IS82-IS8S
BraovTelUmfBl de la loi. — DifféreDd entre le gooTerDement et le maîevr nr lit patte-pert* à ligner pour la aorlia des bi^, des vin», etc. — Bm kttra «ia la reina-mèra annonce rapproche de Tarmëe ne V frère du roi. — Baftasin à établir pour fcurnir de vivres cettf armée — Le blé pour let foorniiorea dn pain aéra pris sur la maison du Val et dans les greniera ^•F km commanauiés reityietaea oui dans la ville. — Pirateries e&erréaa vers Pemboocbure de la Somme.— Navire ccnstruit par M. de Ramburea poar Ita réprinrer — .%hbcvHte refiise d'appoyer Tiutentiou de H. de Ean-* bires.— &a eonté de Puntbiev est donné i Diane de France.
Les regîsires aux délibérations ne nous feront plua défaut maintenant jusqu*à 1 entrée du roi dans Abbe* y'iWtt fliais le registre aux comptes nous manque pour eette année lo82»)5^3.
(i) Mairor : noble homme loaistre François BIoubbttb, seiguiMir dp Cumont et Maison, consdller du roy et son premit>r advocat au comté^, sënécbaussët* de Poiithieu etsi<fge présidial d'Abbovilte.
Les quatre premiirs éehetins furent : nobles hommes M* Fban* çois Le GAtoNy seigneur de Conteville, esleu; M* François CAisiBa, seigneur de RéalmonU advocat; honorables liommes RoQjBRiii NocL et M' Jacques du Candas, maistre des ouvra^ du comte de Ponthieu.
Les argentiers furent: de la Ville, Antoinb Bouixon; du ?al,
PttRii m MglMBAH^^ Woiqm^tn
La poste, qui nous arrêtera plus loin, sert de fond sinistre à toute l'histoire de cette année écbevinale. Sur le premier plan npparaissent cependant, par instants, des pronostics de guerre, dos précautions de ville qui se garde, et ces messagers qui précèdent les massacres, les commissaires dos vivres et des munitions.
Dans une assemblée du s novembre i5s*>, le maïear eipose que, le jour même, les portiers sont venus l'avertir que M. de Hucqueville leur a envoyé une ordonnance signée de lui et de son secrétaire, avec ordre de l'attacher aux cor^s-de garde des portes, - touchant qu'il est enjoint à tous chef et gardes desd. portes de ne laisser passer aulcunes armes ny laisser sortir bleds et aultres sortes de grains, vins et aultres vivres, sans passeport de luy ou de son lieutenant. •• Cette ordonnance* les portiers la lui ont présentée et il l'a retenue, • parœ qu'il croit ictilo estre de conséquence et faire préjudice aux droicts, prééminences et aultres de la ville et des habitans d'icelle, d'aultant que par icelle led. sieur gouverneur se vo.Idroit attribuer seul la congnoissance et commandement sur le maniment [?] et pollice de ceste ville » Le maieur s'est donc décidé à faire faire la présente asseii.blée, et il y a convoqué messieurs les lieutenant et officiers du roy; mais ces messieurs ont répondu au substitut même du procureur de la ville que, «• pour le présent, ils avoient quelque empeschemcnt en leur chambre, •• et ils ont demandé communication de l'ordonnance au lieu ordinaire de leurs réunions.
L'Échevinage, »ss(*z mécontent sans doute de la réponse dilatoire et de la réserve des gens du roi, décide que l'assemblée sera remise au lendemain « pour résoudre; • l'ordonnance du gouverneur sera portée aux oQiciers dM
roi, qui • lieront requis et priés » de se trouver à celte assemblée du lendemnin.
Mais le lendemain étaient survenues dos nouvelles assfx frraves pour détourner (*n partie, vers d'autres préo4*en pat ions, Tesprit de rÉchoviuage
L'iisftiMiiblée, qui st* réunit 'e 9 novembre sous les impriassions de la veille* et du jn(jr^ est très nombreuse; di'S maieursde bannièrrs y assistent Le n aieur raconte que le malin ménie, sur les onze heures, M. de Hucque- \ille lui a coiittnuniquc une lettre de la nine-uicre, a\ec d^autres lettres de Monsieur de Montpeusiir, conducteur de Tarméc de Monsei^ni ur frère du roi^ de Messieurs de Buiron et Pied Gaillard . « et mesme qu*il en a\oit aussy receu, de sa part ( •), desd. Sieurs de Monpensier, Beron [?] et Pied Gaillard, affin de dresser uog magasin en ceste ville pour subvenir de vivres à à lad. armée. » — Ces lettns a\ aient été apportées par le sieur de Cesseval (Saisseval sans doute), commissaire général des vivres et munitions de France,
• quy avoit charge de donner ordre auxd. munitions. >• Lecture faite des diverses lettres, l'assemblée, inquiète, discute les moyens de parer aux inconvénients
• quy pourroient advenir et rellever ce pais de la
et oppression que Tarmée de Monseigneur frère du roy y feroit, y faisant long séjour. •• Llle décide qu'à la plus grande diiligence que faire se pourra « on fournira jusques au nombre de W\ à XXX (4) de pains; pour à quoy satisfaire siTa prins jusques à quarante septiers de blé sur la maison du Val , et que le surplus sera
(1) De son cOt^, liii-niéme.
(S) On nombre ou un poids que je ne peux lire.
prîns es greniers des abbiiies et comsMinaiiltét estas en eesle ville, vers lesqudles la ville 8*obligera 4e b somme à quoy se montera IVstimntion de ce quj sera par f'ulx (I) livré; •• et, pour exécuter 1^ présente délibération et aller visiter ces greniers, furent nonam plusieurs commissaires.
De Torde nnance du gouverneur pour les portes, pas un mot dans cette délibération La question ruieuUrrée sans doute au milieu des nouvelles de Tarmée et des lettres de la reine.
Les délibérations suivantes s'occupent encore des fournilures de pain a l'armée.
Dans la séance du XI janvier 1583, on décide que - les trente septiers de blé moictié, prins depuis deux mois au logis de Bolleborgne (ce blé appartenait anx religieux Célostins d'Amiens\ pour faire le pain de manition pour nourrir l'armée de son altesse passant par ce quartier suivant la kttre missive de laroynemère régente du roy et de monseigneur duc de Uonpensier, seront paies au pris de quatre livres huict sols le septier, quy niont( roit à la somme de quarante-quatre escus. n — Reg. aux délibérations, 15 2 I5S3.
Le mai 'ur viont d'exposer, le 4 jan îer, que M de Ramburrs a fait construite un navire «• pour mettre sur la mer et empesch<r les volleries •• «|ui s'y comm»*UeQtau grand détriment des marchands et parliculièremenldes marchands dWbbeville, mais que, p<»ur en pl<»jer ainsi ce navire une permission de Monseigneur le duc de Joyeuse, amiral de France, est nécessaire. La réunion a donc pour objet d'arrêter une requête au duc. Les
(I) Par les représentants des abbayes.
irciiiiiids de la ville sont consultés sar Torginice de eettc requête. On ne sait si la ville cra*nt quelque demande d*ar{*ent pour i'armemont du navire, mais il est eertaki qu*tlle refuse d*appuyer le projet.
En ce mois de jan\ier^ d'ailleurs, et jusqu'à la Saini- Sarihélemy, le bruit des éxèuemenls extérieurs ne semble plus gucres entrer dans la ville. L*atlrîbution en apannge, que nous allons rnpporter, passe un peu par-dessus la tète des linbilaus d*Abbeville.
Le 43 août 1553, Henri III donna à Diane de Frakcb le eomtéde Pontbieu enéeliange du eomté deChâtcllerault, pour en jouir, par usufruit, avec tes mêmes hoqneurs et prérogatives qu\'n jouissait le feu roi (>)• Ces lettres d'échange ne furent véiitiées qu'en vertu de lettres de juasion.
Henri 111 avait gouverné le Pontbieu comme comte pendant neuf ans et quelques mois (2). ~ Formeniin.
Diane, légitimée de France, tille d'Henri 11 et de Philippe Duc (piémontaise), était veuve d'Horace Farnèse^ duc de Castro, mort en 1553, et de François, duc de Montmorency, mort en 1579 — An de vérifiir les dates.
(I) Cest-à-dire depuis son avcnomont an trône, le comté de PoDthieu étant réuni au «lomnine de Franco.
(S) Formentin renvoie pour In périoile occupée par le jouver^ nement de Diane de France (elle inounit le 11 janvier I6i9)« aux chartriers et registres des hoslels de ville «rAbbeville, Montreuil, Douleus, Amiens, Saint Valéry, etc., et rrgi>trrs de Saint-Vul-
fran, Saiut Pierre, Saint- Riquier, archives du , mémoires
manuscrits et anecdotes du Poutim u. mémoires manuscrits de M" Rumet, Waignart, il4H;quet, Ueruiau, etc., pandcctes, hist. ■18. d«i Poiithieu; aux P. Ignace, Daniel, Meseray, iW S«'i res, Mam« bourg, du HaiHuu, Satire Menippëe, uiéuiuin-s de ia ligue de Suili, de firaniuine, du maréchal d*hstrëes, r^du^^is de Grauiuiit, etc.
« Le pariemenl ayant enfin vérifié les lettres patentes dé réclian j;e ci-df's^us, LonU Ikxlieu, maître des comptes, se raodil h Abbe\iUe. comme commissaire du roi, pour mettre Jacques Uico, seigneur de Pamply, procureur de Diane, en possession du Ponthieu ; cette cérémonie se* fit en lu chambre d*audience du présidi.il, en présence de tous les députés des mairies du Ponthieu ( 1) Le maieur d*Abbeville s^opposa à c(*tle prise de possession, attendu que ce comté n^uvait pu être démembré de la couronne. »
— Formeniin.
Empiétons quelque peu sur l'année qui vient, pour suivre les efTels de cette protestation du maieur J Groul.
«Sur Topposition s*étant retiré vers le roi. il obtint use déclaration, le 9 janvier 1584, par laquelle il fut dit que Diane ne jouirait du Pontliieu que comme usufruitière sans que la propriété en fut désuni du domaine et sans dérogation aux privilèges du pays. »» — Formenitn,
Nous lisons encore dans le paquet 9, art. Z B de doro Grenier: - 19 may 1554. Diane de France, sœur légitimée du roi , duchesse d'Angouléme , douairière de Montmorency, comtesse de Ponthieu, en vertu d'apanage, n
FAITS niVEBS
La peste. — Mesures prises contre l^épiJëaiie.
La peste désole Abbeville pendant toute cette année
(1) Le 20 du mois de décembre suivant, Diane, légitimée de France, lille de Henri II, prit possession, par procureur, des retenus du comté de Ponthieu dont le roi lui avait accordé l'usufruit
— Dom Grenier, paqdtl 14, tome 90.
échevinale. Od décide dans une réunion du 9 octob^
« Premièrement que les maistres barbiers et <4lUilr-' giens de ceste vilie seront mandés et à eulx enjoinct de delléguer ung ou deux d'entre eulx pour servir aux mallades de lad. malladie en leur donnant gaiges du sallaire compettant avec maison séquestrée au lieu plus commode qu'il sera advisé; ce que lesd. barbiers seront tenus de faire par dedans le jour, ù paine de dix escu9 d'amende et d'estre privés de tous les privillèges de bourgeois de lad ville et desd. maistrises.
« Item, de Taire defrence à tous habitans de ne faire (de faire) aulcunes assemblées soubs prétexte de mariages , confrairie »et aultres occasions quelconques , jusques à trois mois ou que aultrement en sera ordonné, à paine de cent escus d'amende contre les contrevenant et de prison s'ils persistent.
• Item, de mander le maistre de THostel-Dieu et re* garder avec luy quel moien il y a de référer les mallades de peste aud. lieu en les séquestrant des aultres mal^ lades.
« item^de ordonner aux relligieuses de Saint-François,
Saint-Jullien, (le blanc ainsi dans le
registre) de delléguer aulcunes d'entre elles, fortes et sollides, pour secourir les mallades, regarder maison commode où elles pourront être séquestrées.
• Item, demander le maistre des grandes escoUes et tous aultres et les enjoindre de fermer leurs escoUes jusques à ung mois ou que aultrement en soit ordonné.
« Deffenses à tous curés^ vicaires et maregliers, de n'envoier (d'envoyer) les porteurs d'eaux bénites par les maisons es jours des dimanches durant le temps de six
itIpîAaIhes Wi qtae àultrémetot en soit orétonoé, à paftie de amende contre lesd. curés et maregliers et de prison pôtirfesd. porteurs d'eatix bénîtes. • — Reg. mut (iUtè^ rMtôii5,i. 82-^583.
11 est encore question de la peste dans les délibération! dé cette année, notamment et très-longuement dans celle do 17 octobre.
La contagion persistait encore en 1583. il est parlé dans la séance de PÉcbevinage du 9 mars de la • cessation de la maladie des pestiférés, «> maïs la délibération du 48 mai constate que la maladie a reparu en quelqnei endroits de la ville. Plus tard encore, une délibération du XXY may (1583) commence ainsi : « Sur ce que la malladie de la peste continue de pulluler en plusieurs endroicts de ceste ville et que phisieurs babitaas se
tnAtcontentént et plaingnent, feulte-d'estre saignés
etc. » Enfin le XYI*" jour de septembre iôb^, est «^nalidé & Pescbëvinage Vh M arand de Bailloeul, prebtre, maistre «les ^andes escolles, auquel on faict defTense de ne plos rtH^epvoir (de recevoir) aulcuns enffans ny tenir escalle, à raison de la malladie contagieuse de pe^tc qui eourt et pullule ad présent en ceste ville; et ce, tant qu'il en sera aultrement par nous ordonné » — Reg. aux délibé' rations, 1583-! 584.
II* reii#avellêaent de la loK — Lettres da mirëchal de Ifron. — Pela, ria «I biire foarois ao maréchal revenant de Flandres. — Différend entre la TÎUe et le goaTeroeor 11 de Haeqae?ille.— Processions de pénitents blancs, plâs ^/Btt doatetiftes, à Abbeville. — Gens d'ames en passage logés dans la Tlllél —La compagnie de M. Domont (d*Aomont) en garnison. — Séférités contre le eirnafal. — Emprisonnement de Jacques Le Roy plaidant TexemptloB dtobti.
Le registre aux comptes de cette année n'est pu complet; les mises ou la plupart des mises manquent.
Les faits particuliers qui remplissent cetle année écbe* vinale et qui touchent de loin à l'histoire politique do temps sont assez divers, et il faut en chercher la liaison dans les événements généraux de Thistoire même de France
(1) Maieur: noble homme sire Jacques Gboul, seigneur de la FôKe.
Les quatre premiers ëcbevins furent : honorable homme M* Jéh^ Lb Pobc; nobles hommes M* Jean de Cantblbu, esleu; M* Fbaii* çois Le Sage, advocat, et Nicolas de Laybrnot.
Les argentiers furent : pour la Ville, Nicolas MoiTifi (t) ; pour le Val, ARTomB Sanson, orfebyre^^FTat^norf.
(1) Le loietjd dans les registres de la fille, mais nous aeeeptona poar BOB» la fome ^oe noua ibaroit Waigaart quand na» la aantullott*.
Le XXVIi* jour du mois d*aoust iô83, le maieur annonce au corps échevinal quMI a reçu le jour même des lettres du maréchal de Biron qui lui réclame comme nécessaire la fabrication et Tenvoi de cinq mille sept cents pains « pour la nourriture des troupes françoises et suisses qui s'acheminent par delà à grand' journées, • et quelque quantité de vin et de bière pour leur boisson. L'assemblée décide qu'il sera fourni cinq mille pains, dix barriques de vin et vingt barils de bière.
Le 29 août, le maïeur remontre qu'il est besoin de commettre quelques-uns de Messieurs (les échevins) tant pour « reiepvoir les munitions qu'il convient envoler à l'armée de Monsieur le mareschal de Biron que pour les conduire au bourg de Gressy où se doibt rendre lad. armée. Le conseil décide que André Belle, Sanson, Hocquet, Pierre du Maisniel et Anthoine Bellenger prendront la charge de recepvoir et faire charger lesd. roonitions, et que Caron et Dubos les conduiront à Cressy. »
Et le premier jour d'octobre suivant, on délibère d'envoyer requête à Messieurs les généraulx à Amiens pour qu'il leur plaise ordonner à MM. les élus de faire assiette sur le pais de la somme à laquelle se sont montées les munitions de vivres fournies à l'armée du maréchal (de Biron) à son retour de Flandres. «•— /6û/.
Les sieurs Leboncher, lieutenant criminel, Jacques Leroi, élu, François Caisier, avocat, sont députés à Paris pour une affaire contre lesieurHucqueville. — M Traullé, Notes diverses.
« Le commencement du gouvernement de Diane de France se signala par l'établissement que Geoffroy de la Martonie, évêque d'Amiens, fit à Abbeville des pro-
cessions de pénitents blancs, à Timitation de celles que le roi Henri III faisait (1). Ces pratiques, bonnes en ellesinémesv dégénérèrent en superstitions, ce qui obligea les magistrats à les abolir. » — Formentin.
Je dois dire que rien, dans les registres de la ville, ne noQS met sur la voie de cette instigation ou initiative, vraie ou supposée à distance, de Tévéque d'Amiens, ni de l'abolition qui serait venue plus tard.
Le 27 juillet (158^i), le maieur déclare qu'il est besoin de contraindre les réfractaires à loger les gens d'armes et à leur bailler les commodités indispensables. On délibère que commandements seront faits « au maitre do Cygne et Cerf de raccoustrer et mettre en estât suffisant une chambre de sa maison pour y loger l'enseigne de la compagnie de Monseigneur le mareschal Domont, en dedans ce jour. *•
On décide aussi que des publications seront faites à son de trompe, portant commandement à toutes personnes • de ne point donner empeschemens aux gens d'armes qui logeront en leurs maisons, ains de leur fournir chambres, fournitures et aultres choses, en dedans buy, à peine de dix escus d'amende et pugnition de prison. •
On voit, par la suite de la délibération, que la compagnie de H Domont devait tenir garnison dans la ville. La ville se montre sévère contre le carnaval (2).
(1) Henri lll avait établi les péuitents de rAnnonciation an mois de mars 1 5SS.
(t) «Du XX!I*jourdud. mois(de févrior 1584), Nicolas de Brotttfiles, pour avoir esté en masque contre les deffcnses. . xxx*. « Dudict jour, Nicolas de Hodde, pour pareille cause. . xxx*. • Dttdict jour, Anthoioe B...? pour pareil faici • • . • xxx*.
Iicqaet Lefwr, wngùcmr d^Aa|«el, est eapriaoïiDé orire àm rai psm qu'il soaticBt PexemptioD de h TÎHe éë droit de beo ; il rreoil oiie indemoité de la ▼iile. > M. Tradié, IKifcff dkvTJei, i b date da tSman «584.— (I)
U Fréâfid è U Grmmt.- Délicac» et
fje siège do préndial fol transieré. y^ts la fin de BOTembre 1583, à l'bôlel de la Grutose.— Dom Greoier, paquet 14, tome 90.
Messire GeofTroj de la Martoaie, • très digne évéqoe d'Amiens, • dédia et consacra le mardi des fériés de la Pentecôte de cette année» le choeor de Saial-Georges, dont la construction , décidée en 1529, était acbefée depuis longtemps.
« Dttdict jour, Claude de Vienne et Jacques de Courchellfs, pour mesme faict lx*.
• Pu XXIIII* jour dudict mois, Maturin de Londre, Andriea BoQlly, SinioD du Four, Alexis Duplat, OUive Couppîer, Tpoiik
BeauTîsage, Micbçl « Ântboine CouJIou. Gabriel de Or-
Toise et Jehan Leblond, pour niesme faict, condainpoës chacoo
en T sols L'. •-
Beg. aux comptes, 1583-1584.
(1) Je me comporte envers M. Traullë comme envers PornicotiD. ie cite avec scrupule leurs noms à chaque emprunt que je leur fais, bonnétement d'abord, par précaution ensuite, ie ne suis pas sûr d^avoir toujours retrouvé, dans les registres municipaux, les prempsea de leurs assertions.
RenoaTelleneol 6t U loi — Éeho dtos Abberille 4t Ions les éfineneDl^ia 1585. — Pasugts d'ambattaJcars. — Lettres da Ueuteosut cënëri^l de Picardie et da roi à cette occasioD. — Mesares prises par I*Éche?inage poar la rëceptioa da cQmte Dkerby. — Reconmandations da Healamt gëoëral de i'icardie d'être sor ses gardes contre ceox de U religion. — La ▼itle fera valoir en coar ses exemptions de tailles, cens et impositiona. -^ On refusera Tentrëe de la ville I M. d*Aomale, s*il se présente devant laa portes.— Lettres dn roi et da liciUenant général de Picardie sur celte éventualité. — Lettres du duc d*Aomale à TÉchevioage. — Réponse da rÉchevinage. — Nouvelles lettres du roi et dn lieutenant général d« Meardie — Protestation de fidélité an rai et à la religion catboliqua. -* M ni prémunit les babitants d'Abbeville contre les entreprises du duc d'Auaiafa. — Rapports entre le gouverneur et le maieur. — Recommandatiotta failea par le lieutenant général de Picardie. — Le roi conseilla de neavatu la défiance envers le duc d*Anmale et veut que le prieur de Saint-Pierre sorte de la ville. — Exigences du gouverneur repoussées par l*Écbevinage. — Religionnairea retirés dans la ville. - Quelques défiancaa des babilanlafftf^
(I) Maieur: maUtre Jacques Lb Rot, arigneur de Saint-Laa, conseiller du roy et esleu en réiectiou de Pouthieu, maieur pour la seconde fois. — Waignart.
Les quatre premiers écbevins furent; noble homme M* Antoinb Waionakt, advocat et substitut de monsieur le procureur du roy; honorables hommes Nicolas Mobbl, Robert Lb Cabbonnibe et Jbam LbSaob, escuyer, seigneur de Vauchelles.
Les srgenAiers furent: pour la Ville, Nicolas BiAUTAlMir; pour le Val, Jean db Vaucrbl.-^ Waignofrt.
f< goaTerneor. — L^ÉcheTÎnage a la garde da magasin à pondre do ni. — Poadre de ee flhigasio refusée aa gouTerneor. — Discassion entre M. de Ligny et le maieur d'Abbefille. — L*Échevinage enterra ters S Jl/'|^r soumettre le cas à son conseil. — Quelques extraits à discuter de Fttrmentia. — Diminution de la compagnie du gouverneur. — Les habitants obtiennent da roi le licenciement de cette compagnie qui devait être mise et garnison dans la ville.— L*ëdit de Nemours. — Ses conséquences. — L'Échevintp consent à prêter dans la maison commune, mais non devant le sénéchal de Ponthiea, le serment demandé par le roi.
Le registre aux comptes de 45S4-15S3 est absent des archives de la ville ; heureusement le registre aux délibérations nous fournit une assez belle récolte de Faits, de lettres surtout, encore est-il presque entièrement vide da 24 août 1584 au mois de janvier 1585. — (1)
On sait que le 31 décembre (158^)^ les Guises, par nn traité fait à Joinville, s'étaient à peu près liés à TEspagne, etque^ presque simultanément (2 janvier 15vSl), la Ligue s'affirmait à Paris avec une vigueur nouvelle.
Nous entrons donc immédiatement dans Tannée fort agitée 1585. Pas un événement tirant sa cause de la politique royale ou de Tintrigue des Guises qui ne laisse en notre ville une trace, un bruit à recueillir.
Par ordre du roi, on reçoit à Abbeville, dans le mois de janvier, « plusieurs envoiiez ou ambassadeurs des Paiis-bas, c'est- à dire de Flandre, d'Anvers, de Frise et
(1) Un seul incident à noter dans cet intervalle. Le XXII* jour d'octobre 1584, une légère difficulté s'élève entre le maieur et
le mareschal , alors dans la ville. — Le maréchal
demandait de Thuile, des chandelles et du bois pour ses soldats « en garde. » LÉchevinage refusait poliment, déclarant qu'il n'avait jamais fourni ces objets qu'aux bourgeois de serrice. Il offrait cependant de donner du bois, bien que les soldats et hallebardiers du château eussent coutume d'en prendre aux portes. — Reg, aux délib,, 158I-158S.
de Goeldres. Albert-Léonin de Longuenil, cbeTalier de Guel4rç8, estoit chef de cette ambassade vers le roi. •-— Dom Gienier, paquet \ék, tome 90.
Le nn^ear communique, le 4 février !585, à PèchevÛMge, les lettres par lesquelles le sieur de Castelenau lui annonce le passage du comte • Dherby » chargé d'apporter au roi de France Tordre de la Jarretière (i), et qui partira d'Angleterre dans huit jours au plus tard. L'échevinage décide d'abord qu'une copie de la lettre da sieur de Castelenau sera envoyée à H. de Crèvecœur afin de connaître ses intentions et ce qu'il conviendra de faire.
M. de Crèvecœur répond :
• Messieurs, à ce que m'escript monsieur de ,
nostre ambassadeur en Angleterre, le comte Dherby doibt partir incontinent, de la part de la royne sa maistresse, pour venir trouver le roy avecq tout plain
de démonstrations, » etc Le lieutenant général
de Picardie recommande ensuite une bonne réception : • Surtout que vous aiez pourveu de nombre de chambres compettantes pour ce quy luy en fauldra à sa suitte, entre laquelle vous regarderez particullièrement que n'y ait aucun désordre ny confusion dont ils se puissent se mal contenter de nous. »— Le reste de la lettre est plein d'ellipses d'une grammaire hardie, si la faute n'est pas au copiste.— M. de Crèvecœur datait d'Artois le 31 janvier 1585.
Le roi écrivait à son tour» plus correctement, de Paris, le 4 février : « Chers et bien amés, à
(I) La lettre du sieur de Castelnau est tout au long copiée dans le registre aux délibérations ; elle donne des instructions pour la réception do comte qui doit passer avec plusieurs geotilshommes et deux cents chevaux.
ceste cause nous voulions et vous mandons que vous aiez à le (le comte Dherby) recoeullir et accon4>fllgner le mieulx et plus honorablement que vous sera possible et le faire loger en vostre ville, enssemble les gentilshommes, etc et vous nous ferez service fort
agréable. »
Ainsi finit simplement et amicalement le roi Henri III, quand H. de Crèvecœur donne gravement aux bourgeois de la saincte et digne garde.
L'échevinage, ainsi royalement sollicité, décide alors que les capitaines des compagnies des barquebouziers, arbalestriers et archers, seront mandés et qu'on les ad« monestera de se tenir prests en bon ordre et esquîpaige pour la réception du comte Dherby. On admonestera pareillement les hostellains de faire accommoder leurs chambres des choses nécessaires pour loger led. seigneur et sa suite; on arrêtera des chevaux de louage pour faire porter les bagages de l'ambassade.
Le 15 février, Tainbassadeur de la reine Elisabeth, Henri, comte Derby, fit son entrée à Abbeville. Il était lui même chevalier de l'ordre qu*il apportait au roi de France Les ambassadeurs des Pays-Bas, fêtés à Abbeville dans le mois précédent, Tattendaient à Senlis.— Dom Grenier, paquet U, tome 90.
Le 16 février 1585, le roaieur communique à l'échevinage des recommandations pressantes de H. de Crèvecœur (1). 11 faut être soigneusement sur ses gardes, soit de jour, soit de nuit, contre ceux de la religion qui Plissent par la ville, à cause des secrètes factions pra-
(1) Lettre de M. de Crèvecœur du U février t58&. — Regùin aux délibérationi.
tiqnées par eux « jusques à avoir voullu attenter sur la viHe de Corbie. » L'échevinage décide que les ordonnances déjà faites pour la garde seront appliquées en toqte rigueur.
Dans une séance générale du 18 mars 1585, TÉcher visage décide « qu'on enverra en court pour remonstrer à sa majesté que les habitans de ceste ville sont exempta et non contribuables aux tailles, cens et impositions quelconques, etc. »
Les questions politiques reparaissent vers le milieu d'avril.
Le Xlll' jour d'avril, en la chambre du grand Échevinage, une délibération, qui parait être toute amicale, ^'engage entre le maieur et H. de Hucqueville, gouverneur de la ville. M. d'Aumasle, remontre le maieur, est depuis peu revenu en sa maison à Aun^asle. Serait-il bon, s'il se présente « en ceste ville pour y entrer, soit
avecq gens ou non, luy faire ouverture ou refus des portes ? »
On décide « que si led. sieur d'Aumasle se présente et voeqlt entrer en ceste ville, soit ayecq gens ou non, ensemble ceulx qu'on cognoistra leurs (sic) gens sans commission du roy nostre sire, les portes leur seront fermées et requis à eulx se retirer, attendant sur ce Tadvis de sa majesté. »
H. de GrèvecŒur écrit d'Amiens, le 2! avril 1585, aux maieur et eschevins :
« Messieurs, cependant que j^ay esté à mon voiage, mpnseigneur d'Aumalle a eu quelque volonté de voir ceulx de cipstç ville et de cpmmunicquer avec eulx ; à quoy ils ne Font voiilu escouter que premièrement ils ne l'eussent fait entendre au roy pour scavoir là dessus son intention, me voiant trop loing d'eulx pour leur en donner advis; ains, aiant eu sa response, j*ay pensé
qu'il ne seroit que bien à propos de tous en faire veoir le double attendu ce quy se présente aujourd'huy de vostre costé, adfin que, 8*11 advient qu'on vous recherche de la niesme chose, vous toui régliez sur icelle à la volonté de Sa Majesté et vous montriez en cela et toute aultre chose qui regardera son service, ses très fidèles et obéissaus subjects , n'estant la présente à aultre fin sinon de m'asseurer et me confier tousjours sur vos fidèles volonté et debvoir. • — Bonnivet.
Suit la réponse du roi :
« De par le roy, « Très chers et bien aniés, nous avons reccu vostre lettre do XVI* de ce mois et par icelle veu la response que vous inesme aviez faicte au gentilhomme qui vous a esté envoyé de la part de mon cousin le duc d'AumalIe pour vous convier de communicqoer •vecq luy sur plusieurs affaires ; laquelle, sy nous avons trouvé fort louable et digne de la fidélité et dévotion que vous nous debvez, nous n'avons pas recongneu moings sage, prudente et accompaignée de la fidélité que portez à vostre roy, la délibération qu'avez prinse sur ce, en vostre assemblée de ville, de différer de communicquer avccq mond. cousin et de l'escouter aucunement, sans scavoir premièrement sur ce nostre volonté et intention, à laquelle vous montrez bien par là voulloir entièrement vous
conformer Nous vous dirons qu'estant
nostre dict cousin associé avecq ceulx quy sont autheurs des
d'armes quy se font en plusieurs endroicts de mon royaulme à mon grand regret, et quy ont ja saisy quelques unes de nos villes contre mon autorité, nous vous deffendons de communicquer avecq luy, près ny loing de nostre ville d'Aniyens(l), et ne le recevoir en icelle quant il se contenteroit d'y entrer avecq ung seul cheval, ny semblablement escouter aucun quy y seroit envoie de sa part; aussy de ne donner l'entrée de voslre ville à quelque prince ou qui que ce soit, si ce n'est le sieur de Crèvecœur, nostre lieutenant général en Picardie, » etc., à moins d'ordre contraire
(I) Pour Abbeville. Erreur de la lettre originale ou du copiste.
signé da roy et d'an de ses secrétaires d'Etat. — Paris, 17 tyril 1585.— Registre aux ddibéralions.
Le XXV avril M 85, lettre du duc d'Âumale, « escrîpte de Pont-de-Remy et adressée aux maieur et eschevios d*AbbeviIle. *• Le duc leur fait beaucoup d*amitié, rappelant d'abord qu'ils ont laissé pénétrer dans la ville quelques gentilshommes «• estrangers, *• qui y ont fait réparer des armes -, il continue :
« Je ne sais par quelle occasion pour Pamour d'enix particullièrement vous en pouviez avoir eu ; mais, pour ce que vous n^aTPZ aucun sujet de faire mauvais traictement à ceux qui s'advouent de moy, pour n'avoir receu de moy jamais que courtoisie, je vous prie ue reffuser aux miens ce que vous accorderiez aux plus estrangers et barbares. Quant à moy, je seray tousjours amy de mes amis, priant Dieu, messieurs, vous tenir en sa saincte et digne garde. — A Ponl-de-Rcmy, le XXV* avril 1585. — Vostrc entièrement bon amy, Charles de Lorraine. »
A la lettre du duc, le maieur et les échevins répoi^ dirent le jour même, XXV avril :
« Monseigneur, nous ne pouvons passer l'occasion par laquelle nous avez escript, veu que assez librement les pourvoieurs de votre suitte et aullres qui se sont présentés en ceste ville en sont party contens avec les vivres et hardes dont ils ont eu besoîng, n^est que, mardy dernier, fut osté à un gentilhomme venant du Pont-Dremy une pi^tole(5), passant par la porte du Bois, pour quelques propos dont il (usa) sur la difliculté que luy firent ceulx de la garde de le laisser passer avec lad. pistolle et dans le temps que ce n'est chose nouvelle en ceste ville, quy est frontière, d'arrester lesd. armes aux portes. Nous vous supplions, monseigneur, ne trouver mauvais led. arrest et empeschement du passaige des armes et munitions de guerre, parce que, oultre,
(5) Un pistolet
BOUS en ayons commandement exprès da rou Désirons aa sur* plus, la fidélité et respect que debvous à sa majesté gardés, tous faire très humble service, priant Dieu, monseigneur, tous donner en santé bonne et longue yie, A ABbeville, le XXV* arrH ib%y ▼os très humbles serviteurs les maieur et eschevins de fa Tille d^Afobeyille. »
C'était an tournoi de coquetterie du roi et du duo d'Aumale autour de la ville. Les missives pleines de bonnes assurances, de promesses, d'abandon confiatat et d'amitié, partent presque aux mêmes heures de Paris et de Pont-Remy. Le roi écrivait justement «aux maiear et eschevins, manans et habitans de nostre ville d'Abbeville, »» une lettre datée de Paris le XXV1« jour d'avril 4585. En cette lettre, que nous garde le registre aux délibérations, le roi cherche toujours à maintenir les habitants dans la Gdélité.
Le lieutenant général de Picardie, M. de Grèvecœnr, ^nt, quelques jours après, encore en aide au roi :
« Messieurs, je suis adverty qu'il se faict quelques pratîcqoes et menées en vostrc ville sur le séjour des voisins que vous avez; à qnoy je n^ay pas voulu adjouistcr foy du tout, mais bien, devant que vous ne tombiez en aiilcun danger, vous en donner avîs,afGn d'obvier au malheur et de mettre peinne à descouvrir cela tout doulcement pour en estre tant plus certain, car je m*asseure que vous scaurcz bien observer si soigneusement que d'en prévenir le hasard et Tinconvénicnt; surtout esvitez la confusion et pensez, aînsy que sa majesté mcsmc Tescript en sa lettre de laquelle vous verrez la coppie, qu'il ne désire rien tant que de maintenir ses bons subjccts et serviteurs à repos en la religion catholique, ûî laquelle chacun scait combien il fait dévotieuse profession; mais de se transporter soubs cela (l) hors du debvoir de son obéissance il me semble que, au Heu d'estre conservé, ce seroit se jetter ao
(1) Sous le prétexte de la religion à maintenir.
[^récîpiee duquel atd. najestë désire Toir tes. bons serritears retirés; à q«oj je TasseuDeraj bi<*n tousjours de rostre iotégrllé, etc. A Amieas, le ^^nd Jour de may 15S9. « Aux mâlear et escheTins d'Abberille. — BoiiifiTBT. »
Nos registres gardent, en réponse aux invitations royales soutenues loyalement ainsi par le lieutenant géoéral de Picardie, une lettre de protestation de fidélité au rojf et à U religion catholique, écrite par les maieur . et eschevins d'Abbeville le 4 may 1585 et adressée par eux à H. de Crèvecœur.
On le voit, à la date où nous sommes arrivés, la ville, par prudence, par modération ou par fidélité» ne se précipitait pas encore dans la ligue.
Le roi écrit une nouvelle lettre le VUI^ jour de may. Elle semble particulièrement adressée aux maieur et écbevins. Il est averti du bon et loyal devoir aooonipli par eux pour conserver leur ville sous son obéissance et pour maintenir les babitans dans la dévotion et fid^ lité qu'ils lui doivent H les prie de confinoer à prendnP garde • que le duc d'Aumalle ny aultres ses adhérents-» ne puissent rien entreprendre (en la ville) au préjudice de son service et du bien même de la ville; que ceux qui sont dans les troupes da duc ne puissent venir se fournir dans la ville des commodités qui leur selraient nécessaires, etc.— Donné à Paris, le Ylll may i585.
Le treize mai (l), les sieurs Waignari et Le Devin rendent compte du voyage entrepris par eux le vingtsept mars précédent en vertu de la délibération du dixhuit du même mois, voyage fait à Paris • pour réclamer sur le faict de la taille. «*
(t) Quelques jours anparavaat, une assemblée générale s*est tenue ; uiaiije dois laiiw à glaner à mes saoonMenrs.
— too — .
Je crois remarquer vers ce temps' que les rapports entre le goaverneur de la ville et le rnaienr paraissent parfois assez tendus, les commonicatioiis aigres.
On ne saurait nier qu'un mouvement démocratique (1) assez prononcé ne se manifestât dans les relations de ce temps pour qu'on en vînt à écrire aux échevinsdes villes dans les termes de confiance et presque d'égalité employés par M. de Crèvecœur dans sa correspondance avec notre échevinage; il écrivait le 14 mai:
« Messieurs, j'ai encore receu cesle lettre du roy pour tous, laquelle j^ay bien voullu vous envoier aussy tost, et, quant à ce que il vous escript pour le prieur de Saint-Pierre, d'aultaat que roccision est passée beaucoup se deflier de luy comme. 1*00 1 peu foire cependant que les trouppes ont esté autour de vous, . vous aviserez avecq monsieur vostre gouverneur s*il sera à propos de luy bailler la lettre que sa majesté luy a escript, afGo de ne rieu altérer {sic) pour cela qui vous apporte ou r^ret ou dcsplaisir. »
soiveot, M. de Crèvecœur recommande la prudence aux sages habitants d'Abbeville; il poursuit:
« Principalement que vous ayez aujourd'huy Toeil sur ceulz de la religion et sur leurs comportemcns plus que sur aultres, aflio de préveoir leur desscing et mauvaise volonté, s'il se trouve qu'ils Paient telle que on me Fa dict et que la conjecture y peut estre, etc. A Crèvecœur, ce quatorziesme may 1685. — Bonnivet. >
(I) Le mot n'est pas du temps, du moins tout-à-fait dans le sens moderne, mais il évite des périphrases: développement du tiers-état, entrée plus large du tiers-état dans les affaires publiques, appétence des droits politiques, première tendance à IVgalité de tous les droits; et ce mot explique brièvement, pour nous, un ensemble de mouvements dont les hommes du seizième siècle ne pouvaient se rendre compte ens-mêmes.
Les lettres suivantes du roi sont lues le 17 mai & , l'Êchevinage :
« De par It rov,
• ChFfS et bien am^s, volis avez monstrt! jiisques icy une si bonne vnlonl^ f\ affri'lriin nu bien i(c nnstre service el à conserTcr nostre ville ^^'A^bl■rtl^^• en loule seurelé soubs noslre obflssance que nous nous 3sscurons Lùrn que vous y continuerez de pareil detoif et dé«ntkiii; mais, d'auUnt que nnos eateudont que le duir* \ d'Aiiinalk a des Iroupes allcntour d« vous et qu'il monstre a«ses aruîrqur]qupdeiseiiigsur?ous,uuus voulions birn vouaadvertir d*y prendre garde plus soigneusement que jamais el (le ne lesouSVir
ru rostre ville, ny aiiltrt: quel quj soit, qii; y pourra esire envoie de suspect; comme aussy vous poiivoii'reE Si ce que ceux quy soin en ses tronppes n'y puissent venir prendre aiictini>s coinuiodil<S, ennime gens quy sont eslivës eu armes contre nostrs voullvir et uuthoHié. Nous mandons ausiy pour quelques considérattons particulières à l'abbe de Saiiil-Mi< lui, qui est prieur de SaÎDt-rierre dud. Abbeville. qu'il ait à sortir ificelle ville et se retirer eu son abbaie; à quoy tous lii'udreï la main qu'il satisfasse ' 1 Dnslrc intention. Donné à Paris lehuiclirsutejnirdemay isgil.' — Hbnbv.
• A nos chers et bien nmés les inaieurâ, eachevÎRS, raansns et habitaiis de noslre ville d'Abbevillc. ■
Le 28 may, M. de Hucquetille vient à l'écheTtnagtf' et demande communicatioa des dôlibcrations fuiles pou^ pourvoir à la conservation de la ville, et communication aussi des lettres du roi - qu'il a entendu cstrë adresséfs au maieur ■ On lui répond que toutes les délibéralions - lu.v sont communes - et qu'il les peut bien avoir. Quant aux lettres purtictilîcrement adressées au maieur, elles ne le touchent en rien. Toutes les lettres du roi et de monseigneur de Crévecœur, adressées ■ à la commuDaiité ■ d'Abbeville, ont déjà été | communiquées à M. de llucquevillQ, et rtïénTe M. dé
Hacqueville a pris personnellement commonicatioD •• d'aucunes *• quMI a ouvertes avant de les remettre à rÉchevinage, sans communiquer à sod tour à TËchevioage les lettres adressées au gouverneur de la ville
Le gouverneur, il faut lui rendre cette justice, se dérange à chaque instant d'ailleurs pour venir à TËchevinage, en la chambre du conseil. 11 est vrai qu'alors il y tient à peu près le même rang ou un rang égal à celui du maieur.
M. de Crèvecœur écrit le 29 may aux maieur et eschevins pour leur annoncer, entr'autres choses, qu'il est « advisé que quelques estrangers de la religion se sont retirés et entretiennent en ceste ville. » — Ces avertissements, fondés ou non sur des vérités, ont toujours pour objet de réchauffer le zèle, de tenir en haleine.
On peut voir, dans la délibération du 3 juin, la longue réponse des officiers municipaux à H. de Grèveoœur, - réponse curieuse pour l'état de la ville à cette date.
Il faudrait lire aussi les deux lettres de H. de Crèvecœur, datées d'Amiens, le cinquiesme juin 4585, l'une adressée à toute la communauté d'Abbeville. l'autre à M. le lieutenant du roy (J. Bernard?). Ces lettres sont lues, le 8 juin, dans une assemblée générale à rÉcbevinage où se sont rendus, outre le maieur et les écbevins, deux chanoines députés par le chapitre de Saint-Vulfran, deux religieux députés par l'abbaye de Saint-Pierre, des gens du roy, des anciens maieurs, etc.
Ces lettres ont trait à quelques défiances que certains habitans de la ville entretiennent, dit M. de Crèvecœur, contre leur gouverneur, «pour émouvoir des troubles et des confusioos.
C'était réchevinage qui avait la garde du magasin à poudre du roi.
Le trois juillet 1585, le gouverneur de la ville, M. de Hucqueville, envoie demander au maieur une certaine quantité de poudre du magasin du roi pour les soldats qui iront au devant du sieur de Rambures. Le maieur assemble Téchevinage et on fait réponse au gouverneur qu'on ne peut livrer aucune poudre du magasin, si préalablement on n'en a averti « M. de Selincourt, lieutenant général de M. de Laguiche, grand maître de l'artillerie, qui en a la charge. » M. le gouverneur peut prendre, si bon lui semble, de la poudre dans le magasin du château qu'il commande, ou bien en acheter autant qu'il lui plaira chez les marchands •• qui en ont en grande quantité. »
11 serait, en ce temps, véritablement facile de signaler dans les opinions en suspension, pourrait-on dire, et par suite dans les situations diverses de la société, un mouvement assez large et significatif. Le tiers-état lutte visiblement, éuergiquement et souvent avec succès, pour la place qui lui est due et pour le triomphe de la loi, de la justice, de Tégalité en droits et en devoirs sous une règle amenée de plus en plus à devenir commune. On peut surprendre (Parfois la loi en présence de prétentions à des immunités insoutenables ou déjà d'un autre âge, et considérer avec un intérêt satisfait l'issue du conflit. Tel est le cas dans la discussion qui éclata entre H. de Ligny et le maieur d'Abbeville devant le lieutenant général de Picardie. Scène des mœurs du temps, où tout est à remarquer, l'éclat de voix et de gestes du gentilhomme, la résistance calme du maieur, et le bon sens et la droiture du lieutenant général. N'ou-
-tablions pas, au-delà de celte scène, la fermeté de l'Échevinage à demander justice.
Les faits méritent d*ètre repris tout au long dans le registre qui garde les traces vives de la discussion emportée.
Le VI* jour de juillet, le maieur propose à Téchevi-
nage, réuni à cinq heures du soir, de se transporter à rhôtel du Géant oà est logé Monseigneur de Crèvecœur, • pour luy faire la révérence et entendre s'il luy vouloit commander chose pour le service du roy •
L'assemblée se rend au Géant où se trouve déjà H. de Ligny.
H. de Ligny s'adresse tout à-coup à monseigneur de Crèvecœur, et « s'expliquant en colère, » dit :
•• Monsieur, vous estes icy gouverneur pour le roy, je vous demande justice du maieur que voilà, lequel, non content d'avoir voulu déterrer (I) mon frère, pour me fâcher davantaige, a aujourd'huy envoie quelques sergenteaux en mon logis s'informer quel nombre de grains il y ayoit en mes greniers. »
En parlant ainsi, M de Ligny jurait « aiant la main baulte; • il poursuivit, montrant le maieur: • Par Dieu, il n'a jamais eu pire ennemy que moy; je l'en feray repentir-, — soy démonstrant, •• ajoute le registre, « estre du tout transporté de colère, disant en oultre qu'il n'avoit que faire d'un maienr, qu'il n'y estoit subjet de fait, ne luy obéiroil en rien, et usant d'aultres plusieurs propos qui furent interrompus par mond seigneur de Crèvecœur ••
Le maieur J. Le Roy entra paisiblement alors, de
(I) C'est le mol que je lis; s1l est synonyme d'exhumer, le grief était eu effet un peu foi t.
nt M. de Ci*èvecœur, en quelques explieàtidiis «• sur titin8|H)rt du grand nombre de Med qui se faisoit iirnellement de ceste ville. • En considération de s enlèvements et dans la crainte qu'il n'en advint, pour cause de la cherté, que sédition et aultres in* nvéniens doubteux, par l'advis et délibération de la mmunaulté et pour le service du roj, la recherche s bleds estans en ceste ville avoit esté faicte généralnent en chaque quartier par des eschevins assistés de rgeants, de mesureurs de grains pour en faire l'esti* ition, et non particulièrement en la maison dud. sieur Ligny. » Telle était toute l'alTaire. M. de Ligny^ lité comme les autres habitants de la ville, n'avait ne aucun sujet de se plaindre.
M de CrèvecŒur, ne désirant que la paix et problement aussi l'équité, explique à son tour, pour pprocher et calmer, « que puis naguères, luy estant ns la ville d'Amiens, en son logis fut faicte pareille cherche de grains par les eschevins du lieu jusques riant à sa personne. •
Cet exemple de soumission descendu de si haut oocit la colère de fil. de Ligny. — La délibération rap- Ue ensuite que le maieur, en faisant faire la recherche s bleds, remplissait seulement un devoir de sa charge, n'était pas la première fois que le. sieur de Ligny importait ainsi en paroles injurieuses contre les lîeurs de la ville, agissant comme maieurs. La délération rappelle les faits, et l'échevinage décide qu'il ra envoyé vers Sa Majesté et Messeigneurs de son Dseil pour leur donner connaissance des derniers tes •• sur lesquels il sera advisé et ordonné ce que n semblera à Sa filajesté. *•
Je vais citer ici, avec précaution, quelques passages de Formentin. Les dates et la précision font défaut parfois chez cet historien que nous aurions tort d'ailleurs de critiquer trop vivement, lui ayant emprunté si souvent.
•• Le duc de Guise, renouvelant la ligue, y engagea le vieux cardinal de Bourbon par le moyen d'André de Bourbon Bubempré, capitaine du château d'Abbeville (1), gagné par les Guise à force d'argent. Les ligueurs prennent les armes aussitôt, et le duc d'Aumale s'empare de presque toutes les villes de Picardie. AbbeviUe et DouUens demeurent fermes en l'obéissance du roi, qui est contraint de devenir lui-même chef de la ligue et de révoquer tous les édits accordés aux religionnaires. «— Formentin. — (2)
Le ^2 juillet, le gouverneur, M. de Hucqueville, apprend au maieur que sa compagnie est restrainteà cent hommes de pied, mais que, dans les lettres mëffle du roi qui lui annonce cette réduction, il est dit que ces hommes seront mis en garnison dans la ville. U maieur assemble tout le conseil des échevins, convoque les anciens maieurs, et Tavis unanime est qu*on doit envoyer vers Sa Majesté « pour estre descbargé de
(1) Dan^ Pintervalle sans doute du traite de Joinville et de la déclaration publiée par Guise le 18 mars 1585; mais alors Robempré n'était plus, depuis longtemps, gouverneur du château d'Abbeville, à moins que M. de Hucqueville ne le suppléât presque en titre. Le point est à vériGer.
(2) Je place ici cet extrait, parce que, sans trop contrarier Tordre exact des faits saisis dans nos registres municipaux, il nous amène à la date oh le roi va efifectivement traiter avec les chefs de la ligue.
yeU^ garnison. • —Les sieurs Waignart et Le Devin sont mmédiatement dépotés pour cet objet.
Cette affaire de garnison occupe quelque temps la ifîlie ; M. de Crèvecœur écrit de son côté pour Texé- ?utioD de la lettre du roi ; la ville persiste.
Le 30 Juillet, les sieurs Waignart et Le Devin, de retour» exposent le résultat de leur mission. Rien ne pouvait êtrejpnieux Sa majesté avait licencié la compagnie ^u gouverneur et, par ce fait, déchargé les habitants de la garnison.
Un fait grave pour rbistoîre de France, — pour nos villes aussi,-*- s est passé dans le eourant de ce mois, (Pédit de Nemours, 7 juillet). La Ligue a triomphé; lea protestants sont sacrifiés» mais le roi s'est désarmé en prodigue; il a donné aveuglément des places contre luimëine ; il soldera les garnisons de ses ennemis, et les religionnaires seront chassés de plusieurs villes.
Entre les villes de sûreté que le roi accorda aux ligueurs, il faut compter celle de Rue. « Le duc d'Aumale 7 mit une grosse garnison (1). • - Farmentin.
Le licenciement, rapporté plus haut, de la compagnie de H. de Hucqueville, tient sans doute déjà à la situation nouvelle des choses. D'autres conséquences de ledit vont se produire vite chez nous, et, en les signalant, nous aurons à noter, non l'esprit de résistance aux décisions du roi, mais Tesprit de fierté communale défendant ombrageusement les anciens droits de la ville contre la Sénéchaussée.
(t) DeTona-Doas garantir cette assertion? Rue fut bien, dans tous les cas, concédé aux chefs de la ligue par le traité de Nemours.
Lje maieur convoque (I) Téchevinage le samedi troisième jour d*août. II expose que, la veille sur les sii heures du soir, copie lui a été baillée « par ung sergeant roial de certaines lettres soubs le cachet de sa majesté affin de l'entretenement et observance de l'édict faict pour la réunion de ses subjects à Téglise catholique, apostolique et romaine; lequel sergeant luy aaroit dîct qu*ii se transportât cejourd'huy par devers monsieur le séneschal de Ponthieu ou son lieutenant. »
On décide que le procureur de la ville se transportera par devers led. sieur lieutenant en la chambre 4u conseil, « adfin d'entendre à quelle fin led. sieur maieur y estoit mandé; et, au cas que ce fut adfin dey faire le serment de protestation de garder et faire garder et observer led. édict en ceste vide, remonstrer que Messieurs maieur et eschevins, corps et communaulté de ceste ville, ne sont tenus de prester le serment par devers luy, d'aultant qu'il n'est mandé par lesdlettres; « d'ailleurs, » que lesd. maieur et eschevins foDt (ou sont) un corps distinct et séparé dud. siège, fondé eo justice, loy et commune, lequel se consiste en deux collèges composés de plusieurs personnes quy ne se pocuvent [réunir] en assemblée sinon au son des cloches dans la maison commune de la ville; *• enfin « que, eo dedans demain, on fera diligence de les faire convoquer et congréger en lad. maison publicque pour leur faire entendre la lecture dud. édict et desd. lettres, et, ce fait, promettre et jurer publicquement en lad. maison com-
(1) Suivant Pusage, au son de la cloche. Nos lecteurs sont familiers maintenant avec ces coutumes que je ce rappelle plus. Au son des cloches, me verra -t-on dire quelquefois encore, mais pour indiquer des assemblées générales.
robsenration et entretenement dMceluy (de Tédit) ;e ville ; dont procès-verbal sera dressé et envoie fle de la séneschaussée, en quoy sera satisfait rny à l'intention et vouloir du roy. • La délibése terminait par ces mots qui ont été raturés à la léme qui nous occupe: « quy (ce quy) d'ailleurs voit estre en aultre forme pour la multitude des nés et officiers dont led. corps est composé. «*
FAITS DIVERS
PanërtiUw de Philippe de Rimbaret.
Q novembre 1584, fut apporté, du village deJhffli' a Abbevllle, le corps de Philippe de Rambures, ter de^l'ordre du roi, maistre des eaux et forêts en îe, Jean de Rambures. frère et héritier dudéfupt>
le deuil. Philippe fut enterré à Rambures — 'Dom r, pgyiel 14, ioxM 90» d'après Rumet
•»*»•■ u. «^ .M*.a«.v . ^fc»*.'-*^^
MV .^r*
RtnooTelleoieiit de It loi. — Réëlection de J. Le Roy. — CircoDSttneet qui
Btrqaeot cette réëlectioD. — Lettre da lieotentnt f^nërtl de Pic trdie. —
Lettre da roi. — Lettre de It comtesse de Poothiea. — IfoaTelle lettre de
M. de CrèTecoear.— Caractère da naieor J. Le Roy.— Le maréchal de
Retz i Abbeville. — Il fait tracer aa rempart oooveao. — Lettre de M. de
Crèvecaor pour one montre de la compagnie de M. de HocqaeTille qui doit
être licenciée. — Prêcaotions prises par la Tille à Poccasion de eette
montre. — J. Le Roy entre en charge. — Ordonnances de police. — L*Eche-
Tiaage refase de recevoir on contrôleur des deniers de la Tille nommé par
le ni. — Inquiétudes pour la sàreté de la Tille. — Prêcaotions prises pour
la défense. -* La garnison d'AbbeTiUe. — Les soldats doivent remettra
aTtnt de partir ce qu'on leur a prêté. — Ordonnance royale prescriTant la
TtBle des biens des protestants — M. de Crèvecœur combat les défiances
de la Tille contre le duc d*Aumale. — Le doc pourra entrer dans la Tille.
— Plaintes sur TenlèTement et le transport des grains. —Les soldats eu
ganisoB dans la Tille se rendent coupables de désordres dans les TÎIlages
Tsisins.
Le maieur J. Le Roy, réélu dans des circonstances que iKnis rappelerons dans la note ci-dessous (1), refusa
(t)llaiear: « le même Lb Rot de Sainct-Lau, * qualifie cette fois, par Waignart, seigneur de Saint- Lau, Valines, Acquêt, etc.» etc., continué msyeur par le commandement du roy, suivant ses kUres sous le cachet adressantes aux escbeyins et maieurs de kaonières d^ieelle. Led. sieur maieur, après sa nomination, ne mlat pttsUr le Ëettûéàt^ espérant se faire descharger par Sa
d'abord la mairie et fit un voyage à Paris pour exposer au roi les motifs de son refus, conduite fort louable 8*il voulait, non rejeter simplement les soucis de la mairie, mais soutenir, contre les présentations royales de candidats, les anciennes coutumes de la ville.
Majesté vers laquelle il alla, et, ne poQTODt obtenir sa descharge, retourna prester le serment
Les quatre premiers échevins furent : noble homme M* AicToraB Waignart, advocat et substitut de monsieur le procureur do roy ; honorables hommes Nicolas Waignart, seigneur de Virtm* chaux; Robert Le Carbonmibb tt Antoine de Motennevillb; — les argentiers : pour la Ville, Jacques de Campaignb(I); pour le Val, Jean du VAPcngi.. — Waignart.
Les circonstances qui marquèrent la réélection de Jacques Le Boy sont tout une histoire sur laquelle nous doTons refenir.
La Teille de Télection aidme. 11. de Crèvecœur avait écrit:
« Messieurs, le roy estant adrerty des rigueurs de poursaittes quy se fout sur le renouvellement du Magistrat de rostre ffik où il désire que touttes choses se passent au meilleur bien de son ^rvice, utilité, aussy repos et manutention (2) de la ?i||e et des faabitan3, comme pareillement à toute seureté et bonne pdloe d*icelle, il me commande, par sa lettre du XXlh qne je neosde reeeroir par courrier exprès, de me trouver aud. renouTellemeat et ellection pour y tenir la plus droicte et plus recommandable main quy me sera possible, chose que ne pouvant faire sy promptement ny avecq la diligence que le temps y requiert pour b caducité et indisposition de mon aage, a esté (sic) cause qaeje TOUS ay voulu envoyer un gentilhomme des miens avecq Tinteation même de Sa Majesté quy est telle que je vous dicts, en œ qu'elle m'escript que la création dud. niaieur soit d*ung dei
(1) Jacques de Campaigne moarot vers la fin de sa charge. Les coaipteidc ceUe aanëe seront rendus u par D^^* Marguerite Saoetoo, Tehe et léfatareM naiyerseUe de deffuoct Jacques de Campaigne, en son vivant narchant Unt geois de ceste ville et argentier dicelle n •— Comptée de I88S-1886.
(S) Le style de H. de Crèvecœur a souvent de ces singularités; par le ail nauiteiiUoD, Il entead naintien. Je dois dire eependait que le Met ctinil alors dans ce aene, et je le retrouve quelquefois daas le registre avee «^;iiUlcaUoO| — ^ rifiiutio^ peut-itre, sous Tatitoritë dç H, da Cr^re^fW
Ce maieur, dont le nom et la race devaient finir al ragfquement en place du Marché, sar l'infâme roue, en I personne de son arrièr^-petît-fila Cb.-Fr.-Jos. Le Roy e Yalinea, parait avoir été un des plus honnêtes et des lus remarquables hommes de notre écbevinage pen-
Bciens maîeura, et rellection aussy des escherins des plus aniens des corps des communanltës de In ritle que le poeaple oognoisse pour citoyens paciticqnrs et amateurs du bien et re* os d*ieelle et surtout quy aient le service de Sa Majesté en BeommaDdation; ce que pour vous faire encoîres entendre à tous articulîèrement j*ay voulu adresser à monsieur le lieutenant énéral, affin que lecture soit faicte à tous publicquement de intention et volonté de Snd. Mnjosté, laquelle (i), par ce moien, id. ellection soit et demeure libre ainsy que par les privilléges lesmes de la ville il est accoustumé de faire, de sorte que la 'rigue et circonvention n'y ait aucun lieu ny efTect, s'il est posîble, pour chose très dangereuse à craindre sur ces temps icy et loot eoGu nous pourrions encourir une infinité de malheurs ; .. .
• M. de Crèvecœur recommande le bon accord entre
échcvinage et U gouverneur, et termine : « vous priant
ne, pour luy rendre (3) tant plus certain compte de la forme ne roDS aurez suivie aud. renouvellement et ellection, vous i*eo escriTÎex particullièrement par ce gentilhomme et m'en- Ofet les noms de eeulx quy y seront esleus —
Cièvecœur, ce XXIII' jour d'aoust 1585. » (3)
Me f»ltait*il pas quelque gros in érét véritablement pour que le H prit à cœur ainsi la nomination d'un uiaieur dévoué ou do sa içon? Ne reconnatt-on p«is là une complication nouvelle que ous appellerions de nos jours la démocratie? La royauté eomplit déjà, non avec les forces naissantes, ^ l'élection ayant tra-
(I) Ub MoC^anë. Sans doaU déêire, (%) Pwir rendre k Sa Majesté.
(3) Celte lettre ëiail tdreesë u à meeeieare les ntieor et esefaevins anciene de beoaièree,- oficiere et aotret eitoyeDS et habitans da corps et commo- (■Itë de la vUle d^Abbeville n — Le lieuleoant géoéral de l'icardie pcovalt re ■■ bref e homme et de bon sens ; il montra de la sagesse à Abbeville lors I la quereUe faite par H. de Ligoy au maieur, mais sa bonliomie était •Uae et tréboehait dans le choii des mots.
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dant la Ligoe- Autant que nous pouvons nous rendre compte des opinions personnelles à la distance qui non sépare des mobiles de ce temps. J. Le Roy représente l'homme Gd%Me & la royauté dans le mouvement mène qui emporte le peuple loin du roi, mouvement dont il
versé, vigoureuse et ioatlaquée, le moyen- âge dans des sphèra, il est vrai, restreintes,— mais avec les puissances politiques, alon nouvelles — et bientôt refrénées — des élections.
Jacques Le Rny avait refusé la mairie. Nous nous sommes eipliqué sur ce refus. Le maieur réélu voulait-il réellement protrsier contre une sorte de violation des usages municipaux? Hoa n'oserions bien Taftirmer.
Quoi qu'il en soit, le roi, qui cherchait un appui dans les orgi* nisations à demi -indépendantes des villes, écrivait ou faisait écrire le 30 août à Télu de son choix : « De par le roy,
« Cher et birn amé, nous avons entendu que. en rassemblée de ville quy a esté légitimement fuicte le jour de Sainct-Barthekoif pour le renouvellement du magistrat, vous avez esté choisy À esleu par la pluralité de voix pour estre maieur dud. Abbevilk et que vous refusez de prendre et accepter ceste charge poif n'estre la coustuuie que ceulx qui Pont tenue une année, alnif que Tavez eue ta dernière, y soient continués la prochaine, aimj qu'il est contenu au procès- verbal quy a esté faict de lad. eslec» tion, et pour ceste cause nous avons advisé de vous escripre II présente par laquelle nous vous mandons que, aiant agréable cesie e&lection pour Tespérance que nous avons que vous nous y fera tout bon et iidèle service, nous voulons que vous Tacceptieiet que vous exerciez lad. charge de majeur durant ceste année toat aiusy que Teussiez peu faire sy ne l'eussiez exercée Vsnnéc précédente. Donné à Paris, le XXX' jour d'aoust M Y* llll" V. - Hbnby. » (t)
La comtesse de Ponthieu entin, Diane de France, écrivait le 1 septembre :
« A MM. les eschevins et habitans d'AbbevrlIe, « Messieurs, aiant entendu par vostre lettre que les ellecleon
(1) Lt snscriptioD de celte lettre était: a A nostre cher et biea tné 1* Jacquet Le Roy, mtiear de Doslre ▼ille d'Abbeville. n
ne s'isole pas absolument sans doute, mais qui le laisse plus froid et ne lui interdirait ni Timpartialité, ni la [astice, ni au besoin le dévouement. Le maieur J. Le Rojr, que nous verrons encore réélu en l'iST^sur une invitation de Henri III et de Diane, déposera sa dernière magistrature au moment même où la Ligue, plus ardente, s'installera déGnitivement dans Abbeville (1ii88)^ il mourra à cette date même, et les insultes dirigées contre ses funérailles ne sont pas une preuve médiocre de son attachement au parti alors vaincu ou tombé dans latléfaveur publique. Le3 populations ont toujours de «s générosités. Ainsi, selon nous et dans Tétat actuel le nos remarques, J. Le Roy est» parmi les maieurs de
le la ville d' Abbeville, procédans à roccasion du nouveau roalistrat et maieur d'icelle, ont esleu et continué M* Jacques Le ioy, s' ils St-Lau, j*en ay esté infiniment aise tant pour la preuve ,u*îl a faicte de sa preudhoniie el tidélité au service du roy que in soîDg et dilligence dont il a usé pour la conservation de lad. ille ; mais pour ce que m'avez adverti qu*il s'en voeult excuser t qu^il résiste de prendre encore lad. charge, j'en ai parlé au roy, i luj aiant faîct entendre ses mérites et le bon debvoir qu*il a aictt j*ay suplié Sa Majesté, suivant la lettre que m'avez escripte lar ceulz que vous avez députés pour venir par delà et la re- {ueste qu'ils m'en ont faicte de vostre part, que son bon plaisir fut d'escrîre une lettre aud. sieur de St-Lau, par laquelle il luy sommande dVcepter lad. charge, ce que Sadicte Majesté a eu tort agréable de luy en escripre comme vous verrez par sadicte
lettre »
La comtesse charge alors MM. les eschevins et habitans de joindre leurs instances à celles que le roi adresse au sieur de St- Lan : « Vous le prierez de ma part de continuer à l'adveuir ce qu'il a si bien faict par le passé, Tasseurant qu'oultre le service qu^il fera à Sad. Majesté et au publicq, que je en recevcray ung plaisir très-agréable, duquel je me rovancheray en tous endroicts où j*auray le moitn de ro*employer pour luy comme je feray aussy
te l^iôde (}ui DÔU8 occupe (i578-1{(04), 'té( Hgdtt per^ sonûîflant le rnieut la moitié comprise eâtre '1576 et Pélection de f588.— J. de Mdupin nous offrira oneaaBfr'* figure et comme la personoification de la seconde lAoiâi (4SiS8-1591), la seconde face de la Ligue elle-tnèaie à Abbeville. Succédant immédiatement à J. LeRoy, oeos le retrouverons à l'entrée triomphale de Henri IV, ajAit ainsi représenté la Ligue passionnée et fougueuse, et aussi la Ligue soumise. Les deux figures sont donc bien distinctes, car, par un contraste à relever, J. de Haupin ne disparaîtra pas, comme le sieur de Saint-Lau, a^ une phase accomplie des troubles; bien au contraire, nous le verrons caressé dans sa mairie, gratifié par h
pour TOUS d'aassy bonne volonté que je prie Dieu, messiears,
qu'il vous tienne, etc Ce deuxiesnië jour de septembre
1585. Votre bonne maistresse et amye, Dianb L. db FAancb. •
Ne faut-il pas appuyer encore ici sur cet intérêt extraordiniire (}né prenait le roi à Tacceptation du uiaieur?
Si le uiaieur montra de Thésitalion à accepter la mairie, il oe paraît pas qu'un grand zèle poussa les bourgeois aux voles moins importants qui suivirent le 24 aoQr. L'Échevinage crut devoir panir la ne'gligence apportée à réiection des maieiirs de bannières:
• Ledict jour (Xll* du mois de septembre 1585), Guillaume de Vienne, Nicolas du Klarcq, Lois Herbin et Jehan Josse, pour ne sVstre trouvés a la nomination du maieur de bannière, condampnés en X sols.
• Pierre L^cat, pour mesme cause v sols.
« Ledict jour, Thomas Noël, Jacques Levesque, Nicaisc Le....,
Nicole (ou Nicolas) , Jehan Filloeil (ou Fillueul), Jehan
Levesque, Nicole Uaradin, Nicole Le Sot, Michel Salonion, Pierre Lcnfaut, Honoré Guillernotte, Nicole Wabin [?J, Nicole Levesqae et André Waignart, tous pareurs, pour mesme cause. . xxxv*.
« Le Xlll* jour de septeuibre, Acart Baret, Jehan Tellier Paisné, Jehan Tellier le joeune et Nicole Garet, pour mesme cause '. • . VIP. •