LES ANNALES
NoMvelle expUcttion wr le dëfeloppemeal de ce trtTail.
histoire de la Ligue, sommes-DOus tenté de dire en nençant, appartient un peu à notre ville et de deux ières , si nous regardons en même temps dans le 3nt et dans le passé. Notre ville, en effet, peut reiqu^r déjà d'assez belles parts dans les recherches ans les travaux critiques suscités par les derniers t)lesdu seizième siècle, et puis elle a joué elle-même îrtain rôle dans l'histoire active de 1576 à i694; un assez calme, malgré quelques poursuites de sus- (, quelques emprisonnements et quelques bannisses ] un rôle marqué cependant de dévouement par sacrifices d'argent et par des expéditions contre le^ } et les châteaux voisins; un rôle de sagesse enfin, de sagesse ezpectante ni égoïslement calculée, mais
défiante cependant et jalouse des immunités eomaiBnales, en refusant parfois ses portes a Tintrasion de troupes même alliées et en maintenant le refus oootit les sollicitations vives jusqu^à la menace des princes dd parti servi par elle, des chi'fs tout puissants dans la province. Ses archives, malgré des mulilatioiis, des enlèvements, des pertes, sont restées riches et d*autant ploi précieuses qu'elles peuvent, en bien des cas, suppléera celles des autres villes du Ponthieu complètement perdues. Quunt aux travaux sortis déjà de notre ville sur la Ligue, il faut citer Texcellent chapitre ii du tome n de M. Louandre qui a posé, dans des proportions en rapport avec Thistoire générale d'Abbeville et en lei resserant par une sage critique, les faits importants de cette époque dans notre ville et dans le Ponthieu; le livre de M. Ch. Labitte, De la démocratie chez les prUicateurs de la Ligue (1); les travaux de MM. Ch. Louandre et Félix Bourquelot dans le Recueil des Documents is f histoire du Tiers Hat Nul nMgnore de quelle maiiière, en quelque sorte abstraite, H A. Thierry préaidait, dans les dernières années de sa vie, à la publication de ees documents. Plongé dans des ténèbres uniquement étoi* lées par un esprit toujours aussi net, mais pebelle à l'application soutenue, il se contentait de dicter lente'
(I) Première édition, Paris, Joubert, 1841 ; seconde éditioif, Paris, Dnrand, 1866. — On peut ?oir, entr'aulres aiticles suree livre, ceux de la Revu^ dis D*hx Mondet du 15 juillet iSIt, |Mr M. Ch. luiuandre; du Journal d^s Savants d^août iSif, par M. Patio: des Débats du 4 octobre I84t, par M. Phifarètf Chasics ; enfÎD de la Rrvue dts Deux Mondes du 1*' mai 1846, |Mr M. Sainte-Beuve, et do Journal des Savants d'avril 1847, par M. Patio.
BMDt rintrodvciion du tome i«' ou la préface du tome m, (Mis e'élait aux ytax heureux et h riatelligeAce biaio« ri^ae âe MM. Laoandre et Bourquelot qu'il confiiMt la dteouTerte, le choix, le dasaement, le soin entier de la mm en oeuvre des pièces. Sa directiou supérieure, presque impersonnelle, nedescendaii pas aux détails. Is travail que ma curiosité grossit viendra se joindre mo* deatemeet àceoxoù i*ai puisé le goAt de ces recherches.
Un mot encore sur les développements de cette étude.
Inclioé d'abord pour quelques vérifications sur les registres où dort toute l'histoire de notre ville, je n'ai fë m'en détacher fadlement» et, saisi par cet impérieux attrait du passé qui ae lâche pas les interrogateurs im* prudents de l'énigme, j'ai usé, de page en page, de longues heures qui m'ont paru courtes. Apparente seulement est l'ingratitude de cette obstination à remuer la pondre. Le sol du passé n'est jamais aride. 1^ poussière reprend yie et se lève sous la main qui la touche, et les générations renaissent et redeviennent contemporaines de 1 historien qui s'éprend d'amitié pour elles. Une pélétratioa se fait dans l'esprit de l'écrivain des passions des siècles morts et de celles du siècle vivant. De là une lorte de fécondation de cet esprit rétrospectivement créalenr. Une lumière deseené sur le passé pour les clairvoyances de la science snoderne. Les générations awsiennes se mettent à marcher, à parler, à combattre sous les noms mêmes, soos les costumes qu'elles ont portés. Miracle des halluciDations passionnées de l'étude! il ne manque à la vision, pour être tout-a-fait saisissante €t réelle, qne les visages des hommes rendus à leur tâche humaine dans cette résurrection d'un instant.
11 se peut et nous l'espérons, que, des groupes de lai|s
recueillis par nous, on tire encore, pour les eonsidéntions générales de Thistoire, quelques vues nonveUci, quelques éclaircissements. Voilà pourquoi nous dooserons des proportions très-larges à notre travail La lecteurs attentirs extrairont du tableau multiple, plrii de foule, fourmillant de faits divers, de détails finiiiers, des conclusions qui sortiraient moins facilemnl d'une œuvre aux lignes plus sobres» mais ne dévasta valeur correcte qu'aux éliminations. En somme, et poar parler net» — il faut bien que je me décide à dégager on peu ce travail des mirages que créent peut'^étre au-dems de lui les ardeurs dune évocation trop tendue et trop récente, — ce n'est qu'un recueil de documenté qie j'offre au public, mais de documents où l'amour di pays, la piété envers les générations disparues, peuvent véritablement, et sans passion exagérée ou factice» troover leur compte. l
Raisons que j'aime à caresser! Elles excuseront qm prodigalité particulière de cette étude, celle des noms propres, si iadifTérents aux yeux de la ^grande histoire, de l'histoire abstrayant les faits, mais qui pour doui sont, je le pense, une partie de la vie de nos modestes annales. Ces noms d'honnêtes échevins. ces noms rencontrés dans les fonctions les plus simples, sont-ib donc à dédaigner dans les histoires étroitement locales? A mesure que Tintelligence monte» que la justice afOrme ses droits, que l'appréciation des événementi devient plus humaine et que i'amotur des hommes et de la société se dilate, ne devons-nous pas enlever dts étages inférieurs, arbitrairement Uxés, les hommes qui ont été les plus utiles à leur pays? Ccst une première pensée de justice dans ce sens, d'équitable répartition
de l^ODoeur, qui m'a engagé à entreprendre autrefois Itf Hommes utiles éTAbbeville, c'est-à-dire» comme je récrivais alors, une petite part du livre d'or moderne. Le moment est en effet vcnu^ pour la reconnaissance éclairée des temps nouveaux, de faire passer dans le souvenir les serviteurs dévoués et désintéressés des villes avant les soudards, gentilshommes ou non, trainenrs d'épées trop souvent mercenaires et solliciteurs affamés de gouvernements Ces bourgeois d'ailleurs D*avaient-ils pas eux mêmes tous les mérites, et les meilleurs, des hommes d'épée? Avec quelle vaillance inconsciente, el par conséquent héroïque, ne défendaientils pas au besoin leurs villes? Et leur premier, leur plus vif souci, —je viens de le dire et on le verra, — n'étaitil pas, au risque des fatigues de la garde et des dangers de la guerre même, de repousser de leurs murs (1)» en vertu de privilèges toujours chers, les gens de guerre DOD levés par la commune? Des bourgeois se gardant eux-mêmes et refusant aux troupes des princes, leurs chefs politiques et leurs alliés, l'entrée de leurs villes, donnaient un spectacle très-fier et aussi beau que tous ceux qu'eussent pu offrir, par les plus éclatants faits d'armes, les gouverneurs des villes et des châteaux. Le parti sage des modérés, comme celui des politiques, ne pouvait être honorablement qu'un parti de bourgeois. Toute halte de conscience étant interdite dans les lois militaires à peine de forfaiture, la forfaiture à ces lois
(f) 11 put arriver à Abbc?ille de demander — rarement — quelques secours en hommes au gourverncur de la province, mais toujours pour la sûreté du pint pays ou tout au plus pour la garde des faubourgs de la ville où les troupes demaudées Jevaieot se loger.
ètnit la seale issue pour les capitaines de tons les d^ grés que leur position^ la nécessité, une sympathie particulière amenaient à changer, et il leur Tallait pamr tout d'une pièce, au détriment de leur honneur, du roi d la ligue ou de la ligue au roi\ c*est-à-dire sons da commandements nouveaux aussi exigeants pour lear honneur nouveau et pour leur dépendance nouvelle. Lei chefs militaires ne pouvaient que trahir où les bourgeois s'arrêtaient loyalement Les trahisons furent habilement sollicitées, et avec succès, par Henri lY. En Tbonneur donc des vieux bourgeois d'Abbeville, je donnerai, le plus souvent que je pourrai, leurs noms, et heureusement dans les circonstances les plus recommandabla pour eux. 11 m'est arrivé déjà d*émettre avec plus de développement, dans l'histoire de la ville de Saint- Riquier, une opinion qui tient peut-être encore aox mirages accusés plus haut. Siitirait-il, pour restituer la physionomie ancienne d'une ville, de relever des ruines par la pensée ou de fixer des dates et le souvenir des faits, si l'on ne rendait à la vie en quelque sorte les habitants de cette ville, si Ton ne donnait à reconnaître aux échos des murs les sons qui les frappaient autrefois, si on ne réveillait les murs même par les noms des hommes qui les ont bâtis et défendus? L'histoire, et la plus petite histoire, n'aime pas les personnages anonymes. Abstraite et philosophique avec des faits, elle ne prend corps qu'avec des noms d*hommes.
Je produirai toujours amplement mes extraits des registres de la ville Cette méthode qui, dans le développement que prend ce travail, est plus sincère et plus loyale, donne aussi plus d'autorité a l'exposition des événements. Ce n'est d'ailleurs qu'un premier pas dans
une voie où il j en a beaucoup à faire. Les histoires de^ villea ne seront définitivement complétées que lorsqu*op aura publié intégralement leurs archives avec de bonnes tables analytiques. Dans le cas présent, je n'aurai pas k me repentir des emprunts textuels. Les scribes de la ville n'étaient pas absolument des barbares; il suffit 4e quelques coupures, d*un mot jeté en trait d'union, d*UQ encadrement nouveau quelquefois, pour faire valoir en très bons récits les exposés laissés par eux des discussions échevinales. Quelques formules parasites de la phraséologie délibérative du temps enlevées, il reste des textes dans lesquels le langage, sans être celui de Montaigne ou de d'Aubigné, sans rappeler, on sVn doote, la grâce d^Amyot, la légèreté de Brantôme ou la multifluence aux sources profondes de Rabelais, ajoute cependant une vérité de plus, et, selon nous, un charmci des Ions justes, un accord à la résurrection de Tépoque évoquée.
U 4oaTfl éclMTinage.— ÉlcetioD des députés aoi ëUis généraox ds Biais.-;
' INseoMÎoo entrç le dëpatë da clergé du Ponthieu f t le député du clergé dt kiilKafe d'Anîtos. — U député di tiers état d*Abbeville et Henri III. ^ kk giitrrt est décidée cootrajes llugtteoot». — Lettres paieotes du roi t» faveur d'Abbeville. — ProceaaiM générale pour l'heureuse issue des étatp de Mois. — Le goâler da aardl gras ne se fsit pas après la Montre. — Hiirro aignslée.— Afairea poanuivîea par le maieur député au é(ats.-r Un eoToyé d*AbbeYille va défloacer au aaieur la ligue qui se trane. — |. de Hgmiire!! fait eugager Abbe? ille I signer le pacte. — Noms des signalairat qui (lgar«kl U plut dans l*Uatoire du Pontbiea.
Nous avons, en abordant Thistoire de la Ligue chez nous, un grand regret à exprimer: les registres aux délibérations de la ville manquent de Tannée 1573 ^ Tannée 158 1 Cest là une perte très-regrettable, cur tef
registres aux comptes ne nous permettront que bien imparfaitement de combler la lacune. Si succinctes et sèches que soient cependant les indications fournies par paiements de la ville, nous les saisirons toujours avidement dès qu'elles recèleront la moindre lueur historique, et souvent le lecteur pourra, par un travail induclif de la pensée sur les rapprochements» retrouver la liaison des faits et lire dans les vides mêmes. Pour pIusd*ordre, de clarté, de suite aussi, devons nous dire, dans Tenchainement de ces témoignages, seule fortune aujourd'hui de noms pour la plupart éteints, nous diviserons ce travail en années échevinales (années brisant le calendrier en deux et commençant avec le renouvellement de la loi, le U août. . Nous rangerons ainsi, dans le cadre le plus naturel et le plus logique, et comme nous les avons trouvés groupés nous-méme, les événements divers qui ont exercé l'activité de chaque Magistrat (1). De la sorte, les actes louables ou non, accusateurs ou méritants, apparaîtront bien sans conteste à la charge oq ù l'honneur de chaque maieur, de chaque échevinage. De plus, dans ces premières années où les registres aux délibérations nous font défaut, il nous serait difficile parfois de classer, sans crainte d'erreur, les faits qui, bien qu'enfermés strictement en l'année échevinale, manquent cependant de date précise dans les registres des comptes.
Si les émotions politiques ou religieuses du temps sommeillaient encore à Abbeville lors de la Saint-Bar
(1) On appelait je crois déjà, on appela, daus tous les cas, |M de temps après, Magistrat, le corps même des officiers de TÉdievinage.
tbétemy de 4576, il est probable qu'elles s'éveillèrent peo après TélectioD du nouveau maîeur Pierre Li Bou* CHER ()), quand les trois ordres s'occupèrent de nommer leurs délégués aux états-généraux du royaume convoqués à Blois.
Le député du tiers-état de la sénéchaussée de Ponthieu fut élu probablement à TÉchevinage si nous nous fondons sur ce qui se pratiqua en 1588; ceifx du clergé et delà noblesse h Saint- Vulfran, peut-être, et au prieuré de Saint Pierre. La perte du registre aux résolutions nous hisse sans certitude à cet égard, mais après Télection, et s'il faut en croire Formentin, « les états particuliers de ce comté s'assemblèrent au prieuré de Saint-Pierre pour délibérer sur les instructions à donner h leurs députés, qui furent Jean Savary, docteur et doyen de Saint- Vulfran (2), pour le clergé, André de Bourbon Ruberopré, chevalier de Tordre (3), pour la noblesse, et
(f) Noble homme maistre Pimus Le Bouc bb, dit Waignart fue OOU8 consultons à défaut des registres qui nous manquent, conseiller du roy et son iieute nunt général criminel au comté et sénéchaussée de Ponthieu (une autre main que celle de Waignart a ajontë : écnyer, sieur du Castelet).
Les quatre premiers écheyins furent : M* Claude db Wacorsins, escuyer, conseiller audit siège, honorab es hommes Blaisb du Val, Cbablbs Marbssibb et Simon Bellb ; argentiers de la ville : Jacques Palette (du Val de la maison et de la terre du Val aux lépreux), Claude Melar (0* *~ Waignart.
(3) Sangnier d'Abrancourt dit: docteur en théologie, doyen de Saint- Vulfran et curé de Saint-Gilles.
(3) Sangnier d^Abrancourt ajoute : gouTemeur du château d^Abbeville, ce qui était ?rai.
(I) Ce Btn et ce préBom deetioés I dereair iUnstree aoiie umi tei nae Uareiee reocoitre.
Pierre Le Boucher, niaieur^lieutenaot eriminel d'AhbeviUe, fùor le tiers-état Oo leur recommaoda sur tiwtei ohoses de veiller à la cooservatioD de la religion. •- Farmentin. — Quelques mots de Sanguier d'Abraoooiit précisant d'autres détails pourraient nous Caire iofércr eependaot — avi»c précaution que toutes les ékctiOM se firent à Saint-Pierre: «Toute la noblease et le lien« état d'Abbeville s'assemblèrent au réfectoire du priesré de Saint-Pierre, dont le P. Cliarles Laigoel était aton prieur, en la présence de messire Jean du Gard, ckeft> lier, sénéchal de Ponthieu, et maître Jucques fiemaid sieur de Moismont, lieutenant général; on y députa. ..• Mais il ne s'agissait sans doute d'abord, dans la réoaioB ainsi rappelée, que delà communication réciproque, de la proclamation définitive des choix et de la tenue d'iia procès- verbal commun.
« Aux états ouverts à la fin de novembre ( I), Jna Savary, député du clergé de Pontbieu eut une contestation avec Louis Larguillaot, prévôt de la cathédrale d'Amiens, parce que ce dernier se qualifiait député do clergé dWmiens; le premier soutint qu'il ne devait se qualifier que de député du bailliage dWmicns, ce qui fut ainsi ordonné par la chambre ecclésiastique. • — For- Meitllii.
Le 20 décembre ( 1570), le maire d'Abbeville et d'autres députés du tiers état de Picardie Turent introduits par le député de la noblesse du Pontbieu, H. de Rubempré,
(i) if citf Forniontiii, niais il y a rrrrur; Ifs états ouvrirent le 6 deccmltrf 1576, ils ffrin^nMit au co^r-? rDceuimt df mars 1577 — Art de €tn$fr Us daUs. — LVrrrur dt Forre Dtiii s^fxpliqiie peuWétie par ces mois de Sangaarr d^Abtauoourt : « L*iiinaMée fiU rtÊmi au u.ois de déccuibre. •
^ qoi leur parla, TOitr^D, le pnmiiar. U
ir qu^uD Dieu el on roi» aoe loi et
à demeurer dans TuDion jurée*
*ésigné par les autres députés
\ nonsc, répliqua en leur nom
"^ nne volonté mise au cœur
.a de continuer le roi en cette
.aient S. M. de les croire, entre tous
- plus attachés à une seule religion, la ca-
"l^ ^tc Pour cette religion et pour le service de
Il lis n^avaienl épargné el n'épargneraient leurs
propres vies. Le roi répondit: • Je le scay bien et vous
^ remercie. • ^ Recueil des documenU du tiers état, tome
fli p. »M76.
Lea états de Blois décidèrent, on le sait, la guerre 0ODtre les Huguenots, mais il n'est pAs.temps,eiUMM pour nous de sortir de notre histoire municipale
• Noe dépotés obtinrent du roi lettres patentes du 6 jantier f 577, conûrmatives des foires et francs-marchés d'Abbeville. m-^Formentin
« Le 16, ce prince ordonna que les maieurs de cette ville pourraieni être pris dans le corps de la noblesse. •> — Fermenim,
M. TrauUé note des lettres patentes de Henri III, do iBoie de lévrier 1577, portant rétablissement de la justice eivile, nonobstant l'édit de Moulins. - TabU de CkarUê, ele«
Tels seraient, suivant Thistorien Formentin et suivant
M- Traullét les faits et les actes qui intéressèrent Abbe-
ville aux premiers états de Blois. M. Louandre, privé
eeeaooe DOus<ies registres les plus précieux, dot renoncer
à ee rendre compte, sur des témoignages certains, des
— ut —
âentimento des habitants d'Abbeville à cette date. Noei DOQS renfermeroDs dans la méoie prudence. Les regiitrei des argentiers sont très-laconiques et insuffisants (t).
Quelques lignes de ces registres, voilà cependant eaoore la seule mention contemporaine qui reste en oos archives d*un événement qui devait avoir des suites fi graves pendant le reste du règne et au-delà même di ^ règne des Valois. Un bourgeois d*AbbeviUe, noouaé
(I) « A Antboine Mfslier pour avoir sonné et fait sonaer k$
cloches du beflfroy de la ville pour le • et procetsioi
géiiéralle faicle pour prier Dieu de donner lin heureuse et ao soullagenieiit du po<*uple a rasseiii!)léc des estais du roianloe tenus à Bloirs dont ap|iert pnr ord >nnance en fin de la reqoctie
dudici , du douziesme décembre audicl an (IS7S) la loinw
de vingt cincq sols tournois zxv*.
« Payé à Jargues l^e Cat, sergeant des présents, la somnie de TÎngUivre^nFlunrt^insHournois pour vin et pain donné aui trois coiiipaguies des cincquantenit- rs , pareurs, iKNicbers ft aultres au lieu de gousler qny se faict chacun an le jour di mardy gras après la montre faicle au l)ois, lequel en la prëseale année n'auroil esté faict pour fabsence dudict sieur maienr et aussy pour éviter afray attendu la nécessité des affama de la ville dont appert par niandeuient, cy zx* xviil*.
• Item de la somme de trois cens soîxante>quatre livres noeaf sols tournois employés audict compte des octrois sous le non dudict sirur Boucher, ntaieur, pour les frais de plusieurs expéditions par luy poursuivies et obtenues pour icelle ville estaot aux estais tenus en U ville de Bloys, • et dépense* dodict Caisier qu*il auroit faict séjourner andict lieu pour la sollieitode desdictes affaires et du séjour qu'il auroit faict p«mr lesdictrt expéditions après la nipture de l'assemblée des estats génénoi tenus en ladicte ville de Bloys. En a esté seulement passé li somme de huict vingt Ireixe livres treiie sols, le surplus rtjé montant à la somme de noeuf vingt dix livres leîse sols doot Mict Palette est contrainct faire la mise comme desaw* cy IX" x' XVI*. ■
Gaisier, est envoyé à Blois vers le maîeur alors aui états généraux, « pour Tadvertir de la ligue qui se ira* moit en ce quartier où l'on voulloit comprendre lad. ▼îlled\\bbeville(l). »
La ligue a paru avec le nom qui doit lui rester.
• Jacques d*Huniières, dit Formentin, le plus riche seigneur de Picaraie ei gouverneur do Péronne. «» m"éeonfent peut-être de voir son gouvernement aonné avec celui de Picardie au prince de Condé, fit des premiers une ligue avec la noblesse de Picardie. Toute la noblesse de Picardie, toute la noblesse du Ponthieu signa le pacte ij d'union, ainsi qu'en font foi les signatures rapportées dans VBistoire de la Ligue du P. Mainbourg. DHumières envoya à Abbeville Jean d'Applaincourt, jeune^ gentilhomme des environs (2), pour engager la ville à signer le pacte. Hais on lui fit entendre qu'on pouvait, sans cet engagement, « maintenir la religion dans sa pureté; « ceux de Rue et du Grotoy accédèrent néanmoins à la ligue qu'ils signèrent.— Formenrm.
U nous a fallu, pour découvrir la part, sinon de notre
(I) Item de la somme dn six vingt dix-srpt livres six sols pajë par ledict comptable (Palette) audict Caisier en vertu de dëlibë* rations et mandement icprins audict compte d'octroy pour aller en la ville de Bloys vers ledict conseiller lieutenant criminel lors maieur pour Tadvertir de plusieurs affaires concernant le repos pablic et signament de la ligue quy se tramoit (1) en ce quartier oà Ton voulloit comprendre Iddicte ville d'Abbeville; n'en a esté passé et alloué que la somme de quatre-vingt-dix livres, le surplus montant quarante-sept livres six sols rayé sellon qu'il appert par ledict compte partant XLvn* vi".
(3) Des environs de Péronne. Applaincourt même est un village près de Péronne.
(I) Ga aot an évidaaui«Bt prit ta auiBfaiM part
Yîlle, au mains du Ponthieu, daos celte première ligM, reeourir au père Maimboorg : • Aasociatioo faicte, aoai dit cet historien, entre les princes. seijz;Deurs, gentilshommes et autres tant de l'état ecclésiastique que ^ la noblesse et du tiers-état, subjets et habitaoa du pajs
de Picardie » Je passe le texte du traité eu dii-huit
articles (f) et vais aux noms particulièreoîëbt cooaoi daos te Ponthieu. D'atioi'd'' se 'présente J d'Hnmjièni (Jacques de Humières), l'auteur ou promoteur du traité, et qui signe le premier. Après lui nous reocootroBS Il parmi les deux cents signataires environ; A de Mon ehy, S. de Monchy, Hailly, Louis d'Kstourmel, *^ *^
de Boufflers^ F. de Saint- BIinK>nd, Loys de Belloj, di Galonné, F. d'Aumalle^ A. de Humyères, Lameth, A. ds Uamel, M. Kelly, François Hanicque, J. de Belloy, P. de Haillereu, Charles de Croy, N. Le Roy, N. de la Warde, A V. de Brioys, j. .LaniirCj> M d'Amervajl^ Guy Damiette, N. de Hangest, de Forceville, P. Louvel, J. de Belleval, P. Truflier, de Hons, N. de Saint-BlimoD, de Forceville, de Monthomer, de Montbomer encore, de Rambures, F. d*Acheu, Fleur de Baynast, F. de Bacouel, de Pende, d'Aumalle, de Uanibures encore, Claude de Crfigii];, Jherosn.e de Fertin, K de Mailly, J. de Forceville, Josse de Saveuses, Jehan Dcstourmel, Belleforiere, Antoine d'Ardre, A. de Moncliy, François de Saveuses, J de Hallencourt. J. de Happ^j^ipcy^rl, A. de lameth, H. Destouraicl, P. de Saint-Deliz, J. de Belloy, A. de Bieiicourt, Claude de Fontaine» Pierre de BloteOere, AdrjeQ^. Picquet , Anthoine Le Blond, Jehan Picquet,
(I) Fail on rhôlel de-villc de Péronne, le 13 février l*n. Cl M'atté devait d'abord être secret.
Chartes de Fontaioe, A. d^Eatounnel) noms que Von troavait déjà ou que Voti trouva peu après dans noire Ponthieu, saur erreur pour les noms communs peut-èlre à plusieurs familles desdifTérentes parties de la Picardie. Uattitude Troide des habitants d'Abbeville devant les sollieitations de H. de Humières peut être expliquée, en Tabsenee des registres municipaux, par les raisons mêmes de la résistance des bourgeois d*Amiens (dilih. iu 5 janvier 4577) « pour double de Taire préjudice et bresche à leurs privilèges. » — Recueil des documenis de PUst. du tiers étai^ t ii, p 876 — Résistance prolongée pendant tout le mois de février, — /6t(2 , p. 8h2 883, — jusqu'à ce quMIs obtiennent, moyennant huit mille livres, de ne pas signer Tassociation. Les habitants d'Abbeviile se montrent encore en toutes circonstances, au seizième siècle» aussi jaloux de leurs droits, — nous en rencontrerons des preuves, — que tous ceux des villes importantes de Picardie.
FAITS ÉTEANOEBS A l'hISTOIUE POUTIQUB ET A