‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 5)Chapitre 8 sur 33 · LUI · texte numérisé non relu

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avouefootMndifféremment tout ce qui a été faitjufll> qu'alors par rassemblée d'Amiens. « Le tiers-efilM est d'avis que la Chambre soit compisée de jpoinbn esgal de deppulés de chacun bailliage et sénesëiaolcée » (t. II, pp. 97-100) (1). ' ^

Ces résolutions arrêté)^ je 30 mars ont été ^rtées en avril, par le gouverneujr de la ville et par le matedi à rassemblée générale des états de la province de Picardie, réunie à Amiens. L'ai|cq|d i^ pu se foiref Abbeville se replie, se renferme dans son indétodance. Nous saisirons eiMffet bientôt de nouveilB • résolutions qui constatent toujours la résistandl^ Les rapports ne sont pas cependant rompus entre Té* chevinage d'Abbeville et la Chambre du Conseil d'Amiens, maSIi Abbeville, qui s'^t toujours réservée envers cette Chambre, se refusent encore à la reconnaître comme légitime. La^ rapports subsistants n'impliquent donc ni abdication ni même soumission confiante de la part d'Abbcville ; bien au contraire, Abbeville correspond désormais de préférence avec l'échevinage d'Amiens , même sur des questions posées par la Chambre des Etats. Abbeville tient bon particulièrement sur les questions de finance. Le 14 avril encore une assemblée générale décide qu'il sera fait requeste à M'' de Mayenne et messieurs

(1) La fin de ces curieux avis manque malheureusement. Trois pagei qui devaient les recevoir sont restées blanches dans k regmib de réchevinage.

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(Conseil général de l'Union dé Paris et Nosseilearsdu Parlement « dérégler le point de la chambre 'ovincialle de^^estc province s*ils trouvent expédient l'il y en ait une, sur les considérations qui seront moQstrées ausd. Seigneurs, pour lesquelles il a mbié à la présente assemblée que lad» chambre Dvinciaile n'estoit nécessaire > (t. Il, ppi 101- M). Ainsi, par un travail de jalousie communale, bbeville en e^t venue, en quinze jours, à ne plus Hiioir de Chambre de la province, ou, du moins, à ) plus vouloir de celle qui délibère sous ce nom, ou \ cette qualité, à Amiens, et dont elle persiste à conster les droits.

Ce n'est pas, cependant, que la Chambre « des itats de Picardie » ne tienne parfois, de son côté, n langage presque moderne. Leurs députés, adjurant Qjour Messieurs d'Abbeville, emploient des mots 06 Ton croirait en avance de deux cents ans ; ils évoquent « la foy deube à la conservation de la atrie, mère commune de tous; » ils les supplient B€ fraterniser et user de mutuelle correspondance, » e ne pas se séparer de la Chambre des estats poar la conservation des bons et la terreur des técbans, > de se conduire en chrétiens et c bons »mpatriotes » (t. II, pp. 109-110). Mais cette phraologie élevée ou cordiale ne suffit pas pour séduire 1 ramener les Abbevillois ; ils tiennent particulièreiot i leur autonomie, et on étonnerait bieoipux

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d'aujourd'hui en faisant un rapprochement m» rés^vé, aussi prudent, aussi craintif que possible, entre certaines opinions de leurs pères et les théories les moins inacceptables, bien entendu, de la dernière commune parisienne.

Abbeviile, dans son esprit d'indépendance locale, aime mieux se rattacher à Paris qu'à Amiens. Centralisatrice au moins par cette préférence, elle décite en avril 1589 l'envoi d'une députation au conseil di* recteur de la Ligue. Elle tient une dernière fdfc i protester contre les tendances envahissantes d'Amiens et des Etats de Picardie, contre leur maintien, dd moins en la forme actuelle ; elle demande, en désespoir de cause, que la chambre d'Amiens^ si on Is conserve, soit c ambulatoire > et composée de telle sorte qu'aucune prépondérance n'écrase un bailliage ou une sénéchaussée sous un autre bailliage, une autre sénéchaussée. Fidèle à rUnion, elle ne croit pas le sacrifice de ses privilèges nécessaire à la c^iàé commune. Juridiction indépendante du bailliage d'A* miens, elle désire ne conserver au-Klessus d'elle , comme par le passé, que la Cour du Parlement. Exempte de garnison par Tédit même d'union, elle peut et sait se passer de gens de guerre dans ses murs. On n'a pas à s'inquiéter des attaques ou sur prises qui la menacent. Elle désire que les deniers ùî Ponthieu^ retenus en la ville d'Abbeville, servent i pajipr les gages des offices, les rentes dues aux

tanls» enfin à acquitter les charges ordinaires et extraordinaires, à réparer les fortifications de la ville» elc.(t. II, pp. 112-118).

Bemarque glorieuse pour l'esprit d'indépendance, de probité politique de nos pères ! Âbbeville, fidèle désormais à l'Union, comme nous l'avons dit, ne fai-* Uira pas pliis devant le roi que devant le Conseil établie Amiens, que devant le duc d'Aumale dont les troupes tiennent la campagne presque sous ses murs et pour le même parti qu'elle. Etant donné Tentraînement religieux, dont nous ne discutons pas ici la sagesse ou la justice et qui lui imprime la direction générale, (1), nous la verrons, dans la plupart des circonstances, jalouse de tous ses droits et de toutes ses libertés, ombrageuse, en garde contre les empiétements étrangers, ferme de tous côtés.

En cet isolement voulu par elle, dans ses défiances, (Uns ses jalousies de privilèges^ dans ses intérêts d'argent, Abbeville comprend qu'elle doit constituer dans ses murs, pour la circonscription de la sénéchaussée, un conseil, — de salut public, pourrait-on dire, — analogue au conseil des Eiats de Picardie auxquels elle n'adhère pas. Nous aurons donc à appeler l'attention sur la formation (Gn de novembre 1589) d'un conseil des trois ordres (t. Il, pp. 184- 188). Nous ne verrons guères d'ailleurs fonctionner

(I) Se rappeler notre paragraphe da mobile religieux de la . i^gne.

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