‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 5)Chapitre 19 sur 33 · LA U6UB · texte numérisé non relu

LA U6UB

UraiAt koBortble el baniritseiMnt pour one falsifiealioD de boUe. ~ lëala* natioo poor les iapôu. — CondanoatioD de la ville far lea âua da PoDthien ^ Un ambassadear d'Angleterre. — Peste à Pont-de-ReViy. — La papier de la garde.— La Visitation des remparts.-— Les ariies d^AbberUlt.

Tout en cherchant dans les registres municipaux les signes caractéristiques du mouvement politique et religieux de la fin du seizième siècle dans notre ville, je n'ai pu retenir ma main, et j ai relevé, sans compter, bien des faits de toutes sortes, mais q<ii ^'intéressent que la curiosité locale la plus étroite. Je grouperai ces Taits à

— lÔO —

la fin de chaque année. Peutrétre en se pressant sous oof yeux ajouteront-ils quelques traits à Timage du teiD|M.

Un fait religieux que je n*ai pu fattacher plus baoti Thistoire se présente d'abord. Une somme est donnée- X sols tournois — à l'exécuteur des hautes œuvres Didier Henry • pour avoir conduict à faire réparation honorable et banny Benoist de... (quelqu'un a étendu volontairement en couleur brune sur tout cet article et je ne peax lire le nom), porteur de rogatons, pour avoir falsifié une bulle de nostre sainct père le pappe suivant Tarrestde la court contirmatif de la sentence dudict échevinage.

La discussion des impôts a occupé les habitants de h ville et ils ont réclamé de plusieurs côtés 11 est question dans le registre des comptes d'un voyage fait à Paris par M* François Caisier, procureur fiscal, vers monsieur le révcrendissime cardinal de Bourbon, chef au conseil privé, afin que la somme de cinq mille livres « sor le poeuple en ladict<; année fut prinse par les recepveors au pris que les espèces avoient cours et qu'elles avoient esté receues des habitans •

Une somme est encore payée, — seize livres trois sols, -^au même SI** François Caisier, procureur fiscal, «pour partie des frais par luy déboursés au voiage qu'il auroit faict à Amiens pour faire descharger et tirer des rolles de la contribution de l'arrière ban les fiefs appartenant aux habitans de ladicte ville •

Les habitants avaient eu à se défendre de négligence, sinon dans l'emploi de certaines sommes destinées aux fortifications de leur \ille, au moins dans 1 exposé de leurs comptes (1).

(1 ) « Payé à M* L^Acelut ilc Bacouel, sieur d'Iuval, rccepreor de$ tty«li s ru rosIecUon de Ponthieu, la somme de quatre-viosts

Uû amtNissadeor d'Angleterre avait travers la ville, insi qo*en fait foi le don mentionné : « A Anlboine tellenger, M" appoticaire, la somme de cinequante-huict ois pour deux pois d'ypocras par luy livrés pour le présent à Tambassadeur d'Angleterre passant par ceste 'ille sellon qu^il appert par mandement du XKVl'* jour le novembre (1576), cjr lvui*. »

Une peste se déclara a Ponlde-Uemy ; les habitants l'Abbeville prirent quelques mesures de précaution »ntre Tarrivée chez eux de la maladie (1).

Point n*est besoin de dire que le « renouvellement du mpier pour la garde » ainsi que la Visitation des rem- Mirtsse firent comme de coutume^ nous ne reviendrons >1q6 que par exception sur ces opérations annuelles (2).

ivres tournois pour dommaiges et intérests par luj soiilTerts et roiages par luy faicts en Tan mil VI (i&76) It's emprisonnement et détention de ladicle somme faulte d'avoir fdict apparoir de Prmploy que doilivrnt faire les habitans de Indicle Tille de la lomme de xvi* 1. par chacune année à la forliflication d*icelle, à butte de quoy plusieurs sommes estoient rayées en ses comptes, et laquelle somme de quatre-vingts livres ladicte ville avoit esté condampnée par messieurs les esleus de Ponthitu seNon qu'il

ippert par plusieurs (1) des poursuittes. Mandement do

[iretnier mars mil V* LXXVil et quittance mi" '. •

(l) « A Jehan Fossette, trompette, pour estre allé de ceste ville d*Abberille) au Pont-Dremy faire delTense aux pestiférés dudict ieu de venir en ladicte ville, la somme de quinze sols par maniement du... aoust mil V* LXXVI, cy xvV »

(t) « A Andrieu Boullenger, cuisinier, et Jehan Anger, sergeant

iiiace, la somme de quinze livres huict sols six deniers tournois

M>ur la drspense faicte durant quatre jours faisant la reveue et

echerche des habitans pour Pt stablisscment de la garde sellon

(1) SîfBiicatioos?

Enfio^ et nous ne savons dans quette ioteation, poer qoelqoe fête sans doute pu poar quelque proceiaîoD, k ville fit peindre une douaaine d écus à ses armes (1).

qu'il est porté par mandement du III* jour de novembre «il

V* soixante-seize, cy xv* vin* vi*.

« A esté payé pour aucunes dtspences faicti'S après la ?isilaliOB de la muraille et inventaire des munitions et artillerie où oot assisté le lieutenant de monsieur le gouveroeur, messieurs tel quatre premiers eschevins, officiers, canonirrs et ouvriers, la somme de vingt-trois livres quinze so's dont appert par délibération du XII* jour di' décemiire audit an (157S), cy. xxui' xv*. ■

(1) « A Charlis Lrfébure, M* paintre, pour avoir faict unedoauiue de Masons di* la ville, la somme de vingt-quatre sob tournois selion qu'il appert par mandement du XVI octibre V* LXXVl ^1576) XXini*. •

JMiiQr mainttBft ca eharge. -- ReMiif ellemMiC àm ëcbf riot. — U i¥iî^* — Compagnies en garois^p à AbbeTÎlle — Uoe proceesion générale et loleuielle.

Par une exception assez rare dans notre vieille hisire (1), Pierre Le Boucher fut continué maire à la int Barthélémy de IbVV; il est vrai qu'il n'y eut aetioo que pour la forme ou plutôt accepiat^iGO forcée s la part des maïeurs de bannières. A chaque pas lus avons à regretter ainsi la perte des registres aux (libérations. Pierre Le Boucher •« fut continué niaire, t Waignart, par le commandant du roy suivant les lires sous le cachet données a Blois le vingt sepUesme ar defévrier adressantes à messire André de Bourbon, evalier de l'ordre du roy, seigneur de Rubempré et uvemeur des ville et chasteau d'Abbeville, et aux lievios d'icelle. »

t) L*infraction à la règle qui voulait tous les ans un uiaïeur ivfau, rencontrée cinq fois seufement dans le treisième siècle, otmue dans le quatorzième, mais qui se piésente onze foiSt— t()t pour on an, lanl(k pour deux,— dans le quinzième, paraît pour la seconde fois dans le seizième siècle qui ne connut qae lire exceptions.

Par contre, l'élection modifia, comme de ooutoine, réchevioage (4).

Henri 111 fait la guerre aox Huguenots, mais leur 8^ corde la paix dès le mois de septembre i577.

L'ordonnance (royale) du 20 décembre 1577 désigne pour Abbeville, entre les compagnies qui doivent leoir garnison en Picardie sous les ordres de H. de Saint-Loe, celles des capitaines Guytault et Perdillon.— £a Ugu, doeuments relatifs à la Picardie, par A. Dubois

Parmi les faits qui peuvent se rattacher, seloa ki habitudes du temps, à quelque circonstance politifi de Tannée, nous ne pouvons mentionner qu*une proœision générale et solennelle (2).

(1) Les quatre premiers échevins furent: M* Claudb HittUit, conseiller au comté et sénéchaussée de Ponthieu, 11* Nicolai Laignel, seigneur de Buigny, examinateur, Bernard BoHAULTtit Jean du Chesnb; les argentiers furent: pour la Ville, Sarsoi Babenqub; pour le Val, Claude Melan.— Waignart,

(2) « Aux sergeants à mace la somme de soixante sols à tsk

ordonnée par mandement du XXIH* jour de février aBdit

an (je crois lire un peu plus haut Tannée mil V LXXVII, mail comment cela s'expliquerait-il dans le registre de 1577-1578, puisque Tannée échevinale commençait au mois d*août— aoAt 1577?— y avait-il des paiements arriérés?) pour avoir fakt plusieurs vaccations (à Toccasion?) d'une procession génénUe

et solempnelle faicte aud. temps lx*.

« Aux sergeants de la vingtaine pour avoir porté les tonei (torches) et luminaires de lad. procession et faicl plusieurs fa^ cations soixante sols • . LXf,

« A Anthoine Meslier, clocquemant, pour avoir sonné pov lad. procession les cloches du grand Échevinage la somiBe k vingt-six sols, cy • . xxn*. *

tioB d*iD affrancbiMcmeDt dlmpôt. ~ Abbeville approTisÎMiie 1« m de Rue. — DëpoUtion» i Anieaa pow Ui iâlérêu dt U Tillt. — roccaaîoB gâiéralt. — La peita.

née 4578-1579 parait avoir été fort paisible, ai

ïn jugeons par les registres aux comptes, et la

! de PiBRRB TiLLETTB (1) u'eut rieo à eovier sans

aux règnes qui n'ont pas d*histoire

ri 11! confirme aux habitants d'Abbeville l'affraift-

nent de son impôt. — Farmentin*

naire et les échevins d'Abbeville étaient encore,

s en 4575, les munitionnaires de la ville de Rue.

igasins de cette dernière place contenaient du vin

blé (2). — Nous rejetons ci-dessous les renseigne-

oble homme maîstre Pibrrb Tillbttb, seigneur de Mautort,

lurt^etc, conseiller du roy et son lieutenant particulier au

léoéchaussëe et siège présidiai du Ponthieu (1). — WaignarL

[oatre premiers échevins furent : M* Jbaw le Pbbvost,^

« seigneur de Sanguines, conseiller audit siège, hono<

lommes Jban Mallot, Phiuppb de Lbstoillb et Nicolas

un; les argentiers: de la ville, Mathieu Ii^obl; du Val,

\ Mathon.— Waignarl,

L^de Saissevah général des vivres, et M. de FontaineSy ^

uit écrire à Messieurs de la ville d'Abbeville à Toccasiou

nagasius.

ments que nous foarnissent, sur les devoirs de notre ville envers ces magasins, les registres aux comptes ()).

Nous trouvons trace de députations à Amiens pour des questions de finances, d'impôts ou d'autres aiïaires

« A Pierre de Yincheneuil pour avoir porté lettres de

(1) « A maistre Nicolas Doremîeulz, nottaîre roial, la sommede quarante sols, pour a?oir passé les conlracts faicts avec les nonitionneurs du magasin de Rue pour le remplacement des bleds et aultres munitions que y debvoit lad. ville, dont appert pir Taequit dudict Doremieulz, cy XL*.

« A François de Susteaue, eschevîn, la 8omn>e dé deux esnn pour aller à Rue et au Crotoy pour faire la main«levée des Medi dud. magasin qui estoient arrestës, dont appert par mandemeat *i XVW jour d'octobre fiîil V« LXXVIII, cy Vï*.

« A Meurice Lefevre, voilurier de lad. ville de Rue, la de vingt sols pour avoir porté audict liea des cercles el oKÎer rebattre les vins dudict magazin sellon qu'il appert par naadament et quittance, cy xzT.

« A Jacques Catheu et Jehan Cardon, mesureurs jurés de b vicomte du pont aux poissons, la somme dehuict livres tonmoil pour par eulx avoir esté plusieurs diverses Ibis en la ville de Rue fiiire mesurage des bleds dudict magasin sellon qu'il appert par la requeste et quittance cy rendue, cy vm'.

« A Anthoine Maisne [?] et M' François de , moni-

tionneurs du magasin du roy à Rue, la somme de sept cens cinquante livres sur la somme de cinq cens soixante-quatorze

escus deue de reste par lad. ville pour le remplacement des

bleds dudict magasin par obligation passée devant Delecourt et Doremieulx, nottaires, le septiesme jour de mars M V* soixante-

«dix-neuf. ,,..., vu' l' tournois. >

-^Reg. de 1578-1579.

Cl plus tard, en l'année 15S1-1582, dans une assemblée ao grand Échcvinnge (le IS juin 1583), le mateur entretient les échcviiis des contrats qu'il a passés avec les munltionnaires do magasin de Rue pour satisfaire au remplacement des vins de ce magasin ■ à quoy la ville estoit tenue et obligée. » — Reg» délib.de 1581-1582,

te ville à messieurs les géoéraulx à AmieDS, quatorze

( six deniers xiiii* vi*'.

> A monsieur Tillette, bailly, la somme de vingtitre livres pour avoir esté député de ceste ville à liens pour plusieurs affaires d'importance reprinses mandement du XXIIII'' jour de juillet, cy. xxiiii^. » Ine procession générale fut faite le il avril 1579, au des cloches de TÉchevinage, ce qui d'ailleurs était règle en pareil cas(l).

/emploi des écus de Flandres était interdit dans l)eville; le 7 novembre 1378, un bourgeois et sa me sont, « pour avoir baillé ces escus en paiement tre Tordonnance, condampnés en trois escus d'àade et les pièces confisquées. »

1 est certain qu'une peste affligea Abbeville en cette iée écbevinale ou dans la précédente ; il en est ques • 1 dans les registres aux comptes de 1578-1579.

I) « A Anlhoîne Meslier, clocquemai.t, pour avoir sonné les hes du grand Escheviuage à la procession géoéralle faictele !• jonr d'avril xmi". »

BcDOOTfllement de l^ÉcbeTÎnage. — Passage do doc d'Anjoo. — Prise de La Fera par les HogaenoU. — Lear teotati? e sur Roe. — RecrodeKeace de la Li^ua. — Siëge de La Fère.— Abheville 7 eoToie de rariillarie. — D« eoorenrs faligoent la pays.— Oo traTailie aux fortifiée lions — RëonioB des états de Poothieo. — Sobsides demandés. — Crëatioi d^nn biireaft daa paoTres. — Messagers eipddiës par la TÎlle.

Mentionnons d*abord le passage par Abbeville du duc d*Anjou.

« Le i*' septembre iô79, \bbe ville eut Thonneur de

(I) Dorénavant nous donnerons toujours ainsi en première note la composition de rÉchevinage.

Maieur : maistre Claude db WACX>NSiif s, escuyer, seigneur. . . (1 ), conseiller du roy en la sénéchaussée et siège présidial de Pon^ Ihieu.— Waignan,

Le P. Ignace nous apprend que ce maTeur, élu pendant un séjour à Paris, alla trouver Nosseigneurs du conseil pour notifier son refus, craignant de déroger à sa qualité de gentilhomme s*il acceptait; il se rendit lorsqu^on lui apprit que la noblesse était attachée à la mairie d'Abbeville. L'abbé Bnteux, plus net, dit qu'on se moqua de lui; la mairie, lui répondit on, loin de déroger,

(t) Wiignart na donne pas le non de la seignonria qii n*asl pas dans lea rofistres BMUûdpaox.

recevoir le prince François de Valois, doc d'Anjou, fils et frère des rois de France Ce prince revenoil d'Angleterre où il avoit esté question de son mariage avec la reine Elisabeth ; si jamais néantmoins cette princesse, aussi dissimulée qu'ambilieuse, y pensa sérieusement. • Ruroety > je copie encore,~a^arréle • sur l'idée de Tabouet qui conjecture que les meilleures maisons de France tirent leur origine de celles des Romains qui étoient les plus recommandables par leurs triomphes et fait venir la maison de Valois de celle de Valère Publicola qui avoit triomphé par trois fois des Veiens et des Sabins. Cela est bien beau. » — Dom Crrenier, paquet XIV, tome 90.

Vers la fin de Tannée, la ligue, suivant l'e^iLpression fle Formentin, • se renouvela par ta prise de La Fère. • Cette prise ayant eu lieu le 29 novembre iô79, ce n*est, tout au moins, qu'en décembre, mais plutôt en 1580, que « les huguenots, irrités, dit encore Formentin, de ce qu'oii refusait dé reconnaître le prince de Condé coiMie gouverneur de Picardie, tentèrent de s'emparer de Rue comme jls avaient fait de La Fère, *» projet qui échoua.

Néanmoins la guerre était rallumée. • La noblesse et là bourgeoisie des villes de ce pays, » reprend Formentin, entrèrent dans cette ligue renouvelée. — Je crois qu'il faut entendre ici par ligue, non l'engagement signé à

rend plus noble celui qui Test. N'y a-til pas là quelque histoire inventée après coup par la famille des Waconsins, éteinte d'ailleurs aujourd'hui?

Les quatre premiers échevins furent: noble homme maistre Àntoinb Tibemont, advocat, honorables hommes Jban CauppBi Nicolas de la fionos et ADRig^^ssEyQ^ les argentieis: pour la Ville^ Nicolas Boullt ; pour lé Val, Fbamçois Lbfbmibb. — Waignart,

Péroiuie, mais ua mouyemeot religieax et gaerroyant oorrespondabt aux motifs Ae cet engagement. Noua sommes désormais en \ôSI^. « Le duc d*Aumale fut, avee le sieur de Crèvecœur, lieutenant du roi en ce comté, aa siège de cette ville (Infère?), où la noblesse de Ponthieu qu'il oommandait se distingi^ par sa valeur. • •— For» menim. — La ville ne fut prise que le H septembre 4580.

Âbbeville avait prêté au roi pour ce siège une partie de son artillerie —M. Traullé, Noies diverses, etc. {i).

Pendant tout le printemps de cette année, voit-on dans d'Aubigné, les coureurs fatiguent le pays dans les coins de la Picardie, de l'ile de France et de Champagne (2).

(1) Celte artillerie ue fut-elle ramenée que Tanuëe suivante?

« Catherine Granthomme. veuve^ demeurant à Amiens, reçoit de noDie homme Gaston Mydorge, conseiller du roi, trésorier général de Tartillerie, certaine somme pour avoir été à Roye, avec son chariot et ses cinq chevaux, chercher certains engins de guerre que le maire et les échevins d^Abbeville ont prêtés au roi -pour employer à la réduction de la ville de La Fère, et en outre pour avoir travaillé avec lesdits cinq chevaux, dans la ville d^àmiens, à rouler six canons depuis le magasin jusqu^au lieu dit le Cay («te). (i& décembre 15S1). — Vente de chartes, etc., du eoUége héraldique et historique de France, catalogue pufflié chez Teehener, 1S66, première partie Picardie, p. 9.

(t) On crut devoir travailler aux fortiOcations d'Abbeville :

« A Philbert Pacquier dix sols pour avoir esté à Cressy et à Dompva chercher des hriquetiers pour faire travailler à Touvrage

de la ville x aols. • «<-

Rêg.dê 1579-lftSO.

Ob dut veiller, soit avantt soit pendant ces travaux, à quelques endroits rendus trop acccessibles :

• Cinquante sols sont donnés à quatre hommes qui ont fait la garde pendant cinq nuits chacun « à une bresehe estant au rampnrt, » mandement du XXV* avril IftSOi cy ,...,. . |i% «-^

A a mois de juillet, « les états de Ponthieo s'assemblèrent pour délibérer sur les subsides (1). « La réooion fit mieux que de s'occuper de questions politiques : elle décida rétablissement d'un bureau des pauvres à Abbeville, résolution que le roi confirma par lettres patentes registrées au parlement le iO mai ïoSi (2).— Form^fUin.

(1) En cette annëe échevinale (ou en la prëcëdente)^ le roi demanda une subvention assez forte à la ville. U est encore question de cette subvention dans les recettes de 15S1-15S3 :

« A esté receu des deniers provenant d*une assiette faicte sur les habitans de la somme de quatorze cens livres restans à paier de la somme de unze cens unze escus six sols huict deniers de subvention extraordinaire demande'e par le roy en ladicte ville eo Tannée mil cinq cens soixante-dix-neuf. • — Reg, aux compUi de 1&SI-I582.

(2) Ces lettres ne furent donnéesque le 3 fmrs 1581, a Blois; par conséquent, si la pensée première de fonder un bureau des pauvres remonte, pour l'honneur des Âbbevillois, A Tannée 1579- 1580, les lettres royales qui approuvèrent la fondation appar- ITênnent pour nous à Tannée 1581-1582. On y lisait:

« Henri, etc les commissaires establis par le sénescbal do

Ponthieu ou son lieutenant, sur le faict de la bourse et police des paouvres de nostre ville d'Âbbeville, capitale de nostre comté de Ponthieu, nous ont faict entendre que, pour pourvoir an bon ordre, à la nourriture et entretien d*un grand el effréné nombre de paouvres mendians en lad. ville et fauxbourgs d'Abbeville. suivant le soixante et treiziesme article de nos ordonnances faictes à Moulins, et arrest de nostre cour du parlement de Paris du 22 juin dernier passé, et aussy par Tadvis et consentement des trois estats de lad. ville pour ce faire assemblés, a esté estably en icelle un bureau perpétuel pour la bourse desd. paouvres, lequel establissement lesdicts commissaires nous ont très-buoiblement supplié et requis auctoriser, confirmer et approuver comme chose très-utile et nécessaire ; et par mesme moien leor permettre de pouvoir faire contraindre, si besoin est, à la contribution de lad. bourse, les abbés, collèges, chapelains, prieiirf«

Ainsi en ces temps de troubles, malgré les troubles, à cause d'eux peut-être, la société ne restait pas station* naire. L'œuvre de rbumanité se continuait, et, quelque

communauItÀ, curën, bënëficîers et aultres particuliers, habîtans de lad. rille et faoxboorgs, mesmes cenix qiiy y ont maisons, possessions et rerenus, selon leurs facultés ; aultrement seroient lesdicts commissaires contraincts de rompre ladicte police, laisser et souffrir les paouvres mendians comme devant, avec grand désordre, confusion, danger de la peste, et aultres invéniens qny s^en pourroient ensuivre ; et qu^il nous plaise leur permettre de laire tontes cotisations et contrainctes raisonnables ; pour le faict de lad. police, commettre collecteurs, huissiers, sergens, pour la direction dud. bureau, ouir les comptes desd. collecteurs, avec pouvoir de visiter tous hôpitaux, malad reries, léproseries et hostel Dieu de lad. ville et fauxbourgs, pour scavoir et congnoistre les revenus d*iceulx, le traitement et nourriture des paouvres malades, et assister à la reddition des comptes; d^autant que, sy tel pouvoir n*estoit donné ausd. commissaires, il seroit impossible de pouvoir maintenir led. bureau quy est une œuvre de piété et de charité très- agréable à Dieu, utile et nécessaire en ce royaume. A raison de quoy, désirans sur toutes choses que Térection et establissement de lad. aumosne soit perpétuellement entretenu, Scavoir faisons, que Nous, comme père et protecteur desd. paouvres, après avoir fait voir en nostre conseil le procès- verbal

dud. bureau, et ayant pour bien agréable Testa-

blîssementdud. bureau pour la police, nourriture etentretenement des paouvres de lad. ville et fauxbourgs d'Abbeville, de nostre eertaine science, pleine puissance et auctorité royale, avons loué, •nctorisé, confirmé et approuvé, louons, auctorisons, confirmons et approuvons par ces présentes, Pesta blissement dud. bureau.— Voulons et entendons, et nous plaist qu'il ayt lieu et que la police desd. paouvres soit administrée en lad. ville d'Abbeville à Pinstar des aultres establis es bonnes villes de nostre royaulme, mesme

eu celles de Paris, Orléans et Amiens.— Donnons pouvoir

lusd. commissaires de s'assembler en iceluy bureau toutes fois »t quantes qu'ils verront bon estre. • — Les articles suivants ^urvoyaient aux revenus du bureau, à la taœe de» pauorei, di-

8ôU le jugement que rbistoire doive en définitive porter sur le misérable et dernier prince des Valois, la bienfaisance publique, favorisée déjà par ses prédéçesseurSi

rait-on de nos jours ; les commissaires recevaient pouvoir de faire « en leur conscience, toutes cotisations nécessaires ponr la nourriture, subvention et enlretcneinent desd. paouvres sur tous les habitansde lad. ville et fauxhourgs d'Abbeville et sur cculxquy ont maisons, bien et facultés en icelle, de quelque qualité et condition qu'ils soient, • c'est-à-dire sur ceux qui, n*étaot pas bourgeois et ne demeurant peut-être pas dans la commune, y étaient cependant propriétaires. — « Voulons, disait eucore le roi sur ce point des cotisations, que tous ceulx quy se soutcy-devaat taxés et cotisés volontairement et quy, au refus de ce faire, ont esté on seront cy après taxés et cotisés par iesd. conmnssaires, soient contraincts chacune sepmaine, par noslre huissier ou sergéant, à payer leursd. taxes es mains du recepveur quy sera estably pour lad. aumosoe, enseuibie les arréraiges deubs et escheus depuis Testablissement de lad. bourse» en vertu des rolles quy seront baillés par Iesd. commissaires, signés de leur greffier, et ce par prise, saisie, vente et exploitation des biens lei plus exploitables, jusques à l'entier paiement de ce quy sera deub

par Iesd. cotisés » — Ainsi les lettres royales, d'accord

sans doute avec l'intention des « trois états de Ponthieu, >• oe transigeaient pas sur les garanties à accorder à la perception de l'impôt pour les pauvres.— Les commissaires recevaient d'ailleurs, conformément aux considérants reproduits plus haut, le pouvoir de visiter « les hostel-Dieu, hospitaux, maladreries et léproseries

de lad. ville et fauxbourgs, d'assister à la reddition des

comptes des lieux susdicts, etc »— Le président du prési-

dial, le lieutenant civil, le maire d'Abbeville, pouvaient toujours

« assister aud. bureau et esdictes assemblées. » « Donné

à Blois, le troisiesme mars mil cincq cent quatre-vingt-un et de nostre règne le septiescne. » —Tous les ans, les élections des commissaires pour le bureau des pauvres sont inscrites, avec grand soin, dans les registres aux délibérations de la ville. — Voyez plus haut, dans notre Introduction, chap. iv, le Aeuouvelleipent de la loi in fine.

VjétenAatt eaeore mnm sa main. L*<^mbre de l*biftoire l^faiClPUle pane ainsi sur toates nos villes, et non en ÉiMaaMt mieuK la marche» cela ne peut fliire doute, en la suivant au milieu de nous, dans nos établissemenls communaux, dans nos modestes annales.

Le bureau des pauvres fut établi Tannée suivante, conformément aux lettres patentes du roi.

On reconnaît d'ailleurs dans les Comptes Tactivité des affaires de la ville (1).

FAITS ni VERS.

9d trcmblemeol de terre. — La fabricatioo des draps ëmigrant en

Page 1