LES ATELIERS DE CHAEITB
Une assiette d'impôt (elle produisit deux mille trois cent six écus un sol) Tut d'abord établie sur les habitants de la ville en vertu de l'arrêt du Parlement du 2 janvier, pour fournir à la vie et au travail des pauvres (I).
par dellibëration dud. eschevioage le qualriesme jour de janrler
aad .an ziT*. •
— Reg. aum comptée^ 15S6-1587.
(1) A la fin des divers chapitres qui divisent ordinairement la receptes de la ville, Targentier de 1586-1587 écrit :
« Aultre recepte faicte par ledict Godemont, comptable, à caosê de certaines cottes et levées faictes en ladicte année sur Ifshibitans de lad. ville, pour la nourriture et entre tenement des paonvres , à raison de Textréme cherté de touttes sortes de vivres, suivant Podonnance et arrest pour ce donnés par Nosseigneurs de la court du Parlement à Paris, ensemble des deniers rëcens des coniuiissaires du bureau des paouvres de lad. ville pour employer au mesme effect.
« Ledict Godeniont, comptable, est contraint de faire ici recepte pour esclarcir et éviter que Ton luy en puisse rien imputer de faulte à Tadvenir, de plusieurs sommes et parties cy*après déclarées, combien que la vérité soit telle qu'il ne les ail en effect touché ui receu et que la distribution et despence mesme n'en ait esté par luy Caicte, comme chose D'estant deppendant de si
Dans la délibération do XIX« josr de janYÎer f S87, techire est bite de lettres du roi, données à Paris le V^' janvier 1587 et adressées à monsieur le procureur da roy en la séneschauasée et siège présidial de Ponthieu à Abbe ville. Le roi veut que l'on nourrisse et entre^
charge d'argentier des deniers et revenus ordinaires de lad. ville aenllement, et dont radministration aiiroit esté faicte ainsy et par ceuU quj y auroient esté ordonnés et commis par ledict sieur Rohaull, lors maieur, scllon les estats qu'il en auroit faict dresser, Itdict Godemont absent, et qu'il auroit faict siguifGer et mettre es mains d'icelluy longtemps après ladicte charge expirée, comme il sera dict et plus amplement déclaré cy-après, et dout, partant, il proteste faire remise et nVstre, par ce moien, nullement saisi [?") des difficultés ou débats qui pourront estre faicts tant sur ladicte recepte que sur les mises et liespeuces.
« Premièrement sera cy faict recepte, ausdictes protestations, de la somme de deux mil trois cens six escos cinq sols provenant d*une cotte et assiette faicte sur les habitans de ladicte ville en Tannée V* quatre-vingt et sept pour entretenir, nourrir et faire tcavsîller à Tatellier des ouvrages et réparations de ladicte villa les paottvres vallides, estans en très-grand nombre à cause de reztréme cherté et famine qui auroit régné en ladicte aniée en, tout ce pays, et ce en vertu et conséquence de Tarrest pour ce donné par Nosseigneurs les gens teuans la court de Parlement à Paris le deuxiesme jour de janvier audit au V* quatre- vingt et sept, et sentence depuis donnée par monsieur le séneschal de Ponthieu ou son lieutenant le trentiesme jour de may audict aa» reprins et inséré |^?J en ung compte ou estât rendu tant de ladicte recepte que despence desdictps cottes et aultres deniers par ledict Robault, maieur, et de luy signé et de plusieurs esche?ins, lequel il auroil faict signifGer et mettre es mains dudict comptable comme dessus est dict, sans aultre justification, lequel estât contenant deux cens deux feuillets escripts et non escripts en long volume rellié (i). »
Âjrrivons aux « mises employées audict estât et compte signé
(1) Je tapprime qaelqaes prëliminaircs obscurs des comptes. Le Ita^tgt de JebiD Godemoit est tsseï barbare.
tienne les pauvres à cause de Textréme cherté des vivres Ces lettres sont transcrites tout au long dansk registre.
La simple assemblée de l'Echevinage (convoquée aa son d'une cloche), le 21 janvier, est fort curieuse :
et arresté de chapitre en chapitre ; dont la clôture et estât final est d(itté du dix-huictiesme jour de juillet mil V* quatre vingt et huict, signé dosdicts sieur maieur et eschevins y rendu €7(1), pour ladicte première cotte, ladicte somme de ii" m* vr* T.
« Item de la somme de huict cens Irenle-huictescus trente-sept sols six deniers lourno's, rcceue comme il est porté par lediet compte ou estât devant rendu, au focuillet quarante-troisiesme, de messieurs les comn)issaires du bureau des paouvres de ladicte ville, sur et tant moings de la somme de mil escus qui debvoient estre prins sur lodict bureau, suivant la dellibération des estats de ladicte ville du jour de audit an, pour estre employé à la nourriture et pour faire travailler lesdicts paouvrrs Vallides , ladicte somme rcceue desdicls commissaires par lo mains de Claude Brœillet, lors receveur dudict bureau, et procédant d'aucunes ventes d'icelluy vendues suivant ladicte dellibération pour fournir lad. somme, scavoir quatre cens escus de II vente faictc à mons. de Manpin de cent livres de rente que avdt lediet bureau sur lad. ville, six vingt quatorze escus trente-sept sols dix deniers de rembours faict par le sieur des Essars de dix escus quarante-cinq sols de rente, deux cens escus de la vente faicte à réglise Saincl-Gilles de cinquante livres de rente sur lad. ville, et cent quatre escus de la vente faicte à lad. église Sainct- Gilles de vingt-six livres de rente sur Robert Carbonnier, seJlon qu'il est plus au long déclaré au texte dudict compte rendu sur Tarticle précédent, icelles parties montans ensemble à ladicte somme de viir xxxviii"* xxxvn' vr*.
« Item de la somme de mil deux cens quatre-vingts escus deux sols tournois proceddans d'une aultrc seconde cottisation et levée faicte sur les hubitans de lad. ville eu lad. année, pour continuer à nourrir et faire trayaillcr lesdicts paouvres vallides,
( I ) Même remarque sur Tobscurité et la barbarie dji langage.
Sur ce qui a esté proposé par led. sieur maieur lault) que il est besoing de faire cejourd*huy déliition céans pour demaîa en assemblée des Estais
et proposer les moiens qui seront trouvés pour r deniers adOn de faire travailler les pauvres vai à quelques ateliers ou œuvres publicques en ceste
et ester la mendicité.
Lesdicts sieurs eschevins ont dit leurs avis parti- ;r8, scavoir les sieurs Briet (1), Cocquerel (2) et 1 (3) de lever la somme de quatre mil cinquante s sur les habitans plus riches et autres de ceste ville seront distincts et séparés : cinquante qui paieront à ;un XX escus la somme de mil escus; cinquante es à XV escus, virL escus*, cent autres à x escus ;un, mil escus; cent à quatre escus, un* escus; cent ax escus, ii« escus, et cent à un escu, cent escus, Q que les moiens et facillités seront à chacun ; ovltre endre u* l livres tournois de rentes des aequets du 3au des pauvres pour trouver autres mil escus» de 3 la levée au plus tost par gens que l'assemblée sera lise nommer; et les sieurs Danzel (4), J. De le gor-
oy lesdictes sommes ne povoient satisfaire et fournir ,
iDt lesdicts arrests de la court et sentenee devant reprins et bération pour ce faictes en assemblée des estats de ladicte , qu^il est plus amplement déclaré par ledict compte et estât
iDt rendu, cy lad. somme de ir iV iiu"*" u*. »
eg. aux compUSt 1586-lftS7.
) Gabriel Briet Taisné, le premier échevin des quatre. ) Charles Cocquerel, le secoad échevin des quatre. ) Jehan Roiel, le troisième échevin des huit. ) Eustache Danzel, le premier des échevins des huit.
goe (f ), VMette (2>, Le Blond (S) , La FrMioye (I), Loèogtier (b), Poilly W, R. De h; gorgoe (7), Bcvct(«|, Roussel (9), Prévost (10), Levesque (11), Vaillant (H^ Lempereur (13) estoiest d*avîs qu'rl estoH kon de CriMf lever les iiu°> escus sur les habitans ée ceslé i^HIé, h fort portsQt le foible, et noaen la forme auaékte^ déclarant qu'ils se conformoient ao surplus 4es advif prédicts pour Texécution de ladicte levée^ eonmie de vendre deux cens livres tournois constituées au proift du bureau des pauvres pour en tirer mil escus à em* ploier oultre les iiii°^ escus à Teffect que dessus. «^Ay. aux délib,
. La séance des Estats a lieu le lendemain, viogl deuxiesme jour de janvier, au son des cloches, par devant noble homme Jacques Bernard, licentié ès-loix, sieur de Moimont, lieutenant général en la conté et siège de Ponthieu, et honorable homme Claude Rohaolt, sieuf d^Ëspagne, maieur; sont présents deux chanoioes
(i) Jaeqaes De le gorgu(> Taisnë, le second dearécHerinsdef h(rit
(2) Jehan Violette, le cinquième des ëcheTius des huit»
(3) François Le Blond, le sixième des écheviiis des huit.
(4) Claude de la Fresnoye, le dernier des échevins des hait.
(5) Jacques Loiiitier, le second des échevins de recoeul.
(6) Pierre de Poilly, le troisième des échevins de recoeul.
(7) Robert De legorgue, le quatrième deséchevins de recoent*
(8) Jelian Bevet, le cinquième des échevins de recoeul.
(9) Firmin Roussel, le sixième des échevins de recouel.
(10) Nicolas Prévost, le huitième des éche?ins de recoeul.
(11) Nicolas Levesque, le neuvième des échevins de recoeul.
(12) Jehan Vaillant, le dixième des échevins de recoeul.
(13) Pierre Lempereur, le dernier des échevins de recoeuL
Il semble, par cet ordre, que les échevins votaient d'après Tordre de leur préséance, ou du moins que leurs noms, lors des votes, étaient inscrits dans cet ordre.
it-Vulfran , deux religieux de SaiDt-Pierre, les u roy ou conseillers au présidial, les anciens s, quatre commissaires du bureau des pauvres, evins, le siéger, le procureur fiscal, le scîûdic du des pauvres, les maieurs de bannières, uverture de la séance, le lieutenant Bernard de it rappelle l'injonction faite aux villes, par le nourrir leurs pauvres tant valides qu'invalides, >ar contribution ou collecte. »
les chanoines présents prend la parole au nom yen, chanoines et chapitre de Saint-Vulfran, et re que le roy les a, cette année même, « cottisés le somme. » Le procureur du roy ayant sommé 2 représentant du chapitre de faire connaître la ion des chanoines et non leurs excuses, ce délégué
que les chanoines offrent de contribuer personînt, avec les autres habitants, suivant la cotte a faite.
lélégués du prieuré de Saint-Pierre parlent à leur Is n'ont pu encore avertir leur prieur et ignorent is; ils remontrent cependant que les religieux représentent font « plusieurs aumosnes particu* ur ce [au-delà de ce] qu'ils baillent au bureau. • leurs les gens du roy produisent à leur tour un re écrit pour ce qui les regarde, rocureur fiscal lit quelques autres remarques au
messiers les échevins.
eur Rumct donne lecture du mémoire de meses commissaires du bureau des pauvres, naieurs de bannières donnent aussi « leur advis ript. • iversité des avis est telle qu'on ne peut s'entendre
dans rassemblée de ce jour. On décide dooc que messieurs les juge et consuls feront assembler leur collège et «bailleront leur advis par escript dans le jour, • pour que tous les advis soient déposés le lendemain» à sept heures du matin, sur le bureau.
Le lendemain donc, XXIII janvier, nouvelle assemblée des Estats
Tous les avis sont déposés sur le bureau» y compris ceux des juge et consuls, et des délibérations du prieuré de Saint-Pierre et du chapitre de Saint-Vulfran, l'état des octrois de la ville, etc
On décide alors, « par advis commun, » qu'il sers pourvu à la nourriture des afTamés Les invalides seront nourris gratuitement^ il • leur sera baillé moiende vivre par les commissaires du bureau des pauvres. • Les valides trouveront un travail forcé dans Tatelier qui sera ouvert •« au premier jour de Tebvrier prochain pour besongner à approfondir les fossés de la ville et porter les terres aux lieux qui seront advisés. Et adfin d'osier et faire prendre fin (sic?)^ •• tous les pauvres des villes ci^ convoisines(ou villages circonvotsins) qui se sont, depuis peu de temps, réfugiés dans cette ville» recevront ordre d'en sortir « dans trois jours, à peine du fouet. • Il est deffendu aux mêmes peines, à tous pauvres de cette ville, tant valides qu'invalides, de plus eulx mendier par les rues, portes des babitans et es églises en premier jour de febvrier, et aux habitans de ne pluslaire Taumône, à peine d'un écu d'amende.
Suivent les moyens de se procurer de Targent. On voit qu'on cherche surtout à l'obtenir d'abord des deniers des octrois, du patrimoine et des revenus de la maison du VaL En outre, on vendra, au mois d'avril, ta
Mmme de n* livres tournois de rente « de celles acquises par le bureau des pauvres, et non celles de fondation et érection. »
Pour le mois de mai, on lèvera sur les habitans aisés, de quelque qualité ou condition qu'ils soient, par forme de dons gratuits, • la somme de deux mils écus qui sera emploiée à paier les pauvres qui auront manouvré durant led. mois. »
Au mois de juin, les malheureux valides et travaillant • seront paies des deniers qui se trouveront assignés pour la fortifGcation de ceste ville- » — Reg, aux délit.
IjCS résolutions prises furent mises à exécution, et les travaux de charité, commencés le 2 février, furent entretenus jusqu'au 16 août(1).
(t) Le registre aux comptes nous vienl ici en aide pour les sommes dépensées comme pour la durée et la nature des travaux.
« Aultres mises et paiements faicls sur les deniers levés snr les habitans de ladicte ville en conséquence de Tarrest de la conrl et sur ceulz prins sur W. bureau des paouvres pour employer A entrenîr aux onyrages et nourrir les paouvres valides* desqueto deniers ledict comptable a cy-devant tenu recepte, encore que la Térité soit telle qu*il ne les ait receus, comme en efl'et les paiements n^ont esté par luy faicts, ains par ledict sieur Rohault« maienr» et cculx qu*ii luy auroit pieu (plu) y employer, etc. »
Suit remploi des mises :
« Premièrement a esté payé aux cliarpeutiers et manouvners, lesquels auroient esté emploies à faire les ponts dressés pour travailler à réunir et porter terres sur les remparts de lad. ville, à quoy faire ils auroient commencé à travailler le lundy second jour de février et continué jusques au XIII* dud. mois dud. an V* quatre-vingt-sept, la somme de quarante-sept escus neuf sols quatre deniers XLvn** ix* iiii*.
« A esté payé aux ouvriers picquiers, pelliers et bottiers emploies audict ouvage en la première sepmainc que ledict attellier
M. d^EMrées, lieotenant pour le roi eo Picardie, fit soo entrée à Abbeville, le 20 février 1587. Il lui fut présenté une horloge. — Waignart.
•Le lendemain, les maîtres et capitaines des cinqaanteniers se présentent à l'Echevinage et demandent qo*iI
fàt oayert, commeocée le lundy seiziesme jour dud. mois et finie le XXI* jour d'icelliiy, la somme de cent soixante-sept esens dîx-hnîcl sols six deniers ctxTir*" xvin* jf. •
Noos trooTons ensuite :
« Aux mêmes paouvres manoovriers et bottiers employés tod. ouTrage, pour la seconde semaine 6nie le dernier jonr dodit mois de février, deux cens quaranle-huict escufi deux sois, qr ii*XLViir"n'.
« Pour la troisième semaine Gnie le 7 mars, deux cens écos huit sols deux deniers ii* •" vin» ii*.
« Pour la quatrième semaine finie le 1 4 mars, a esté payé et distribué auxdits ouvriers, le dimancbe quinzième dudit mois, fai somme de trois cens soixante-cinq écus deux livres quioxe sais sept deniers iii*Lxy** ii' xt* va'.
« Pour la cinquième semaine tiuie le 21 mars, la somme de 3SS écus S4 sols 2 deniers iii*lvui** xxim* vf.
« Pour la sixième semaine finie le 28 mars, 24 i écus 16 sols 4 deniers ii*xl*" xvi* lui*.
« Pour la septième semaine, la somme de cent quatre-vingttreize écus trois sols cinq deniers ciiu^xiii*** ui' v'.
« Pour la huitiètiic semaine, du 6 au II avril (toujours aux mêmes ouvriers employés aux mêmes ouvrages), la somme de 232 écus 50 sols 6 deniers ii*xxxii~ l' vi*.
« Pour la neuvième semaine finie le dix-huitième jour d^avril, 2S0écusSl sols 9 deniers irLX*" xxxi' ix*.
« Pour la dixième semaine fînie le 25* d'avril, la somme de 181
écus 6 sols CIIII"!"* VI'.
« Pour la onz'ème et dernière semaine des ouvrages faicts audict atellier par lesdicts paouvres vallides sur lesdicts deniers levés en ladicte première cotte et à eulx provenans du bureau desdicts paouvres, a esté despencé et distribué le dimanche troi-
plaise à la ville de faire à la compagnie quelques gra cieusetés pour avoir été la veille, en armes, à Tentréo de monseigneur Destrées, lieutenant au gouvernement de Picardie. On décide qu'il ne sera rien accordé aux cinquanteniers parce quMls sont obligés, comme habi-
siesme jour de may, la somme de cent cinquante-huîct eacos vingt-cinq sols deux deniers clyui** xxy* n'. %
Je trouve plus loin :
• A este aossy dcspensë et payé des deniers de ladicte seconde cotte, dont est pnreillement cy-devant faict recepte et sellon qa*n est amplement dëduict et reprins par ledict estât devant rendn, assavoir pour les ouvrages faicts aux attellîers des rëparatioas de ladicte ville par lesdicts paouvres ouvriers, manoeuvres, picquiers et bottiers, en la sepmaine commençant le quatriesme jour de may et finissant le neufviesme dudict mois audict an mil V* qnatre-vingt et sept, la somme de deux cens trente-quatre escus diz-hnict sols neuf deniers, laquelle somme anroit esté distribuée ausd. ouvriers par M" Jacques Loingtier et Firmin Roussel, escbevins, en la présence dudict sieur Robault, maieur, et aultres escbevins, cy ii*xxxiiii*" xvni' ix^
« Pour la deuxiesme sepmaine faicte sur les deniers de lad. seconde cotte et levée, semaine finie le XVI* du mois de mai, la somme de trois cens quatre-vingl-hnict escus quarante-cinq sols six deniers. m*uii"vur* xlv* vi*. »
Os sommes sont toujours distribuées par des échevins, en présence du maieur.— De même babiiucllement pour les semaines payées sur la première cotte.
« A esté payé à François Facquier (on Jacquier), boalleager, pour vingt-quatre cens de merelles par luy receoes des paouvres ayant travaillé aud. attelier pour argent, pour vente de pain, la somme de ung escu r*.
« Pour la S* sepmaine finissant le XXIll* de may, SSS écos SS sols ITXXXIU^ XXVIllV
« Ponr la 4* sepmaine finie le penultiesme dudict mois de may, 2S6 écus 11 sols 3 deniers ii*Lvr" xi* m*.
« Pour la 5* sepmaine finie le 6 juin, 217 écosSO sols S ds-
tants, d'aller faire lad. salve (4). - Reg. aux dUih., )1 février 4587.
En mars, quelques gentilshommes, ligueors évidemment et des environs d*Amiens sans doute, font courir le bruit que le roi veut établir une citadelle à Amiens et à Abbeville « pour y introduire ceulx de la oçuvelle religion. » Le roi détrompe les magistrats d'Amiens.- Voyez la Ligue, par A. Dubois, p. '12.
Je ne vois pas d'ailleurs que le bruit soit venu jusqu'à Abbeville.
Le voisinage et les prétentions du duc d'Aumale posté au Pont Remy et nouvellement maître, par surprise, de DouUens et du Crotoy, vont donner de nouveaux eiD« barras à TEchevinagc, comme en témoigne la délibératioa du XXIIU mars.
Ce jour-là, quand la cloche sonnait déjà « pour pour*
Dîers nrxviT" l' nt*.
« Pour la 6* sepmaine finie le IS juin, 935 escus 45 sols 1 denier, tant aux manouvriers, picqii*ers, pelliers, que aux liottiers et boullengers qui leur auroient baillé du pain sur leurs merelles et journées ii*xxxv^ xtv' i*.
« Pour la 7* sepmaine Unie le 20 juin, 249 escns 23 sols S deniers n'xux"* xxra' v*.
« Pour la 8* sepmaine finie le 9" jour d^aoust, 302 escus 2 sols 1 denier iii*ii~ ii* i*.
« Pou£.la 9* et dernière sepmaine finie le XVI* d'aoust, 95 escos 44 sols 3 deniers iiii"xv^ xuiii* ni*. ■
(1) Nous trouvons cependant dans les registres aux comptes: « Aux cinquanteniers, arbalestriers, archers et harquebusiers, la somme de dix-huict escus à eulx ordonnée le troisiesme jour de mars audict an V Illl" Vil, pour avoir esté en armes aa devant de monseigneur Destrées, lieutenant général pour le rof en ceste province, faisant son entrée en ceste ville, comme il appert par ordonnance dudict jour, cy xvur*. •
K)ir aox aflaires qoj s'oflroient i raison des trooMes remuemens que Ton voit en oeste proTÎnce, • nn întilhomme se présenta daos la ville de la part de r le duc d'Aumalle et porteur de lettres pour récbenage. Oo décide aussitôt que M. le gouverneur de la Ile et HM les anciens maieurs seront priés de se ^ndre sans délai en la chambre du conseil pour enndre la lecture dé ces lettres. Le duc avait écrit :
« Messieurs, craignant que ne pensiez ma venne en ce lien ur au lire occasion quVIle n*est, je tous euToîe ce genlilhooinie ur TOUS la faire entendre, lequel croircx de ce qu*il tous dira
ma part, vous assfcurant que n^avei voisin qny emploie pins »reinent sa vie pour la manutention de la religion catholique pour la conservation de vostre ville qoe moy comme les eieets us en rendront très-asseurë tesmoignaige, priant le hon IHea
tout mon cœur qn^il nous aide et noas assiste afiin que nous lissions dfschasser ses ennemis hon de nostre province et y udre Tobëissance à nostre roy telle qny se la {tk dans le rostre) promettre (I) de très-humbles et très-obâssaots sugets et rviteura. — Do Poot-de-Remy, ce matin, vostre hien hon et lisin et meilleur ainy, ainsy seignë Cnâ«.«s db LoanAnm, et à
subscription est escript : Mess* les majeur et eschevins de b lie d'Abbeviile. •
Une conversation s'engage alors entre les membres e rassemblée et le messager du duc d*Aumale. Le gen Ihomme proteste que M d'Aumalle ne prétend rien Qtreprendre contre la ville, ni attenter contre le service u roy {%). On lui oppose les surprises de Doultens et dn
(1) Qu'il se la doit promettre probablement.
(t) Des avis venaient parfois d*Amiens, mais les mentions que
ous en trouvons dans les comptes sont si succinctes qoe nous
'osons parfois les rattacher à une circonstance particulière. Tel
(t le cas pour ce paiement : • A nng messager envoyé exprès
Crotoy. Le gentilhomme affirme que H. d^Aoïnale a rifltentioD de faire retirer ses gens du Crotoy. Oq décide enfin qu'on fera au duc la réponse suivante:
« llonseigoeur, nous oe pourons que nous maintemr (l) ci quelque défiance pour la surprise du Pont-de-Remy saifie de Tentreprise du Crotoy, nieismeroent de Doulens nos Toisins, qny est comme un moien de nous vouloir prirer de la liberté cle commercer et de tralicquer librement es aullres tîIIcs, au moicB de quoy tous ne trouverez eslrange si nous apportons toute li vigilance et bonne dilif|;ence qu'il nous sera possible poar nostre eonser? ation au service de Sa Majesté de laquelle nout sommes très-loyaux subjects; fous suppliant, puisque vous désircf lottre bien, qu'il vous plaise laisser le passaige du Pont-de-Retay libre eonime il ostoit auparavant et faire retirer c«*uz quy sont n Crotoy, selon que le gentilhomme présent porteur noos a dict estre vostre intention, à ceste fin de nous faire paroistrf pir effects la bonne affection que par vos lettres nous mandes afoir i nostre bien et repos, vous pouvant asseurer qu^après le serrice du roy nous vous sommes en nostre particulier très-affecUoenéi serviteurs, priant en cest endroict le Créateur vons doaacr, Monseigneur, en très-parfaietc santé, longue et heureuse TÎe.^ D'Abbeville, ce vingt-quatriesme jour de ntars mil cincq ceas quatre vingts sept, vos très-humbles serviti'urs majeurs etéchevius d'Abbeville; et à la subscriptiou: à Muuseigueur, Mooseigucur le duc d'AumasIe, pair de Franc**. »
Nous voyons cependant, — dans une délibération reproduite plus loin, — que le château du Pont de Remy n'était pas au pouvoir du duc d'Aumale.
d'Amiens en ceste ville aporter lettres d'advis de se garder de surprinses, la somme de cinquante-cinq sols lv*. •
La date manque, mais le paiement ttgure i la fin d'un chapitre et doit par conséquent appartenir a la seconde partie de raonée échcvinale, c'est-à-dire à I5S7.
(1) Je ne crois pas lire ce mot, mais le sens ne petit être autre .que cehii de mainUnir.
PoQt'Remy, statioD militaire^ poste importaDt sur la omme, était toujours un souci pour Abbcville. Témoin,
défaut des autres preuves qui se présentent de tous 5tés. rassemblée tenue à l Echevinage le 23 mars M&7^
trois heures de relevée, où se trouvent M. de Hucqueîlle, Jacques Bernard, sieur de Moimont, lieutenant éoéral au comté de Pontbieu , le maieur Rohault > dessieurs Rumet, escuyer, sieur de Buscamp, Groul, eigoeur de la Follie, anciens maieurs, etc. (1).
M. de Hucquevilie «• propose avoir receu lettres de DODseigneur Destrées, lieutenant général en ceste pro* rince de Picardie, du XX de ce présent mois, quy ont !âté lues à l'assemblée, par lesquelles led. seigneur )e8trées trouve bon la diligence qu'on a faict de mettre |uelqucs soldats au passaige du Ponc-de-Remy , et à :este fin qu'il a envoie, avec son pacquet, une ordonlanceau lieutenant dud- Pont-de-Remyyluy enjoignant aire Taire la garde aud Pont-de-Remy par les habitans lud. village et des autres circonvoisins et y appendaos; 3l, pour ce que les soldats quy ont esté envoies aud. Pont-de-Remy ont esté nourris jusques ad présent aux iespens de la ville, les vivres envoies ausquels soldats K>cit ad présent faillis, h raison de quoy il estoit besoiog i'adviser si on trouveroit bon de continuer la garde faicte par les soldats et les faire nourrir aux despens de lad. ville (d'Abbeville), ou bien si on se doibt contenter de faire la garde que doibt faire faire le lieutenant de Pônt-de Remy, suivant les commandemens dud. seigneur Destrées. » — Sans interrompre les citations, nous
(I) Cest une assemblée extraordinaire seulement non um*. assemblée générale, encore moins une assemblée des Slats.
demanderoos grâce pour ce style et cette grammaire. L'assemblée avise que « l'on continuera à faire faire la garde des soldats au lieu de Pont-de-Remy jusques i huict jours, pendant lesquels ils seront nourris aox despens de la ville, saouf, led. temps passé, en adviser autrement, comme il se pourra estre à faire, oiant k commandement de Sa Majesté, et que led. lieutenant du Pont-de-Remy mettera et fera aller en garde les paisani dud. lieu et des autres villages circonvoisins, à tour de roolle, pour donner l'orche ausd. soldats, adfin que led. lieu de Ponl de-Remy ne soit prins ny occupé par aul* cunes personnes au préjudice de Sa Majesté. Sera paie ausd. soldats en nombre de xvm à chacun la somme de X sols et au sergeant xx sols, [ce] quy est par jour, pour eulx tous, la somme de m escus un thiers. •
Le 23 mars 1o87 était la journée aux nouvelles; à peine cette assemblée était-elle levée» qu'une assemblée générale était convoquée à six ou sept heures de relevée «• au son des cloches » A cette assemblée assistèreot M. de Hucqueville, le maieur, MM. Rumet, de Sainti Souplis Tillette, ^;^£ouL anéiens maieurs, des conseillère ^nTroyTles échevins, les maieurs de bannières, le n;aitre des arbalestriers (1), le maître des archers (2), le maître des arquebusiers (3), le siéger, le procureur tiscal, etc.
« Sur ce qui a esté proposé que l'on a eu maintenant advertissement que la ville du Crotoy a esté surpriase par ceux tenans le party de monsieur d'Aumasle et qoe le chasteau dud. lieu est siégé \ d'ailleurs que les gardes
(1) Delehodde.
(2) Lefebure.
(3) Lardé.
mmis au Pont-de-Remy ont mandé avoir esté sommés I rendre la place par quelques compaignies tenans le \rij de la ligue et que, pour ceste occasion, Ton a •nvoqué la présente assemblée adGn d'adviser de pourvoir à toutes choses concernant le service de Sa Masté, soit pour la garde de ceste ville et conservation iceile en l'obéissance de Sa Majesté, soit pour pourveoir apporter quelque remède pour empescber que lesd. ices soient occupées par les rebelles et ennemis de Majesté. Après avoir prins advis à l'assemblée pour raisons et considérations y rapportées, a esté orané que l'on doublera ou triplera les gardt s tant de ict que de jour, tant des habitans que chiuquante- TS, et que, pour la seureté de la ville et crainte que mettant les Torches (forces) hors iceile il n'y soit enprins au préjudice du service de Sa Majesté, considéré eure tardive, qu'il ne sera permis pour cejourd'huy tirer aulcune forche hors lad. ville.
« Que une des portes du Bois ou Sainct-Gilles sera niaio fermée, et que celle qui sera ouverte et les très qoy ouvriront, ouvriront plus tard que de tous nps.
• k esté advisé qu'il sera promptement fait recherche iv la vilie de ceux qui poeuvent estre arrivés en ce* urd'huy.
• Que le canon sera mis au rampart es lieux où il est : plus requis, et que les pouidres seront prinses au magasin du roy. »
Le 2ô mars, M. de Hucqueville vient à son tour corninniquer à Téchevinage une lettre qu'il a reçue du duc 'Aumale ;
• Monsicar de HocqaeTilIe, je vous ay desjà man !ë, par le
gentilhomme que je vous ay de^pesché ce iiiatin« PoccasioD fà ni*B faict acheminer en ce lieu quy sera éause que je ne foisca entretiendrai rien, tous en ayant par la précédente satisfûl Quant à ce que me mandez du Grotoy, je n>D scaîs que ce ^ j*en ouys hier parler en ce lieu, quy a esté cause de m^ifor arresté de mon voiage de Rue, craingnant que Sa Majesté peinil que ce fut à mon occasion, et ay soudain foict partir oeste Miiet mousieur de Bellenglise pour m'en mander ce quy eu est, tSi que si quelqu'ung s'estoit, en ceste occasion, couTert de laoi manteau, pour y raporter (je puisse y rapporter] le remède qa^o^ très-fidèle subject et serviteur doibt apporter au serTÎce de soi prince et à Pulilité de sa patrie; priant Dieu, sur ce, qu*il tov tienne en sa saiucte et digne garde. — Du Pont-de-Bemy, ce XXlIII'jour de mars; — au bas: Tostre affectionné et mdlleif ami, Charles de Lorraine; ^ à la subscription : à Mouieirii HucqueTille, gouverneur d'Abbeviiie. »
Le nouveau service exigé par les circonstances soulève quelques difiicuUés entre Téchevinage et les cibquanteniers, surtout pour l'ouverture et la clôture d» portes (le la ville. Le débat occupe les assemblées échevinales du XXX et du XXXI mars. La querelle dat se prolonger, car nous voyons qu'il en est enooit longuement question dans l'assemblée du Xllll n»; suivant, et que le XXVI du même mois on délibère d'envoyer MM. Le Boucher, lieutenant civil et crimioei, de Maupin, conseiller du roy, «• vers Nosseigneurs da conseil de Monseigneur de iNevers, pour le regard des chinquanteniers et archers. •»
La fille doit fiire face eax demeodes da roi et aa aootien dn paoTm. - Commeocement d'ëmotion populaire. — Une nouvelle levée de deniers tm faite sur les habitants. — Ordonnance contre les nendianta étrangers à il ville. - On remontrera au roi rimposaibilité de répondre à eee appcb
— ni -
Pirgeot. *- Lm trrêli poar IVotretien dêt ptofret, exfcaUs nienx qa*iil- Mrs dans Abbefille, y attirent les misères des eofiroos. — Visite des (rtaiars de la fille. — Le dac de Nevers lieuteoaDt gëoëral en Pieardie. — 3Éa dépatation lai est envoyée. — Craintes de séditions sar le Marche. — (•"Éeliefisafe d'AbbevilIe arrête des blés appartenant à TÉchefinaga l'Aniena. — Réclamation d'Amiens. — Abbeville persiste dans la saisie de 10 iMiiUé des blés. — Transaction.— Troobles. — L'argent manque pour Patalier de charité.
Le dix-huitiesme joiir d'avril 1587 (samedy), assemée aa son des deux cloches, par-devant le lieutenant néral Bernard de Hoimont, et le maieur; gens du roy, bevins, etc., comme de coutume.
Le lieutenant général expose l'objet de la réunion, assemblée est faite à deux fins, «• Tune pour deux mils eus que le roy demande et vœult estre levés sur les bitans de lad. ville, en vertu des lettres patentes du ^lU*" jour de mars dernier, et l'autre pour adviser T quels voie et moien Ton pourra subvenir à la »urriture et entretenement des pauvres qui sont en and et effreiant nombre en lad. ville, attendu que la mme de deux mils escus levés sur les liabitans à eismes fins que la somme de mil escus prinse sur les ïoiers du bureau des pauvres sont consommés et desîDséSy à quoy il est très nécessaire de pourveoir au ustôt; considéré même que joeudy dernier (c'est-ù-dire ivant- veille) la nécessité fit enlever lesd. pauvres en notion et sédition en laquelle furent pillés les mariés, toute la ville en alarmes et que, cessant ( 1) le bon . prompt ordre qui y fut misavecq les armes, lad. ville ist esté pillée et mise en désordre et confusion, etc. » L'importance de la matière fit remettre la délibéraon au mardi suivant, 21 avril, à dix heures du matin,
(1) Cedt-à-dire n'eut été le bon et prompt ordre, etc.
en assemblée générale composée suivant la règle.
En effet, le mardi, à dix heures da matin, au soodei deux cloches, par-devant Pierre Le Boucher, lieuteniat civil et criminel, et le maieur Rohault, s'assemblent da délégués du chapitre de Saint Vulfran et du prieuré de Saint-Pierre, les gens du roy, les anciens maieurs^lei échevins, les maieurs de bannières.
Le lieutenant civil Le Boucher dirige les débats.
« A esté advisé que, en enssuivant le vouloir et ioteo- (ion du roy reprins en son édict faict pour la nourritore et entretenemcnt des pauvres, que les pauvres valides de ceste ville seront entretenus en Tatellier de la ville jusques nu mois d*aoust prochain, et que, pour ce faire, les refusans de paier leur cotte de la dernière levée seront exécutés ù la diligence et instance de monsieur le procureur du roy, dans le jour, nonobstant oppositioM quelconques; et ce faict, que au plustôt il sera faict nouvelle cotte et levée de la somme de ii™ escus sur les habitans de ceste ville, qui sera faicte et cottisée par led sieur maieur, aulcuns des eschevins présens, les maregliers des porroisses appelés, et aulcuns des priacipaux bourgeois et habitans, soil de parroisse ou de chacune rue-, laquelle cotisation faicte sera coeuilliepar ung des eschevins et ang des maieurs de bannières qui iront vers les coltisés leur demander leur cotte. Pour les refusans, ils devront eslrc exécutés à leurs despens, ainsy qu'il est acoustumé, par ordre du sieur lieutenant et h la diligence du procureur du roy. »
On renouvelle l'ordonnance contre les mendiants étrangers; ils doivent sortir de la ville sous trois jours. L'ordonnance sera publiée à son de trompe; les capitaines des quartiers feront rechercher exactement, dans
la circonscription de leurs compagnies, les pauvres étrangers, et les feront sortir après le délai accordé
Au regard des deux mille escus demandés par le roi, on fera remonstrance à Sa Majesté des charges de la ville et de Timpossibilité qu'il y a de les payer, • lesquelles remonstrances on priera monsieur le lieutenant d*insérer en son procès - verbal ; aussy que on communiquera avecq Messieurs de la ville d'Amiens comme ils se règlent au faict de lad. levée. »
Le procureur de la ville somme ensuite le procureur du roy de tenir la main que l'intention du roy et des arrests de la cour de Parlement, relativement à Tentretien et à la nourriture des pauvres, soit exécutée dans les villes, bourgs et villages du ressort de la séneschaussée de Ponthieu. Si ces villes et ces villages satisfaisaient aux prescriptions du roy et du Parlement, leurs pauvres n'afQueraient pas dans cette ville au point de Taffamer entièrement et de rendre impossibles des secours sufBsants à tous— M. Le Boucher» président de rassemblée* ordonne alors au procureur du roy d'envoyer des lettres aux baillis royaux de la sénéchaussée, afin de savoir d'eux si les ordonnances sur la nourriture des pauvres sont observées dans l'étendue de leur juridiction, et, si on n'a satisfait u ces prescriptions, des poursuites seront faites en conséquence.
Dans une simple réunion de l'échevinage, le 26 avril, il est rapporté que plusieurs habitants (mal satisfaits sans doute des résolutions prises dans rassemblée du 21) avaient avancé • qu'il seroit meilleur, pour la nourriture des pauvres et leur entretenement. >* que chaque habitant en prit dans sa maison un, deux, trois ou quatre, selon ses facultés et moyens. La réunion, pré-
sidée par le maieur , décide que la délibération de l'assemblée générale sera simplement exécutée.
Le 'i mai 15S7, le conseil des échevins nomme des délé.s:ués pour visiter les greniers de la ville. Les visitei se feront par quartiers; chaque quartier sera visité par deux délégués. Les habitants seront tenus d'ouvrir lean greniers, « à peine de x escus d'amende. »
Ces quartiers sont ceux que nous avons déjà nommés dans l'introduction: du Bois, Harcadé , Dogqur, Saimt- Gilles.
Le VI* jour de may, lecture est faite à l'Echevioage, où se trouve M. de llucqueville, de letlres du roi données à Paris le XVI* jour d'apvril, et nommant son très-cher et très-amé cousin le duc de Nivernois (1) son lieutenant général en la pro\incede Picardie et au pays reconquis. Ces lettres, très-longues, sont transcrites sur le registre.
Le même jour, dans une réunion un peu plus Bombreuse, on décide que l'on enverra une députation au nouveau gouverneur de la province; et quelques jours après (XI may>, le lieutenant civile M. Le Boucher, fait rapport du voyage accompli par lui , avec MM. de Maupin, Dohault et Beauvarlet, par devers Monseigneur le duc de Nivernois.
Le mardi 26 mai (c^était la veille d'un franc-marché), les maîtres des compaignies de chinquanteniers et les compagnons d icelles, qui avaient reçu commandement de rêchevinage de se porter en garde au marché, afin d'empêcher les tumultes, séditions et larcins qui • de
(I) tje duc de Nevers. trfs-actir dans la Ligue eu liSi, aratt quitté ce parti en t585 et était devenu rennemi des Guise. - Mézeray.
ur en jour» se commettaient audit marché, viennent rhôlel- de-ville et expliquent qu'ils désirent recevoir » instructions précises et savoir comment ils doivent a^r; advenant qu'il y eût blessures, ils veulent être 'avance déchargés des faits et qu'on ne leur en vienne riens demander. » On leur ordonne d'user de discréon (1), d'amener prisonniers les coupables • si faire se oeult, •• de faire tant que la force leur demeure pour i service du rojr et la conservation de la ville, «• à ceste n frapper sur les auteurs des tumultes avec toute disréiion. »
La réunion qui donnait ces ordres énergiques n'était omposée que du maieur Robault et d'un très -petit lonibre d'échevins.
Le Xlll« jour de juing 1587, assemblée des Estats, au ion des cloches , au grand Eschevinage , pardevant lobles hommes J. Bernard, lieutenant général, et Rolault^ maieur, les gens du roy, etc.
Le lieutenant général conduit la délibération. 11 y est luestion des impôts, d'une somme demandée par le roi, les blés, de la recherche des blés, de la disette.
La misère, on le voit, ne tend pas à diminuer (2).
Un passeport avait été accordé aux maire et échevins l'Amiens pour des blés de Uantzick, la récolte ayant nanqué autour d'Amiens. En juillet 1587, les maire et A échevins d'Abbeville délibèrent d'arrêter ces blés,
(1) Cest-àdire d'agir tout a leur aise.
(t) Le onziesme jour de juillet, il est délibéré que Anth. De- Iniilt, argentier de la maison du Val, « vendera cejourd*huy aux pauvres gens de ceste ville le nombre de douze septiers de bled aa pris de bnict sols le boisseau. » — Reg, aux délib.
ailendu rcxtréine disette qui sévissait dans ..bbe\i!li*. - U. Traullé, No(es diverscy,
L*Kcheviiiage abbeviliois n'avail pas aitendu jusqu*n juillet pour convoiter les ressources d'Amiens. LeI juin, ie roaieur RohauU représente à l'écbevinage qie tous les jours il arrive une grande quantité de graioi appartenant à messieurs les maieur et écbevins de k ville d'Amiens et a d'autres marchands associés avec eux, et que, en conséquence, ces grains ne font qoe traverser Abbeville. La nécessité et la cherté étaot fort grandes en cette ville, continue le maieur, et le pauvre peuple étant réduit en extrême nécessité, il mrait bon de retenir et de vendre une partie du blé de passage pour venir en aide aux indigents et les empêcher de se soulever comme ils menacent de le faire.
On décide que la moitié des blés qui passeront dorénavant sera arrêtée pour être vendue aux habitants (i) et pour subvenir « à la nécessité extrême des psovri-s, et qu*il sera escript à Sa Majesté pour luy faire entendre lad. extrême nécessité des pauvres deccste ville. •
Le dix juin, dans une assemblée générale convoquée par les deux cloches et que président le lieutinant général J Bernard et le maieur, le maieur remontre encore « queceulx de la ville d*Anûens font transporter grande quantité de bled par ceste ville, [ce] qui cause ung murmure du poeuple à cause de la permission du transport qui s'en faict; *> il demande • à ceste occasion,
(1) iN\st-ce pas on cette décision que consista tout siniploimul la précaution prise par les tuaiiuir et échevins pour rapprovisiounointMil ()c la ville, mesure de pirat rie tranformée, aprrs coup, par les lii>tori('ns, m mcsuic de prcvoyancc aycc armeiifciit <li ii:«vir(S pour Dai.tzicÂ?
i*il ne seroit pas bon d*arrester une partie du bled qui »e présentera par cy après, ou bien si on ie laissera )asser en paiant les droicts de la ville. »
On décide que ce bled appartenant à ceux de la ville l'Amiens, étant en huit gribannes, on en arrêtera la ïioitié, c'est à-dire quatre gribannes, et que le bled lera vendu en cette ville, «• attendu Textresme nécesûlé, deffault et carence et pénurie de bled en ceste ville, iffin que le pauvre poeuple en soit secouru. »
On ordonne aux boulangers de faire deux sortes de pains, scavoir: de seigle pur pour le soulagement da menu poeuple, et d'autres de meilleur blé. Les boulangers devront en outre tenir la ville fournie de pain, • à ]>eine du fouet vu cas qu'il s*en trouve faulte. »
Les mesures de saisie soulèvent violemment contre TEchevinage d'Abbeville les habitants d'Amiens.
Le lendemain, 1 i juin, arrivent des lettres de Messieurs d'Amiens. Le maieur Rohault assemble l'échevinage. Messieurs d*Aniiens priaient que main-levée leur fui Taite des blés arrêtés en huit gnbannes dans Abbeville. Ces blés, disaient ils. leur appartenaient, ainsi qu'à qju'à quelques marchands leurs associés pour l'approvisionnement de la ville d'Amiens; ils en avaient grand besoin^ et expliquaient au long les nécessités d'An)iens dans leurs lettres. L'échevinage d'Abbeville persiste dans ses résolutions de la veille et de l'avant-veilie: la moitié des blés a été saisie et sera gardée; on agira de même à l'avenir • tant que la nécessité durera. •» L'assemblée nomme quatre échevins et un maieur de bannière pour faire la vente des blés saisis.
Le même jour, se présentent à rhôlol-de-ville MM Nicolas de Lessau, grclfier de la ville d'Amiens, et Cliarlos
Poullaio, au nom et comme procureurs de messieurs maieur, prévost et eschevins de la ville d'Amiens, qui requièrent de l'échevinage dAbbeviiie main -levée des blés qui leur appartiennent et qu'on a arrêté « en XXII gribennes. » Ils ont acheté ces blés à rétranger • par permission du roy ; » ils les ont fait « acheminer jusques en ceste ville, suivant les passeports quMIs en ont obtenus de Sa Majesté, de la reine d'Engleterre, du gouverneur des provinces unies des Pais-Bas et des Estats généraolx desd. Pais Bas, avecq grands frais et despences, pour la provision de lad. ville d'Amiens, laquelle en est du tout dégarnie, et faulte desquels bleds la sédition et esmotion populaire est du tout apparente, etc. »
On répond aux envoyés d'Amiens que, par délibération prise le jour même en conséquence des deux autres délibérations précédentes, il a été résolu, « attendu U grande et extresme nécessité de bled, • nécessité constatée par la revue faite aujourd'hui des greniers des habitants par quatre eschevins et quatre mesureurs, «et pour contenir le poeuple de soy lever comme il menasche de faire, que la moitié dud bled demeureroit arrestée pour estre vendue et distribuée au pauvre poeuple, et que main-levée sera baillée de l'autre moitié, vente préalablement faite de lad. moitié. **
De Lessau et Poullain répondent que • faulte de faire bailler promptement main-levée du total desd. bleds, ny de partir (partager) iceluy, ils prolestent de tous despens, dommages et intérests contre le maieur en sod nom privé, etc. »»
Le maieur répond «• qu'en son particulier et privé nom, la chose ne le touche aucunement, et que led. arresté a esté faict tant par Tadvis de l'assemblée de
messieurs les gens du roy que des deux collèges de ceste ville »
« Incontinent après, du consentement dud. de Lessau et autres marchans estans avecq luy, qui nous ont accordé de faire descharger et vendre en ceste ville deux gribennes de bled y estans, a esté advisé qu'il leur sera permis enlever et faire passer le surplus montant à XYIU gribennes »
Il a été encore question , le 13 juin, du blé arrêté sur les gribannes des Amiénois ; il en est encore question dans une assemblée au son des deux cloches et où viennent les gens du roi, le second jour de juillet^ mais nous ne suivrons pas plus loin cette affaire dont les débats, peu intéressants maintenant pour Thistoire de la ville, nous entraîneraient trop loin.
Le XV1I« jour de juin, autre assemblée des Estats par-devant J. Bernard et le maieur ; J. Bernard préside encore.
On avait reçu, le jour même, « des lettres du roy, obtenues par ceulx de la ville d'Amiens, datées du X.1111* jour de ce mois, alin de leur faire main- levée de quatre gribennes de bled qui ont esté arrestées en ceste ville, de XXII qui y estoient arrivées, etc »
L'assemblée décide que les quatre gribannes ayant été déchargées pour être vendues en ceste ville, il est trop tard pour revenir sur le fait; que, d'ailleurs, « il n'y a inoien de plus contenir et nourrir le poeuple, que led blé sera vendu dans la ville, et que Ton advertira Sa Majesté et Monseigneur le duc de Ne vers, etc. »
De toutes ces misères et des ateliers de charité même devaient naître des désordres ; on trouve en effet, dans
le registre des comptes, quelques traces de troubles, mais sans date précise ( i)
Le dimanche vingtième jour de juin, la question pressante des ateliers revient devant i'Ëchevinage.
Le maieur expose aux six échevins qui se sont rendus à l'appel de la cloche • qu'il n'y a moien de paier cejourd'huy les pauvres aiant travaillé à l'attelier de la ville, pour ce que l'argentier dict n'avoir aucuns deniers d'aultant que les plus riches de ladicte ville ne voeullent paier la cotte et sont espargnés par les sergeans pour le respect de leurs estrits et autorité, néantmoins qu'il est très-nécessaire paier lesd- pauvres icy assemblés en grandes Iroubes (foules) demandaos leurs sallaires, »> et partant qu'il est expédient d*a\iser promptement où se trouveront les deniers pour ce faire.
On ordonne que les pauvres « seront paies des deniers procédans de ventes depuis peu laites, » que cet argent sera pris par forme de prêt, et rendu et remplacé des deniers qui sont encore à lever sur les habitants, «• et à ceste fin les refusans seront demain exécutés sans opposition et appellation quelconques. »
FAITS DIVERS
Les migisins de Montreuil, de Rue et de Boulogne ~ Lear approvUioonencvl à charge & Abbeville — Lesacquilsdu compte de Targentier pour les oclreii sont portes & Paris— Les besognes de PEchcvinage plus lourdes.
En cette année si pleine, tous les événements ont une
(1) « A Marin Grille et Firmin Parenty, sergeans. la somme dt* trente sols à eulx taxée pour avoir prins et emprisonné Jehan
— tw —
Importance qui les rattache à Thistoire sérieuse, ti nous (i*avons à relever que peu de faits étrangers au mouvement politique ou à l'administration de la ville. Le seul que nous consignions ici touche même encore à des intérêts généraux ; il s*agit des approvisionnements des villes de Montreuil, de Rue et de Boulogne La ville avait été condamnée à cette occasion On décide, le 20 septembre 15H6, que Ton se portera appelant de la sentence rendue par « monsieur le séneschal de Ponthieu ou son lieutenant au proflit des munitionnaires de Mons- Ireuil, Rue et Boullongne. •* — Registre aux délibérations, 1586. 1587
L'approvisionnement du magasin de Rue , la plus grosse affaire, obligeait Tiu^hevinage à se défendre à Paris même (1).
A Paris aussi, en cette année, avaient été portés les acquits du compte de Targentier pour les octrois (2).
Marchant et aultres séditieux, cy xxx*. »
— Reg. aux comptu^ 1587- 1 587.
(t) • A inaistre Michel Davivier, huissier en la chambre des comptes à Paris, la somme de quatre escus pour ses sallaires d^avoir adjourné la ville pour compte de six vingts mulds de vin du magasin de Rue, comme il appert par son exploit du dernier jour d^aoust V* quatre-vingt six, cy nu*". »
Au même, une autre somme de six ëcus pour une assignation donnée^ à la ville « pour comptes de radministration du même magasin, ordonnance du XVlll mars (l&87),cy vT". »
— Reg. auxcompUs, 1586-1587.
(t) « A Guillaume de Vienne, messager, pour avoir porté les acquits de son compte (du compte la ville) des octrois à son procureur en la chambre des comptes à Paris, deux escus cinquante
tels , . . Il*- L*. •
— Rêg. OÊUB oomptei, 15S6-15S7.
Les besognes du procureur fiscal de la commune, de son substitut et du greffier de la ville avaient été plus importantes que de coutume;' les sommes allouées pour les vaccations suffiraient à en faire foi (i).
(1) « A Josse Beauvarlet, procureur fiscal de lad. ville, la somme de vingt escus à luy laxéc et ordonnée pour plusieurs vaccations par luy faictes aux affaires de lad. ville en lad. année, sellon qu'il est amplement déclaré par la requeste par luy à ceste fin présentée atisd. maieur et eschevins, en fin de laquelle est leur ordonnement (ordonnation ou ordonnance) du XXII* jonr d'aoust (1587), cy xx^.
M* Jehan Delecourt, substitut dnd. procureur, reçoit pour la même cause douze écus xir*.
Nicolas Lebel, greffier ordinaire de la ville, trente écus,
cy xxx^. •
— Reg. aux comptes, 1 586-1 &87.