‹ La Ligue a Abbeville, 1576-1594Chapitre 4 sur 14 · LA GUERRE EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

LA GUERRE EN NORMANDIE

Le maieur expose le XI septembre, qu'il a « receu lettres des intendans et commissaires généraulx des vivres de Monseigneur du Mayne, par deulx particuliers quy se disent envoies de leur part, affin de fournir par la ville le nombre de cincquante mil pains en dedans demain soir pour le plutard, pour la nourriture des gens de guerre de l'armée dud. seigneur du Mayne estant de présent proche de Noeufchatel, après que lecture a esté faicte desdictes lettres, a esté advisé,

(l) La prudence de cette de'cision devait être justifiée d'ailleurs.

Le XXIIe jour de septembre, lendemain du combat d'Arqués, le maieur fait entendre à l'assemblée écbevinale « estre expédient d'aviser et donner ordre sur la plainte de plusieurs habitans de ceste ville, de la cbèreté (haut prix) du vin, quy se vend cl distribue en détail et de ce que les marchans n'en vooullenl le plus souvent distribuer à quelque pris que ce soit.

« A esté advisé que l'on recherchera ceulx'quy ont contrevenu à l'ordonnance cy-devant faicte, quy ont vendu plus de ung tiers de leur vin, pour eulx veoir condempner en cent escus d'amende et qu'à ceste lin nouvelle reveue se fera drès ce-jourd'huy.

«Que les deffenses cy-devant faictes pour le transport desd. vins seront réitérées.

« Que pris et affeursera mis au vin quy se distribue en détail en ceste ville, à l'advenir, par led sieur maieur, et quecculx quy y contreviendront seront exactement recherchés à la dilligence du procureur de lad. ville.

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attendu qu'il n'appert de la commission dud. seigneur du Mayne, qu'il sera rescript ausd. intendans et commissaires de faire apparoir de lad. commission et envoier argent pour le paiement desd. pains, et cependant que promptement les boullengers seront mandés pour convenir de pris pour le nombre de vingt-mil pains, ce quy a esté instamment faict. »

Le lendemain (Xll septembre), François Rumet expose que, « le jour d'hier, sur les six heures du soir, il receut lettres des intendans et commissaires généraulx des vivres de i'armée de monseigneur du Mayne, par lesquelles led. seigneur du Mayne désire d'estre secouru du nombre de cincquante mil pains en toutte dilligence. » Il avait été sur-le champ avisé, « attendu qu'il n'apparoissoit de la commission dudict seigneur, qu'il seroit escript ausd. intendans et commissaires pour en faire apparoir et envoier argent ou assignation suffisante pour le paiement desd. pains, et que, cependant, l'on tiendroit prest le nombre de vingt mil pains. >• Sur ce, l'assemblée, lecture desdites lettres faite, est en effet d'avis, .« attendu la conséquence du faict, que lesd. vingt mil pains seront envoies en lad. armée en la plus grande dilligence que faire ce (se) pourra 5 attendant, que l'on escripra nouvelles aux commissaires. »

Et le Xll septembre encore, à trois heures de relevée, le maieur représente à l'assemblée « certaine commission de monseigneur du Maine en date du XXX du mois passé, pour la fourniture de cent cincquante mil pains pour la nourriture de son armée. On advise qu'il sera fourny au contenu d'icelles, et que les cent cincquante mil pains seront fournis et livrés en lad. armée pour éviter que les affaires entreprises par mondict seigneur

du Mayne, pour le bien de l'Union ne soient retardées à cette occasion. »

Le même jour, on décide que « pour l'importance des places de Gamaches et Crotoy dont (d'où) on nous demande secours de pouldre et auttres munitions, il sera envoie aud. lieu de Gamaches une cacque de pouldre menues [?] grénes[?] et aud. Crotoy une aultre cacque avecq trente picques sur l'asseurance quy nous a esté donnée par led. seigneur Grambus de nous en faire faire le remplacement en nature ou la valleur. »

Pas un jour de repos.

Le XIII, le maieur remonstre « avoir receu lettre de Monseigneur du Maine, par laquelle ledict seigneur mande d'estre secouru par ceste ville de deux coul-

loeuvrines ,

, dix milliers de pouldre

et quelque nombre de boullets, et que la nécessité des munitions de guerre qu'a lad. ville a esté proposée et mise en avant, n'aiant moien de satisfaire au contenu desd. lettres, joinct que puis naguère l'on a esté contrainct, pour le petit nombre de pouldre quy estoit au magazin de ceste ville, de faire levée sur les habitans de la somme de mil escus pour y estre emptoiée. » L'assemblée décide « que l'on se transportera vers led. seigneur du Mayne pour luy remonstrer et faire entendre le peu de munitions de guerre quy est en ceste ville et la conséquence et importance d'icelle; pour quoy faire a esté depputté Me Nicolas Moictié, garde des munitions, quy a accepté ceste charge. »

Le XUII, l'Echevinage promet « à Me Nicolas Moictié, depputté pour aller vers Monseigneur du Mayne (comme nous l'avons vu la veille), qu'il sera garanty par lad.

ville de tous despens, dommaiges et intérests desquels il pourroit encourir faisant led. voiage, ensemble de la renceon quy (qu'il) luy conviendroit paier au cas qu'il fut prins prisonnier par quelques gens de guerre et le faire rembourser des frais qu'il fera aud. voiage, luy deuxiesme. »

Le même jour, on délibère « que le bled que Monsieur de Hucqueville, gouverneur et séneschal du Ponthieu, a faict enlever le jour d'hier du chasteau d'Eaucourt et amener en ceste ville en deux gribennes pour mettre à exécution la commission de monseigneur du Mayne en datte du XXX aoust dernier, et aultres lettres subséquentes, et que led. sieur prétend nous dellivrer par nombre pour estre emploiée à l'effet mentionné esdictes commissions et lettres de Monseigneur du Maine, sera receu par nombre par François De le Warde, eschevin, pour en commettre une partie aux pains qu'il convient faire pour l'armée de mond. seigneur du Maine (1),

(1) Ledit jour (14 septembre 1589), deux boulangers sont condamnés, l'un en un ecu, l'autre en vingt sols, pour n'avoir pas fait le pain de munition qui leur avait été commandé. — Reg. aux comptes.

A quelques jours de là, nous lisons :

« A esté paie aux particulliors dénommés cy-après, la somme de vingt-trois escus trente-deux sols, asscavoir: à Pierre Watteblé et auttres mesureurs, pour avoir mesuré des bleds venans du village et chasteau d'Eaucourt, pour faire des munitions à l'armée de monsieur de Maienne, la somme de cinq escus douze sols; à Jehan Bcllin et auttres brouttiers, pour avoir transporté

ledict blé, la somme de quinze escus cincq sols Autres frais

pour le maniement dud. blé : cinq sols et un écu deux tiers. Au cappitaine du guet pour avoir esté aud. lieu d'Eaucourt, ung escu sellon qu'il est amplement déclaré par ordonnance du

et le surplus estre porté et conservé en un grenier que led. De le Warde louera au nom de lad, ville, se chargeant des clefs et de la garde dud. blé. »

Le XVe jour de septembre 1589, assemblée générale très nombreuse au son des deux cloches; beaucoup d'habitants de la ville.

Sur plusieurs nécessistés et difficultés proposées tant par le gouverneur séneschal du Ponthieu que par le maieur, les résolusions suivantes furent prises :

« Premièrement, que le nombre de cent cinquante mil pains demandés par Monseigneur le duc de Maienne sur ceste ellection de Ponthieu sera fourny et advancé par la ville, sy mond. seigneur le duc de Mayenne persiste en l'entier fournissement dud. pain, saouf à en faire faire le deppartement cy après par messieurs les elleus sur toultes les villes et plat pais d'icelle ellection, et que, pour cest effet, sera pris le bled que led. sieur gouverneur, séneschal de Ponthieu, a faict amener du chastcau d'Eaucourt et dellivrer à l'un des cschevins, à ce depputté, après que led. sieur gouverneur en a retenu ce quy (qu'il) luy a pieu, dont il a promis aussy bailler recepice (récépissé), et que sy led. bled ne suffit ou ne se trouve propre à l'effect susdict, l'on prendra le bled quy se trouvera appartenir aux héréticques, politicques et aultres ayans teneu le party contraire à l'Union en ceste ellection de Ponthieu-, mesmement, sy le bled des dessusdicls n'est trouvé cncores suffisant, l'on prendra le bled provenant de la maison du Val, y comprins

19 septembre 1589, cy xxnT'cxxxII,. »

— Reg. aux comptes, 1589-1590.

Ces blés étaient venus à Abbeville dans des gribannes.

celuy estant ès-greniers de céans (de l'hôtel-de- ville même) que l'on dict avoir esté achepté par Jacques De le Gorgue, naguère argentier de lad. maison du Val, et aultres quy se trouveront ès-greniers mieulx tournis, tant des abbaies que aultres.

« Secondement, que l'on dellivrera à mond. seigneur du Maine ou à ses commis, les pièces d'artilleries et munitions de guerre qu'il a ja mandé et pourra mander de ceste ville, pour s'en aider contre les héréticques et ennemis de nostre saincte union.

« Tierchement, que pour avoir meilleur moien de secourir de vivres l'armée puissante voisine de mond. seigneur du Maine, il sera permis à touttes personnes indifféremment, tant de ceste ville que dehors, forains et estrangers, apporter, vendre par chacun jour de la sepmaine, à tel pris qu'ils pourront en ceste ville, pains, farines, bleds, chairs, et touttes auttres sortes de vivres dignes [?] d'entrer au corps humain, mesmement faire passer debout (en franchise) lesd. vivres par ceste ville pour porter en lad. armée, comme il sera aussy loisible aulx boullengers de ceste ville de vendre pain bis sans poix (poids) et à tel pris qu'ils pourront pendant le voisinage de lad. armée, demeurans lesd. boullengers chargés de faire le pain blancq bien painetté de poix (poids) et au pris qu'il leur sera ordonné par lesd. sieurs maieur et eschevins. » — Les honnêtes gens ne s'oubliaient pas; le pain blanc, bien confectionné et ayant le poids, était mangé par les bourgeois de la ville.

» Quartement, qu'il sera loisible aux marchans de vin

de ceste ville de vendre en gros le tiers du vin quy leur

reste, oultre le tiers qu'ils ont cy-devant peu vendre

sans frauder par la permission desd. sieurs maieur et

eschevins, et ce, néantmoings, tant seullement pour la bouche de messieurs les princes de lad armée et auttres pour juste cause approuvée desd. sieurs maieur et eschevins 5 et quant aux deux auKres tiers, il sera (sic) vendu et détaillé et ceste ville, aux bourgeois d'icelle et hosles, au pris et affeur quy sera mis, à la charge expresse qu'il ne sera permis vendre et user en ceste ville aucuns vins nouveaulx ny aultres vieulx quy pourroient estre amenés à l'advenir, que premièrement lesd. deux tiers ne soient vendus audict pris. »

En cinquiesme lieu, on établit ou on grossit, pour les besoins des fortifications et quelques autres nécessités, divers impôts sur le vin, sur le cuir, sur le drap, sur les meules de moulin. On voit par une autre délibération générale du XX septembre, c'est-à-dire cinq jours après, qu'il fut impossible de faire exécuter ce point de la déli bération et que l'on renonça probablement à ces impôts.

Des travaux dont nous trouvons trace en ce mois, quelques-uns devaient avoir en vue la sûreté de la ville (1).

(1) « Le quatorziesme de septembre (1589), Pierre Bocquet, pour ne s'estre trouvé à l'ouvrage de la ville , condampné

en xiii'iiiid. »

— Reg. aux comptes.

• Du dix-noeufviesme jour de septembre (1589), sur Tadvertissement faict par le maistre des ouvrages qu'il estoit de besoing de

refaire les ponts de l'Isle, la Portellette et de qui

sont la plus grande partie en grande de'cadence, a esté

dellibéré que lesdicts ponts seront reffaicts de tonttes choses nécessaires, et, à ceste (in, seront prins les chesnes provenans des bois de Heucourt (1), qny sont de présent au Rivaige, lesquels il

(1) Le seigneur de Heucourt était hérétique; les chênes étaient sans doute confisqués. Il y a encore des protestants dans le village d'Heucourt.

Le combat d'Arqués (21 septembre) déjoue toutes les prévisions et stupéfie, par un échec inattendu, la confiance des ligueurs sûrs, dans le premier feu, de jeter le roi huguenot à la mer. L'armée du duc de Mayenne, qui lèvera bientôt le siège de Dieppe (commencement d'octobre), laissera, en s'éloignant, Abbeville plus exposée sans doute aux entreprises royalites, mais délivrée de la charge des fournitures de vivres, de munitions de guerre, etc. Qu'on nous permette, en ce travail de contrôle incessant, de reprendre scrupuleusement l'ordre des dates.

Après le combat d'Arqués, les précautions doivent redoubler.

11 y avait (délibération du XXllll' jour de septembre 1589) deux guetteurs au clocher de Saint-Georges. On augmente alors quelque peu leurs gages en raison de la cherté des vivres et de l'occupation plus grande que leur donne l'époque troublée.

On décide, le XXllll septembre, qu'il « sera mis et posé au corps-de-garde du pont des Prés une clochette plus grosse que celles des centinelles (sentinelles) et corps-de-gardes, sellon que jugera Estienne Leau (1), eschevin, commis aux gardes des munitions de guerre. »

Le XXIIIP jour de septembre, led. Le Devin, siéger, a faict rapport du voiaige par luy faict vers Monseigneur le duc de Mayenne (2), et, entre auttres choses,

(le maistre des ouvrages) fera à ceste tin sier (scier) et mettre en œuvre. » —Ibid. — Nous avons vu d'ailleurs la réparation des ponts de Tlsle et de la Portelette, entreprise dans l'année qui précède. Le pont de la Portelette pouvait seul servir à la défense.

(i) Je trouve ce nom écrit le plus souvent Leault. (2) Le duc de Mayenne, quoique malheureux à Arques, assiégeait alors, nous n'avons pas besoin de le dire, la ville de Dieppe.

comme led. seigneur a advoué et trouvé bon le paiement faict des vnm 1. puis naguères levés sur les habitans de ceste ville, aux garnisons du Boullenois, » comme en l'ont foi les lettres du duc apportées par Le Devin, et qui suivent :

« Messieurs, j'ai veu ce quy m'a esté représenté par vos depputtés pour ce quy concerne la distribution quy a esté par vous faietc des' Vil™ I. destinés pour le paiement des forces ordonnées pour S;imer-au-Bois , Monthullin , Estappes, et distribués es-mains de ceulx quy ont eu charge d'y commander, aiant esté les acquits d'iceulx représentés en mon Conseil où j'ai veu l'affection et bonne dévotion que vous portez au bien et conservation desdictes places et par conséquent de vostre ville à l'union des catholicques et conservation de leur relligion, en quoy je vous prie de voulloir continuer de tout vostre pouvoir à ce que j'attends de vous du faict des vivres dont je vous ay requis et croiez que, de ma part, vous me trouverez tousjours auttant prompt et affectionné que j'ay tousjours esté à vostre conservation et protection, et n'estant la présente à auttre effect, je priray Dieu, Messieurs, qu'il vous doingt sa saincte grâce. Au camp devant Dieppe ce XXIII8 jour de septembre 1589, vostre entièrement affectionné amy Charles de Lorraine; et au dos : A Messieurs, Messieurs les maieur et eschevins de la ville d'Abbeville. »

La ville approvisionnait toujours cependant l'armée du duc de Mayenne occupée devant Dieppe (1), et le

(1) « A deux gribenniers douze escus sur et tant moings de la somme de vingt-huict escus, à quoy auroit esté convenu avecq eulx pour porter soixante-mils de pain au Tresport, pour l'armée dudict sieur de Maienne, comme appert par ordonnance du vingtsixiesme dudict mois de septembre xn"c. »

Le reste du paiement de 28 écus est fait au mois d'octobre.

Mais quelques autres paiements traînent dans les mois qui suivent:

« A esté paie au sieur Ribault, trésorier général de la (mot

voisinage des armées se faisait reconnaître jusqu'à la fin à des signes qui tous n'étaient pas parfaitement

abrégé que je ne lis pas) de l'armée dud. seigneur de Maienne, lors estant devant lad. ville de Dieppe, la somme de sept vingts escus, laquelle et ordonnance et acquit dud. trésorier ont estes tirés des mains dud. comptable pour employer à Testât général des mises et frais faicts par lad. ville lors dud. siège et mis èsmains de ceulx qui auroient esté depputtés et commis pour en faire les poursuittes; dont appert par deux actes et dellibération, l'un du 20" jour d'octobre (1589), l'autre du 22e jour d'août (1590), cy vn""'. »

« A Jacques Le Roy, marchant, la somme de vingt-huit escus à luy deube pour la vente et délivrance d'une baricque de vin envoiée à monsieur de Videville (I), intendant des finances dudict seigneur (de Maienne) au camp de Dieppe, comme appert par ordonnance du huictiesme jour de janvier (.1590), cy . xxviii'".»

« A Estienne Leault, lors eschevin, la somme de cent quatre escus vingt-trois sols , pour les frais faicts par messieurs les lieutenant criminel, I'Esleu Cantelleu et led. Leault, au voyage auquel ils avoient estes députés après led. seigneur de Maienne et son Conseil, tant au Pontdremy que à Amyens, pour vériffier Testât et avoir assination pour lesd. vivres et munitions et frais advancés par lad. ville, lors dud. camp de Dieppe, ensemble pour les frais des expéditions etc comme il est plus particulièrement déclaré par Testât arresté aud. eschevinage le quinziesme jour de février 1590, cy. cmi"c xxui*. »

» A Nicolas du Bos, Guillaume du Bourgnier, Nicolas Hurtoys et Honoré de Crespy, boullengers, la somme de cent cinquantedeux escus cinquante et ung sols, pour douze mil deux cens vingt-huict pains par eulx et auttres boullengers, livrés à lad. armée devant Dieppe, au pris de neuf deniers la pièce, ainsy qu'il est amplement déclaré par ordonnance du deuxiesme jour de mars (1590), cy clh"c li\ »

« A Jehan Le Sergeant, Jehan Gaudefroy Taisné, Jehan Gaudefroy

le jeune, et Pierre du , marchans demeurans en ladicte

ville, la somme de cens-huict escus à eulx deubs, pour cincq pièces

(1) Un bon nom s'il n'esl défiguré sur les registres de la ville.

louables 5 les soldats de la Ligue maraudaient fort et trafiquaient de leurs pillages (1).

de vin par eulx livrés- au sieur Choisuin[?] commissaire géne'ral des vivres des troupes de Picardie, suivant l'ordonnance de monsieur de Ballagny, pour estre portés audict camp de Dieppe pour letlict seigneur de Maienne, dont il appert par obligation passée au prouflit des dessusdicts par ledict Choisuyn [?] pour plus grand somme dont la susdicte somme faict reste le seiziesme jour de septembre mil cincq cens quatre-vingts et noeuf, ordonnance pour le paiement de ladicte partie de cent-huict escus du dernier apvril cincq-cens-quatre-vingts-dix, et quittance

desdicts sergeant, Godefroy (sic cette fois) et du

cy , cvurc. »

Puis encore, mais sans indication du lieu où le vin fut envoyé :

« Aud. Godefroy l'aisné, la somme de douze escus à luy deube

pour vin de luy acheté et délivré aux gens de guerre dont appert

par ordonnance du douziesme jour de juillet, audict an

cy xn"c. »

— Reg. aux comptes 1589-1590.

(1) « Le neuviesme jour de septembre (1589), sire Pierre de Brailly, pour avoir acheté moeubles venans du camp, condampné en xiii' mï1.

« Le quatorziesme jour dudict mois de septembre, Jehan Gambus, pour avoir acheté moeubles des soldats, condampné en ung escu vingt sols iesc xx'. »

Ledit jour, autre condamnation « pour moeubles achetés desdicts soldats xv\ »

— Reg. aux comptes 1589-1590.

« Ledict jour (14 septembre 1589), un savetier est condamné pour avoir acheté des armes des soldats. — Ibid.

« A esté reçeu par Jacques Lecat, commis à la recepte desdictes amendes (I), de Thomas Lecat, sergeant royal, son fils, la somme de trente-deux escus sept sols, provenans de la vente de plusieurs moeubles de buttin apportés par quelque cappitaine et soldats en ceste ville, lesquels avoient esté saisis en la possession de Anne de

(1) Pour les contraventions aux ordonnances de police, etc.

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