‹ La Ligue a Abbeville, 1576-1594Chapitre 13 sur 14 · MO · texte numérisé non relu

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tables bourgeois, approuva tout ce qui avait été fait la veille (1). On décida dans cette assemblée « qu'on ne recevroit plus à l'avenir aucunes gens de guerre dont le grand nombre pourroit inquiéter les habitans, ains qu'on se tiendroit tousjours plus forts pendant les troubles de cest interrègne et anarchie en France-, et, suivant ce, seroit, ledit sr duc, supplié de ne point trouver mauvais ce qui s'esloit faict pour la conservation de la ville et à cesle seu'le intention. » Toute l'assemblée se rendit aussitôt chez le duc pour lui faire entendre elle-même ces bonnes excuses. Le duc répondit « qu'il oublioit le tout, puisque l'intention des habitans n'avoit esté que pour les préserver; toutes- Ibis, qu'il avoit trouvé estrange que, sans l'advertir, on luy avoit dressé des barricades, ou bien tendu les chaisnes et fermé les portes. 11 luy fut répliqué que ce n'avoit esté à son occasion » 11 dit « qu'il se contentoit et oublioit cela. Néanmoins, le lundi, sans donner advis de son départ comme de coutume, il sortit avec ce qu'il y avoit de reste de gens de guerre en ceste ville (2) » — Waignart.

Suivant Formentin encore, les troupes du duc d'Au-

(1) Je résume ici.

(2) Ce qui nous paraît à peu près clair dans le registre de l'argentier, c'est que le duc, malgré son mécontentement, ne dédaigna pas les dons gracieux de la ville:

L'apothicaire du Preer reçoit la somme de « vingt-six escus vingt-cinq sols , pour ypocras présenté dans des circonstances que les comptes ne rappellent pas; ordonnance du 12 juillet,

cy xxvi0,c xxv'. »

— Reg. aux comptes, 1591 1582. — La date ne s'explique-t-elle pas suffisamment à défaut de l'argentier Michel de Bernay? Elle s'explique moins hien dans l'extrait suivant qui représente

maie s'avancèrent vers Rue, « d'où elles se retirèrent sans avoir rien fait. »

11 est certain que le duc retourna lui-même prompte ment à Amiens, — probablement le 6 juillet en quittant Abbeville.

Quelques jours après, M. de Rubempré, s'émouvant peu de l'entreprise sincère ou feinte dirigée contre Rue par le duc, écrivait à l'Echevinage d'Abbeville pour régler quelques conditions » touchant le repos du laboureur. » — Le lundi 1*2 juillet, l'Echevinage décide que, •« pour la conséquence du faict, il en sera escript à M?r le duc d'Aumalle, gouverneur de ceste province, estant de présent en la ville d'Amiens, comme aussy à Messieurs maieur, prevost et eschevins d'icellc, pour ce faict et veu les responces ausdictes lettres adviser sur le tout meurement ce que de raison. »

Les faits se relient si peu facilement les uns aux autres à la fin de la présente année échevinale, que nous ne pouvons plus suivre, en les rappelant, d'autre ordre que celui des dates.

Le vingt-cinq juillet, assemblée au soi des deux cloches, par-devant le maieur Beauvarlet.

Le maieur soumet à la délibération quatre points « de conséquence : »

« Le premier, pour satisfaire à l'accord faict avec Monsr de Hucqueviile pour le gouvernement de ceste ville, dont il a représenté lettres en forme de Chartres,

un temps trop large; il est probable cependant que le duc d'Aumale but du vin de Jehan Violette :

A Jehan Violette, « pour vin présenté, etc., du mars aa '. août 1592, soixante-cinq escus quar;»nte-huiet sols ; mandemen' du 23 août 1592, cy Lxve,c xr.viu*. i

— M» — données au camp de Caudebec au mois de may, et, pour ce faire, trouver la somme de mim vc escus pour partie dud. remboursement (I)-,

« Le second, pour faire response à Mr de Rubempré sur la lettre qu'il a escripte, affin de procéder à accorder quelque traicté pour le repos du laboureur (2) ;

« Le troisiesme, pour le faict des soldards et gens de guerre quy se retirent en ceste ville de toultes les garnisons des environs (3) et font, aux faulbourgs et aux environs, infinis ravages et pilleries;

« Le quatriesme, pour le faict des nouvelles impositions quy se sont mises sus à intention de conserver le repos de la province, lesquels, néantmoings , se paient et emploient maintenant à plusieurs personnes par les ordonnances et rescriptions de Messieurs les généraulx, lesquels ne font aucun service et debvoir pour le pays. »

Les résolutions manquent; page blanche.

Mais nous allons voir la ville lever une petite armée et prendre seule, pour bien dire, la défense des moissonneurs des campagnes environnantes contre la garnison de Rue.

(1) Il est inutile de rappeler ici l'acquisition du gouvernement d'Abbeville racontée dans le chapitre qui pre'cède.

(2) A la lin du mois, nous dit Formentin, une trêve fut conclue avec Bourbon-Rubempré, « à propos pour donner quelque relâche au pays. » Formentin entend la lin d'août, et nous verrons, par l'assemblée du dernier jour de juillet, qu'il doit avoir raison.

(3) A cette date serait à rattacher sans doute l'extrait suivant de nos comptes:

« A six soldats desvalisés de (par) l'ennemy, pour eulx resquiper, la somme de six escus; ordonnance du quatriesme aoust, cy vf". »

Le vendredi dernier jour de juillet, nouvelle assemblée au son des deux cloches. La réunion est nombreuse, mais bourgeoise; les « principaulx habitans » s'y trouvent en grand nombre, jusqu'à quatre cents.

Le maieur expose « que les laboureurs et paouvres gens de tous les faulbourgs de ceste ville le vindrent, le jour d'hier, trouver en grand nombre comme ils sont encore icy présentement , pour l'empeschement quy leur est faict de faire la moisson et récolte, quy est instante, par le sieur de Rubcmpré et sa garnison de Rue, lesquels leur demandent la taille à laquelle ils ne sont contribuables pour avoir mesme previllege que la ville. » Rubempré exige en outre qu'ils lui paient, » pour chacun couple de messonneurs, deux escus. » 11 s'agit « de ad viser de les assister et secourir,» les habitants de la banlieue offrant d'ailleurs eux-mêmes « y exposer leurs vies et moiens avant que se soubmettre à telles subjections ny s'absujétir à Padvenir. » Pour ces causes déjà, pour la conservation de la ville et des environs , il a été advisé « de lever deux cens hommes de pied et cent chevaulx quy despenderoient de la ville seullement » Si on ne prend quelques mesures, l'ennemi sera chaque jour aux pories, empêchant toutes les commodités de la ville, contraignant les paysans de laisser les grains sur la terre « à messonner, » ou bien « à luy paier des daces excessives » et à augmenter ainsi ses propres moyens de leur faire la guerre.

Cette assemblée de quatre cenls bourgeois décide, « pour la conservation de la ville et le repos du plat pays réduict en une extresme callamité pour les oppressions qu'ils recoipvent tant de Pennemy que par ii 27

la mauvaise discipline des soldards et gens de guerre de nostre party, que, soubs le bon plaisir de Monseigneur (de Mayenne), l'on lèvera promptement deux cens hommes de pied et cent chevaulx soubs tels chefs qu'il sera advisé, lesquelles compaignies despen penderont de l'auctorité du corps de la ville seul et seront subjects, en cas de contravention, à la correc

tion de sa justice ordinaire. . . ^ et que, pour

le paiement desd. gens de guerre , l'on prendra el arrestera touttes sortes el natures de deniers quy se paient et lèvent icy. »

D'ailleurs que l'on fera retirer les gens de guerre « quy sont en ceste ville en leur garnison -> et que l'on ne permettra plus qu'il y en entre, « ainsy qu'il a esté cy-devant résolu, et que, arrivant [que] quelque seigneur se présente la nuict, comme il s'est offert plusieurs fois par cy-devant, pour entrer en la ville et faire ouvrir les portes, elles ne seront plus ouvertes pour aulcun, n'est à Monseigneur d' Au malle et pour son train ordinaire. »

11 fallait trouver de l'argent pour les cent chevaux et les deux cents hommes de pied ; le maieur fait sonner les deux cloches le VI août, et la question est discutée en assemblée générale. — La pénurie des deniers est grande. —L'assemblée, se trouvant trop peu nombreuse, s'ajourne au lendemain « où seront semonces les plus notables habitans de la ville, à peine de deux escus d'amende. »

Le lendemain donc arrivent à l'Echevinage, au son des cloches, J. Bernard, lieutenant général, qui préside avec le maieur, puis le doyen et un chanoine de Saint - Vulfran, deux religieux de Saint-Pierre, des commis-

saires du bureau des pauvres, les gens du roy, les anciens raaieurs , les échevins et un grand nombre d'habitants.

Cette assemblée décide, « attendu l'urgente nécessité et que la ville n'a aucuns deniers pour y

satisfaire, qu'il sera prins et levé sur chacun septier de bled entrant en ceste ville pour estre mis en grenier appartenant à quelque personne que ce soit, la somme de quatre sols; qu'il sera aussy mis impost sur le bois entrant et sur toutes les autres denrées et marchandises sur lesquelles il n'y a aucunes daces. »

Le XIe jour d'août, avertissement de Monseigneur du Mayne est reçu qu'il y a entreprise sur Abbeville , « laquelle se doibt exécutter par le coslé du Vimeu, par deux endroicts. * D'autres nouvelles sont arrivées , « comme les Anglois se sont emparés du Crottoy ( l ). » — L'Echevinage décide que « le capitaine Ducrocq, avecq ce qu'il pourra recouvrer de soldards, se logera ce jourd'huy dans le faulbourg de Uouvroy (2), et que, pour les maintenir et entretenir, l'on prendra des deniers des nouvelles impositions. »

Le XXII août, l'Echevinage nomme « pour paier la compaignie de Monsieur de Rambures quy a faict, le jour d'hier, monstre (suivant les délibérations cy

(1) C'était un bruit. Je ne vois le fait vérifié nulle part.

('1) Je lis dans le registre aux comptes de cette auiiée 1591-1592:

« Au cappitaine Du Crocq, la somme de quatre-vingts escus, pour renlretenemeuld;! quelque nombre de soldats au fauxbourg de Rouvroy pour la seuretté de lad. ville, sellon qu'il est particullièremeut reprins par sa requeste; dellibération sur icelle dud. Escbevinage du XXUI' jour d'aoust, cy mi" "c. »

devant faictes pour le repos du pays), les sieurs Becquin et Leconte, eschevins. »

François Bailly, commis de la recepte des nouveaux impôts, mandé pour fournir les deniers, déclare qu'il ne peut avoir qu'environ trois cents écus (somme in suffisante pour payer la moitié de la compagnie). — On décide, le paiement ne pouvant se différer, que « les sieurs Rohault, Belle et Lengles, eschevins, se trans porteront chez Mr de Ligny (beau-père de Mr de Rambures?), lequel ils supplieront, au nom de la ville, de vouloir faire prest de la somme de un à vc escus pour satisfaire à lad. monstre, en luy baillant homme quy s'obligera de luy en faire restitution dans ung mois. » — M. de Ligny se rendit, je crois, à la demande de la ville, et ce fut le sieur Lengles, « commis à la recepte de plusieurs impositions de la ville, » qui répondit personnellement, avec l'assentiment de la ville, du remboursement du prêt.

FAITS DIVERS

Sur le registre aux comptes. — Prudence rétrospective des argentiers. — Révélations des comptes. — Vols commis dans les campagnes par les soldats; découragement des paysans. — Les guetteurs de Saint-Georges. — Les u voyages, tj — Un corps-de-garde au faubourg Marcadé. — L'industrie des draps. — Des fabricants de Beauvais viennent à Abbeville. — Ils demandent un moulin à fouler. — On pense à approprier à l'usage désiré le moulin Gaffé. — Réclamations et prétentions de Jehan Gaffé. •- On renonce à son moulin et on adopte celui de N.... de Dompierre. — Discussions d'intérêt avec N.... de Dompierre. — Le moulin de Dompierre foule les draps. — Découragement.

Quelques mots sur les registres des argentiers à la date où nous sommes. Ne faut-il pas se défier des

comptes clos après l'entrée du roi à Paris? Je remarque, en 1591-1592, que les causes des dépenses ne sont plus toujours expliquées.

Ainsi, l'argentier de cette année nous indique bien la somme payée (six escus) à Anthoine Lescuier, par mandement du 14 mars J592, pour un voyage lait pour la ville, mais il ne nous apprend ni la cause de ce voyage ni le lieu où Lescuier a été envoyé.

N'y a t-il pas aussi quelque dissimulation dans l'article suivant:

« A esté payé et despensé par deffunct Jacques Lecat, geollier du grand Eschevinage , sur les deniers des amendes par luy receues, dont le comptable faict cydevant recepte, la somme de douze escus cinquantehuict sols neuf deniers, et ce, tant pour voiages, menus ouvrages et réparations comme aultrement, sellon qu'il appert par Testât qu'en a tenu ledict deffunct Lecat, escript de sa main, suivant les ordonnances verballes qu'il en auroit receues, cy xnesc lvihs ixd. »

D'ordinaire on ne laisse pas sans explication cette latitude au geôlier de l'Echevinage, ou les sommes qui lui sont dues sont ordonnancées à des dates précises; je me défie même de tout ce luxe d'explications de la fin.- 0 les prudents bourgeois! Ainsi déjà écrivait-on l'histoire dans les mairies du xvie siècle.

Plus loin encore, je lis simplement :

« A esté payé et distribué par led. comptable, par les ordres desd. maieur et eschevins, ù diverses personnes (ainsi même, contre l'usage, on ne nomme plus les personnes), pour plusieurs voiages faicts par lesdictes personnes (lesdictes?), sellon qu'il est porté par Testât pour ce dressé et mandements, la somme de

trente-trois escus quarante et ung sols neuf deniers, cy xxxiir" xlis ixd. »

Ainsi, les noms ne sont plus donnés, le nombre des voyages, la cause et le but de ces voyages, le lieu où va le voyageur ne sont plus indiqués, et la dépense, contre tous les usages, est donnée en bloc.

De plus, je remarque que ce dernier article est d'une autre écriture que le reste du compte, et comme ajouté après réflexion et discussion.

Parfois cependant le compte s'explique plus hardiment. Je lis dans une autre recette extraordinaire faicte en lad. ville par ledict de Bernay, comptable :

« Receple, suivant la dellibération dudict

Eschevinage du XXIIIe janvier II11"X11 (maintenue sans doute le dix-neufviesme jour de septembre 1593) — (1), de la somme de cincq cens quatre-vingt-six escus trente- cincq sols, laquelle, suivant et pour les causes et raisons portées par dellibération généralle des estais de lad. ville, auroit esté prinse entre les mains des recepveurs des domaines des tailles et taillon en la séneschaussée de Ponlhieu, où elle esloit demeurée pour les espices de Nosseigneurs des comptes , tant pour employer à la i'orliffication de ladicte ville que pour éviter que Monsieur d'Aumalle ne s'en saisît comme il prétendoit, et laquelle somme a esté depuis rendue et restablie ausdicts recepveurs comme il sera cy après monlré en la despence de ce compte et comme est spécifié en la dellibération devant reprinse, assavoir de Me Charles Maillard, recepveur du domaine, la

(l) Je cherche à expliquer le registre qui n'est pas tout-à-fait clair ici.

somme de deux cens soixante seize escus douze sols six deniers; de Me Alexandre Gaillard, recepveur des tailles, deux cens soixante escus, et de H" Elloy [?] Tiilette, recepveur du taillon, la somme de cinquante escus vingt- deux sols six deniers; cy la somme

de vcmi" vi esc xxxv 8. •

Faut-il tout- à fait oublier que ce compte, quant aux causes données pour la résistance au duc d'Àumale, fut « clos et arresté, etc., en la Chambre du Conseil du grand Eschevinage, le vingt-sixiesme jour de février M Ve quatre-vingt-dix-neuf?»

Avec ce système de comptes, on pouvait faire disparaître ou atténuer les circonstances compromettantes.

Les registres des argentiers sont toujours très-précieux, mais il faut pratiquer, sur leur laconisme coupé de lacunes, un travail attentif d'induction. Ils répondent, lorsqu'on les interroge avec persévérance, mais il ne faut pas négliger le plus léger signe. Questionnés de la sorte, ils pourraient, en certains cas, suppléer aux registres des délibérations quand ces registres sont perdus. Ainsi, pour les mouvements politiques en 1591-1592, nous trouverions dans les comptes de Michel deBernay : « A Jehan Damiens et Florimond du Ruissel, elereqs dudict Me Jehan Delecourt , la somme de ung escu à culx ordonnée pour plusieurs coppies et expéditions par eulx faictes pour la multiplicité des affaires à raison

des troubles, cy i csc. »

JNous verrions aussi que le procureur de la ville demandait, en la même année, « une taxe raisonnable pour des vacations extraordinaires, » — en raison des mêmes troubles sans doute, - et que l'Echevinage lui accordait vingt écus.

Nous verrions que, dans ces circonstances, la garde exigea quelques frais supplémentaires :

« Aux huict sergeans de la vingtaine, la somme de quatre escus, pour plusieurs vaccations par eulx faictes durant lad. année, spéciallement pour le i'aict de la garde, cy ime5C. »

Les registres des argentiers sont en général excellents et très-commodes comme résumés.

Veut-on une idée des vols commis dans les campagnes par les soldats en passage et du désespoir ou du découragement qui empêchait les paysans de venir réclamer leur bien ressaisi dans la ville, on n'a qu'à lire :

« A. esté davantage receu par Jacques Lecat, geôlier dud. Eschevinage, commis à la recepte desd. amendes, la somme de unze escus vingt-deux sols deux deniers, provenans de !a vente de chevaulx, vaches, poullains, bled, estam (estaim?) et aultres choses arrestés aux soldats passans et quy seroient demeurés au prouffit commung, n'aians esté revendicqués, sellon qu'il appert par l'estat dressé et escript de la main dud. Lecat,

cy xie8c xxns h d. »

Veut-on savoir comment étaient offerts les présents de vin et d'hypocras aux personnages fêtés par la ville, le registre où sont consignés les vieux usages ne restera pas court:

« A Adrien de Cailly et Nicolas Cornu, mandequiniers, la somme de vingt-deux escus sept sols six deniers, pour plusieurs bouteilles par eulx livrées pour mettre le vin et ypocras dont ont été faicts lesd. présents ; ordonnance du neufiesme jour de may, cy. . xxnesc vns vid. « A Claude de' Vienne, ung escu quarante-cincq sols,

pour bouteilles aussy par luy livrées et employées à Peiïect susdict; ordonnance du vingt-troisiesme jour d'aoust, cy iesc xlvs (1). »

Veut-on s'enquérir de la surveillance exercée sur les alentours de la ville du haut du clocher de St-Georges, veut-on se rendre compte de l'exactitude exigée des guetteurs, l'Fchevinage en corps répondra en donnant les noms mêmes de ces humbles fonctionnaires :

« Pour la faute commise par Adrien Pappin, commis à faire le guet au clocher de St-Georges, et des propos arrogans tenus à Messieurs les eschevins par son fils, il a esté dellibéré qu'il sera commis d'en mettre [un autre] en sa place. »

Le XVI juillet, Flouren [?] Froment est commis à faire le guet à St-Georges, au lieu de Pappin. — 11 prête le serment requis. — Dèlib. du XIIII juillet 1592.

11 est assez difficile de comprendre, en supposant même les maisons moins élevées que de nos jours et tous les arbres abattus dans les faubourgs, comment un homme placé dans ce clocher, bien moins haut que les tours existantes de Saint-Vulfran, pouvait observer les environs lointains ou immédiats de la ville. 11 est à croire que ce guetteur était particulièrement chargé de regarder au loin sans doute, mais notamment de trans-

(1) Les cadeaux étaient parfois d'importance. Une barrique!

« A Loys Viger, marchant de vin, la somme de vingt-quatre cscus, pour une baricque de vin présentée à Monsieur de Roinnc [7] ; ordonnance du vingt-troisiesme jour d'aoust,

cy xxiurc. »

— Comptes de 1591-159?.

Singulière destinée des tonneaux! On les offrait pleins aux princes; on les leur opposait vides ou pleins de pavés (les barricades).

mettre immédiatement dans la ville les signaux reçus des corps-dc-garde établis sur les remparts.

11 n'est pas de mission donnée par la ville qui ne soit notée sous le nom de voyage, mais, hélas! avec des indications bien souvent insuffisantes (1).

Les délibérations ne disent pas toujours tout, mais livrent cependant plus facilement les secrets.

« Le joeudy XXIIIe jour de janvier, il est permis aux habilans du faulbourg Marcadé de prendre la maison qu'ils trouveront plus commode aud. faulbourg pour faire le corps-de-garde. »

La date nous reporte un peu après la réoccupation de Saint-Valéry par la Ligue, mais la menace, pour le faubourg Marcadé, pouvait venir de la garnison de Rue.

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