SA
que vous despcschons exprès, vous asseurant que rostre coaaer- FatioQ nous est tellement recomuiandée que sy la voit amiable que nous avons faict tenter comme la meilleure pour y prrew venoit à desfaillir contre nostrc espérance, nous ne vous dândroBS poinot de tout bon secours, forces et assistance qoy serMt requis pour voué maintenir souhs uostre oliéîssaneê aveef b dévotion et affection que vous portez au bien dd nostre aervicet en laquelle nous vous admonestons de' perséTérer laaqoMi constamment, croyans au surplus ce que vous dira le sieor de Belloy comme nous-méme. ~ Donné à Paris, le VI* jour d*apvij| 15S8, signé Henbt; et plus bas : Bbulabt; et à la suscriptioa: A nos très-chers et bien amés les maieur, eschevins et habitam dësDMtne ville d*ikbbeviUe. »
On voit, par les iDstructiom, que le roi renonce i Taire entrer les deux compagnies dans Abbeville; le duc d'Aumalè est donc arrivé, par sa position retranchée dans Rouvroy, aux fins déclarées par lui dès le début de sa dénoonstratiou :
• Le sieur de Belloy, s'en allant à Abbeville, fera entendre an sieur du 9dnt^8t-Pierre, qay en est gouverneur, et auxmaiedrtt eschevins, que Sh Nqjesté désiranli pour le bien de lad. viUèft du pais, dissiper avecq toute la plus grande doulceur quMI sera possible le commencement de mal quy se voit, mesnie èsenvirans de ceste ville, à Foccasion des gens de guerre quy se sont eslevés et logés en ung des faulbourgs d'icelle, pour tousjours soullager davantaigc sa province, a faict en sorte que les trouppes susdicKçs se retireront, dedans ce noeufvirsme de ce mois au plus tard, des environs d'icelle ville et laisseront les choses en Testât qu'ellei estoient auparavant; et que cependant led. duc d'Aumalle s'ea ira trouver monsieur le duc de Guise à Soissons pour, là, advlser ensemblement a contenter Sa Majesté sur les mouvemens nouveaux advenus audict pais de Picardie et les places quy y oat esté cy-devant occupées aftin d'asseurer davantaige ung bon repos et tranquillité, ce que Sadicte Majesté se promet de veoir exécuter, faisaut cependant demeurer les coiupaigiiies du régi-
— Minent ao lieo où dira sont, sans qu'elles s'advaiieeRl plus «vaut lans le pais, pour plus •aisément parrenirau bon efifect; duquel (t), ;^ii ne réussissoit ce qu'Elle se proniet et désire pour le bien ëe ad. patrie, led. sieur de Belloy asseurera les dessusdicts qu*Blle es secourera et aidera de toutes ses forces et inoiens, mesriie de ta-présence, pour les maintenir sous son obéissance et conserver, leffoQ quMIs en sont très-lignes et qu'ils luy en donnent beaucoup le subject et d'occasion pour la fîdellité, affection et grande déwtion qu'ils ont de longtemps monstre porter au bien de son ervice et nottamment en ce dernier mouvement, dont il leur esoioignera qu'Blle demeurera fort contente.
« Et pour ce que le maieur s'y est montré entr'aultres fort elié et affectionné, il luy dira que Sad. Majesté luy en scait eaocoup de bon gré et qu'Elle recongnoistra le bon service quy ]u*il) luy a faict en cella aux occasions quy se pourront présnter pour Padvancement de luy et des siens. — Faict à Paris, s VII* jour d'apvril 1588, signé Hemrt; et plus bas. Bbulabt. »
Les remerciements do roi au maieur excitent imméiatement une tempête dans la chambre même du conseil.
l.e gouverneur, tout en émotion, proteste « avoir faict car le service du roy ce quMI luy a esté possible et •oor le repos et honnetteté de la place, estant asseuré l'y avoir homme plus serviteur du roy et fidel que uy; » et toutefois, ajoute t-il en s*adressant directenent à J. Le Roy, c^est le maieur qui en a « Thonnèur it le proufBt »
H. de Hucqueville se lève alors pour partir. Le naieur, désireux de bon accord, cherche à le retenir !t à l'apaiser :
• U seroit très-marry de luy avoir donné occasion de
(1) Je copie textuellement. Etait-il nécessaire cependant que s instructions du roi portassent, dans la langue même, la narque des embarras du temps ?
malcontentement, et que s'il y a voit quelque hoDoeoren ce quy a esté faict pour la conservation deceste ville, il recongnoissoit qu'il appartenoit aud. sieur gouverueor comme ayant Taiictorité et commandement, et non à luy, le suppliant de ne prendre ce quy faict mention de luy par iesd. mémoires et instructions en mauaise paît pour ce quMI n'y a rien de sa faulte. »
Le gouverneur quitte cependant la compagnie, et, comme on reconnaît « quelque malcontentement loy estre demeuré, sur la remonstrance et prière dud. sieur maieur et pour le bien du service de Sad Majesté et conservation de lad. ville en son obéissance, repos et union des babitans, il est advisé et dellibéré, afBa de maintenir Tunion et bonne intelligence quy a esté jusques icy entre led. sieur gouverneur et le corps et comma* naulté de la ville, que Ton se transportera vers luy pour le supplier de continuer en lad. union et ne voulloir prendre aulcun subject de malcontentement sur Iesd. mémoires quy ne viennent du mouvement dud. sieur maieur ny des eschevins, comme il poeult juger, voiaot que touttes les lettres escriptes de la part desd. maieur et eschevins a Sad. Majesté luy ont tousjours esté cornmunicquées, cachetées et données au porteur en sa présence. * Le sieur de Belloy, les sieurs Groul et Rohault, anciens maieurs, et les sieurs Gaillard et Anthoine Rohault, échevins, sont choisis pour cette démarche.
L'Echevinage attend leur retour 5 ils ont fait entendre au gouverneur, reviennent- ils dire, la délibération ci-dessus. M. de Hucqueville, redevenu maître de luimême et non sans malice dans ses retours, leur avait répondu •« qu'il ne portoit aulcune inimitié aud. sieur maieur, et qu'il ne laisseroit pour cella ny pour loule
aoltre chose à faire le service du roy comme il a tousjours faict, et que ce qu'il en a dict n'csloit pas pour SOD regard, mais pour ce qu'il luy sembloit que les aotiens maieurs, eschevins et aultres quy ont travaillé et travaillent pour la conservation de la ville méritoient d'estre aussy recongneus, ausquels et aux eschevins il touche plutost que à luy. »
Malgré les lettres et les instructions du roi, communiquées sans doute au duc d'Aumale, le troupes de ce dernier occupèrent le faubourg de Rouyroy jusqu'au 28 mai. Les habitants d Abbeville supportèrent bien à contre cœur ces troupes sous leurs murs, comme on en pourra juger plus loin par une lettre de l'Ëchevinage à M de Crèvecœur ('2 juin).
Les relations se poursuivent assez actives , pendant ce temps, entre le roi et l'Echevinage, mais sans que nos registres nous gardent toujours des explications suffisantes On reconnaît cependant que le roi fait travailler à débarrasser la ville du voisinage inquiétant.
• Le 22 avril, le sieur de Chemerault, chevalier des ordres du roy, grand mareschal de ses logis, fait entendre à l'assemblée la crédeuce qu'il a de la part de Sa Majesté, suivant ses lettres du XV^jour du présent mois» adressantes tant aud. sieur de Hucqueville que ausd. sieurs maieur et eschevins, lesquelles sont cyaprès escriptes. ** (Le scribe a en effet laissé blanches deux pages et demie, mais les lettres du roi n'ont pas été transcrites). M. de Chemerault s'employa, pendant la fin de ce mois et pendant presque toute la durée de Tautre, à l'évacuation du faubourg de Houvroy (1).
(J) Le registre aux comptes conserve quelques preuves de*
"Le %6 avril, 1& viffe'ietivoie (l^robablcameot vët^ lètfik trAiiit))»te (1).
Le sieur Le Ficard, président trésorier et général de fVaDûe aa bureau eiiMy à Afnlens, vféht à Àbtkevillé M sollicite de rFJcbeviDage rexéfeutîoD dé fédfft dii tnôis de septembre 1589 (2).
Dans la délibération du dernier jour d^avril, IlEcbe- -vinage s*appuie, pour échapper à la coTitribirtiôD^'Sdr la pauvreté des habitants de la ville; « il n'est » en oonséquence • possible faire lev^r lad. somtae, d'adtMH que, pour les empeschemens apartés par ceulx quj orft occupé les faulbourgs de la ville, la liberté du commerce a esté premièrement ositée à ceulx quy Be medeoUt de marchandise quy font (ou sotit) la meîlléore partie 4e 4a ville; conséquemment que, Jiarle ééjotfr que ont
nertiees readus ptir M. de CbemerauTt et de IHrecoatâiîssAKièft la iville :
« A Batazarl Desgardins, la somme de trente sols, pour deoi journées d'ung cheval baille à monsieur de Chimerault pour aller à Aumalle xxi*.
« A Mcon Ternisien et Jehan Beauvailét le Joeutie, la soioMfcede ail escus quarente-huict sols, pour la despence en dlsner faict à monsieur de Chimerault, envoyé exprès par le roy en cestfc ville avec plusieurs genlilshoiiimes, assavoir: aud. Ternisien, pour viande, i escus, et aud. Beauvarlet, pour vin, 2 escus; appert par ordonnance du VI* jour de juing aud. an M. Y* qualrc-viogt-
tuict, cy Vf" XLTnf. »
-«•Arp. aux comptes^ 1587-15S8.
(1) « A deux messagers, pour avoir esté à Aumaileetaa Poodremy le XXVI'' jour d'avril audict an (I5SS), la somme de
trente-cinq sols xxxv*. »
— Reg. aux comptes^ 1587-1588.
(2) La commission du roy au sieur Le Picard est tout au long dans le registre; elle est très-longue et inutile pour notre sujet.
faict et foDt encore de présent, comme il (1) poeult eoDgnoistre et juger h l*oeuI, les gens de guerre allentour lad. ville, ceulx du plat pais sont tellement ruinés qu'ils ont esté contraincts laisser leurs fermes, maisons et labouraiges pour Tinsolence des gens de guerre, en sorte que les principaulx de lad. ville ont maintenant ledrs terres babandonnées et en fricbes, et sont privés entièrement de leurs moiens et revenus.
« 11 sera aussy remonstré aud. sieur Picard qu'il ny jgi aulcune apparence de pouvoir Taire assiette et levée des deux mil escus que Sa Majesté a demandés puis oaguaires et voeul i estre levée et assise (2) capitallement sur les babitans, considérant Testât et condition en laquelle est réduicte lad. ville assiégée de toutes parts, ne ressentant aulcune commodité du pais circonvoisin entièremeut ruiné et désolé, les principalles rues et cbaulcées d'icelle désertes par le moien qu'il n'y a que une seule porte ouverte, et que les babitans, de quelque condition et quallité qu'ils soient, sont contraincts, de jour à aultre, faire garde tant de jour que de nuict pour maintenir et conserver lad. ville à Sa Majesté. *•
ioornëe des barricades.— Effet de ceUe joornëe dans AbbeTÎHe.— Las ftospecu plus irigoureusemeot presses. — Assemblëe générale réonie eontre eox. — AccusatioBS aooDymes.— Les suspecls divisés en deux catégories: ceux qu*OD met dehors et ceux qu'où admoneste.— Us sont mandés à l'Echeirinage.— Leur défense. — Protestation énergique de Robert Garboi- DÎcr. — 11 ne ireut d'ailleurs reconoattre pour juges que le maieur t^ U lieutenant général en la sénéchaussée de Ponthieu. — Discussion vive entre lai et M. de Hucqueville. — Emportement du goaferneur.— CarboMier
(1) Le sieur Le Picard.
(2) Sic. Les rédacteurs ont sous^ntendu ladite contribution.
ftM tM MCte d'uMBde hoiortble téoneie qce V. de iMmocvilto Tiaèt entendre à TEiehef inage même. — Lettres de H. d*Eitrëee nr U joinéi des barricadée. — Lettre du roi sar sa retraite de Paris. — Képont et rBeberiiiage à H. dUatrëes. — Abbevilta se ooneerte avte Anient. — Inei|af|^ da fanboorg de Rou? roy. — L'Echerinage rend compte an rei ée cette libération — Abbe? ille encore très-fidèle à Benri III. — Lettres di ml et de V. de Crètecœar. — Abbefille lolltcitée par Amiens à s'cngag» «▼ec Ptrifl.
Waignart noas a foarni le sommaire du chapitre précédeot; Formentio dous fournira rapidement ie sommaire de celui-ci.
Le duc de Guise se rend à Paris avec une armée. Journées des barricades. Le roi écrit aux magistrats d'Abbeville « pour leur rendre compte des motifs de sa retraite et les exhorter à rester fermes dans son obéissance. «• Notre comtesse, retirée à Chartres avec lui, « écrit sur le même ton, mais ces lettres font moins dMmpression sur les esprits que celles du duc de Goise et du conseil des Seize de Paris. Les sermons séditieux de Saveuse» curé de Saint-Paul, de Cavillon, curé de Sainte - Catherine , et de Reimbcrt, gardien des Cordeliers, arcs-boutants de la ligue, avaient déjà corrompa les esprits, débitant en chaire mille impostures coDtre le roi et Diane de France qui, dès>lors, ne fut traitée que de soi-disante comtesse de Ponthieu » — Formentin (I).
La journée des barricades (13 mai) eut un prompt écho dans Abbeville.
La terreur que nous avons annoncée déjà va se développer ; les suspects seront maintenant des condamnés, et ils ne seront plus poursuivis par le présidial seule
'I) Nous citons» mais nous devons dire que jusqu*ici et en toute Tannée que nous parcourons, nous u'avous pas encore trouvé, dans les monuments de la ville, trace de cet eniporteuient des prédicateurs. Foruieutio anticipe peut-être. Mous verrons.
rtéht, itihiÉ pat iiAe opinion largeniïeât â^mlhàDte dah^ a ville.
Le XVI^ jour de mai, les deoi ëtoches convo^tiëfat en i^ëmbléé géné^ATè les deux collèges et les « hàbifà^A'. » ^ la réunion, que président îé ^ouverneùi et le màié#, ('empressent léà anciens maieurs, te procureur du roî, oute la ville. L*affluence montre l'inféKétl hôuveiiu enivre IaM leÉ esprits, la ^eéoùsSe donà'éë aùk opSiii'ôûé' (iar es derniers événements.
L'inquiétude , la passion , conseillère en tous ^es es troubles, un mot d'ordre reçu pëut-é^re, font porter a délibération sur les suspects.
On Hdvise que Ton fera sortir ces suspects dé la ville Il poûi^ éviter aux incortVénIens qui en pôurroienï surféùit iM bien public et repos des habitans. »
C'est danisi éélte assêinblée générale qu'est dressée là Istë des noms • tant de ceulx qu'ils entendent estre mis iots l'a ville que de ceulx qu4ls trouvent debvoir estre idmônestés. »
Léé Récusations sont anonyme!» ; des listes dé dénonliatioDs sont faites mystérieusement par chacun dans la bambre des maieurs de bannières, puis toutes portée^ lu bureau, •« desquelles a esté faict la réduction taq| de eulx qu'ils entendent ëstre mis hors la ville que de eulx qu'ils trouvent debvoir estre admonestés. »
Les catégories dressées distinguent donc:
Premièrement, <• ceulx qui doibvent eslre priés de ortir (0 hors de la ville » — (Suivent une douiaine de loms que je ne puis lire tous, mais qui me paraissent
(1) Eslre priés de sortir; ces roots remplacent sur le registre is mois estre mis harSf biffés sans dodfe par euphémisme. *
être ceux de la noblesse moyenne ou petite des eam- |mgnes)~(1).
Secondement 9 « aultres qu'il semble debvoir estre admonestés de se gouverner modestement, sans eoix mesler des aiTaires d'Ëstat, user de menasses, etc. »— (Suivent dix- neuf ou vingt noms, dont qaelques-uDS sont assez difficiles à lire).
Une autre assemblée moins nombreuse (XYlll mai), convoquée par une seule cloche, mais où se trouvent cependant MM. de Hucqueville, J. Bernard, lieuteDaot général, et le lieutenant du gouverneur, nous donne la suite de TafTaire :
« Suivant et en conséquence des dellibérations des XY , XVI et XVU du présent mois, ont esté mandés en TEscbevinage Fremin Descaufour, Martin Descaufour, Antboine Franqmanier, Nicolas Regnault, Robert Carbonnier, Nicolas Boucher, .... Oeulliot, Jehan Hecquet, Condé, le cappitaine Sanson, Gabriel Le Roy, Jehan Foucquembergue, Martin Formentin, Mathias Boulleoger et Jacques du Grocq (2), ausquels a esté remonstré
(1) JVssaie, mais à très-grand'peine et san» grand succès, de déchiffrer les noms de ces geutilshoiiimes expulsés de la yille:
Monsieur (l) Carpentin.
Monsieur de Rogchan? et ses eufans.
Monsieur de et M' de Leugles?
Jacques Leugles?
Godentin? le .. ..?
Josse Prévost?
Josse Routtier??
Blonchefer ??
Le sieur de Behen ?
(2) Tous faisant partie de la seconde liste.
(t) Je ne puis toir si le mot qae j*omet9 est an prénom on an nom.
par led. sieur gouverneur quMIs avoient esté mandés, non pour quelque suspicion qu'ils soient aultres que bons babitans et serviteurs du roy, mais à ToccasioD qu'ils sont comprins au nombre de ceulx que l'on diet avoir tenu quelques propos malsonnans contre l'union des babitans, affin d'estre admonestés de eulx comporter à Tadvenir modestement et en bonne union en continuation du service qu'ils doibvent à Sa Majesté pour le bien et repos des babitans de ceste ville. »
A cette semonce, il est répondu par Oeolliot « et subsécutivement par les aultres susnommés, qu'ils n'ont jamais faict ni attenté aulcune chose contre le service du roy, ains faict tout debvoir de bons babitans fidels et catbolicques, requérans acte de leurs protestations d'eulx prouveoir, mesmes d'estre mis en la protection et sauvegarde desd. sieurs maieur et escbevins, et ne plus, à l'advenir, aller en garde, attendu la suspection qu'il semble que l'on eust sur eulx. »
Le gouverneur leur réplique: •• On les recongnoit pour bons babitans et catbolicques*, touttefois, ils sont comprins en la liste de ceulx que l'on a trouvés debvoir estre admonestés par l'assemblée solempnelle des Ëstats faicte le jour de lundy dernier, sans scavoir les noms des dénonciateurs ny la cause de la dénonciation; il leur est enjoint, au surplus, de continuer la garde pour le service du roy et la conservation de la ville, comme leur a esté accoustumé. »
Alors — et c'est la pour nous un mouvement inattendu et vraiment fier en cette séance — se produit une protestation énergique dont Robert Carbonnier se fait l'organe. Carbonnier ne veut accepter comme juges que
le m^i^^r çt le lieulenADt général en la séaécbaussée djç PcmthieM.
n A4r^8âi4 \^ parollq aii3d* siepra lieutenuDs et qOAl^vur, il teqr e^ rerponstré , qomiDe à ses juges oatjP^W (Oi 4Vi*U ayp|t ei^té appeUé en çf^^t ^cbevÎQage inar ujag sergeant à mace, fit )eur eq » demandé ta
4în§i, lefi a()çq^0 ^eveqaiei^^ f^çogsateurs. ^bb^vilte a honoré du nom d'uni^ fM^ riiéroisqi.e $An§ preuves et I^içtor'^quefpçpt ^qvrçiseQffcflab^e du prql^lérnatiquç Riofjff\s; çi^ doit-elle pfis ^g mq\as garder bon souvemr 4fl la ^rnieté du défenseur, jusqu'aiorfli inconnu ipais a?éré désorniais, ^e ses 4roi^|s mal soutenus en des tempç de troubles par un écbevinage intimidé ou dé^rienté? Robert Carbojinier va obliger d'abord le maieur à uœ déclaration faible et dont l'intention est ambiguë; il n rendre à l'assemblée elle-même, comme on le verra plus loin, quelque sentiment de ce qu'elle se doit.
Le maieur, pour toute réponse — embarrassée peutêtre, — dit « qu'il ne scait les noms des dénonciateurs ny les euvres pourquoy il (Carbonnier) doibt eslre admonesté. » Carbonnier requiert acte de cette déclaration.
On aimerait a deviner le ton et l'attitude du maieur, mais il est clair que le candidat royal du mois d'août précédent n'est plus maître de la situation dans sa ville.
Nous reconnaissons mieux l'accent d'autorité et de colère qui frémit dans les paroles du gouverneur.
M. d^ Uucqqeyille de(nande h Carbonnier f s'î/ n'avoit ent^du la req^çn^trance qu'U avoit f^icte et $*iZ vouUoit
{\) Ne (|eyojDS-noMS paj^ remarquei^ ce. mot?
reooDgnoistre l'aoctorité qu'il a de Sa M^eslé de povoir ce faire (i).
Carbonnier. toujours ferme dans sa résistance, répond • qu'il ne congnoit sinon lesdicts sieurs lieutenant et maieur pour ses juges ordinaires et quy aient à luy commander. » 11 s'avance alors pour sortir « avecq le3 aultres, » mais le gouverneur requiert qu'il soit •• arresté céans tant qu'il aura esté oy sur les propos téméraires et audacieusement par luy prophérés en l'assemblée. »
Carbonnier, sans s^arréter, réplique encore « qu'il ne demeurera point pour le sieur gouverneur, sy led. sieor maieur ne luy commande; >• et à l'instant il sort de la chambre. Le gouverneur s'écrie impérieusement ef demande qu'il soit céans retenu prisonnier, •• tant pour ce que dessus que pour aultres propos qu'il auroit tenu contre le service du roy et repos public. »
L'affaire ne pouvait en rester là cependant. L'assemblée, heureusement incapable de blâmer Carbonnier» mais désirant sortir de difficulté, mande, après le départ du gouverneur, l'orateur des suspects en la chambré du conseil. Carbonnier déclare » qu'il est serviteur dud. sT gouverneur comme il luy a dict lors de l'admonition, mais qu'il ne poeult recongnoistre aultres juges que nous, recongnoissant néantmoins l'honneur et respect qu'il luy doibt. » L'assemblée ordonne « que Carbonnier. .. » Ici la première rédaction s'est trouvée embarrassée ou n'a pas satisfait le conseil, et plusieurs ratures successives indiquent les hésitations du tribunal, forcé d'infliger une humiliation au défenseur même de la dignité municipale 'et des droits de la justice ordinaire.
( I ) Je Bouligoe quelques amphibologies pour ne rien changer au langage.
L'assemblée ordonne enfin « que led. Garbonnier déclarera, comme en la chambre du conseil, aud seigneur gouverneur, qu'il le recongnoit gouverneur pour le roy en ceste ville et qu'il luy doibt tout honneur, respect et obéissance, et jusques à ce, demeurera céans; et pour ce que il est cojourd'huy comparu et souffert l'admonition avec aultres habitans, suivant la dellibératton généralle, qu'il ne sera informé des choses passées, ce quy instamment a esté prononcé aud. Carbonnierquy a déclaré et s'est soumis satisfaire au contenu cy-dessus; pourquoy avons ordonné que le greffier se transportera par devers led. sieur gouverneur pour luy prier de se trouver céans demain, dix heures du matin, pour Iqj faire communicquation de lad. sentence et oyr lad. déclaration par la bouche dud. Carbonnier. «•
On peut reconnaître quelque dignité dans cette fin, du moins nos idées actuelles le font juger ainsi. La satisfaction n'est pas rendue au château, et le gouverneur se dérangera pour venir la recevoir lui-même. L^xplication est en quelque sorte faite de plain pied(l).
Le XXll may, l'assemblée prend communication de cette lettre de M. d'Estrées à M. de Hucqueville :
« Monsieur, tout prësenletneiU il m'est arrivé un courrier qaj m*a apporté des lettres du roy, dont je vous envoie coppie, aiosT que Sa Majesté me coiiiinande ; vous verrez, par icelle, le discours de ce quy s'est passé à Paris de toutes ces broulleries icy [?] et ce quy a meu Sad. Majesté de s'en retirer, et vous prie les cornmunicquer aux maieur et eschevins de vostre ville pour les
(1) Il est question encore des suspects (de ceux qu^on a priÀ de quitter la ville) dans la délibération du 18 juin.— Voyez aussi (pour les gentilshommes tnis hors la ville et que le roi désire voir rentrer) la lettre du roi du 3 juillet (assemblée du 7 juillet IM8).
contenir tousjonrs en la Traie et droite obéissance qne nous debrons à nostre vray roy et prince, et que ne soient surprins et prévenus d^aucunes impressions, elle (la ville) se laissant aussy escoutter aux inventions de coulx quy entreprendront de les esmouvoir, à Tezemple de ceulx de Paris. Sa Majesté leur escript à cest effect, ayant accompagné du roy mot des miennes, que je TOUS prie aussy leur faire tenir; à quoy n'aiant bien qu'adjouter, sinon de vous souvenir tousjours de vostre bon debvoir accoustumé que j'ay tesiiioigné à Sad. Majesté, je ne vous feray ce mot plus long que pour vous dire que je vous tiendray adverty de ce quy se passera, priant en cest eudroict le Créateur, etc.... •• — D^Amiens, ce XXI* may 1588. En bas est escript: Vostre bon amy à vous faire service, Destrêes. â la suscription : Monsieur monsieur d^Hucqueville, etc »
Suit la très-longue lettre du roi à H. d'Estrées, et dans laquelle le roi raconte tes événements qui Pont chassé de Paris. « Escript à Chartres, le XV1« jour de may
M. d'Estrées écrivait aussi aux maieur et escheyins en leur envoyant une autre lettre du roi :
« Messieurs, aiant receu ceste lettre du roy icy pour vous, j*ay bien vonllu vous Penvoier et Paccompaigner de ce mot pour vous prier de demeurer tousjours au debvoir et fidelle obéissance qne nous debvons à nostre vray roy et prince, et de vivfe tellement en union et concorde entre vous aultres que cella soit cause de rostre conservation, laquelle je scay que vous avez en telle recommandation, ainsy que j'ay asseuré Sa Majesté de ce quy s^est passé en vostre ville, comme monsieur de Hucqueville, vostre gouverneur, me Ta escript, que vous ne ferez jamais chose qui soit contraire à vostre debvoir et à vostre propre vie. Ayant envoie coppie des lettres que Sad. Majesté m'a escriptes aud. sienr de Hucqueville pour vous la comtnunicquer, vous verrez par icelle tout te discours de ce quy s'est passé à Paris et ce quy a meu Sadicte Majesté de sVn retirer, quy me gardera de faire ceste plus longue ; sur quoy f attendray de vos nouvelles, n'en
aiant receo aulcunes deppuis que je suis en ceste Tille, dont je ne puis celler que je ne m'en plaigoe à vous ; et sur ce, je prie Diea le créateur. Messieurs, vous tenir eu bonne, saincte, heureuse et longue vie. -* D'Amiens, ce XXI* may 1S88. Vostre affectionné et nteilleur amy, Dbstrébs. aux maieur et eschevins, etc
Mais voici coroineût le roi lui-même cherchait à conserver Pesprit de ses sujets :
« De par le roy, « Très-chers et bien amés, vous entenderez du sieur Dcstrées les occasions qui nous ont meu de partir de nostre Yille de Paris le XIU de ce mois, et vous, dirons par la présente que ce a esté aveeq tous les regrets et desplaisirs qu'un prince qui a taot rendu de proeuves de sa bonté et affection envers ses subjectif comme nous avons faict, poeult sentir rt supporter; non tant encores pour le respect de nostre absence et esloignemeut et li fiiçon de laquelle les choses sont passées que pour avoir recoogneu et esprouvé véritablement, contre nostre attente, la raison et la vérité, qu'aucuns ayent eu pouvoir dlmprimer au cœur des habitans de nostred. ville de Paris que nous aions eu volonté de lenr donner des garnisons estrangères et que nous soioas mitié en doubte de la lidellité et dévotion des bous bourgeois d^ieettev oar c'est chose qui n'entra jamais en nostre pensée, etc. • . . • «Le roi continue à expliquer ses bonnes intentions et à raconter les événements; puis: « C'est pourquoy nous vous faisons la présente par laquelle nous vous admonestons et prions de n'adjouter
foy à telles inventions et inductions, etc , d'aultant qœ
nostre vraie intention est de ne riens innover ny changer en la
garde de vostre ville, etc » Suivent d'autres explications et
justiGcatioos. « Nous vous prions et exhortons de rechef de ne donner aulcun lieu aux sucdictes impressions et artiflices, etc. . . • Suivent des protestations de la bonne volonté royale. — « Donné à Chartres, le XVI* may t588, signé Henry; et plus bas : Bbulabt. i nos très-chers et bien amés les maieur et eschevins d'Abbeville. •
Le XKIII may, les maieur et escbevias répondent à M. d'Ëstrées:
n Monseigneur, nous avons receu les let,tres du roy du XVI* de
c^ mioii e| les voslres, el eu communicquatloD, par monseigneinr le gouTeroeMr de ceste ville, de ceJJes que Sa Majesté vouseafiript coDtenaDS le discours de ce quy s*est passé puis naguaires i Paris et riutention comme Sad. Majesté voeult que Ton se gou- ▼erue en ces troubles et remuemens ; lesquelle nous avons à rinstant faict lire et publier eu assemblée sur ce faicte au son de la cloche en la maison commune, et icelles faict enregistrer, affin de maintenir les habitans en union et affection qu'ils ont tousjours eu ai) service deube à Sad. Majesté et à la conservation de ceste place en son obéissance, i quoy ils sont sy affectionnés et unis, comoie OQus espérons que led. seigneur gouverneur vous porra certjffier que aiez occasion de poqvoir assegrer Sad. Majesté (i)« ce que nQM9 vous supplions trè$- humblement voulloir faire; et, powf ce que M a cy-devapt esté faict une conférence en vertu des lettres du roy par monsieur de Chemerault, en la présence dud. S' gouverneur et aultres, avec monsieur de Rambures estant aux faolbourgs de ceste ville, pour Ten faire sortir, quy a esté portée pav led. sieur de Chemerault vers Sad. Majesté dont n^avons deppuis eu aulcunes nouvelles, voians qoe le pais est par oe moien ruiné et destruict, continuant lad. conférence, en conséquence de Ia4. lettre, aveoq led. sieur de Rfl^mbures et mooaeigneur ^'^^oa^tHe auquel il a le tout renvoie, il a esté dressa iiag expédient pour parv^ir à la dellivrance dud. faulbourg e^ Qppi;e89Jpos qu'en reçoil lad. ville et le plat pais, lequel nouii aypiis cbargé les présens porteurs que nous envolons à ceste fii^ exprte vous cpmmunicquer pour ce que nous ne voulions aulcuue chosç £|içe quy puisse apporter, en façon que ce soit, pr^udice au i^n ice de Sad. Majesté et au debvoir et tidellitté que noua Im del^vops ; priais Dieu vous donner, Monseigneur, etc. (at^. dm^ le regi^(re).— D'Abbeville, ce XXIU* may 1588. Vois très-humble», et obéisçans serviteurs» les ipaieur et eschevina d'Abbeville. »
Abbeville cherchait à s'eateodre avec Amiens sur tou» les points. Le 24 mai, FEchevinage de cette dernière
(I) Cette lettre ne pèche pas id par une clarté trop grande de rédaction.
▼ille recevait du nôtre une demande de renseignemeDU « pour se mettre sur le même pied. » — La Ligue à Amiens^ par A. Dubois, p ?6.
Le vendredi XXVli^ jour de mai, au son des deox cloches, assemblée des Estais au grand Eschevinage. 11 est question, dans cette réunion très-nombreuse et oà assiste le gouverneur, des moyens de délivrer les faubourgs de cette ville des gens de guerre qui les occupent « à la ruine et destruction des habitans. •
H. de Rambures évacue enfin Rouvroy le 28 mai(1).
A la suite du procès-verbal de la réunion (au sod d'une cloche) du XXX^ jour de mai I58H, est inscrite cette lettre datée de la veille, et dans laquelle l'Ech^ vinage rend compte au roi de la liberté rendue aux abords de la ville et de sa fidélité inébranlable envers b couronne. On était encore dans la ville et avec la mêoie loyauté attaché au roi et à la Ligue.
t Sire, En enssuirant les lettres adressantes à messieurs de Chemerault, de Hucqaeyille, de Belloy et à nous, dattées du XXVI* jour d^aprril dernier, nous ayons conféré avec le sieur de Rambures des moirns pour luy faire quitter le fanibourg de ceste ville qQ*il ocGupoit à la grande oppression de vos paonvres subjects, comme vous a peu déclarer plus amplement ledict sieur de Chemeraull, et d'aultant que deppuis son partement nous n^ayoas reçu aulcunes nouvelles pour la descharge de vostre poeuple. en conséqueuce de vosd. lottrrs et soubs le bon plaisir de Vostre Majesté, nous avons continué et poursuivy ladicte cooférence par Tadvis et dellibération communs de vos principaulx officiers et habitans de cested. ville, et faict en sorte, avecq led. siearde Hacqueville, que led. sieur de Rambures a quitté et délaissé led.
(I Voyez plus loin la lettre des maieur et échevins à M. de Crèveoœur, datée du i juin.
fiiolbourg libre comme il estoit aoparaTant, aux conditions qac les préseDS porteurs par nous à ceste tin depputés feront entendre à Yostre Majesté, vous soppliaos très-humblement croire que nous continurons à jamais en la fidellitë et obéissance que nos prédécesseurs et nous avous tousjours portée à vostre couronne, supplians Dieu le créateur tous donner, Sire, en toute prospérité, très-heareuse et longue vie. — En vostre ville d'Abbeville, le XXIX* may 1588. Vos très-humbles et très-obéissans serviteurs et subjects les maieur et eschevins d*Abbeville. »
Cette lettre était déjà partie quand rCcbevinage reçut celle dans laquelle le roi cherchait, en s'appuyant sur son ancien lieutenant général en Picardie, à maintenir, par de bonnes paroles et des encouragements, les habitants d'Abbeville dans une obéissance qui ne leur pesait pas encore, on vient de le voir.
A la suite de la séance du 2 juin 1588, je trouve ces
copies :
« De par le roy,
« Très-chers et bien amés, estans jaloux de vestre bien et
conservation comme de ceulz qui nous sont particullièrement
recommandés, nous mandons au sieur de Crèvecœur qu^il vous
aille visiter de nostre part pour scavoir en quel estât sont touttes
choses dedans nostre ville d'Abbeville, et exciter ung chacun à la
dévotion et affection quMI doibt au service de son roy , encores
que nous aions toutte confiance qu'en cella vous vous trouverez
bien accordans pour n'y avoir rieus quy puisse plus asseurer
vostre repos et tranquillité que de recoiignoistre tousjours la
révérence et obéissance que vous nous debvez, sans vous laisser
transporter à touttes aultres mauaises inductions et persuasions
que Ton vouldroit faire pour vous en divertir; de quoy nous
asseorans que vous scaurez bien vous préserver, nous ne vous
en dirons rien davantaige par ce mot que nous finirons. ~ Donné
à Chartres, ce XXIl* jour de may i588, signé Henbt; et plus
bas : Bbulart. A la suscriptiou : A uos très-chers et bien amés
les maieur et cschevius de nostre ville d'Abbeville. »
Sait là lettre écrite par râncien lîeoteMBi génénl de Picardie. On verm qoe les excdleotes qualités le M de Crèreoœar soot restées les mêmes, mais que tel style coo plus n*est pas changé :
« Hffsieors, par b iHtre que le roj ai^a adressée poor fm, i^cstîme qo*il a encore qoelqoe opinion qoe Toas teceptict f»lonlîen de moy les admonestenens qu*il dléstie qny Tons saiol iiicts poar demeurer tooqoars unis d'afection et de debToir m seni bien de son service, se ressonrenant penl-estre Sa Majesté de ee qoe aultrefois tous avez bien reoeu de omij les adrâ fi re qoe j*ay peu emploier dVfirct et de bonne rolonlé (pour ob k) tosire conserratioD. à qaoy je yeulz bien encores de recfief roas asseurer sor ceste occasion que tous me trourerez tootte mi ▼le aossy prompt et disposé qoe tous le seanres dësirff et rostre plus affectionné, quy aimeray tousjoors tant roslre nfii et eontentement que à toat ce que je pourray tous serrirv ran ferez estât de moy et de mon advis et de mon assistance aaisf, et bonne volonté, comme de ce quy se poeult soohailer à voslre nesme recoaunandation ; sur quoy donc, vous ayant eoané pv
la présente à ce que vous (0 <l^ Tintention de Sa MajeHé
par sad. lettre, j*adjouteray encore ce mot par la présente pour TOUS prier d'une ferme union et commune bonne intelligeoee entre vous et vos habitans, à vous maintenir et conserver tousjours soubs rauctoritë et droicte obéissance du roy en nostre saincte relligion catolicquc, de laqu«>lle vous avez tousj<turs esté
sy affectionnés observateurs 1 1 soubs cella (2) tousjours sy
ûdelles et sy obëissans serviteurs de Sa Majesté que il n'est à doubler aulcuuenient que vous en décliniez jamais, ce que je vous ezitortc encore et d'aultant que je vous ayme qu>B k debvoir vous continuiez d'aimer tousjours et observer aussf ce que vous jugerez et congnoistrez sur ce temps y appartenir droictement au bien du service de Sad. Majesté, à votre repoi
(1) Verbe que je ne peux lire.
(2) Mot que je ne peux lire.
— 3fi» —
I conserration pareillement et au comman bien et soullâgement le ceste proyince, laquelle nous yoions estre désolée par nostre ÎTision et comme habandonnée aux injures et perversités du emps par certaine mallice contre laquelle il est à croire que une Toicte et saincte union pourroit beaucoup pour resta blir nostre ësordre à ung plus louable succès. A quoy, sy tant est que ma irësence tous puisse apporter quelque satisfaction et contentelent, je n'en plaindray jamais le roiage, et à tant me recommaneray tousjours à tos bonnes prières, |>riant aussy le Créateur ous aToir, Messieurs, en sa saincte et digue garde. — A Crèreoeor, ce premier juing 1588. Vostre entièrement affectionné et leîlleur amy, Bonitbt. A la suscription : A Messieurs maieur et schevins de la ville d'Abbeville. »
Ces derniers répondirent ; et dans leur réponse nous rouvons un témoignage de TËchevinage même sur les roubles du temps :
« Mk>nseigneur, nous avons receu lettres du roy du XXH* may leroier et celles dont il vous a pieu les accompaigner, lesquelles lotis avons incontinent faict lire et publier en assemblée qu^avons
riostant faicte, affin de faire congnoistre à chacun Tamour et B aoiiig que a Sa Majesté de nostre repos et conservation ; et omme Taffection qu^avez tousjours eue à nostre commun bien Test aolcaneoient diminuée et refroidie, mais que aulx troubles t reiDueaiens dangerenix quy se praticqucnt en ceste province 'DUS avez eu mémoire de nous, offrant vous exposer pour le ervice de Sa Majesté, sans avoir d'esgard à vostre antien aage« le venir participper à nostre fortune, dont nous ne scaurions amais assez vous rendre grâce, ou pour vous informer de Testât »ù les choses sont maintenant disposées en ceste ville et vous aisser juger, par là, s'il est expédient que preniez ceste peine de renir par deçà. Estans prests d'obéir à Sa Majesté, nous vons ^vons asseurer que, encores que nous soions assez et trop ressentens de l'incommodité, ruyne et oppressions que a apporté l'occupation que ont faict ceulx de la Ligue de nos faulbourgs et du plut pais, sy est que les habitans sont tousjours demeurés
au debyoir et; service deu à Sadicte Majesté, u*y en aiant un seul quy n^ait vacqué et travaillé de voluntë et affection à la conseryatiou de lad. ville en son obe'issance, en sorte qu'il n'yaead n'a occasion de s'en défier pour Tunion quy y est en ce qaf concerne Thonneur de Dieu et le service du roy ; au surplus, ({Qi le sieur de Ramburos et les gens de guerre de son parly sortirent desd. faulbourgs et les rendirent libres le XXVIIl* jour demay dernier, et avons faict commencer et continuons de faire abattre les fortiffications qu'ils avoient dressées contre lad. ville, ei laquelle de présent l'union est aultant et plus entre lesd. habitans qu'elle n'a esté, sans aulcune particiallilé ny apparence de division quy puisse apporter désordre ou altération au service de Sad. Majesté; vous supplians très humblement, en continuant les îèveurs et bons traictemens dont avez cv-devant vers nous (ne), en voulloir advertir et asseurer Sad. Majesté vers laquelle nous avons envoie nos depputtés, aflin de luy faire entendre bieo particullièrcment ce quy s'est passé et la dévotion que nous avons i son service; vous supplians croire que chacun jour nous sont représentés les biens faicts que nous avons cy-derant receu de vous, quy nous commandent de vous honorer a jamais ootooe père de la patrie et à vous porter l'honneur, respect et obéissance que scauriez désirer fie nous; prians Dieu de tout oostre cœur vous donner, Monseigneur, en toute perfection de sancté, trèslongue et heureuse vie. — D'Abbeville, ce deuxiesme juiog mil V* 1111" VIII. Vos très-humbles et très-obéissans serviteurs les maieur et eschevins d'Abbeville. »
Un mot très-simple, mais que nos révolutions modernes ont rendu significatif au delà du premier sens, peut caractériser quelques voyages des députés des villes à cette date. Ces députés semblent parfois aller en mission Vincent Boulanger, avocat d'Amiens, vient à Abbeville (^ juin) et va à Montreuii pour engager ces villes à faire le traité avec Paris.— La Ligue à Amim, par A. Dubois p 27.
'AbKéiYtle, ëD cédant bientôt à ces solHcitiitiôns, d^enga^ra plus avant dails la Ligue
Le procbain chapitre nous ofTrira la réponse êna>re prtidente cepéndaiit de l'Echevinage.
Les haMunU d'Amiens sollicitent les habitants d'Abbeville d'entrer dais l'union — L^ëtèqne d'Amiens appuie ces sollicitations. — ndlb^fatTon ëtasîve de l'EcheYinage d'Abbetille. — Rapport des députés entoyés an roi.
— Lettres do roi an gouverneur et à TEchevinage d^Abbeville. — Lettres patentes par lesquelles le roi coocàde ï la ville quatre mille éeus ï prendre sur ceux de la nonvelle opinion et accorde des décharges aux habitants. — L'Echevinage persiste ï tenir hors de la ville quelques suspects.— Lettrei d« M. d'Estrées pour le roi et du prévôt des marchands et des échevins de Paris.— Le gouverneur plus avancé dans le parti de la Ligue que l'Bdi»- ▼inage d'Abbeville — népulés de la ville de Paris — Une assemblée dut Etals. — Abbeville adhère ï Tunion avec Paris et les autres villes eatho- Hqnes — néputations décidées vers la ville de Paris et vers le roi. — Serment prêté par l'assemblée des Etats. — Lettre du roi. — Lettre da l'Echevinage d'Abbeville au prévôt cies marchands et aux échevins de Paria.
— Lettre au roi. — Mémoire donné par rassemblée des Etats d'Abbevilla aux dépotés envoyés vers la ville de Paris. — Lettre du roi rapportée par les députés envoyés vers Sa Majesté.— Les députés envo>és vers la ville de Paris sont rappelés — Les gentilshommes suspects rentreront daas la villa.
Les habitants d'Amiens, qui sont entrés en union avec M ceulx de la ville de Paris, >• —dé/t6. de VEchevinaf/e d'Amtem^ III juin, — A Thierry, Doc. midilt, tome llj p. 961, — ont écrit dans les premiers jours de juin «lui habitants d*Abbeviiie, pour les exhorter à s*eirgager comme eux.
Le maieur expose le X.Vll^' jour de juing, dans une simple assemblée échevinale, que^ dans la matinée de ce même jour, • monsieur Tévesque d'Amiens lui a mandé qu'il vouloit luy dire ung mot et que, estant vers luy (I),
(I) LMvéqae d^Amiens. Nous devons prendre notre parti de cet
U loj a dit qa'U désiroit qoe nous GMâoos rapoBRnx lettres escriples par messiears de la ville d^Amiens, ék d'eotrer en onion comme eolx comme ils ODt Iaki ivcc la Tille de Paris, etc. ^ Le maieor, autant que je le pn ▼oîr , n'a fait qu'une réponse évasive oo dilatoire à Péfèque, et les écbevins présents à la réunion oà k maîeur expose ces conversations remettent aussi, nos se prononcer, à décider plus tard sur l'union telle qa*eUe est proposée dans les lettres d'Amiens, mais décidait • qu'il leur sera mandé et fait entendre que aulx affûm qui concerneront l'honneur de Dieu, la oonservatioa de la religion catholique, apostolicquc et romaine, le service du roy et le repos et soullagement de ceste provioee, nous désirerons tousjours d'en conférer les ungs au aultres, etc. »
Les deux cloches convoquent le XVII1« jour de jiiiig une grande assemblée générale au grand Echevinage (t). A rappel se rendent le gouverneur, le lieutenant général, le maieur, deux chanoines députés par Saint- Vulfrao, le sous-prieur de Saint-Pierre et le recteur dud lieu, le lieutenant du gouverneur, les anciens maieurs, les écbevins, le siéger, le substitut du procureur de la ville, le capitaine du guet, l'argentier, les maieurs de bannières.
Dans cette réunion, les sieurs de Fernel et Uermant rendent compte de leur mission auprès du roi Ce sont eux qui ont rapporté les lettres de Sa Majesté.
formes grammaticales et nous reconnaître dans ces amphibologies an moyen du contexte.
(l) Comme d'ordinaire. CVst par exception qu*on délibère ai petit Echevinage — ainsi lors de Foccupation du faubourg de Rouvroy par le duc d'Aumale. — Toutes l<s fois donc que }( n*indique pas le lieu, il s'agit du grand Echevinage.
De ces lettres, l'une est adressée au gouverneur, l'autre aux maieur et eschcvins, en date du 8 juin 4588, touchant ce que Sa Majesté a eu pour agréable la délivranoe da faubourg de Rouvroy (i).
(1) Au gouverneur:
« Monsieur de Hiicqueville, j^ay receu voslre lettre de laquelle a etië porteor le cappitaine Ferniel ? vostrc lieutenant, et suis bien ais^v pour le dommaige et incommodité qne rçoipvrnt ceolv d^Abbeville de Tocciipation du fnulUuurg de Rouvroy qui estoit détenu par les gens de guerre du duc d'AumalIc, que vousaves trouve moien de les en faire retirer, au soulageu)rnl de lad. ville rt du pais circonvoisin : néantmoins, je no puis avoir agréable qu*il ayt esté parlé de Pcstablisscuient et acceptation de garnison, d^aultant que cVst chose quy despend de ma seule auctorité. et je ne pois aussy trouver bon que Ton ayt niis dehors lad. ville quelques gentilshommes quy s*y esloient habitués, quy sont bons catholicques, et voeulz qu'ils y rentrent, ainsy que je le escript présentement à ceulx de la ville et soient receus, â quoy vous tiendrei la main (i). Quant à IVstatde la ville de Boullongue, etc. (Snî vent quelques appréciations et quelques ordres qui ne regardent plus directement Abbeville;. - Escript à Vernon, le VIII juîng 1588, signé: Henry; et plus bas: Drulart; à la suscriplion : A monsieur de Hucqiieville, etc. »
Aux maieur et eschevins :
« De par le roy, ■ Très-chers et bien amés, pour Taffection que nous avons A vostre bien et soullagement, nous avons esté bien aise d'entendre que le faulbourgde Ruuvroy soit maintenaiil deschargé des gens de guerre que y avoit loges le duc d'Aunialle, desquels vous ne poviez que rccepvoir de grandes suhjectiuns et incommodités, oultre ce que le pais des environs en souffroit, désirans que vous pourvoie! si bien à la conservation d'icelle que n*en puissies tomber en inconvénient, à quoy vous debvez estre de tant plus soigneux et vigilaus que vous avez en vous-mesmcs trop esprouvé
(1} L« roi, maigri ses proteiUtioDs, en vieol donc, contre la ville, à la coercition militaire.
Lecture est donnée des deux, ainsi que « d'autra lettres-patentes du roy du don faict à lad. yille de ta somme de iin"^ escus à prendre sur ceuU de la nouvelle oppinioD, pour estre emploiée aux fortiffications de lad. Yille avecq aultres lettres par lesquelles Sa Majesté descharge les babitans de lad. ville de la somme de vi* escus que Sad. Majesté avoit cy-devant ordonné estre levée en constitution de rente sur lesd habitans» comme aussy de la somme de mil escus sur la somme de u" qu'il voulloit eslre pareillement levée sur lesd. habitat» par forme de subvention, lesquelles lettres ont esté pareillement lues à lad. assemblée.
« Ce faict, lesd. sieurs de Fernes? et Hemiant ODt verballement faict leur rapport des remonstrances par eulx faictes àSa Majesté touchant le faict de leur légation, et représenté qu'Elle a eu pour agréable la composition faicte pour led. faulbourg, mesmement les asseurer de ne point envoier de garnison en cested. ville et de ooos continuer en nos previllèges. » Enfin, rassemblée, «entendu et oy la lecture des lettres du roi, en ce qo; touche la réception de ceulx quy sont sortis de la ville par dellibération des cstats, décide qu^avant de recevoir ces gentilshommes Ton fera entendre à Sa Majesté les causes quy ont meu les babitans de faire sortir ceulx qu'ils tenoient suspects. •»
le mal et que n'en debvez perdre aisément la mémoire ; au surplus, ayant sceu que vous avez faict sortir de lad. ville des gentilshommes bons calholicqucs qui s'y estoieut retirés, nous voulions qu'ils y rentrent et que vous les y recepviez sur Uot que craignez nous désobéir. — Donné à Vernon, le Vlirjuinf l&SS, signé: Henry ; et plus bas: Brolard; à la suscriptioa: A nos très-chers et bien amés les uiaicur et eschevins de iiostre Till^ d'Abbeville. »
— 3Cj -
Danft la période où nous entrons, le gouverneur adopte, si nous ne nous trompons, un maintien et un lan^t^gë pTus fermes dans le sens de la Ligue, que la contenance et les paroles de TEchevinage.
Cette attitude se dessine particulièrement dans une réunion à TEchevinage, le XXll® jour de juing.
Le maieur venait de déposer sur le bureau les lettres escriptes par monsieur d'Ëstrée, du XVII de ce mois, avec copie des lettres du roy portant adverlissement de son entrée en la ville de Rouen, du Xlll dud. mois. Ces lettres sont lues u rassemblée; comme aussy les lettres de messieurs prevost des marchans et eschevins de la ville de Paris (i) adressantes aud. seigneur gouverneur, et aux maieur, eschevins, habitans et communaulté de lad. ville (d'Abbeville). Après ces lectures, «• led. sieur gou« verneur auroit dict qu'il falloit faire assemblée pour coromunicquer Icsd. lettres au poeuple. *» Les échevins présents, moins résolus sans doute à rompre avec le roi, opinent simplement (plus timidement ou prudemment) qu'il serait bon «* de publier au son de la trompe lesd. lettres du roy et dud. seigneur Destrée, pour le faire entendre au poeuple. «• Ils laissaient ainsi de côté et tenaient à l'écart de la discussion générale et populaire les lettres de TEchevinage parisien. La proposition écbevinale,qui réduit ou déjoue la sienne, satisfait trèsmal M. de Hucqueville : «• Ce que oyant, dit le procèsverbal, il s'est retiré et dict qu'il voyoit bien que Ton ne voulloit pas assembler. «•
Après le départ du gouverneur, raffaire est remtae