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victoin» mdflie, à laquelle il n'aura contribué g of ^r une souplesse un peu intéressée Chacun de ces deux , Wâeurs peut donc bien résumer, en quelque sorte/par ses qualités diverses, Tup par sa loyauté, l'autre par sa mobilité dans la passion et dans Tacclamation, une des deux parts de la période totale coupée en 1558. Dans oilte division & l'aide des hommes, la première et les dernières magistratures de J. de Maupin encadreraient celles des quatre autrç^ maieurs véritablement ligueurs et qu*il n'est pas de notre propos de nommer déjà. .«^Pendant que J. Le Roy courait les grands chemins, sa mairie en croupe, le maréchal de Retz venait à Abbeville pour visiter les fortifications et en ordonner de nouvelles (i). — Formen<m. — Entre autres voisinages inquiétants. Abbeville avait alors « la grosse garnison » mise dans Rue par le duc d'Aumale.
Ces précautions pour la défense de la place, bien que conseillées, dirigées au point de vue de la science du temps, « ordonnées » même par Tautorité militaire du roi, n'entraînaient guères d'ailleurs pour la ville que des charges pécuniaires d'exécution, non encore le aéjour nécessaire ou permanent de garnisons. Les privilèges, froissés souvent, subsistaient toujours.
(I) Pendant le voyage dudit sieur inaieur (pour se Caire décharger de sa charge par le roi), le sieur Waignart, premier échevin, reçut monsieur le maréchal de Retz envoyé exprès en la ville d' Abbeville pour faire tracer un boulevard contigu à celui de Longueville; « ce qui fut fait et commencé à fossoyer etrcvestîr de gazons jusqu'à ce qu*on auroit le moyen de le faire revestir de briques, et fut appelé ke boulevert de ReU, du nom dudil sieur maréchal. • -* Waignart.
Sangnier d^Abrancourt nous apprend que } T^perou de Retz « ne fut revêtu de briques qu'en 1640.
n fallait qoe les gouveroeure de la prbvinae écrivissent à TEchevinage pour autoriser rentrée de gens de guerre dans la ville, et ou peut voir même, en ce csi, < avec quelle précaution ils écrivent, donnant parfoisfMnr excuse à leur demande le licenciement prochain ou immédiat des compagnies en quête d*un logement momeotané, mais qu^on doit cependant leur fournir « comme il a esté tousjours accoustumé de faire. »
Le lieutenant général de Picardie écrivait le 30 août août 1585, à MM. les maieur et échevins :
• Messieurs, attendu que la montre de la compaijçDie de trenle hommes d'armes dont a charge M. de nncqueville vostre gouverneur, tant pour le soulaigement du poeuple que pour aultres occasions (i), j'ay ad visé d'ordonner qu'elle se fera à Ahberille, etc ~ A Crèvecœur, ce XXX aoust IftSS. »
Et Tordre suivait ainsi :
« De par mouseigneur de Crèvecœur et de Bonivet, chevalier des deulz ordres du roy et son lieutenant général au gouveriM* ment de Picardie,
« 11 est ordonné, pour le melleur soulaigement du poeuple (t) et pour la melleure commodité aussy de la compaignie de trente hommes d'armes dont a charge le sieur de Hucqueville, gouve^ neur d'Abbeviile, qu'elle fera monstre et reveue en armes aud. Abbeville par-devant les commissaires à ce ordonnés; et pour{oe, est mandé aux maieur et eschevins dud. Abbeville de recepfoir lad. compaignie et icelles faire loger et accommoder comme il appartient et a esté tousjours accoustumé de faire, et à iceloy sieur de Bucqueville aussy que, incoutineut lad. monstre faicte et
(1) La phrase n'est pas complète, mais ces ellipses ou ces oublis ne jurent pas dans le style ordinaire de M. de Crèvecœur.
(2) La raison ei»t meilleure qu'il ne semble. Il faut courir à U tin de l'ordre.
le paiement d*ieelle accomply, il la licentie et renroie sans la te- ■ir davantage par pais, et à ce nVstre faict faulle de part oy d^aaltre. Donné à Crèvecœur, le XXX* du mois d'aoust. Bonivit, • ^Beg*$tre aux délib., 1585-1586.
Cet ordre fut communiqué à Téchevinage dans la réunion du lendemain, dernier jour d*aoust. « A esté advisé de trouver bon que lad. compaignie fasse la monstre hors les portes de la ville, et y entrer ed armes, mesme loger en hosteleries en paiant raisonnablement leurs despenses, et sera requis led. sieur de Hucqueville de trouver bon de mettre (qu'on mette) quelque nombre de chinquanteniers aux portes par les* quelles lad compaignie sortira pour faire lad. monstre, et rentrera en ceste ville. »
Jacques Le Roy ne prit possession de sa seconde mairie que le Vili septembre Le même jour fut publiée rordonnance suivante :
• On fait savoir que la loy rénovation de Teschevioage de lad. ville est entièrement faicte selon qu*il est de tout temps accous» mmë ; et, en continuant les anciennes observances, est deffendn à tous babitans de jurer et blasphémer le sainct nom de Dieu, eoz ponnnener aox églises, aller aux tavernes , jouer à la paulme et aultres jeux es jours de dimenches et de festes pendant le service divin, aux peines portées par les édicts du roy, arrcsls de la cour et ordonnances cy devant publiées; et à tous taverniers et tripottiers de recevoir lesd. babitans en leurs maisons de jeux de paulme, à pareille peine.
« Est deffendu à tous les habitons, de quelque qualité qu*ils soient, d*aller par les rues, après la cloche sonnée, sans chandelle, ny laisser aller leurs enffans ou serviteurs, à peine de X escus d'amende, desquels les |>ères, mères, maistrts, mais* tresses devront pour leurs euft'aus et serviteurs.
« Enjoignant et commandaut à tous les babitans de garder d observer les ordonnances et statuts faicts et establis et quy
ponrront estre cy après faicts et publiés, selon Um oceurrenoes, pour la police tant de la garde et consenration de M. Tille et repos du publicq que pour le règlement des mestiers, roarehaa* dises et marchés d'icelle, aux peines portées par lesd. ordonoanees et statuts* desquelles amendes les accusateurs auront le tien. > » Reg. aux délib.
Cette ordonnance fut, peu après, suivie d*une autre. Sous la date du XXI 11 du même mois et en tète de la délibération de ce jour, je Us:
« O&DONNA^iCES F0UTICQ0E8 (I) Dt LA VILLB D^Altl- VILLB (2):
• On Tait inbibitions et deffences à tontes personnes de blasphémer, renier, despiter et faire autres villains seraeieos contre
(I) Le sens do mot suit ici Pétymologie grecque. On pent traduire: Ordonnances municipales ou urbaines.
(9) L'année suivante (1586-1587), nous retrouvons, queifve temps après le renouvellement de la loi, dans le registre anx délibérations (XII septembre), la même ordonnance, mais avec un petit nombre de modifications. Je compare :
Le 1** article, sur les blasphèmes et les vilains serments, esta peu près conçu dans les mêmes termes.
Le 2* article, sur les brelans, est pareil.
Le 3* article, sur les jeux de paulme,etc., est pareil.
Le 4* article, sur les tavernes et hostelleries, est pareil, sauf de légères différences de rédaction.
Le 5* article, sur les taverniers, hostelins, cabaretiers, cuisiniers, pâtissiers, est pareil.
Le 6* article, pour estaller et ouvrir boutique, pareil.
Le 7" article de 1585-1586, sur les boulh^ngers, est remplacé en 1580-1587 par celui qui défend « à ung chacun de vendre en ceste ville, en gros ou en détail, gloes, fagots et abbevilloises, s*vis ne sont du jauge porté par les antiennes ordonnances et statuts de ceste ville, à peine des amendes portées paricelleet pugnition exemplaire. »
L'article 8 de 1585-1586, sur les glols et fagots, est remplacé
rboDoeur de Dieu et de la très-saincte Werge Marie et de loua les aaiocts et saÎDctea du paradis, sur peine de pugnition de prison et amende arbitraire pour la première fois, exemplaire pour la seconde fois.
« Semblables inhibitions et deifenses à toutes personnes de tenir brelans et jeux de cartes et de dés, en quelque jour que ce soitt aux peines que dessus. .
« Pareillement est deifendu et prohibé â toutes personnes de jouer, esd. jours des dimenches et festes solempnelleSy à nulz jeux
en I5$7-I587 par celui qui porte défense d^acheter blé au marché pour revendre, etc.
L'article 9 de 1585-1586, sur la défense d'acheter blé au marché» est remplacé en 1580-1587 par Particle sur les poids et mesures.
L'article 10 de 1585-1586, sur les poids et mesures, est remplacé en 1586-1587 par Tarticlequi dérend aux cuisiniers d'acheter do gibier ou de la volaille avant onze heures.
L'article il de 1585-1586, relatif aux meuniers, est remplacé en Ifta6-1587 par l'article qui défend à toutes personnes, soit pour revendre ou regratter, d*aller ou envoyer au-devant des vivres*
L'article 12 de 1585-1586, qui défend aux cuisiniers de se trouver sur le marché, a été remplacé en 1586-1587 par celui qui défend aux revendeurs de poissons de vendre hors de la Poissonnerie.
L'article 18 de 1585-1586, défendant aux regrattiers d'aller au-devant des vivres, a été remplacé en 1586-1587 par celui qui enjoint de vendre immédiatement le poisson.
L'article 14 de 1585-1586, qui défend aux revendeurs de poissons de vendre hors de la Poissonnerie, est remplacé eo 1584- 1587 par celui qui impose quelque règlement aux marchands de poissons étrangers.
L'article 15 de 1585-1586, qui ordonne de vendre immâtialement le poisson, est remplacé en 1586-1587 par celui qui défend aux taverniers» hostelains, etc., de vendre vin en détail avant qu'il ne soit afforé.
L'article 16 de 1585-1586 est remplacé en 1586-1587 par la défense aux tonneliers.
L'article 17 de 1585-1586, qui défend aux taverniera de vendis
— ni —
de paulme, boulles et aiiltres jeux dëshonnestes, dorant le tetn|»s des messes paroissiales, prédications, respres et aultres senrices divins; et à toutes personnes de b«iiller estreufs, boulles ny aultres choses propres à jouer, aux peines que dessus ; et anssy de ne se pourmener (c'est-à-dire défense aussi de se promener) esd. jours de dimenches et festes en églises tant collégiales, paroissiales que monastères, ny es aultres places du Marché, durant les processions et service divin, à pareilles peines.
« Semblablement est prohibé el delTcndu à tous habitans de ceste ville et faulxbourgs d'icelle d'aller aux tavernes, hostrlleries et cabarests durant lesd. jours de dimenches et fêtes solemp-
vin sans avoir fait afforer, est remplacé Tannée suivante par Tarticle qui défend d'aller la nuit par les rues sans chandelle.
L'article 18 (défense aux tonneliers) est remplacé en 1586-1587 par la déff^nsede planter des may, foeuillier (fouiller, creuser), etc.
L'article 19 (défense d'aller dans les rues sans chandelle) est remplacé en 1586-1587 par la défense de jeter des ordures dans la rue ou à la rivière.
L'article 30 (défense de planter may) est remplacé en 1586-1587 par l'injonction aux habitants de ramasser leurs immondices.
L'article 21, sur les ordures, est remplacé en 1586-1587 parla défense de tenir des animaux dans les maisons.
L'article 37, sur le noltoieinent des devantures, est remplace en 1586-1587 par l'injonction aux revendeurs de n'exposer en ?eulc leurs denrées qu'aux endroits désignés.
L'article ï3 (ostracisme des cochons) est remplacé par l'injonctîou aux maîtres de métiers de garder les statuts.
L'article 24 est remplacé par l'obligation aux hosteliers d'apporter les noms, etc.
L'article 25 est remplacé par l'obligation aux habitans de se trouver avec leurs armes, etc.
L'article 26 est remplacé par l'injonction à tous mendiants ulidcs, etc., de vuider et sortir de ceste ville, etc.
Ainsi l'ordonnance est la même, sauf quelques transpositioDS et les articles sur les boulangers et les meuniers que je ne retrouve pas.
nelles (I), etc. «Le même article porte des peines contre
les taTerniers, hostclliers, cabaretiers* et contre les cuisiniers et les pâtissiers qui auraient facilité le méfait. — Le double des amendes encourues par les particuliers.
« Prohibitions et deifenses sont semblablement faictes à toot taverniers, hosti^tains, cabarestiers, cuisiniers, paticiers de vendre aulcune viande ny prester aulcune chose aux enfants de famille, à peine, etc
« Semblablement inhibitions et deifenses à toutes personnes d*estaller et ouvrir leurs bouticques, ny de exposer en vente aux marchés et aultres lieux, aulcune marchandise ou denrée esd. jours de dimenches et festes solempnelles, à peine, etc •
L'article suivant ordonne aux boulangers de tenir leur pain de poids et d'avoir des balances justes.
Celui qui vient après, regarde la vente des glots, fagots et abbovilloises , qui doivent être conformes à la jauge portée dans les anciens règlements ou statuts de la ville.
« Oeffense à toutes personnes d'achepter bled au marché de ceste ville pour revendre et en faire grenier oultre leur provision, à peine, etc »
L'article suivant veut que les poids, mesures, picotins et balances employés par les vendeurs et les acheteurs en gros oo en détail, soient bons et loyaux, etc.
L'article suivant défend aux meusniers et à leurs valets de se trouver avec leurs chevaux ou leurs mulets, sur le marché au blé, avant onze heures sonnées.
Défense analogue aux cuisiniers et à leurs serviteurs; ils ne doivent se trouver sur le marché au gibier et aux volailles, même passer par le marché oo acheter aux passants la moindre pièce de gibier ou de volaille, avant onze heures sonnées.
H est aussi défendu à toutes personnes, « poor leur provision, revendre ou regrater, » d'aller au-devant des vivres, volailles, beurre, œufs, grains.
(t) L*année suivante, on lit dans Pordonnance reproduite: « sol«'mpnelles ou autres jours ouvrables. » Les bourgeois d'Abbeville se trompaient ils sur la signihcation du mot ouvrable?
A tous reTendeu<*8 de poisson et poissonniers de vendre bon la Poissonnerie « aulcuns poissons frais, et aussi de estaller leois bacquets et barils es rues, ains en une maison (I). •
L*article suivant ordonne aux marchands de poissons de Tendre immédiatement et sans attendre Pheure ordonnée plus haut au cuisiniers et aux revendeurs.
Un autre impose quelques règles aux marchands élrangen apportant du poisson, soit en bateaux, soit en paniers.
Drfense à tous « taverniers, hostdains et aultres vendeors de Tin en détail, • de vendre leur vin qu'il n'ait été dûment affbré, à peine, etc
Viennent ensuite certaines défenses faites aux tonneliers; pois:
« Est defTendu à toutes personnes d*aller par les rues, après la cloche du guet sonnée, sans chandelles ou lumière, à peine, ete.
; ny pareillement de faire dansses publicques par les nies,
à pareille peine.
« Aussy de planter aulcun may, fœullier (fouiller, creuser) 6che (ou ficher), ny houer es rues sans permission, ny de sonoer tambours, trompettes, tarvaras (2), aux peines, etc
« Est deffendu à toutes personnes de jetter ordures puantes es rues et rivières, etc
• Comme est aussy enjoinct aulx habitans de nétoier leurs devantures, ramasser leurs immondices et les charger lorsque les boueux iront nétoier la ville.
« Défense de tenir dans les maisons pourceaux, connins clapiers, oizons, annettos (canards), pingeons et aultres bestiaux dont se puisse engendrer puanteur.
« A tous vendeurs de nVxposer (3) en vente leurs denrées et marchandises, poiréos, oignons, beurre, œufs, fruicts, herbes,
(I) Cette partie de Torilonnance a si bien cessé d'être appliqaée que le poisson s'étale encore aujourd'hui au soleil, en avant de toutes les maisons de la Poissonnerie.
(S) Ou tarlaras. Je crois lire encore tarlaras en 1586-1587. (3, Pour défense d'exposer. Nous renonçons à relever partout ces formes de langage qui contrarient notre grammaire actuelle.
bbîs, ehaifuMi, bourées, Tolalîks et auUres, sinon qoe es liens êi cndroicts pour ce désignés et limités, à peine, etc
« Est enjoint à tous maistres de roestiers, ouTriers et artisans» de garder les statuts de leurs mestiers.
m Est recommandé à tous hostelains et aultres recerans estrangers en leur maison d^aporter ou envoier par chacun Jour, au elercq du guet« les noms et surnoms de ceulz qui sont logés en lears maisons, à peine, etc
• Item est commandé à tous habitans d'eulz trouver en perfloanes, avec leurs armes, au guet et garde de porte, tant de jour que de nuict, an jour de leurs semonces, etc
« Est enjoint à tous mendions valides et aultres gens vagabonds, faictnéant et sans adveu, de sortir de ceste ville et banlieue en dedans XXIII! heures après la publication des présentes, à peine du fouet; défense aussi à toutes personnes de les loger de nuict ny de jour. »
Nous recueillons ces règlements d'administration intérieure pour ne rien laisser échapper des traits qui expriment pour nous les préoccupations à peu près ordinaires de notre échevinage; la réunion de ces traits nous rend aussi la physionomie du temps étudié. Nous ne nous écartons donc pas absolument de Tobjet principal de ce travail Notre recherche plus sérieuse des faits politiques se trouve un peu retardée, mais non distraite, par ces rencontres; elle se porte sur bien des points, mais s'arrête de préférence sur ceux qui marquent l'attKude des esprits, la contenance morale et, pour employer des mots plus près de l'époque interrogée, la conscience du bourgeois connaissant sa charte et ses franchises.
A ce dernier point de tue, une résistance qui se proéfèil peu après l'installation du maieur, Q'est pas sans intérêt. ^*i
Le XVI septeuAre se présente em la ckaniWe 4u
conseil du grand Eschevinage monsieur Anthoine de Mailly, garny de lettres de prouvision qu*il a dict avoir obtenues du roy de Testât de contrôleur des denien commungs patrimoniaulx , dons et d'octrois de ceste ville, données à Saint-Germain-en-Laie le XII novembre mil cinq cens quatre-vingt et quatre, aux gaiges de six deniers pour livre, lequel a requis estre admis à faire l'exercice dud. estât, suivant iesd. lettres de prouvisioo et la prestration du serment qu'il dict avoir faict dod. estât par devant le général surintendant desd. deniers, le II« jour de mars M V" 1UI"V.
Le procureur de la ville s'oppose absolument aox prétentions émises ; il remontre que «• Testât » réclamé par le sieur de Mailly a été supprimé et révoqué par édict fait par Sa Majesté à Saint-Germain-en-Laie, le XUll novembre M V« 1111" IlII, etc
« Sur quoy a esté délibéré que led. de Mailly sera empescbé de l'exercice dud orGce et estât, et au cas qu'il voeuille Taire poursuittes plus avant, que Ton ae retirera par devers Sa Majesté et Nosseigneurs de son conseil, adfln qu'il leur plaise ordonner suivant sond* édict de suppression, etc •» — Reg. aux délib.
Les inquiétudes pour la sûreté de la ville semblent s'accroître cependant. Après le départ du maréchal de Retz, les habitants prennent eux-mêmes des précautions de défense, des mesures pour découvrir dans la campagne, pour surveiller les abords des murs. On voit d'ailleurs qu'une garnison est sur le point de quitter la ville où elle a fait quelque demeure.
Le dernier jour de septembre 1585 « a esté délibéré et advisé q^c Ton abattra toutes les haieures en bois estans es environs des fossés, ramparts, murailles et
forteresses de la ville, afin que le guetteur do clocher de Saiot-Georges puisse plus aisément et plus sûrement faire les descouvertes autour de la ville. » Commandement sera fait aux propriétaires et détenteurs des immeubles où j'élèvent les arbres d'exécuter Tabattis en dedans de trois jours, sous peine de dix escus d'amende.— Reg. aiAX délit.
On voit ailleurs que l'homme du clocher de Saint- Georges n'était pas le seul qui observât la campagne, et qu'il 7 avait aussi, à cette date, d'autres guetteurs ou sentinelles sur les remparts.
Ce môme dernier jour de septembre , Téchevinage décide qu'il sera construit • trois combles de bois de chesne, couverts de thuille, scavoir: ung sur la porte du Bois, ung aultre sur la porte Sainct-Gilles, et le troisiesme sur la porte Docquet, pour mettre l'artillerie au secq comme aussy ceulx faisans la garde. *»
La garnison d*Abbeville se composait, au mois de septembre )6s5, des compagnies des capitaines Tajan et Castel. Ces compagnies doivent quitter la ville dans les premiers jours d'octobre Le i«' même, le capitaine do guet se présente à TËchevinage et demande à l'assemblée de déléguer deux échevins « pour faire la recherche des fournitures baillées aux soldats desd. eompaignies, adfin de scavoir s'il n'y a aulcunes perdues, pendant que lesd. soldats sont encoires en ceste ▼ille. • La délégation est faite en effet, suivant le désir dn capitaine du guet.
De temps en temps nous sommes obligés^ pour nous rendre compte des faits simplement locaux, de jeter un eoup d'œil rapide sur les faits généraux. Le 7 octobre, nne ordonnance royale, rendue sous la pression de la
Ligue, prescrit la vente des biens des protestsate.
Nous avons vu, dans le courant de Tanoée précéde&le, la ville en défiance, suivant les conseils même do ni, contre le duc d'Aomale. Cette année, le lieutenant gè* néral du roi en Picardie se charge de leibbattre lei inquiétudes et les scrupules conservés
Le 2! octobre 1585, le maieur J. Le Roy expose qu'il a « receu lettres de monseigneur de Crèveoceor, portaoi response à celles quy luy auroient esté escriptes, i « que on ne se doibt mettre en aulcune aUarme pour rentrée que entend faire monseigneur d'Aumalle ea ceste ville pour aller en la ville de Rue. •
L'échevinage, ne luttant pas cette fois contre l'afâ envoyé, décide que si led. seigneur d'Aumalle se présente pour entrer dans la ville, « il ne lay sera faict aulcun empeschement »
Aux soucis peut-être passagèrement diminués peor la sûreté de la ville succèdent des préoccupations aoavelies; on se plaint de l'enlèvement ou du transport des grains.
Dans la séance du 2i octobre 4585, le maieur J. Le Roy de Saint-Lau expose que , sur les frontières à» l'Artois, des gens se mêlent •• de blalier et transporter bled et d'en faire greniers, » en un mot, et dans le langage actuel, d'en faire de grands emmagasinements ou d'accaparer. L'échevinage d'Abbeville écrit sur ce sujet à H. de CrèvecŒur, dont la réponse est lue dans une assemblée de 1 hôtel-de-ville, le XVIU novembre. M. de Grèvecœur engage Téchevinageà ne laisser passer aucun grain sur la rivière sans un passe-port du roi et de lui-même (mondit seigneur de Grèvecœur); il engage encore l'écbevinage •• à induire et admonester aAilcuni
-Modes tiabltans de lad. ville, quy ont en maîn les grosses oensses allentour, de retirer leurs grains à la ville au lieti de les garder dans leurs granges. » L'échevinage décide donc qu*on arrêtera tous les transports de blé sur la rivière, « à moins de passe-port du roy et de roond. seigneur de Crèvecœur ; que les receveurs estans en Geste ville des grosses fermes d*icy allentour seront appelles et admonestés du contenu des lettres de mond. seigneur de Crèvecœur, et de retirer leurs grains en ceste ville au lieu de les garder en leurs granges. »
Les délibérations suivantes sont pleines de faits attes-^ tant des arrestations de bateaux chargés de blé, et des refus de permission, même à « monsieur Destrées, gouverneur de BouUongne. »
Rassemblements de troupes n'allaient pas alors sans désordres.
Dans rhiver de 1585-1586, les soldats « tenans garnison en ceste ville, " des compagnies des capitaines Goiray et Castel, faisaient «journellement des volieries, exactions et compositions » dans les villages voisins de la ville, L'échevinage envoie porter des plaintes contre ces désordres à monseigneur de Crèvecœur. — Reg, aux diHb , iianct du 2 \ janvier 1586.
Dii<fr«idf eotre le maiear et le goaTerneor.— Le mot da gaet.— Le roi dMirge, tfee toatee sortes de complimeots, M. de Grèveeeiar de se chAffe de UettleoiDt gëoëril.— Lettre de M. de Crèvecœur •» hibit^Dli d'Abbevilto. — H. d*E»trëes lieuteoint gënëril de Picirdie — Noo?eea édsaecéfd da naieiir et du goBveroear h propos de rirtillerie du roi.— Lettre da roi à cette oeeasioo. — Le roi prie les hibiiaots d*AbbefUle d'employer qaelqoe somme extriordioiire k la fortification de leur ville.-- ■cateet de hi disette. — Blesores prises par PEchevioage pour Tappro? i-
■iooDemeiit.>-OrdonDanee da roi pour la nonrritore et le eeelia te pattfre«. — Une aasemblëc gënërale décide en cooséqofDce rcovertore d'ia atelier aux ouvrages de lu ville. — Le trésorier gëoëral en la proviDcade Picardie veut lever dans Abbeville sii mille six c^nts ëem tons feraa d'emprunt —La ville se défend contre cette exigence. — AdjndicaUoe aa rabais des travaux pour la fortification de la ville. — Réclamations de TEchevinage k cette occasion contre le gonvernenr de la ▼ille rt la praeireur du roi.— Pirates à IVmbuucbure de la Somma. — Exposé des mis&rei de la ville. — Le duc d'Espernoo doit passrr par Abbeville — DépotiitiM projetée vers le roi pour Paffaire du boulevard de Reti et Temprunt ém aix mille six cents écus
Entre le gouveroeurde la ville ci le maieur s^élevaient parfois des diiïéreDds dont les délibérations de Tliichevinage conservent de nombreuses traces. Le châteaa — il existait alors depuis 115 ans — porta toujours, peut-on croire, quelque ombrage aux habitants, et la qualité de gouverneur froissait les iières traditions communales. Ces sentiments expliquent comment la ville, malgré sa pénurie, profitera bientôt des derniers troubles de la Ligue pour racheter la charge du gouverneur et démolir le château.
Le gouverneur parait assez disposé quelquefois i sortir de ses strictes limites, ainsi, par exemple, en iô86, pour le mot
Le maieur, armé d'une délibération du XVII février, remontre, le dernier Jour du même mois, au gouverneur M. de Hucqueville, les privilèges accordés à messieurs les maieur et cschevins de la ville par le roy, et conOrmés par arrest du conseil privé; privilèges par lesquels, en Tabscnce du gouverneur et de son lieutenant, c'est aa maieur de donner le mot du guet, «« tant aux cappitaines et soldats tenans garnison en ceste ville que aux habitans. Néantmoins le dimenche XVl^ jour de ce mois, environ l'heure de midy» iceluy sieur gouverneur avoit
ionné le mot du guet, pour la nuict suivante , aux «ppitaines Guiran et Castel^ ou aux sergeaus de leurs tompaignies estans en ceste ville, comme aussy à un lommé Anthoine, l'ung de ses ballebardiers^ et ce fait» éd. sieur gouverneur instamment seroit sorty hors de este ville et n y seroit retourné que le lendemain sur es quatre heures de rellevée. avec le sieur de Frame,
OD lieutenant, aussy absent ; » en ce faisant, le
louverneur a entrepris sur Tautorité du maieur, etc.
Le gouverneur, dont la délibération expose les rai- ODS, se défend d'avoir entrepris sur l'autorité du maieur i d'être sorti de ses propres droits ( 1).
La délibération du dernier février constate encore [oelques dissentiments entre le maieur et le gouverneur.
Nous devons nous séparer ici du lieutenant général lai parait avoir gouverné si paternellement la Picardie. i. de Grèvecceur dépose sa cbarge à la tin de mars 1586.
« Le XIIU* jour d'apvril (1556), ledict sieur mayeur ;J. Le Roy) a dict avoir receu lettres de monseigneur de Crèvecœur, par lesquelles il prie faire enregistrer cer- Uiines lettres du roy à luy adressantes. »
Suivent les lettres dans le registre :
« Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et de Polongne, à tous ceulx quy ces présentes lettres verront, salut. Ayant sceu le bon, iidel et loyal debvoir que aostre amé et féal le sieur de Crèvecœur, chevalier de nos deux ordres, conseiller en nostre conseil d'Estat et eappitaine de ciucquante hommes d'armes, de nostre
(I) La cause toute domestique de Tabsence du gouverneur est ioDoée dans les registres municipaux. M. de Hucqueville travail île qu*au village de Huppy pour les tiançaillcs de sa fille, et il B*était parti de la ville qu'à trois heures de relevée.
ordonnances tonsjours très-joieasement ... • (un mot que je ne peux lire) Enfin, le roi, avec beaucoup de com* plimente, décharge le sieur de Crèvecœur de son emploi de lieutenant général au gouvernement de Picardie. Le roi, désirant en outre honorer led. sieur de Crèvecœur, selon ses services, déclare que le sieur Destrée, choisi pour succéder en sa charge, n*aura, • pendant la vie dud. sieur de Crèvecœur, aucun commandement, octorilé ou pouvoir sur sa personne, ny en icelle de sei maisons et terres où led. sieur se trouvera résidant; • le sieur de Crèvecœur demeurera dans chacune de ces maisons ou terres « avec telle liberté qu'il faisoit lorsqu'il avoit icelle lieutenance génér»lle Donné i
Paris, le XX.111' jour de mars mil cinq cens quatre viagli et six, et de notre règne le dou^iesme. Signé HsivaT. •
Le sieur de Crèvecœur communiquait la décision do roi aux maieur, eschevins et habitants de la ville d*Abbeville dans une longue lettre pleine de rentierdments pour les bons témoignages reçus de la ville, de protestations de dévouement ancien et à venir au soulagement et repos de sa province, et de conseils aux habitants mêmes « contre ce qui se poeult craindre de ce temps. •
Les lettres du roi, nommant monseigneur Destrée (1) à la lieutenance de Picardie, et celles qui annoncent cette nomination « à nos amés et féaux les ofGciers de nostre justice, et à nos chers et bien amés les maieur etcsch^ vins de nostre ville d'Abbeviile, ** - Paris, t4 mars i5S6, — sont lues dans rassemblée de Téchevinage du tl avril , et transcrites à cette date sur le registre des délibérations.
(t) M. d'Estrëas était précédemment gouverneur de Boulogne*
Les divisions do maieur et du gouverneur renaissent Toccasion de Tarmement de la ville, et la difficulté est K>rtée devant le roi par le gouverneur. Les bourgeois voulaient garder sur leurs remparts des pièces de TarîUerie royale que H. de Hucqueville voulait remettre IsDS le noagasin du roi. Le XI may, les lettres suivantes la roi, adressées aux maieur et eschevins, sont lues en 'Echevinage :
m Chf rs et bien amës, aiant scu comme depuis peu vous n^avez roullu souffrir que aucunes pièces de nostre artillerie que le S' de Bucqueville, gouverneur de nostre ville et chasteau d'Abberille» avait faict mettre sur les ramparts durant ces derniers remuements, aient este remises en nostre magazin selon Tordonnance par luy faicte au garde d'icelles, nous avons bien voullu dire l^quej c^est chose que nous ne pouvons que trouver mauvaise pour estre contrevenante au règlement par nous faict le IX* lebvrier 15S3 (t) entre ledict gouverneur, vous et les eschevins de nostred. ville, ausquel (sic) nous voulons estre entièrement suivy et garde ; à œste cause, nous vous mandons et ordonnons par ces présentes que vous laissez [iic) resérer lesd. pièces en nostre magazin, ainsy que advisera led. S' gouverneur, sans plus donner aacnn empeschement à ses ordonnances et mandemens concernans le deu de sa charge et conformément à notre dict règlement que nous voulions estre gardé, observé et entretenu feioD et ainsy qu'il est porté par icelluy, à quoy vous ne ferez fanlte, car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, le XXIII* jour d*avril I5S6. Signé Hbnry, et au bas Brulart. •— ilep. aux iéUbéralions.
Le même jour , XI mai , autre lecture de lettres royales. Cette fois, Sa Majesté, qui prend intérêt à la sûreté de la ville, demande que les habitants ajoutent aux deniers fournis exceptionnellement cette année par
(1) Ou IMft; je ne puis décider dans ma lecture incertaine.
le roi et annuellement par eux-mêmes « quelque chose» encore du leur • par extraordinaire » :
« Chers et bien amés, comme vous avez tousjoors monslré beaucoup d*afF<*ctiori aux choses qui concernent le bien et senreté de nostre ville d^Abbeville qui vous touche de plus près qo*i nniz aultres, ainsy sommes-nous meus de vous représenter qac pour la rendre eu sy bon estât et réparation qu*elle se puisie maintenir contre les forces de celluy qui la vouldroit assiéger, il fault que , oultre des deniers que nous y faisons fumir en il présente année et ceulx que lad. ville y emploie tous les ans, vous advis(*z dVn mettre quelque chose du vostre par extraordinaire à ce que tant plustost elle soit mise en bon estât selon que nous le désirons et que de vostre costé vous avez aussy occasion de le désirer pour vostre plus grand repos et seureté, en quoy noos asseurant que vous ferez tout bien debvoir, nous ne xoos ea dirons riens davantage, mais finirons la présente. Donné i Paris, le premier jour de may 1586. Signé Heurt, el au bat BnoLiiT.* — Reg. aux délib.
Ainsi le roi poussait aux fortiGcations, mais n*aimait pas à prêter trop longtemps ses canons.
Les inquiétudes pour le blé acquièrent de nouvelles forces dans un commencement de disette. L*Echevinage prend quelques mesures énergiques pour se rassurer; les mots <« d peine de la vie <• se rencontrent dans ses délibération; ainsi dans rassemblée du Xllll juing:
« A esté mandé et faict venir en la chambre du conseil de lad ville, Pierre de Lattre, recepveur de la commanderie de Beauvoir en ceste ville, •• et on lay ordonne, « à peine de la vie, de faire venir par basteaux en ceste ville, attendu la carence, nécessité et petit nombre (de blé?) qui est en ceste ville» comme il se voit par la recherche qui en fut cejourd'huj faicte, deux cens septiers de bled qu'il a confessé avoir achepté
do siear de Soiecourt, estant led. bled au chasteau d'Eaacourt, distant de ceste ville une lieue seullement; ce quoy Taisant, il a esté ofTert argent pour le prix dMceux ; lequel de Laltre a faict response que acheptant led. bled, icelluy sieur de Soiecourt s'est submis te garder en son grenier aud. chasteau d'Eaucourt, à ses frais et despens, jusques au dernier jour de juillet prodiain, qui est le temps qu'il entend iceux vendre, et le voollant vendre, offre led. publier en ceste ville, *» afBn que l'eschevinage puisse les acheter et transporter si bon luy semble. •• Cette réponse ne satisfait pas l'assemblée et le mayeur se transporte, avec les membres présents de l'txhevinage et le siéger (1), en la chambre du conseil de messieurs les gens du roy en la maison de la Grutuse; il explique l'affaire aux gens du roi. De la discussion qui suivit nous ne connaissons que ce résultat : « Aiant le tout esté meurement consulté, a esté advisé que led. de Lattre sera contrainct de faire venir en ceste ville les 1^ septiers de bled, attendu la carence, cherté et nécessité apparente quy y est, et à tenir prison jusques à ce qu'il eut fourny à ce que dessus. Ce faict, led. de Lattre a esté mandé de rechef aftin de luy signiflBer le contenu cy-dessus, quy auroit déclaré se porter appelant de lad. ordonnance. •
Les n et 18 juin, nous trouvons deux condamnations, la première pour avoir passé du pain sous le manteau,
(1) Cest le seul cas où noas ayons vu rEchevioage aller trouver lui-même messieurs les gens du roi au lieu de les convoquer pour une délibération commune à rhOtel-de-ville. Quoiqu'il y eût peut être urgence de décider, TafFairc sans doute ne paraissait pas assez importante pour que la démarche établît un précédent u e isible à la dignité de l*Echevinage et tirât à conséquence pour P avenir. *
la seconde pour avoir fait passer do Ué par la rifièfai La misère, chaque jour plus répandue cependaai d plus vive, ne laissait pas le roi indilTéreot. Ses ordoBr naiiees témoignent des soucis qu'il en prend, soit qa*il exprime ses intentions et engage au soulagement dei malheureux uniquement par habileté politique, oQ| ee qu'il serait plus consolant de croire même d'an roi de k nature de Henri 111, par compassion aux souffrancef, charité humaine et sentiment des devoirs patemeb de k royauté.
La misère et les ordonnances du roi vont émouvoir TEchevinage.
Le 18 juin, se tient une assemblée générale à Ihdtdde-vilie, par-devant nobles hommes J. Bernard, sieur de Moismont, lieutenant général, et J. Le Roy, maiear. Les échevins, les maieurs de bannières se sont rendes exactement à l'appel des deux cloches (1).
Le sieur Bernard Tait lire à l'assemblée une ordonnance du roi touchint la nourriture et entretenement des pauvres des villes de ce royaume, donnée à Paris le XXll® jour de may dernier, « par laquelle S. M. voeult, entend et ordonne que les habitans de toutes les villes soient tenus nourrir et entretenir leurs pauvres, sans qu'ils puissent vaguer ni eux transporter de lieu en autre, tant par distribution de dons et aulmones envers
(I) Il paraît que, dans les cas importauts et lorsque rÉchevioage désirait faire appuyer les décisions par une assistauce nombreuse et sérieuse, des avertissements particuliers et à domicile précédaient la sonnerie des cloches :
« A deux sergeans, pour avoir somoné [fl les principaui habitans à plusieurs assemblées, la somme de vingt sols. . xx*. >
Ce paiement est placé entre deux autres de mai et juillet l&M.
Iw pauvres invalides que par atteliera et œovrea pu^^ bKcquea pour les valides» afUn de adviser et dellibérer daa moiens pour empeseber les meudians et vacabons qoi vont et viennent par la ville, abusant de raulmonCi flte- • • • • Et a esté dellibéré, par ordre de lad. assemblée, que pour satisfaire [aux désirs du roi] et nourrir et entretenir les pauvres valides habitans de la ville, il sera ouvert ung attelier aux ouvrages de la ville et sera prias, pour y satisfaire, des deniers qui appartiennent i lad. ville» tant des octrois que patrimoniaux et maison du Val. •
Suit dans le registre, la copie de l'ordonnance du roy, donnée à Paris le XXI 1« jour de may 1586.
Nous retrouverons plus loin l'application de cette ordonnance, les ateliers charitables ouverts par TËchevlnage.
One autre charge, et très-lourde, va menacer la ville •008 la forme d'un impôt ou d'un emprunt forcé.
Le XXIII juing, le maieur expose au conseil de la ville que • il a receu lettres de monsieur le trésorier général en la province de Picardie, à Amiens, avec copie des édicts et commission de Sa Majesté pour lever en oeste ville la somme de vi* vi'' escus en rente, comme il est porté par lesd. lettres et édicts et commission» » dont l'Echevinage entend lecture.
La levée, suivant l'intention du roi, devait d^aillears être faite seulement •• sur les volontaires et sans contraincte. »
L'assemblée, mise à l'aise peut-être par cette partie de redit, invoque dans sa délibération les charges que la ville a à supporter pour la nourriture des pauvres accourus pour vivre de mendicité dans ses murs, non*
seulement da pays circonvoisin, mais de ceax de Normandie, de Flandre et d'Artois, les grandes pertes, h diminution de revenu des babitaots les plus aisés dont les fermiers laissent les terres à l'abandon et en fridie. La ville, soumise « en toutes autres choses » aux coamandements de S. H., ne peut satisfaire aux invitatioH de son trésorier général. En un mot, personne, dan Abbeville, ne veut, personne ne peut acquérir partie même de la rente proposée. Enfin, rassemblée arrèli ainsi la réponse au trésorier général en la province de Picardie :
« Monsieur, nous avons, avecq vos lettres, receo les oo^ de rëdict du roy, donné à Paris an mois de décembre et vérifié tant en sa court du parlement que chambre des comptes leiYI et XIII de may dernier, ensemble de la commission et despêcfce que Sa Majesté a faict à monsieur le Picart et vous pour Prié* cution du susd. édiet, lesquelles vos lettres et coppies, encoïc qu'elles ne correspondent Tune à l'autre, en ce que la comnission porte debvoir estre constitué bons et alliéné jusques k b somme de cent mille escus de rente, et par Tëdict Sa Majesté n'en ordonne, sinon lxx" escus, qui est environ ung tiers moin, nous avons en toute diligence, faict lire et publier on préseuee de toute rassemblée des eschevins, ofliciers et communaullé de ceste ville, où se sont trouvés plusieurs notables habilans et bourgeois à ceste fîn mandés, et par tous moiens tâché de desposer leur volonté, signament de ceiilx que estimions les plus aisés, d'acquérir partie de lad. rente et secourir aux alTaim de Sa Majesté en une si urgente nécessité de la guerre, laquelle regarde le corps universel et bien de la religion; mais ne s'est troofé aulcun qui soit entré* (i) en volonté de faire telle acquisitioD, nousaiant esté remonstré par toute rassemblée, comme de faict nous pouvons vous en asseurer, que présentement il seroil impos-
(1) Un mot illisible, pour moi du moins.
•ibie de faire lever de denier, sous tel prëtezte ou de telle petits tomme que soit, sur les bourgeois et habitans de ceste ville pour les grandes charges qu*il nous convient en ce temps misérable ftcalamiteuz supporter à la nourriture d'un grand nombre de paouvres qui afQu *nt par chasque jour, tant de plat pais circon- ^sin que des pais de Normandie, Flandre et Artois, et se mandîent par la ville, combien que Taumosne ordinaire des psouvres du bureau soit redoublée, voire triplée, oultre que la plospart dVntre nous et les plus aisés reçoivent de grandes pertes et diminution de leur revenu à Poccasion du délaissement que loDl les fermiers, métaiers, de la terre qui demeure la pluspart eu frit'he et aride, à quoy iceux fermiers sont contraincts, tant parce que la taille leur est comme insurpoi table avecq
rimpost de la gabelle et scel nouvellement remis sus
Pour les causes susdictes ne povons satisfaire au contenu de ▼08 lettres, puisqu'il ne se trouve personne qui volontairement ▼oenlt ne puisse acquérir partie de la rente, laquelle Sa Majesté ■Vnlend estre levée sinon sur les volontaires et sans coutraincte, estans au surplus en toutes autres choses disposés de satisfaire aux commandemens de Sa Majesté pour son service el continuer au debvoir que nous avons lousjours faict ; el estans la présente sinon à aultre lin, prions Dieu, monsieur, vous donner longue et heureuse vie. Vos affectionnés à vous obéir les ■laîear et eschevins d^Abbeville. »
Suit, dans les transcriptions du registre, la teneur des susdictes commission et lettres missives: Henrj,
par la gr&ce de Dieu, etc (les lettres du roy sont
très-longues, données à Paris et datées de roay \ celles des commissaires sont datées de juin, à Amiens).
La marche adoptée par nous et scrupuleusement suivie à travers les mois, nous ramène aux travaux de défense entrepris en cette année.
La délibération du 25 juin lôS6 nous a conservé tout au long et avec toutes les conditions le procès-verbal
d'adjudication an rabais des travaux à entreprendre pour la fortification de la ville, • particulièrement pour le revestissement du boulevert coromencbé par Monseigneur le marescbal de Rez. » Cette adjudication avait été faite le 23 juin à la maison de la Grutuse, lieu où se tenait le présidial . en la présence du lieutenant ci?il et du procureur du roi (i). M. de Uucqueville vint en annoncer le résultat à rixbevinage le 25 juin, en coinpagoie de M. Mourette, sieur de Cumont, procureur du roi. On ne pouvait plus travailler que pendant trois ou quatre mois, et M. de Hucqueville demandait que les travaux fussent poussés vivement Le maire et les édievins répondent qu'ils ne savent rien de radjudicatioa, qu'ils n'y ont pas été appelés; et l'Ecbevinage alors de dérouler tous ses motifs de mécontentement Cest an véritable réquisitoire ; la guerre s'est rallumée entre r£cfaevinage et le gouverneur, et avec le gouverneur se trouve mis en cause aussi le procureur du roi.
« Le sieur gouverneur vouloit réserver à luy seul de adviser de quelle estoffe ou matériaux de bricque, grès ou pierre blanche, se feroit lad. ouvrage, ensemble du lieu où se transporteroient les terres, en quoy il seroit aise de gratiftier les ouvriers et adjudicataires, et prétendoit semblablement que à luy seul appartenoit d'ordonner de la distribution et paiement des deniers. • Le maieur et les échevins remontraient encore que l'adjudicataire devait être certain à l'avance de la matière à employer dans louvrage-, que le bail devait mentionner cette matière expressément, le grès, la brique, la pierre blancbe n'étant ni de même prix ai
(1) ^adjudicataire était Vincent Carpentier, maître maçon.
— Mi —
ie marne qualité; qu'il était très-nécessaire aussi que le i>ail indiquât l'endroit où se transporteraient les terres, le prix pour les transporter loin ou près ne pouvant être ie même, ces terres d'ailleurs pouvant servir à tel endroit pour la défense de la ville et en tel autre contre sa sûreté. En outre, le gouverneur ne pouvait avoir oublié une délibération des échevins, tenue en sa présence le 18 même de ce mois de juin, et dans laquelle OD avait décidé que les terres seraient mises sur le rempart neuf dans la ville. Le maire et les échevins rappelaient enfin leurs droits, les règlements, les dernières ordonnances mêmes du roi concernant les deniers destinés aux fortifications. Contre toutes ces raisonSf le gouverneur, en leur absence et sans les appeler, avait fait faire l'adjudication à un maçon envoyé par tous les autres maçons de la ville, réunis en complot. L'affaire était cependant assez importante pour ne pas être précipitée ainsi. En conséquence, le maieur et les échevins protestaient des dommages et intérêts « allencontre dud« sieur gouverneur et aultre qu'il appartiendra et de nullité dud. bail, *» soutenant que l'on doit procéder, avec toute la publicité nécessaire, à une nouvelle adjudication.
Le gouverneur et le procureur du roi protestèrent à lenr tour (4) contre ces attaques; leur réponse, absente
(1) Le gouverneur et le procureur du roi protestèrent, le jour nême oo le fendemain, contre le réquisitoire de la Tille, et ea rassemblée échevinale du 1S juillet suivant, on décida que, à récrit fait par eux, « serait faicte la response cy après escripte:
• Pour ce qu^il semble à monsieur le g^iuverneur que les maieur et escbevins, par Tescript en date du XXV* de juing dernier, le Toenillions taxer, avecq le procureur du roy, de quelque con^ nivenee ou monopoile qui auroit esté faicle au dernier bail au
des registres municipaux, appela, le i8 juillet, le maiotien froidement et fermement motivé des accusations de la ville La ville entendait poursuivre la cause • où il
rabais adjuge par fin de chandeille à Vincent Carpentier pour le revétissemeiit du bollevcrt commenchë par monsieur de Relz, demande que. les maieur et cschevins aient à déclarer s^iis entendent maintenir que lesd. sieurs gouverneur et procureur du roy aient eu cognoissance des monopolles desquels ils prétendent faire informer, et cependant, pour le désir que led. gouTerneor a de faire en tout et partout le bien et pronffit du roy, s'ils scavent aulcun qui voeuille mettre à plus bas pris lesd. ouvraiges
que le preneur, aient à le déclarer pour être receu, etc. ••.
« Les maieurs et eschevins aiant veu certain escript soubsignë de monsieur le gouverneur et monsieur le procureur du roy, disent qu^ils persistent en ce qu^ils ont dict par la response qu'ils ont faicte et baillée, soubs la signature de leur greffier, aud. siear gouverneur, le XXV* jour de juing, à Inquelle lesd. sieurs gouverneur et procureur du roy n'ont respondu, et laquelle ne porte (soubs correction) que lesd. sieurs aient faict aulcun monopolle ou connivence avec les ouvriers ausquels on prétend avoir faict le bail, quy sont allés boire ensemble au logis de celuy auquel od prétend le bail de Touvraige avoir esté faict; disent en oultreqae led. prétendu bail n'a peu ny deubt estre faict sans avoir, par lesd. ouvriers et entrepreneurs, baillé bonne et seure caution bourgeoise et restante en cestc ville pour respontire des faultes et deffections quy se pourroient cy après trouver, comme en pareilles ouvraiges il s'est vu cy devant; rcmonstrent aussy que si, par le prétendu bail, le Heu où se mettent les tern^ des déblais eust esté désigné, la toise eust été mise au rabais de xxx iols moins qu'il n'est porté par lad. prétendue adjudication, tant à raison des ponts pour la haulteur et longue distance du lieu qu'il eût convenu faire, mettant lesd. terres sur les ramparts
comme il avoit esté ad visé à l'assemblée des Estats •
Les maieurs et échcvins protestent enfin « à faulte par le gouverneur et le procureur du roy d'avoir ce faict et fourny aux charges contenues en lad. response (dommages et intérêts)* qu'ils poursuivront la cause où il appartiendra. > — Reg. aiia? dilib.
appartiendroit. » Nous ne voyons pas cependant que Ton soit revenu sur Tadjudication du 23 juin.
Si la sécurité de la ville avait besoin de ces précautions coûteuses, la sûreté sur la mer n'était guère plus grande et eût demandé des garanties non moindres.
Je lis dans la délibération du XXYlll juing :
• Les marchands qui traficquent par la mer, en considération que la ville est maritime, ne poeuvent, quant & présent, librement traficquer pour les pirates, tant Rochellois , Hollandois , Anglois que aultres , estans journellement au long des cottes de la mer jusques à Tembouchure de la rivière de Somme*, par lesquels leur a esté prins et pillé grand nombre de marchandises et navires dont ils n'ont eu aulcune rescompense, quelques poursuittes qu'ils en aient faictes à grands frais; en
sorte que la pluspart d'entre eux sont et ruinés
et demeurent chargés de grandes debtes vers les marchans estrangers et ne poeuvent retirer celles qui leur sont deubes pour la cherté du temps. »
Cela dans un long exposé de misères, rédigé en réponse au conseiller du roy, trésorier général de ses finances, qui insistait pour la souscription à la rente.
Tout cet exposé des misères de la ville serait à reproduire comme le meilleur tableau des détresses infligées par le temps à toutes les fortunes et au commerce. Nos successeurs y reviendront
L'exposé signale particulièrement la triste situation des marchands de vin et des hostellains, et les conséquences, pour le plus humble peuple, de leurs affaires ruinées.
• Et par ce moien, cessant le trafic, plusieurs artisans, manouvriers et aultres personnes de basse oondUion qui
gaignaient leur vie soubs lesd. marchands sont rédoieU à telle pauvreté quHIs sont contraincts mendier leur vie avec aultre grand nombre de pauvres tant des villes circonvoisines que pais de Normandie, Flandres et Artbou, [ce] qui est d'ailleurs une grande charge aux habitaos, lesquels, pour éviter qu'il n'arrive quelque émotion, sont contraincts de bailler bonne somme de deniers extraordinaires pour ouvrir ung attelier adfin de travailler aux fortifications de la ville, conformément aux lettres de Sa Majesté. •
On voit encore, dans le même exposé, que les habitants avaient perdu plus de « deux mille escos que leur dévoient de prêt (I), » pour leur nourriture, les soldats qui tenaient garnison dans la ville.
Les maieur et escbevins suppliaient à ces causes Sa Majesté de les décharger de la somme à eux demandée.
Pendant ce temps, la disette signalée plus haut et grossissante, s'ajoutait à tous les embarras de la ville.
Une procession générale eut lieu le i«' juillet (2),
(1) Nous dirions d^avances.
(2) « A Wlfraii Frenie [?], cloquemant, la somme de quarante sols pour avoir sonné les cloches durant la procession géoëralle faicte pour raison de la cherté et carence des vÎTreSt comme appert par sa resqueste ordonnancée du i** jour de juillet, cy , XL*.
« Aux huict sergeans à mace de lad. ville, pour avoir assisté et donné ordre à la procession généralle faicte en lad. ville le premier juillet audict an M V 1111" VI et pour aultres vaocatioDS par eulx faictes, la somme de deux escus, cy ii".
• Aux sergeans de la vingtaine et portiers, pour pareille cause, un escu deux tiers, cy i*" u*.
« Aux niaieurs de bannières de ceste ville, pour avoir porté torches et luminaire à lad. processiou, quatre escus, ey. • mr** *
« pour la cfaerté et carence des vivres. • .^ Voyez plas loin, an chapitre faits divers, les moyens employés pour arrêter la hausse des prix et prévenir Textràme disette.
Ces calamités étaient coupées parfois par quelqu'une de ces grosses aiïaires du temps, un passage de personnage important.
Le 1X« jour de juillet, le maieur annonce • avoir esté adverti , par le lacquet du sieur Dallon , cejourd'bui matin, que monsieur Despergnon (d'Ëspernon) doibt arriver en jour prochain en ceste ville; sur quoy estoit à adviser pour scavoir quelle réception à son entrée il lay seroit faict. »
L'échevinage, ainsi consulté sur les honneurs à rendre au favori puissant, décide que Ton sMnformera de combien de gens sera suivi M. Despergnon (1).
H parait que le trésorier général insistait sur la convenance ou la nécessité de souscrire à la rente offerte par Sa Majesté. Six mille six cents écus, on s*en souvient, avaient été demandés en forme d'emprunt aux habitants d'Abbeville comme leur part contributive pour la solde de cinquante mille hommes de pied (2).
L'échevinage décide qu'une députation ira « en court •
(1) « A Anthoine Waignart, premier eschevin, pour un voiage par luy faict a Amiens pour scavoir comme ceulx de ladicte ville se comporteroient à rentrée de Mous. d'Ëspernon, la somme de
trois escus, cy in**. »
— Reg. aux comptes ^ 1585-1586.
(2) « Au messager d'Amiens qui auroit aportë commission de messieurs les géuéraulx pour faire la levée des vi" v* escus (1)
(i) Je troa^e d'on eôté six mille six cents, de Ttatre cinq mille cinq eents. A qaelle sofliflie de?ooi-Doas nous arrêter? Qae^tion d'ailleurs pea importante.
à la fois pour rafTaire du boulevart de Ret£ (1) et pour faire des représentations à Sa Majesté sur la somme de six mille six cents écus qu'elle a oommaDdé • estre levée sur les habitans plus riches et aussy en constitotion de rente (2). » Le départ de la députatioa a été retardé « pour plusieurs considérations» que le maieor expose le 7 août. Sa Majesté ayant envoyé une nouvelle commission datée du XXU juillet, • pour contraindre les dénommés au rooHe faict par M' Beaucler |7] de payer leurs cottes, il est besoin d*adviser de nouveau et de délibérer. A esté délibéré que, en toute diligence, l'on envolera en court pour présenter requeste adfin d'estre quitte et deschargé de lad. somme que l'on prétend lever sur les habitans ou bien avoir modération. •
en conslitiition de rente xsob. •—
Reg. aux comptes, 1585-1586.
La note suivante pourrait s'appliquer à quelque avis du méuie genre, si le message ne venait pas de Téchevinage d*Amieiis:
• A Pierre Guillobert, messager d'Amiens, pour avoir aporté une lettre de advertisseiiierit dudit Amiens à Messieurs de ceste
ville, quarante sols, cy xl*. >—
Ibid.
(1) Voyez plus haut la note sous le mois de juin.
(2) Le bureau des pauvres contribua plus tard à la composition de la somme en délinitive exigée ;
« A esté payé au bureau des paouvres de lad. ville, tant par forme d'aumosne que pour Tîntérest et rcsconipensse du présfQt faict à la ville pour ses nécessités de la somme de six cens cinquante escus, à laquelle ladicte ville auroit esté cottitiée en ladicte année pour la solde des cinquante mil hommes de pied, la somme de quarante escus, sellon qu'il appert par la delHbération do
deuxiesine jour de juillet mil V* quatre- vingt et cinq i
quittance signée Boullon, receveur dud. bureau, cy. . . xl*". » — Ae^. aux comptes f 1585-1586.
PAIT8 DIVBES
La difette. ~ Les dëliU plos fréquents. — Maintien sëtire de la police. — Dmi fait ao mettre d^bAtel de la eomtefse de Ponthien.— Installation de rdgnts sa eoU^. — Essai de moiiaqaets, etc.
Cette année fut, nous Pavons déjà indiqué, une année de disette; les registres de la ville en gardent partout les preuves. On cherche à donner un juste prix au pain (0 et le pain fait parfois défaut (^); des fraudes de plus d*un genre pour le blé et pour le pain se pratiquent et sont punies (3). Nous avons noté plus haut la procession générale du !«' juillet.
(1) A este payé à maistres Anthoine (ou Nicole, le nom est surchargé) Waignart et Robert Carbonnier, eschevins, pour blés par eulz achelté pour faire leurs esproeuves afKn de donner pris au pain, suivant la dellibération du Vil* jour de décembre mil ¥* qnatre-TÎugt et cinq, la somme de trois escus cinq sols,
ey iir* i\ »—
— Reg, aux comptes, 15S5-lftSd.
(9) Le 9 mai I5S6, neuf boulangers sont condamnés chacun en vingt sols d*amende, dont le tiers aux accusateurs, « pour n*avoir faict du pain pour fournir la ville. » — Ibid.
(3) Le H mai 15S6, Jehan Fouquemberque, meunier, et Jehan Dufour, sont condamnés en un écu et une livre « pour avoir faict passer du blé sans passe-port. »
Le 7* Jour du mois de juin, Toussaint Boutart est condamné pour avoir laissé passer du pain et du bié « par la porte où il estoit en garde. »
Le 17 juin 15S6, Nicolas Lefevre, drapier, est condamné à xx sols d'amende pour avoir passé du pain « soubs son mantean. •
Le lendemain, Claude Sauvage est condamné pour avoir fait passer du blé par la rivière en xxx sois). — Reg. aux comptes^ 1 585-1586.
La misère, plus qae les agitations politiques, poone aux cootraventioDs; la liste des coodamnations est très- Yisiblement plus longue en f dtô-1556 que dans les aonéei précédentes.
II est à remarquer d'ailleurs qu*en ees temps d'émotion et d*éveil des esprits la police est aussi sévèreaieat maintenue par l'échevinage qu'en temps calme. Qu'on ouvre les comptes au milieu des troubles, en pleine disette; réchevinage ne faiblit jamais. Nous retrouTons les mêmes condamnations pour immondices jetées dans les rues ou dans la rivière, pour entreprises des geos d'un métier sur un autre métier, pour livraison de marchandises defTectives, pour bestiaux ayant causé da dommage, pour porcs détenus dans les maisons. Cette solide bourgeoisie à large assiette était amie de Tordre.
Kous ne vojons nulle part que la comtesse Diane ait jamais visité le Ponthieu, mais il est probable que son maître d'hôtel j vint faire une tournée ou que les habitants d'Abbeville eurent à réclamer de lui des services, à se ménager sa bienveillance (1).
Des installations de régents eurent lieu au collège avec quelque apparat (2).
(1) « A Nicolas PlaDtart, M* orloger, la somme de dixescos pour uoe mobtre de luj achettêe, de laquelle auroit esté hki
présent à M' , maistre d'hustel de madame d^Angoolesoc,
arloo qu*il appert par f acquît dudict Plaotart, du neuviesme jour de ooveiubre oiil cioq cens qualre-Tingt et cinq, cy. • . x*". » — Rtg. aux comptes^ 1585-1586.
{!) • A esté payé lorsque M* de Bonllcol et trois r^^
furent installés par lesdict maieur et escbevins dedans le colk^t pour avoir fait préparer le lieu et aultreo.ent, la somme de ong escn quatorze sols, cy I* zmr. •
Se mettait-OD déjà en garde contre des éventualités de guerre possibles? L'insuffisance des indications nous force a rejeter ci-dessous deux notes qui paraissent cependant se rapporter ù des précautions de ce genre (1).
Enfin attribuerons-nous aux difficultés plus grandes de la vie en cette année, ou aux abandons ordinaires qui attendaient la charité de saint Vincent de Paul, le fait d'un enfant inconnu et trouvé mort à Demenchecourt(2}?
(I) « A Nicolas Temps, mnistre harquebusier , pour avoir esproavé plusieurs mousquets par Tordonnance des maieur et fscheviiis, sellon qu'il appert par sa requeste du IX* jour de
juilltl (1586) XV.
m A Jehan Leroux, chartirr, pour avoir charié deux ponts de bois dedans la ville et les avoir mis dedans le magasin près
Saint-Gilles xii*. •
— Reg, aux comptes^ 1585- 1086.
(î) « A Marie ...... pour avoir aportë en Feschcvinage ung
enffaut trouvé mort à Deuienchecourt un*. »
RenonTellemeot de la loi.— La onisirt. — Chertë da blë.— Achat de bléa étrangers. — DistributioDs aux pauvres. — Ecroulement d'une galerie de l*Echevinage.— Ordonnance du roi sur la sortie des grains et des bestiaux. Défenses de police. — Publication d'une ordonnance du rei et du prévôt de Paris — Réclamation par le roi d'une cotisation imposée aux habitaots d*Abb6Tille — La somme sera payée des deniers d'octrois, des deniers da Val et des deniers patrimoniaux. — Passage d'un ambassadeur allant demander la délifranee de Marie Stnart.
La misère que nous avons vu errer afTamée et perdant des enfants morts dans les faubourgs, en Tannée qui vient de finir, devait encore rendre plus difficile la mairie de Claude Rohault (1).
(I) Maieur : noble homme sire Claude Rohault» seigneur d'Espagne.
Les quatre premiers ëcheyins furent: M* François Caisiee, seigneur de Bealencourt, advocat; honorables hommes Gabeibl Bbibt, Taisné; Charles de Cocquerel et Jean Dehault.
Les argentiers furent: pour la Ville, Jean Godbhont; pour le Val, Antoine Dehault. - Waignart,
Claude Bohault était à Cambron pendant que les maieurs de bannières le nommaient :
a A Jehan Gruel et Marin , sergeans à mace, pour ung
voiage par enix faict à Cambron pour signiflier à M' Rohault son
«•Par toute la France et pays circonvoîsins, dit Waignart, il y eut si grande cherté de blé que le boisseau d'Abbeville fut vendu quarante-cinq et cinquante sols Le pauvre peuple endura beaucoup; grand nombre moururent de faim; plusieurs bons marchands envoyèrent eo .... pour en tirer des bleds, lesquels arrivèrent à boa port, au grand contentement et soulagement du peuple. Les maieur et eschevins y apportèrent du leur, firent travailler au boulevard de Retz et autres lieux pour donner du gaignage aux pauvres, et firent souvent distribuer quelques pains chacun jour de la sepmaine en l'es* chevinage Le peuple y étant un jour assemblé, passant
esleclioD de maieur pour l*année suivante» la somme de dnquante-cinq sols lv*. >
4e retrouve en ç^tte année, après rorganiiatioD de réchcfin^ge:
« On fait assavoir que la loy ou rénovation de Pescheviiiafe de lad. ville est entièrement faicte selon qu'il est de tout temps açcoifstumé; et en continuant, les antiennes onlonnanees, est deffendu à tous habitans àe, jurer et blasphémer lie saînci nom de Dieu, eux pourmener aux églises, aller aux tavernes, joner i la paulme et autres joeux es jours des dimenches et festes pendant le service divin, aux peines portées par les esdicts du roy, arrests de la court et ordonnances cy-devant publiés, et à tous tayerniers et tripottiers de recevoir iesd. habitans en leurs maisons et jeux de paulme à pareille peine.
« Est deffendu à. tous habitans, de quelque qualité qu'ils soieat, d'aller par les rues, après la cloche sonnée, sans chandeille, ae laisser aller leurs onffans ou serviteurs, à peine de dix escus d'amende, desquels les pères, mères, maistres et maistresses rendront pour leurs euffans et serviteurs.
« Enjoignant et commandant à tous les habitans de garder et observer les ordonnances et statuts faicls et establis et qui pourront esJre cy-après faicts et puNiés, etc. • — Reg, aux dâib.^ 1^36-1,587.
au travers de la galerie ou plombée^ pour à son ran^ recevoir le pain, y arriva en si grand nombre qu'il en fit tomber une partie, dont plusieurs furent blessés et quelques-uns en moururent. L'août arrivé (1587), le bM revint à bon compte, dont le reste du peuple fut niieuk sustenté (i) »
Nous retrouverons, de mois en mois, les témoignages poignants et les témoignages honorables de cette misère et des efforts de toute espèce tentés pour la soulagera. Reprenons les faits date par date; Tordre chronologique, même serré, donne presque toujours les tableaux leé plus clairs et les plus vrais, en raison de la déduotioil rapide et de la logique des événements qui naissent les uns des autres.
Le 4 septembre 1586, lecture est donnée à TEchevinage de lettres du roi , datées de Paris le 22 août, et àê M. d*£strées, gouverneur général au gouvernement da-
(1) Sangakr d*Abrancourt et Pormentin sont à peu près d'àet> Gord avec Waignart pour ce rëaumë (Tune partie des évènemeDls qui marquent la mairie de Claude Rohault, mais, suivant eux» rimportation du blë aurait été due aux magistrats municipaux : • Il y eût une si grande famine à Abbeville cette année, dît Sangnier d*Abrancourt , que les majeur et écbeyins envoyèrent chercher du blé à Dantzic et dans les pays étrangers, pour en faire du pain et le distribuer aux pauvres dans rEchefinage. ■— « La stérilité de la terre, dit Pormentin, produisit une disette si grande, que si les magistrats d*Abbe¥ilie n'eussent fait venir de Dantzick une quantité considérable de grains, les pauvret seraieiit morts de faim. > M. Louandre confirme les témoîgtiagc's de Sath gnier et de Pormentin. — Poritientin, bien postérieur à WaigfiaH, exagère sans doute un peu quand il affirme que ta galerie des plombs écrasa, en tombant, cent vingt personnes. Cette galerie, garnie de plomb pour recevoir et rejeter au dehors Teau du ciel, était d'ailleurs en pierre.— Sangnier (tMranûovrL
Picardie, datées de le 30 août Les lettres da roi
sont adressées à M. d'Ëstrées, mais celle de M. d'Estrées, beaucoup plus rude de ton, la résume vigoureusement en ce qui regarde Abbeville. Elle fut lue en présoioe de M. de Frame, lieutenant de M de Hucqueville:
c Messieurs, vous enteirdrez de M. de Hucqueville, vostre gouverneur, ce que je luy escris de riuleotion et volooté du roy sor le renouvellement des deffenses que Sa Majesté faict ■ de laisser sortir les grains et bestiaux du loyaume. »
M. d'Estrées réclame des punitions exemplaires contre les contrevenants. 11 a écrit particulièrement à M. de Hucqueville, etc.
Nous avons vu (1 ) que les ordonnances politiques de la ville furent renouvelées le XII septembre de cette année
La mairie de Claude Kohault, qui fut d'ailleurs un homme énergique, autant que nous en pouvons juger par tous les actes de son administration, annonce d'abord sa sévérité par plusieurs autres défenses qu'expliquent la misère de Tannée, la crainte du désordre, la nécessité de régulariser la charité et aussi la rigueor religieuse du temps.
Une réunion échevinale du 10 septembre ordonne la publication des défenses qui suivent:
a Deffences sont faictcs aux habitans de ceste ville, de quelque estât ou condition qu'ils soient, de recepvoir en leurs oiaisons aucuns vagabonds, bellistres et aultrrs mendians parmy les riws, ny appeller ou faire venir enffans ou aultres n'estans de ceste ville pour les envoier chercher leurs pains ensemble, de louer
leurs maisons à aultres qu'à personnes ou aiaat
moien de gaigner leur vie, à peine d'amende arbitraire. Est aossj
(1) Dans une note de Tannée précédente, an-dessous des ordonnances politiques, etc.
enjoîDct à tous les Tagabonds, bellîstres ou mandians estrangera, mesmement pour ériXer les malladies contagieuses, de sortir hors lad. Tille en dedans le tiers jour, à peine du fouet et de bannissement; ensemble aux gardes des portes de ceste dicte Tille d^mpescher lesd. Tagabonds, bellislres et mandians d*entrer en icelle, à peine d*un escu d*amende. Davantage delTences sont feictes aux paouvres estans au bureau eu ceste dicte ville d*aller parmy les rues ou ailleurs de ceste dicte ville sans avoir et porter la marque du bureau de ceste ville attachée sur le bras gauche, et d*aller mendier par les portes des malsons des habitans, à peine d*estre rayé et mis hors du papier de Paumosne; et ansd. habitans de donner Paumosne aux portes de leurs maisons, ausd. paouvres du bureau congneus par lad. marque, à peine d'ung escu d*aniende.
• Deffenses sont aussy faictes aux chefs et gardes des portes de ceste dicte Tille de laisser sortir ny entrer, les jours de dimenche et festes solempnelles, aucunes personnes, chevaulx, chariots, charettes, chargés de muisons, marchandises ou aultre chose que ce soit, à peine de dix escus d'amende ausd. chefs et deux escus pour chacun desd. gardes; comme aux habitans qny se porteront pour ce faire, pareille amende de deux escus pour la première fois et amende arbitraire pour la seconde. » * Rig. anÊm déUbératiom,
Dii jours après (10 septembre), nouvelles défenses :
• Il est expressément inhibé et delTendu aux habitans de lad. Tille, de quelque qualité ou condition qu'ils soient, de blasphémer et jurer le sainct nom de Dieu ny de sa très-sacrée mère, Bj prohiber (lie) paroles jumonieuses et exécrables contre leurs saincts noms et honneur, ny des saincts, à peine, suivant les édicts du roy, de cinquante livres d'amende pour la première fois, pour la seconde fois è tenir prison fermée .... jours durant et en cens livres d'amende, et pour la troisiesme fois à y estre ung mois durant au pain et à Peaue et en H* liTres d'amende ; la tierce partie des amendes au dénoutiateur et accusateur, l'autre an bureau des paouTres de ceste Tille, et l'autre tierce partie à
l«d. TÎlle; et ceux qui n'auront mpien de paîer lesd. amndrt feront punis et chastiës en leurs personnes sellon la grandearct énormité des parolles quy auront esté iëmëraireaient ctiadii- Cfètement par eux proférées.
m JBst de recbef prohibe et deffendu à tous les habitam it Geste ville çt fauxbourgs d'icelle d'aller aux tarernes, hostelknci et cabarests, soit aux jours de dimencbe, festes solempnriles m autres jours ouvrables (5tc), à quelque heure que ce soit« à peise dç df'ux escus d'amende pour chacune personne pour la première fois, quatre escus pour la seconde, et pour la troisiesme pagutlon exeipplaire; et à tous hosteleiers [?], taverniers ou eabareliers de ne rccepvoir aucuns desd. habitans en leurs bosteb, tavernes oq cabarets aveçq quelque personne que ce soit, i peiac du double desd. amendes pour chacune fois. •--Reg, auxdéHU
Enfin on décide, dans la séance du IX octobre 1586, que Ton publiera l'ordonnance suivante qui vient, il eit vrai, de plus haut :
« De par le roy et monsieur le prevost de Paris,
« Au deffault que nous avons en ceste année de ce quj nous
(bïcI le plus besoing pour les commodités nécessaires de la?ie,
particulièrement du vin, a esté ju^é très nécessaire d'yestablir
une règle à ce que du peu quy se pourra recueillir le poenpfe
puisse estre secouru en sa nécessité et pris raisonnable
DeiTenses sont faictes à tous hostelien,
cabaretiers el paticiers de recepvoir les bourgeois de ceste fille, leurs serviteurs, clercqs et autres domiciliés, en leurs hostdleries et cabarests, leur bailler en içeux vivres, ny assoir aucaos, hors mis (excepté) les forains et estrangers, sur peine de dii escus d'amende et de prison s'il y eschet pour la première fois, et pour la seconde de pugnition extraordinaire; et néantmoios enjoignons à tous commissaires faire diligence, recherche et perquisition desdicts cabarests, et, ^u cas qu'ils trouvent en icenx aucuns bourgeois buvans, les amènent prisonniers es prisons du Chastelet s^ans aucuns délais, pour y estre pourveu ainsi que de raison. • , »
L'Ëchevinage d'Abbeville fait publier ceUe ordoonance • adfin que l'on n'en pui3se prétendre cause d'ignorance. »
Dans une assemblée écbevinale du XXIII octobre, il est donné lecture de lettres du roi, datées de Saint- Germain-en-Laye le XIII du même mois, et demandant la prompte délivrance des sommes esquelles les habitans d*AbbeviIle ont été cottisés (4) et que doivent exiger les trésoriers généraux de France establis à Amiens. tes échevins présents décident que l'on consultera, sur cette question, les anciens maieurs.
La ville, où la nouvelle s'est répandue, prend cinq jours de réflexion.
Le 26, une assemblée générale (convoquée au son des deux cloches) discute enfin l'afTaire. L'opinion commune fut qu'il était expédient d*aviser au paiement et satisfaction de lad. somme « par la plus doulce voie que faire pourra, attendu la calamité du temps, cherté exlresme et pauvreté du peuple, pour éviter aux tamultes et émotions qui pourroient survenir la levant par capitation et cotte sur les particuliers, comme il est mandé par les lettres du roy. — Après que plusieurs advîs ont^ sur ce sujet, esté reportés à lad. assemblée et qu'il s'est trouvé estre nécessaire de trouver moiens d'acquitter lad. somme par autre voie que la levée et capitation, pour éviter aux inconvénients quy en pourroieQt réussir, le désordre, confusion et dissention entre les habitans^ estant impossible de le pouvoir faire, pour ces raisons et considérations amplement [sues ou faites]
(1) Pour la solde des reitres et des suisses. Ui ville avait été cotisée à trois mille écus, mais le roi Q*en demandait immédiateineftt(eo dedans la 6a du moU) quç mille»
et déduites, a esté délibéré et ordonné que lad. somme de mil escus sera prinse et paiée des deniers d'octrois de la ville. *•
On fit cette remarque que, comme il n'y avait pas deu mois que les fermes de la ville « avoient esté baillées, ladicte somme ne se pourroit aisément trouver. • — On décida alors que le surplus serait pris « tant des deniers du Val^ patrimoine que aultrement (i). •
Le 21 novembre 1586, Pompone de Bellièvre, ambassadeur du roi auprès de la reine Elisabeth en Angleterre, partit d'Âbbeville pour aller solliciter la délivrance de Marie Stuart, reine d'Ecosse, qui n'avait plus trois mois à vivre. Bien inutile démarche! — Dom Grenier» fof^ 14, tome 90.
Baptême d'aoe fille Jo goa?ernear.— L*Echefinage sert de pamia i Pdftat. Dépenses k celle occasion. — Les ateliers de charité.— Cottes et Itifén pour y subfenir. — Nouvelles lettres do roi — Afis divers de rEc1ie?iBagB pour satisfaire aux prescriptions royales. — A?is des Estats aar le néâi sujet. — Décisions prises.— On tirera Targent deit deniers des octrois, di patrinoine, du Val, des levées sous forme de dons gratuits, des deniert assignés pour la fortification.— Durée des ateliers de charité. — Ealfée de M. d'Estrées, lieutenant général en Picardie.— Faux bruits sorPâablissement d'une citadelle k Amiens et k Ahbe?ille. — Le doe d*Aaiiiltt fait surprendre Doullens et le Crotoy — Ses lettres k TEchefiDage d*Abk^ ville. — Réponse do TEchevinage. — Pont-Remy souci pour AbbeviUe. - Soldats entretenus en ce lieu aux frais d'Abbeville. —Lettres de V. d*Estréii. — Avis reçu de la surprise de la ville du Crotoy.— Le chiteaa do Gralay est assiégé, et les gardes du Pont-de-Remy ont été sommés de.rcodrt It
(i) Je lis dans le registre aux comptes de celte annëe : « A Jehan Troulle, aulncur de draps, la somme de quarante sols pour avoir auIné les draps. . • . pour la somme de deux mil escus à laquelle lad. ville avoit esté cottisëe XL*. •
place. — Précaotions prisas poor la sécaritë d'Abbeville. — Lettre da due d'Aonale an goa? ernear d'AbbefilIe. — Diffiealtét entre rEchevinage et les einqiaDteniers.
Au commencement de janvier fut baptisée une filie du gouverneur. M. de Hucquevilie avait prié le corps de ville de vouloir bien servir de parrain à l'enfant On ▼oit, par une délibération du 4 janvier, que le baptême eut lieu à réf;lise de Notre-Dame de la Chapelle. L'assemblée vote douze escus au maieur, afin qu'il les délivre ainsi : un écu au curé, pareille somme au clercq» deux
escus à la (mot effacé), deux escus aux hallebar-
\^ et les six autres aux gardes et nourrices (4).
(f ) Les autres dépenses furent.
« A Charles de Hault et Jehan Lescuier, M*' orfèvres, la somme de trente-cinq escus ung tiers, pour vaisselle d'argent et aultres {sic) bagues d*culx achettëes, et desquelles présent avoit esté faict à la tille dud. sieur de Bucqueville le jour du désobage, selloQ qu*il appert par dellibération du qualriesme jour dud. mois de jaavier, cy xxxv*" i'.
« Aux cinquanteuiers des arbalestriers, archers et harquebusiers de lad. ville, la somme de vingt-quatre escus, pour avoir esté en armes aud. désobage, ainsi qu'il appert par ordonnance du sixîesme dud. mois de janvier xxnir*.
« Aux maieurs de bannières la somme de quatre escus à eulx ordonnée en la même intention des cérémonies dud. baptesmei Cf IIIl^.
« A plusieurs manouvriers la somme de cinquante sols à eulx donnée pour avoir sonné les cloches du grand Esche vinage pour la solempnité du baptesme de la tille de monsieur de Bucqueville* auquel messieurs maieur et eschevins furent priés et invités comme parains, et dont appert par ordonnance du cinquiesme jour de janvier (1587), cy V.
m A esté payé encore par Pargentier la somme de douze escus pour présents et libérallités faictrs par lad. ville lors dud. baptesme» sellou qu'il est plus particulièrement reprins et déclaré
Ce parrainage ofTert par le maître da difttean et accepté par les maîtres de la maison commune n*aiinoDce-t il pas refTacement de tout nuage entre le goaverneur et PEchevinage?
Nous arrivons à la grande question— «municipale — de l'année, à la plus lourde charge de la ville, à rentretien des pauvres valides par le travail, selon rordonnanei du roi mentionnée en Tannée précédente et en exécotioii d'un arrêté du Parlement des premiers jours de iS87 même.