevinage que, à la requeste de H« le procureur du roy» avoit esté donné assignation à plusieurs liabitans de ceste ville, à cejourd'huj, dix heures du matin, par-devant H' le lieutenant criminel, afin de eulx roir condamner en amende pour avoir esté en la taverne le jour de sainct dimanche, combien que led. sieur lieutenant criminel ne poeuve congnoistre de ce faict en lequel, ajoutait le procureur de la ville, nous sommes juges compétans. » L'écbevinage décide que led. procureur fiscal comparaîtra ausd. assignations par> devant led sieur lieutenant criminel et demandera renvoi desd. causes par-devant l'écbevinage même, juge compétant dudictcas, et, en cas de refus et que le lieutenant crimiminel en veuille congnoistre, led. procureur se portera appelant avec protestations de prendre led. sieur lieutenant criminel à partie en son propre et privé nom. » — JRej^. aux délibérations, 4584-1580.

Des exemples nombreux justifieraient facilement l'écbevinage du reproche de mollesse dans le châtiment des fautes. On n'a qu'à lire.

• Le vingt-quatriesme jour de janvier (1577), Bernard

Bohault, tavernier, pour avoir assis les habitants en

jour de festes, ^ est « condampné en x sols. » — Àrgm*

lier$, 1670-1577.

Et mille autres exemples. Noas renverrons suocintément à quelques-uns dans les registres des ocMOptes Lé XIV novembre 4579, un tavernier est condamné à xn sols, « pour avoir assis gens en sa maison pour boire et manger en jours de dimanches » — f 579-) 580. — ^Le XXTII septembre 1585, un autre est condamné en v sols, • pour avoir assisté en sa maison en jour de feste. »— 1685- 1586.— Un autre, le deuiiesme jour de décembre de la mesme année, est condamné en x% sols, « pour avoir assis en sa taverne en jour de dimanche. • — Autre condamnation de même valeur et pour la même cause, le XXIIIP de janvier 4586. Autre condamnation mk v sols, le XYl^d'aoust (1586), « pour avoir assis en jour de feste. » - 1585-1586 — Autre condamnation pour h même cause, le dernier jour de décembre. — 1687-1588. — Une amende d'un écu, dont le tiers aux accusateon, frappe, le vingt-huictiesme du mois de mars (1588), on tavernier qui a • receu à boire et manger en sa maieoo aucuns habitans en jour de feste contre Tordonnaoce. • — 1587-1588.— Une plus légère amende de xv sols, doot le tiers aux accusateurs, frappe un autre tavernier, le quinziesme jour de novembre (15VJ)) ' pour avoir assis jeunes gens en jour de dimanche. • — Toutes ces oon* damnations punissent les taverniers obligeants, mais d'autres atteignaient aussi les coupables qui allaient s'asseoir chez eux. Il est vrai que plusieurs k méritaieal bien.

« Le vingt quatriesme' jour de janvier (1577), Jehan Rote, pour avoir souppé au CcBur-Royal le joardes Tnocents et avoir donné ung soufflet à la femme de Grégoire de Dompierre, • est • condampné en x sols ... x*.

• Ledict jour, Nicolas Thibault, pour avoir esté en la

tayerne du Miroir, » est « condampné en xv A)ld. «-^ . Comptée de$ argentiert, année 1576- 1577.

L'année 1586-1587» bien qu'une année de misères et de travaox de charité, ûûqs fournit un assez grand nombre de condamnations « pour avoir esté en la taverne. »

Et tes années suivantes :

Le %Xll du mois de décembre (1587), Jehan Le Quieu,

• pour avoir esté en la taverne en jour de dimanche, condampné en trente sols, moitié aux accusateurs, cy XV*. »

Le tavemier est condamné aux mêmes amendes,

• pour avoir receu led. Le Quieu en sa mhison contre les defTenses. »

Le t6 février (1 90), six cordiers sont condamnés en XXV sols « pour avoir esté en la taverne. » — Argentierê. I5S9-1590.- Autres condamnations en 1590-1591.

NOD moins que les tavernes, les tripots subissaient la surveillance sévère de la police municipale. Les tripots étaient ordinairement tenus, voyons -nous, par des femmes. Le vingt-huictiesme jour du mois d'octobre (i59l), Françoise Ractnne, « pour avoir receu des jeunes gens à jouer en sa maison à heures iûdeubes, » est « condampnée en dix sois, n^ Argentiers, ! 59 1-1 592 — Le XY* jour d'avril, la veuve de Charles Le Maire, tripotière, pour avoir ouvert son tripot en jour de feste, est plus •évëreinent condamnée en xl sols. — Argentiers, 1585-

Les danses étaient fort suspectes à la morale du temps, et particulièrement interdites les jour^de fêles.

« Le vingt-huictiesme jour d'avril (1588), Jehan de le Hotte, charpentier, pour avoir esté trouvé dansant publiquement par les rues en jour de dimanche contre les

publications,» est • condampné en vingt sols, le tien

aux accusateurs xm* nn*. mL

Argenttprt, 1587 1588.

«Le vingt-septiesnoé dudict mois (d'avril 1590), Biaise Garpentier, Jehan de Caieu, Ancet de Franqueville, Toussaint de Lobel et Jehan Seneschal, poar avoir fiiict

une danse publicque xxxin* nn*. •—

Ibid., 4589-1590. *-

Les jeux étaient défendus avec la même rigueur les jours fériés et surtout pendant les heures des offices. Les condamnations nous apprennent, en outre du taux des amendes selon les circonstances, quels étaient les jeux les plus en honneur parmi les habitants de la ville. Ces jeox assez simples n'eussent pas grossi le chapitre de Rabelais.

« Le XVII dudict mois (de mai 1586), André Thomas, pour avoir joué au fer à cheval en jour de feste pendant les vespres xl*.

Ledict jour» Jehan Carbonnier et un autre sont coddamnés pour même cause.

Le XXVl'* jour de juillet (1586;, Jacques Le Turcq, pour avoir joué au fer à cheval en jour de feste soleoopnelle, x sols. — Argentiers. 1585-1586.

Le troisiesme jour de novembre (1587), Jehan Boileaux, pour avoir joué à la (je ne peux lire le nom du jeu) en jour de feste pendant le service, est condampné en dix sols, moitié aux accusateurs ^ cy. é ••••.. • v*.

Nicolas Cornu, pour même cause • • v*.

Un autre encore, même amende. .••.... v*.— Ibid., 1587-1588.

Le dixiesme jour de décembre, Nicolas Le Febvre est condamné en dix sols, pour avoir joué à la paulme durant les vespres, la moictic aux accusateurs. . v*.

Le Jy^ jour du même mots, Jehan de Saint-BIimont, pour avoir joué aux cartes en jour de dimanche pendant te service, condamné en trente sols, le tiers aux accusateurs XXK

Cinq autres ne sont condamnés, le même jour et pour la même cause» qu'à trois sols quatre deniers. Parmi ces cinq autres se trouve un Nicolas de Saint-Blimond» jugé moins coupable sans doute que le premier. — Ibid.^ I587-158S.

Le seiziesme jour du mois d'octobre (i692), le fils de Jacques Josse, pour avoir joué aux quartes. . . xl*

Le trentiesme du mois d'octobre (1592), Jehan Papin, pour avoir joué aux dés en jour de feste, condampné

en Lx«. —

Aid., 4592- 1593.

Le douziesme jour de juillet (1593), une condamnation à deux écus pour avoir joué au jeu de paulme pendant le service.— Aûf., 1592-1693.

Le travail constaté en jour de fête entraînait aussi des punitions qui variaient de deux sols six deniers à quarante sols, - suivant les exemples du moins relevés par nous (1);— ainsi pour un simple fait de travail non déter-

(1) Du m* jour dudit mois (de joing 15S0), Jehenne du Flos, pour avoir estallé macreauz le jour de la festo Dieu, condampoée

en V.-

Arçentieti, I579-15S0.

« Do sixiesme jour de septembre, Martin de Ponthieu, boucher, pour avoir esté aux champs en jour du dimanche. . . . xx*. »

Dudict jour, Catherine Rumanet, pour pareille cause, condampoée en XX'.—

I&td., 15S3-15SI.

« Ledict jour (XIX* de septembre 15S5), Anthoine Grool, poor

miné, cioq sols; pour d'autres cas, dix sok el treiie sob trois deniers ; pour l'étalage du poisson oa des fruits, la vente de ta viande, cinq sols et quelquefois dix sob; pour apprêt du drap, quinze sols; pour abattage des bestiaux, treize sols quatre deniers; pour sortie aux

avoir tra?ail]é en jour de feste, condampnë ea. . . xnpin*. ■

-^tM., 1585-1 5S6.

« Le XXVII* jour de septembre (1585), Jaaqaes de ViDcheaaJ, pour aroir vendu une pipe de Tin en jour de feste . • . xxT. ■ — /dûi., 1585-1586.

« Le XXIIP jour dudict mois (d*octobre 1585), trois boadien sont condannés à quinze sols d*amende, pour avoir eslallé chair le jour de leur patron.— :/6td., 1585-1586.

Le XXIX* jour dudict mois (d'octobre 1585), Pierre, boqoilloD

(bûcberon), pour avoir cbarié un quesne le jour de (je ne

puis lire le nom du saint) ... xl.—

/6id., 1585-1586.

Le XXIX' jour du mois d'octobre (1585), Jehan Sanson, pour

aToir vendu chair en jour de feste v*,"

ibtd., 1585-1586.

Le XXV* dudict mois (de novembre 1585), Philippe Qoeneuilie, pour avoir esté aux champs en jour de dimanche. xxvF vni'.— Ibid., 1585-1586.

Le XII* jour dudict mois (de décembre 1585), Pierre Hecqaet, cordier, pour avoir fiilé en jour de feste xni* mt*.

Le XllI* jour dadict mois, Pierre Bocquet, pour avoir travaillé en jour de feste x*.

Ledict jour, Coliechon de Liarcourt, pour mesme cause, deox sols six deniers, cy iT vi'.

Ledict jour, Martin du Fios, pour mesmc cause v*.-

Ibid., 1585-1586.

Boucher condamné pour avoir acheté bestiaux en jour de dimanche ~ /M., 1587-1588. '

Bouchère condamnée, en novembre 1587, pour avoir vendu chair en jour de feste v*.

Et cinq autres bouchers, pour même cause, même amende.^ /6<d., 1587-1588.

champs des bouchers en quête d'animaux, vingt sols et quelquefois plus 9 pour vente de vin en gros, vingt sols; pour boutique ouverte au public, vingt sols ; pour drap exposé dans la rue, trente sols; pour charriage d'oa ch^Ci quarante sols; pour vente de lard pendant le

Le diz-noeoviesroe jour du mois de juillet, Clément Accart , M* boncber, pour avoir esté aux champs en jour de dimanche, eondampné en trente sols, le tiers aux accusateurs . . . xx'.— i&ttf., 15S7-1SS8.

Le vingt-septiesme jour de novembre (1589), Mariette Lejeuni pour avoir estallé fruicts en jour de feste, condaropnée en . v*.

Une autre, pour même cause x*.

Puis, vingt autres marchands ou marchandes (mais surtout marchandes) condamnés le même jour, pour la même cause.— IM.. 1589-1590.

Le ZO septembre 1589, huit boulangers sont condamnés pour avoir estallé en jour de fête.

Le 19 octobre, un cordonnier pour la même cause.^ /6td., 1589-1590.

Le même 19 octobre 1589, vingt-deux autres condamnations pour faits semblables.

Le dix décembre (1589), Daniel Josse, boucher, pour avoir tué en jour de feste, condampné en xni' lui'.

Le quatorziesme dudit mois, un autre boucher est condamné pour avoir esté aux champs en jour de dimenche. . . . xx'.— Ibid., 1589-1590.

Un homme est condamné, le 39 janvier 1590, « pour avoir chasse marée en jour de feste » (voiture du poisson). — /6td., 1589-1590.

Le 12 février, un boulanger est condamné pour avoir travaillé

en jour de fête.

Le 3 juillet (1590), deux boulangers sont condamnés pour avoir cuit en jour de fête.

Du quinziesme dudict mois d^octobre (1590), Jehan Haradin, pour avoir mis ung drap seicher en la rue en jour de diinefichc xxxV

Le 7V dudict moia d'octobre (1590), Pierre Lei»|ant, parear.

Carême à des gens de guerre, quarante sols. Si l'on considère la gravité des cas incriminés» il est difficile peatêtre de se rendre compte toujours de la graduation des châtiments.

A plus forte raison, doit-on le deviner, les blasphèmes encouraient la sévérité des ordonnances (I).

pour avoir travaillé le dimanche . xv*.—

Ibid , 1590-1591.

Un marchand pour avoir ouvert sa boutique en jour de fesle condamné, le 4 novembre (1591), en vingt sols.— /&m(., 1591-1591

Le unziesme jour de mars (1592), Jehan Descaufoar, pour avoir vendu lart en caresme aux gens de guerre étrangers, condampoé

en quarante sols XL*.—

(1) Le vingt-deuxiesme jour dudict mois (de may 1579), Jehan Grume), magnier, pour juremens et blasphesmes, condampné eo

vingt sols XX*.—

Argentiers, 157S-1579.

Le troisiesme jour de febvrier (1586), Jacques Piquet, pour

blasphesmes du nom de Dieu, condampné en XL*.—

/6td, 1585- 1586.

Autres condamnations pour jurements et blasphèmes, dans le mois de juin 1586.- Ibid., 1585-1586.

Le dix-ueuviesme jour dudict mois de septembre (1586), Pierre Boullenger, pour juremens et blasphesmes, condampné en deux escus, ung tiers aux paouvros, ung aultre aux accusateurs et

Taultre à la ville XL*.—

Ibid., 1586-1587.

Le 12* jour de septembre (1587), Nicolas Hennoqne condamné à XXX sols d*amende, pour avoir juré le nom de Dieu.— /5i(i., I 586 -1587.

Quelques condamnations pour blasphèmes et rébellions.— Ihid.^ 15891590.

fin forain est condamné pour blasphèmes en un écu. — /M., 1589-1590.

En cette année, un homme qui a juré et blasphémé est con-

B8FRIT RBLIOIBUX

L'étude sur Tesprit religieux devrait prendre une grande place dans la peinture d'une époque où les questions de foi et de conscience pénètrent si activement dans les querelles civiles, que les ayant suscitées souvent, elles suffisent presque seules à les soutenir Jusqu'à présent, et à moins que la continuation de nos recherches ne nous procure, pendant la rédaction de ce travail, de nouveaux documents, nous ne voyons pas que le clergé ait joué dans la Ligue abbevilloise le rôle déclamatoire qu'on lui a quelquefois prêté (4). Mous nous rendrons avec la plus entière bonne foi et l'impartialité la plus aisée aux témoignages pour ou contre qui pourront se produire. Les emportements de la parole, lorsqu'ils partent de convictions vives, peuvent être regrettables *, tout parti opposé, politique ou religieux, qui s^accorderait le droit de les blâmer, manquerait lui même de sincérité. Mais une simple exposition de faits comme celle que nous voulons tenter n'est pas une dissertation

damné en on écu (le 25 janvier 1591 ). — /6tV., 1500-1591.

Le septiesme jour de janvier (1504), Jehan Duputel, pour avoir juré le nom de Dieu. ... I x*.

Ledict jour. Lois Lartois, pour avoir joué aux cartes. • x*. — /btd., 1503-1504.

(1) BiiMre de PorUhieu, par Devërité, tome ii, p. SI, 131, 133. — M. Louandre, arec plus de réserve cl de précaution, s^abrite derrière d*Aubigné, — Hi$t, d'Abb , tome ii, p. 80-81, — et derrière un eitraitdes archives municipales,-- /6td., p. 88.

11 est certain que les habitants d*AbbevîlIe portaient, à la fin du seizième siècle, un attachement très sincère, non-seulement à leur religion, mais aux pratiques de leur culte, aux cérémonies retigieuses,à certaines solemnités. Ainsi l'écbevinage participait par quelques petites sommes à la fête de Saint- Yulfran, patron de la principale église (1).

Ils attachaient une importance communale, pourraiton dire, aux enseignements donnés dans la chaire chri» tienne, et payaient des deniers même de la ville qb certain nombre de prédications

Tous les ans, après le renouyellement de la loi, oo des religieux Ck>rdeliers de la maison de Sainte-Madeleine prononçait un sermon à l'échevinage (2). Son

(t) On trouTe ces dépenses annuellement :

« A Anthoine Meslier, clocquemant, pour avoir sonné les clocbes au grand ëcbevinage la veille et le jour de monsieur Sainct-Wolfran, ainsy qu*il est accoustumé, la somme de xxvi sols toomofi par mandement du XXII* jour de mars audict an, cy. . xxvp. > ^ ArgerUierSj 1576-1577.

« A Anthoine Meslier, pour avoir sonné les clocbes pourlafeste de Sainct-Wulfran, ainsy qu*il est accoustumé, etc., comme Tannée précédente. »— /6«i., 1577-1578.

A Marand [?] Plautart, pour avoir sonné les cloches de Teschevinage la Teille et le jour Sainct-WIfran, ainsy qu*il est accons* tumé, vingt-cinq sols xxv*.—

Jehan de Bailloeul, guetteur au clocher du grand eschevinage, reçoit un écu deux tiers pour avoir faict sonner tontes les cloches dud. échevinafçe pour la solennité de la fête de Saint- VulfraD, ainsi qu^il est accoutumé.— Ibid.^ 1590 1591.

(2) Auxdicls relligieux Cordel tiers la somme de trente et noc livres quatre sols pour avoir par Tun des religieux de ladicte maison dict et célébré trois messes chacune sepmaine en la loaison du grand Échevinagc durant Tan de ce compte. . xxxi* un*.— Argentiers, 1576-1577.

sermon fini, il présentait au nouveau corps élu une requête qui était toujours suivie du vote de soixante barils de bière, en rémunération des prédications que les frères de son couvent devaient faire dans l'année.

Les Cordeliers étaient, en effet, les prédicateurs attitrés de la ville, et plusieurs d'entre eux méritaient cette distinction par leur science Leur maison possédait peutêtre dès lors récole de théologie que vante le P. Ignace; elle était, suivant le même historien, « la pépinière des grands prédicateurs, où se forment les grands profeS" seurs et où ont estudié la pluspart de ceux qui reluisent maintenant en vertu et en science. » Mais nous invoquons dans le P Ignace une autorité postérieure d'an demi-siècle au moins au temps le plus furieux de la Ligue (i).

lis prêchaient tous les dimanches dans l'église de Sainte- Catherine. Le fait est à noter par nous au point de vue politique \ l'église de Sainte-Catherine fut un des centres du mouvement de la Ligue à Abbe ville.

Les mêmes « mises » se renouvellent d'ailleurs tous les ans, • pour les paouvres relligieux Cordeliers qui prêchaient tous les dimanches en l'église Ste-Catherine (2)^

(t) Parmi les prédicateurs cordeliers de t579-15S0, les frères Goillaume Filliet et Pierre de Ricquebourg étaient docteurs en théologie. — Argentiers, t579-15S0.

(3) « A esté aulmoné aux paouvres relligieux Cordelliers le nombre de soixante barils de bierre à eulx dellivrée par Denis Œuillot, M* brasseur, aii prix de vingt-quatre sols le baril, quy moDteut à la summe de soixante- douze livres tournois, ladicte anlmone à enlx faicte en considération de la prédication quy se faîcl par lesdicts Cordelliers chacun dimanche de Fan en Téglise

Saincte-Catherine Mandement et quittance tant dudict

Œoilliot que de frère Charles Rambert, gardien de ladicte maison»

durant Favent dans les églises de St-ValfraOi du St-Sépulcre, de St-Georges et de Ste-Catherine encore (i)\

cy

ArgerUiers, 1576-t577. ^Get extrait, remarquerons-nous, bit paraître tout d'abord et déjà en sa qualité de gardien des Corde- Hers Charles Rambert, un des ardents soutiens, a-t-on été porté à croire, de la Ligue à Abbeville.

En 15S9-1590, le chapitre portant eu tête : Mites pour awnmm tant auœ CordeUiers de lad, ville^ religieux prédieatevrs eoMie apurement ^ est beaucoup plus court que d'ordinaire; on y lit

seulement : la somme de seize escus pour trente-trois

barils de bière, au prix de trente sols le baril, aumosnés ao coo- ▼ent des Cordeliers.— Ordonn. du 33 août 1590. — Rien de plus.

Nous sommes ici en ploiuc ardeur de la Ligue ; les prédicateurs, loin d'être stimulés dans leur éloquence par l'argent reçu, prêchaient pour rien et de leur propre mouTcment.

En i590-t59t, trente-six écus pour soixante barils de bière aux Cordelliers aumosnés en faveur de leurs prédications chaqoe dimanche en l'église de Sainte -Catherine.

En 1591-1592, dépenses ordinaires, mais pas plus pour les Cordeliers. Soixante barils de bière pour les mêmes causes.

(I) A frère Biaise Fourbisseur, frère Hucgues du Gard et frère Laurens Henry, prédicateurs, pour avoir presché le sainct Evangille durant l'advent, en l'année de ce compte, es églises de Saint Wlfran de la Chaussée, Saint-Georges et Sainte-Catherine, i chacun la somme de quatre livres tournois, sellon qu'il appert,

etc., cy xii*.—

Argentierif 1576-1577.

Nous trouvons en 1586-1587: mises pour aulmones tantaox Cordeliers, etc. :

« A frères Noël de , carme, Charles Rembert, cordelier,

et Guillaume Fillet, jacobin, la somme de quatre escus à ruix ordonnée et taxée pour avoir anoncé au poeuplc la paroUede Dieo durant l'advent en l'année de ce compte un*- •

Ainsi, pas d'augmentation de prix, non plus que pour les messes à Saint- Georges, Sainte-Catherine et Saint-Vulfran pendant le carême et les messes dites a Téchevinage.

pendant le carême, dans les mêmes églises (1). » Les extraits que nous faisons courir sous cette exposition rapide, nous donnent à connaître tout d'abord, dès 1570, et déjà en sa qualité de gardien des Cordeliers, un des hommes qui eurent de l'importance dans les troubles, un des futurs et des plus ardents, peut-on supposer, prédicateurs de la Ligue à Abbeville, Charles Rambert (2). Rembert signe encore, en Tannée 1592-

Eo 1590-t591, Rambert et Roussel, prédicateurs, reçoivent, « pour avoir annoncé la parole de Dieu durant Padvent, » la tomme de trois escus vingt sols.

(1) Auxdicts Fourbisseur et du Gard et frère Bernard ,

pour avoir durant ledict an annoncé la parolle de Dieu pendant le quaresme esdictes églises, la somme de six livres tournois

chacun, attendu la cherté des vivres xtui*.—

àrgerUierSt 1570-1577.

Je ne trouve en 1 585-1 5S6, au chapitre des sommes payées pour prédications, qu'une seule somme de six écus et cette somme se rapporte au carême :

• A frère Pierre de Riquebonrg, relligieux augustin, frère

Bubert Le , relligieux de Saint- Dominique, et frère ,

Becqnet, gardien des Cordelicrs, pour avoir presché la parole de Dieu durant le caresme, comme il appert par la requeste ordonnancée sur icelle, etc., la somme de six escus yT".

De niérne en 1593-1594, je lis seulement, pour ce qui regarde les orateurs de Tordre de Saint-François :

• A frères Nicolas Malàteste, Guillaume Fillet (ou Follet) et Charles Rambert, prédicateurs, pour avoir presché et anoncé la parole de Dieu durant le caresme en églises de Sainct-Georges, Sainet-Wlfrau et Saincte-Catherine , la somme 'de six escus» cy VI*". »

Puis les soixante barils de bière comme de couçtume à leur couvent.

{^) Ou Rembert. Les registres, ainsi que les extraits le prouveverout, nous laissent indécis sur Torthographe de ce nom.

1593, et je pense en 459C-1594, le reçu des soixante barils de bière que la ville aumônait chaque année aa couvent des Cordeliers, en considération de la pauvreté de ces religieux et des prédications qu'ils faisaient chaque dimanche en Téglise de Sainte-Catherine.

Les Cordeliers, enfin, disaient la messe trois fois par semaine au grand Échevinage.

En raison de tous ces services, Messieurs — ainsi désignait-on déjà parfois dans les registres les membres du corps municipal «--envoyaient tous les ans, le jour de la fête de saint François, du pain, de la viande, du vin, au couvent des Cordeliers, où « Messieurs » étaient eaxmêmes « invités (1) «

(I) A Jehan Gouchon, cuisinier, detneurant en kdiote vilie,li somme de deux escus quarante sols pour viande par lay portée au couvent des Cordeliers le jour de Saint-François, ainsi <{o^il est accoustumé par ordonnance du huietiesme jomr d*octobK

(1586) ir"XL'.-

Argentiers, t586-1587.

« A , cuisinier, k somme de deux escus quarante tt

ung sols à luy deube et ordonnée pour viande et pain qu^il auroit livré et fourni au couvent des Cordeliiers où messieurs auroient esté invités le jour de sainct François, dont appert par ordoa-

nance du unziesme jour d'octobre (1587) if*xur. >

— /ôtô., 1587 1588.

Deux écus au cuisinier qui fournit, en 1589, la viande aa couvent des Cordeliiers le jour de saint François, ordonnance do 22 déceotbre 1589.'/6t(i., 1589-159U.

« A Thomas Blimchart, cuisinier, et Jehan Beauvarlet, la souoe de ciucq escus vingt -cinq sols, pour viande et vin portés m couvent des Cordeliers le jour de saint François, ainsi qu'il est

accoustumé v^ xxv*. •

— /6ûi., 1590-1591.

En 1593-1594, pour ta viande portée au couvent le jour de saint François, quatre escus 6t demi.

— fil -

DBS FINANCBS M LA VIIXl

Le titre des registres tenus par les argentiers était : • Compte que faict et rend (le nom de Targentier et sa oalité, — marchant bourgeois, par exemple), demeurant Q la ville d'Abbeville, argentier d'icelle en Tannée Dmmencée le vingt-quatriesme jour d'aoust (suit Pinication de Tannée) finie à pareil jour de Tan (indication ie Tannée suivante), des deniers patrimoniaux de lad. ritle, censsives, louages, fermes muables, amendes et lultres droits appartenans et escheus à lad. ville en lad. année, et aultres deniers et parties extraordinaires par luy receues en icelle, en la mairie de honorable homme Ces noms du maire), maieur de lad. ville pour lad. année. •

Les comptes de chaque exercice n'étaient clos que plusieurs années après celle que cet exercice avait rem* plie. Les argentiers remettaient longten ps encore après Is clôture de leurs comptes des sommes arriérées ou en souffrance aux argentiers leurs successeurs. Ainsi, par exemple, Targentier de 1 591-1592, Michel de Bernay» l'ecevait et faisait figurer dans les recettes de son propre ^nfipte la somme de trois cens soixante-quatorze escus neufs sols six deniers reçue par lui de Jehan Beauvarlet, argentier en Tan lôM, dont le compte avait cependant ^téclos le 5 décembre 1588.

il en était à peu près de même tous les ans; les animes demeurées en arrière à chaque Saint- Barthé-

lémy ne grossissaient ni ne diminuaient que faiblement. Ces sommes dues par les argentiers des années précédentes étaient à peu près celles qui figuraient dans chaque compte comme recette « en plus • — à Tactif» dirions-nous; de là la formule invariable pour avoir pbu receu que mis qui ne s'expliquerait pas si Ton ne tenait soos les yeux, par la pensée, ces sommes qui suivent, soos forme de créances recouvrables, chaque argentier. La ville, en fait, dépensait toujours à peu près son reveno courant.

En cette même année 1591 -1592, Michel de Berna; recevait encore de Nicolas de Saveuses, argentier «i 1576, la somme de quatre-vingt-dix-sept escus deax tiers quatre sols sept deniers pour le débet du compte de l'année déjà si reculée 1576.

Le même Michel de Bernay recevait aussi la somme de quatre cens soixante-seize escus cinquante-huict sob unze deniers de Marguerite Saneton, veuve de Jacques de Gampaigne, argentier en 1585, somme dont cette veove, légateresse universelle de son mari, était demeurée redevable •• par la lin et closture de son compte rendu • pour son mari, « le ^' mars 159 1. «»

Cest dans le compte de l'argentier Nicolas Boull; (1ô79-1ôS(0 que nous voyons les écus remplacer les livres.

Les Revenus

Les revenus de la ville se composaient alors — ou do moins un compte d'argentier se composait — (1):

Premièrement, des parties remises (ou dues) par les argentiers précédents.

(I) JVuipriiiite ces indications aux comptes de 1576-1577.

Des receptes des fermes appartenans à ladicte ville, selon les (^aux et adjudications qui en étaient faicts pour Tannée desdicts comptes.

Des receptes pour le bail des fossés de la ville (1) et tonture des bois croissans sur les dodennes (ou dodanes) d'iceulx —Rapport, cinq écusen moyenne.

Des receptes faites à raison d*aucunes censives et re debvances ordinaires deubes par chacun an à lad. ville, tant par baux à cens que aultrement (2).

(1) C'était un droit de pêche.

(t) Chapitre des censives dues à \h ▼llle. (Je relève tout 6e chapitre et je PempruDlc aux comptes de t586-l587) :

Un ëta! à vendre fruicts sur le Marché devait anuuellemeDt à la ville ciuq sols.

Loys Sanson et Vallery de Hault devaient (1586-1587) la somme de trois écus chacun pour trois des quatre portions cy devant baillées à deux écus de cens chacune sur le Pont-aux-PoissooSy «sur lesquelles trois portions lesd Sanson et de Hault ont nouvellement foict bastir les deux maisons à eulx apartenans; » maistre Pierre Lavèrnot devait pour la quatriesme portion, encore « en masure, • deux écus; ensemble viii'**.

Les six boutiques ou maisonnettes « allentour de la croix du Marché v devaient vingt sols chacune, ou ensemble deux écus.

La veuve de Jacques Mourctte devait, pour la reconnaissance de cent sols de rente sur lesd. boutiques, six deniers. (Des droits perçus pour causes analogues, pour des reconnaissances d'hypothèques, varient d'année en année et montent souvent à plusieurs écus.

Nicolas Aliiamet devait « pour un voieul où il y soniloitavoirun lieu secret près le pont de Lisle, à luy baillé à cens, » six deniers.

Le premier estai de» petites boucheries près le Pont-à-Lance (ttc) était bainé à cens moyennant quarante sols par an.

Le second estai devait une même somme de quarante sols.

Le troisième estai id.

Le quatrième id.

Le cinquiesme id. «/

0e reoeptes Câ8uelie9 à cause de la.vente, résioatioD oo provision des offices de lad. ville (pour le quart dealer des ventes, résignations» etc.)— ^Produit tràfr>Yariable.

Des receptes à raison des scelleurs des draps escreos ordonnés par les maieur et eschevins « à la redebvance

Un dernier estai ne devait que vingt-deux sols six deniers.

Sebastien de Rentières devait vingt sols pour le jardin de sa maison en la place Saint-Pierre, « aboutnnt au pignon de brique de lad. maison, d'aultre bout et d'ung costé à M' Charles Lawifé sieur de Caumont. d*aultre costé au frocq. Lcsd. vingt sois faisani moictié de la somme de quarante sol»^ moyennant laquelle M. ville a faict bail à cens d'une portion de terre dont led« jardin faict partie. »

Charles Lamiré devait à son tour vingl sols « pour le resta de lad. portion de trrrc de présent comprinse et enclavée en il maison et faisant nue court ou jardin devant l'hospital Saiot- Nicolas, acostant d'un costé à lad. maison dud. Lamiré, d*aiil(ie et d'ung bout au frocq, et d*aultre bout aud de Rentières.

Le même Lamiré devait encore cinq sols pour une portion 4^ terre « par luy entreprinse au pardessus led. premier bisilt <^'il auroit faict enclore de muraille le long de la chaussée en Tirtide précédent, et laquelle, sur sa requeste, luy a esté accordée et baillée à cinq sols de cens, le quinziesme jour de mars M V* quatrevingts et ung. »

Les hériliers de monsieur le président de la Rue, pour la reoongnoissance de Tipothecque par luy prinse sur lesd. portions dud. Lamiré pour la somme de cinquante écus de rente cbacao an, devaient douze deniers.

Nicolas Le Fort devait un écu un tiers « pour une maisoB assise à rentrée de la rue Canteraine et pour Tusage de lad. rue, à luy baillé à ung escu un tiers de cens, le vingl-sepUesme jour de février M V*' soixante-dix-neuf, à la charge de laisser passage ouvert jour et nuict par lequel on puisse aller et venir au rampart« aller à Feaue avec deux sceaux (ou sieaux suivant la prononciation picarde) ou une fcuguette [?] avec le passage des aux de Tesgout de la rue et de desbiaier led. passage au travers de lad» maison lorsqu'il luy sera ordonné pour charier et conduire

7 après déclarée. • Les comptes qui suivent ceux de 1576 ne perlent plus qne • des esgards ordonoés pour la irisilation de draps escreus. • — ^ikigt sob dans les innées qai nous occupent Oea 4^cepCe6 [tant] des amendes de quatorze TiTres

e canon surjed. rampart, de ne pouvoir apliquer lad. rue à lultre oaage qu'à filler cordes et de se le pouToir fermer, avec loltres charges portées aud. bail, cy i*" i*.

Anthoige Briet, Thomas Noël et François de Hopy devaient dix eus' pour les cens et redebvances de la portion de terre* sur iqueUe ils avaient depuis peu de temps « faict bastir plusieurs temeureSv lad. terre faisant part de la place des halles bailli^s à «ns par Je roy à lad. ville ; de laquelle place auroit esté baillé à lens aud. Briet seul lad. portion de présent amasée moyennant ad. somme de dix escus de cens, le quatriesme jour de juillet i V* soixante- dix-neuf, à la charge de la bastir pour la décoration le lad. ville et aultres charges portées aud. bail ; lequel Briet en uiroit vendu partie aux mesines charges ausd. de Hupy et Noël. »

Une portion de terre baillée k cens, le 6 mars 1586, devait dix iols. Cette portion de terre tenait à une maison devant le moulin lu roy (le compte de 1590-1591 dit devant la roue du moulin du roy), maison « faisant le coing en allant de la Malacquise à la Toataine Le Comte. »

Nicglg^^gjl^refiier de la ville, devait deux sols « pour ung foieul, rue Watespré, à luy baillé à cens et permission à luy lonnée de planter arbres en lad. rue, eu Tan V* quatre-vingts et quatre. »

Martin Artus devait dix sois « pour une portion de terre istani entre 19^'ont-d^Amour et le ruisseau passant au bout de le la Poissonnerie, contenant en longueur au long du frocq iepuîs le pied droict de Tarche dud. pout allant vers lad. Poislonnerie seize pieds, et de largeur depuis le verny en entrant sur \e frocq vers lad. rivière treize pieds, sur laquelle portion de terre ledict Artus doibt bastir (1) une maison, suivant le bail à sens quy luy en a esté faict, à la charge qu^il ne pourra avoir

(I) On iml daai les «Miptw Hifaals qa*il biMit m «ffii.

adjugées à lad. ville soivant la ooostumet que toltres adjugées par seoteaces sur procès crimioels f&traordinairement faiets à réchevinage.— Produit très-variable. De receptes pour aultres amendes pareilleroeot adjugées à lad. ville, tant en executtant (ou faisant rezerdee

ancuDe veue du coslé de lad. Poissonaene ay Uïre ancnne latriae en lad. maison. Faict le XXI* jour d^aousl M ¥* qnaire-vîsgti el sii. •

Gaillaumc Maloeuvre , armorier, devait irMity-gn^t^ f^ oag tiers, redevance pour laquelle certaioe portion de terre vagae près le pont de Sottines Ini avait été baillée à cens « poureslabfir ung mollin aux armes sur le ruisseau floant soubs led. poat, k XXII* jour de décembre M V* quatre-vin^ et six, aux charges et conditions y contenues, entr^aultres de ne pouvoir aplicqaer led. mollin à aultre usage qu'à fourbir et pollir armes. »

(A la suite de cet article qui subsiste toujours dans les compta des années suivantes, on trouve la mention d^nne autre concession : « Dudict Malœuvre pour la permission à Iny donnée le huictiesme jour de may V llll" ¥11 de bastir sur led. ruisseao el terre un mollin à usage de moudre blé, ung septier de froment au jour de Saint-Remy. » )

Jehan Landin derait vingt-quatre sols pour une maison et tenement scéant joignant la rÎTière (l) qui faict mooidre le mollin près le chasteau, nommé de Ricquebourg, onviconiM&./le. i><l* rivière de trois endroicts, lad. maison acquise par led. Landin de M* Jehan Tillette par contract passé par-devant Boujonnier, notUiire, le vingtiesme jour de niay II V quatre-vingt-sept

Le sieur Claude Rohault, sieur d*Espagne (le tnaieur de cfUe année 1586-1587), devait, an lieu de Gabriel Le Roy et de Pierre du Maisniel, douze deniers tournois pour une portion de terre de la rue de Damas, baillée à cens et adjugée aud. Le Roy moiennant la somme de quarante escus, dont sera cy-après faict receple le troisiesinc jour de décembre 1586.

Messirc Claude de Vendosme, chevallier de Tordre dn roy,

(I) Séanl près de la riTÎère. Le compte de 1 587- • 588 dit tcëtat ta dettnt dt la rivière. Le» tatrtt cMiptei reprodusivt la fora« àm U85-I50X.

le) la prdice que aultremenl — Produit trè^-variable aussi.

De receptes pour les relliefs et droicts seigneuriaux de rente et baux à cens deubs et escheus è la ville en Tan lu compte. — Produit trèft-uariable encore.

De receptes pour ceulx (ou de ceulx) qui étaient reçus

iienr de Ligpy, devait deux sols tournois de cens pour le bail a luy taict a une portion de terre estant entre sa maison et le cœur de Fantienne église de Nostre- Dame du Castel, à la charge de laisser une aultre rue et passage entre la neufve église et sadîcte maison (i) et aultres charges portées aud. bail.

La somme totale de ce quatricsme chapitre des recettes s'augmentait un peu d*année en année avec rétablissement de nouveaux cens sur des propriétés nouvelles; ainsi dans les années qui suivent, Particle Vendosme n'est plus le dernier du chap tre.

Jacques Queunu {t) devait uiig rscu et au jour de Noël une paire de gants au maieur pour deux petittes maisons tenans à la porte du Bois, mises ensemble et à luy baillées par bail à cens du dixiesme jour d'avril mil V* quatre-vingt et sept.

Sanson Barenquc devait deux sols pour une portion de terra joignant et tenant à sa maison rue du Rivage aboutissant à la rue menant par Lilier au Pont-des-Prés, contenant dix-huit pieds de longueur ou environ sur led. frocq à luy baillé à cens le 13* jour de juing 1S8S.

Les religieuses de saint-Dominique devaient vingt sols pour une portion de la rue de Boubers joignant et passant le long de l'hospital Saint- JQiiien et Jardin de leur uiaison à elles baillée à cens sans aucune garantie du mois d'aoust mil V quatre-vingt-neuf.

Canu, mercher, devait cinq sols pour une portion de

frocq rue de Baboe joignant les murs du cimetière du Saint- Sepulchre, tenant d'un costé et d'un bout au frocq, d'aultre k sire François Martin, à luy baillé à cens au mois de juillet 1111" XII,

(1) Cett^ me, sapprimëe aajoord*hoi est devenoe aoe impasse, coodamnëe eUe-mème par ane porte qui se ferme sor la rae Saini-Vulrao entre les BaisoDa n* 48 et n* 50. C*est par cette impasse que s^enfuireot, dans la Dult in 15 av IS féffifr t804, Tabbë Laclerc et Dorrieo, complices de Georges Cadoodal.

(3) Noos recooroDS aux années 1992-1593 et 1593-1594.

— lis -

bourgeois de la ville en Taottée du compte.— Prodoit variable; quelquefois rien.

De receptes pour louage de quelques terrains oo maisons. (Ce chapitre est d'ailleurs d'un produit insigDifiant; on ne loue que des parcelles de terrain; uot maison, qui ne figure pas même en 1576-1577, est louée en 1578 deux escus). Je ne cite ce chapitre que poaroe rien omettre Ce chapitre ne monte qu'à mi livres en 1576, et a X en 157iS. A xuui écus deux tiers en 1586-

De receptes *« ii raison des grands et petits bois bailléi à cens annuels et perpétuels, le troisiesme jour de man mil cinq cens quarante, en la présence et du consentement de messieurs les gens et officiers du roy en la séncschaussée de Ponthieu, à la charge que les preneurs et propriétaires, ensemble leurs hoirs> successeurs et ayans cause, sont et seront tenus paier le quint denier en cas de vente, tels cens tels relliefs d'hoirs et aultres quand le cas y eschera, (ailleurs les cas y escheans), aussy de ne pouvoir bastir ne ediffier aucuns amasemens sur iceulx immeubles, mesmede ne les délaisser ny remettre, n'est en payant au précédant (au préalable) quatre livres pour chacun journel, ensemble tous les arrérages des

en rescoinpcnss4^ de deux potittes maisous employées au nmpart près la porte du Bois.

Jehan CantrcI , mary de Gratiennc de Vicques, hëritièfe de Gutllebert de Vicques, devait deux sols pour une portiou déterre joincte et comprinse en son jardin devant Tabreuvoir du pont à Fourcher (1), à luy accordée et baillée à cens; lesd. deux sobet un bouITel (2) de fleurs le jour saint Barthélémy.

(I) Compte de 1593-t59i. On voit d«n les comptes de Vêunéê fMA9^ que cet abreuvoir était près de la porte du Bois. (i) Ailleurs boafeto.

ceniives sy aucunes cstoient deues et aultres charges et conditions plus au long déclarées par le bail faiot par devant et signé de à présent deffunct, lors vivant, maistre Jacques Desgroiseliers, lieutenant général en ladicte sénescbaussée, parties desquelles terres auroient esté délaissées et depuis reliaillées à nouveaux cens, ainsy qu'il est cy après déclaré, » etc.

Ce chapitre rapportait environ cinquante-cinq écus.

Biifin» de receptes « à cause du vin des fermes des ^octrois qui seroit demeuré au prouftit de la ville et naoroit esté distribué à Messieurs qui les auroient adjugés. « Ou plus simplement, « autre recepte tant à cause des fermes des octrois qui est demeuré au proufBt de la ville comme aullrcment. « — Variable; en général» une vingtaine d'écus cependant, du moins dans les annétt 4586- iô87 et suivantes.

Les Ferxnes de la ville

Je reviens maintenant sur le chapitre des fermes.

Les fermes de la ville étaient :

La ferme de la chaussée Marcadé adjugée 40 livres tournois pour Tan dudict compte (i576-iô77) à la charge de ne rien retirer de cette ferme les jours de franomarché, cy xlK

Pour le vin de ladicte ferme xx*.

En I583-IÔS4. — 22 écus, et pour le vin 20 sols.

La ferme de la chaussée du Bois adjugée aux mêmes charge!^, 45 livres xlv^

Pour le vin xxs

En 1583-1584. --24 écus un tiers, pour le vin 20 sols.

La ferme de la chaussée DocQUETaux mêmes charges, 56 livres lvi^.

— no ~

Le vin .*\ im«

En 15S3-i584.- 26 éeus, vin 30 sols.

La ferme de la chaussée de la porte SAUiT-Giun, f8 livres. . ..,.....,. xym)

Pour le vin x¥*.

En I683-J584 — S écus, vinfS sols. ' '

La Ferme de la vicomte du Pont-aux-CBIlRdoiis xi*-

Pour le vin ;'^ v*.

• En 1583-1584. - i5 sols, vin 5 sols. ' "^

La ferme de la vicomte du pont de Sottinbs xx*. « |

Pour le vin tf. i

En 15S3- J58'i.— 25 sols, vin 2 sols.

La ferme du poids de l'Écuevinage, deux cens quatrevingt dix. livres iriiii"x^

Pour le vin xx*.

En 15v^3-1584 — Cent éeus, vin un écu.

La ferme du mesurage des ronds et menus grains, 35 livres xxxv^

Pour le vin x».

En 1583- lo84.— *26 éeus 2 tiers, vin 40 sols.

La ferme du mesurage du sel (le compte de 1576-1577 porte celte remarque : n'a esté baillée, d'aultant que le roy l'a érigée en oriicc à son proufBt, partant icy néant).

Même remarque, en l583-iô84.

La ferme de Tacquit de Bailleul xi^

Pour le vin n».

En 1584-1584. — Six éeus deux tiers, vin deux sols.

La ferme des embouchures (ailleurs des bouches) des

GHf.LLIERS, 40 sols XL*.

Pour le vin n*.

En 1583-1584.— Cinquante-cinq sols, vin deux sols. La ferme de I'escrurie des draps xxx'.

PMrleT|n x*<.

En «M3^9M. ^ Vingt ftoM el tingt sôte potir le tfn.

I«8 ni'IM^Ill Mlfif tft 0E LA tâflMUÈÈ . . . • IJI*.

P^Mrlevin ».

té 1583-1684 —Un éfu trente sols, vin déut sèl^. '^Ê fettneétVwmALtàiÊ^ ùt la Poi^oNiifiRrÊ, 52 livres, y - ui*.

P09rt»4tfvtii if«.

Bb f 58M4M«-^Ving( deux écuSf vingt sols poor le vtttir

Lé Mme du mesurage du charbon de faMk \t] et di sbM, 90 livres < lui* xK

PttttT le vin 4 xm*.

En 1583-1584. Quarante écus Vingt âoM et vingt eb pour le vin.

La fenfie de l'BseARi» aux pôurchaux. . . . tiiii^.

Le tIû XI*.

En 1583-I5M - Yingt-sit éees et pour le vin vingt ois.

La ferme du coeatAoe rt aulmage tes draps» 85 ivrèw rai" v».

Lé vin XXX».

En 1&S3- 1584.-^ Trente six éeus et trente sols de vin.

La ferme des dbpfaulx et retraicts (n'a esté baillée faolte de mise à prix, partant néant).

En 1583-1584, même remarque.

La ferme da courtage et jaulgeage des poings, 6 livres vi*.

Pont le vin v».

En 1583-1584.— Troisécustrente-cinq sols, vinvsols.

La ferme do eouRtAGtf et jauUaige des vins xx*.

11 doit y avoir une erreur; dès Tannée 1578, je trouve xn litres

Pour le via u*.

En 1583-1584. — Dix écus, pour le vin vingt aob. La ferme du couatagi et vjbndaob wb foummi wmbi

VEAU ET SALLB, 52 lîvres lO^.

Pour le vin xx*.

En I5^3-I584. - Vingt-neuf ^cus vingt aob, vin viigl sols.

La ferme du Guindal 350 livres, (somme àjaquelle lad ferme fut adjugée pour trois ans), cjr pow la deraière année des trois ... nri^.

Pour la tierce partie de vin u^.

En 4583-1584. — Neuf vingt-six écus deux tiers, poor le vin quarante sols.

La ferme de la pescherib de l'eau de Soub, adijogée aussi pour trois ans. 37 livres par an. . . . xxxvn^

Vin iii«ni*.

En 1583-4584. — Vingt écus deux diers, vin 3 sols 4 deniers

La ferme des gavées hors la foete Maecadé. 91 livres un" xn*.

Pour le vin xx».

En 4583- 1554.— Soixante et un écus, vin 20 sols.

La ferme du poids des chanvres et eodcqdets, (six vingt-huit livres) vi" vm'.

Le vin x».

En 4o83-15.s3 — Cinquante-six écus, et pour le vin dix sols.

La ferme du poids des ukgs (lins), 35 livres, xxxv'.

Pour le vin v*.

En 1583-4584.— Neuf écus deux tiers, pour le vin cinq sols.

La ferme du nettoyage du MAMr.wiÉ iiii"^

Le Tin ▼•.

En 1 583-1 5S4. — Cinquante écus, cinq sols de vin. La ferme du courtage des laines (qui n'avait pas été lillée faute de mise, partant néant) En 1583-4684.— Seize sols

La ferme de la saine aux mullets. . . • • niant. Même remarque, en 15^3-1584.

La ferme du courtage des ghevaulx. . . . néant. De même en 4583-1584.

La ferme des brelens néant.

De même en 4583-1684.

La ferme du courtage du cuir a poil. . . néant.

En 1583-1584.— Vingt sols.

La ferme des Augets néant.

De même en 1683-1584.

La ferme des plombs aux sates bt sattms. néant.

De même en 1683.1684.

Pour les douze places a estalleb mbrcherib sur le

Iaechb xv^

Pour le vin xxx*.

En 1683*1584.— Douze écus, et pour le vin trente ois.

Pour SIX autres places a estaller beurre, obufs T aultrbs semblables lenrées sur ledict Mar-

MÈ xxxvm'.

Pour le vin x*.

En 1583-1584.— Huit écus deux tiers, et pour le vin

Lsola.

En cette dernière année, nous trouvons un autre petit Iroit: De la veuve Jehan Bccquet, pour la ferme du

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