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CHAPITRE VIII

Depuis la défaite et rdloignement du duc de Année 1592. Parme, Paris était en pleine réaction royaliste. Déjà son évêque» le cardinal de Gondi, avait fui auprès du roi la tyrannie des Seize. La rentrée en charge des anciens quarteniers avait marqué le retour aux affaires de la haute bourgeoisie. Le célèbre d'Aubrée , anden prévôt des marchands, et Tabbé de Sainte-Geneviève , tenaient des assemblées où la paix était hautement appelée.

Henri secondait ce mouvement en assiégeant Paris pour la quatrième fois. Mayenne lui-même était en secrets pourparlers avec le roi (i).

Ce mouvement d'opinion n'existait pas à Beauvaîs. Ce n'est pas que les élémeiis de lassitude et

(\) « Jamais négociation ne fut plus difficile à enfourner que » celle-ci de la paix.... Le roi faisait difficulté d'assurer sa con- » yersion, et le duc de traiter avec lui sans cette assurance. » (Mém, de Vïllen'otjr)

-1592. de mécontenteroent y manquassent , mais ifif étaient comprimes par une volonté puissante.

Ainsi, comme à Paris, la draperie avait déjà réclamé des sanre-gardes qui lui permissent de trafiquer librement, comme Amiens et Âbbeville (i) l'avaient obtenu; mais l'inflexible gouverneur ne voyant dans toute communication avec Tennemi que des occasions de connivence et de trahison , ne voulait rien accorder. Les gens riches, traités en suspects, étaient las d'être exposés aux plus absurdes dénonciations. Le Chapitre aspirait en secret à la paix qui devait lui rendre ses revenus saisis par le Béarnais. Le présidial et tout ce qui tenait à la justice suivait le parti do Parlement, ennemi des Seize. Une circonstance particulière rendait cette tendance plus prononcée à Beauvais. L'ami de Pasquier et de Pithou , Loisel , le premier avocat de son temps , l'une des gloires du pays, s'était, au commencement des troubles, réfugié dans sa ville natale. Occupe d'études historiques , il était venu se faire oublier au sein de sa famille. Elle était nombreuse et considérée. Nul doute que l'influence de l'illustre poli-

(\) Ces sauf-conduits pour le commerce se délivraient a1oP& pour le roi a Saint-Yalery, pour la Ligue à Abbeville.

tique (i), qui plus tard fut si décisive^ ne se fît ^592, dès-lors sentir à Beauvais, surtout parmi les hommes de loi. Chacun dans ses foyers faisait des vœux pour que Tévêque Fumëe réussît à convertir le roi ; on s'encourageait à la résistance par l'exemple des magistrats et de la bourgeoisie de Paris. Au nombre des plus zélës royalistes étaient le chanoine Badu, Léonard Driot, célèbre jurisconsulte, son beau-frère le savantRaoul Adrien (2), Jean deRegnonval, Ourand-Borel, l'élu Boileau, les avocats Auxcousteaux^ Jean Gouine et Lejeune.

(^) Le bon sens d'Eraane, la probité de THospital, ce fut là le double programme de ces politiques d'abord raillés par tout le monde .

mais laissez faire le temps , laissez les passions s'amortir, lais^ sez l'esprit français avec sa logique droite se retrouver dans ce pêle-mêle , et ce parti grandira et on saura les noms des magistrats intègres qui l'appuient : Tronson, Edouard Mole, de Thou , Pasquier, le Maistre, Guy-Coquille, Pithou, Loisel, Motholon, Lestoile, de Laguesle, Harlai, Seguier, Duvair,

Nicolai Les ligueurs modérés, conune Villeroi et Janin,

se rangeront même un jour sous ce drapeau qui deviendra celui de Henri IV et de Sulli. (Charles Labïtte. De la Démocratie chez les prédicateurs de la Ligue,)

(2) Driot et Adrien étaient tous deux savans hellénistes et hébraîsans. Quand ce dernier était de garde dans les malheureux temps de la Ligue, on le voyait traduire quelque poète grec. 11 descendait par les femmes de Jean de Lignières^ qui avait sauvé la ville lors de l'attaque des Anglais dans le quinzième siècle. Il était originaire de Crèvecœur. (Simon, Supplément.)

4 592. Mais il ne faut pas oublier que toutes ces bonne» volontés étaient inertes, disséminées, sans appui dans la population , et qu'elles devaient se taire devant le dictateur Godin , le père des soldats , véritable roi des halles , dont une seule parole eût fait mettre en pièces, comme fauteur d'hérétiques, quiconque eût osé murmurer le mot de paix.

Ce n^était pas seulement chez les politiques que ces symptômes se manifestaient. Beaucoup de ligueurs se refroidissaient ; plusieurs causes concouraient à ce résultat. Les commerçans, habitués à juger des choses par leurs conséquences , commençaient à comprendre qu'ils jouaient un rôle de dupes, et que la guerre, dont vivaient les gentilshommes, ne leur rapportait que ruine sans compensation. Pendant qu^ils souffraient d'un état de siège prolongé et de toutes les misères qui eu éiaient la suite, ils voyaient avec indignation les grands des deux partis s'épargner mutuellement et traîner la guerre en longueur. Tandis qu'on exigeait d eux les sacrifices d'une luite de désespoir, ils n'entendaient parler autour d'eux que d'accommodemens , de rachats, de traités occultes , d'égards , de procédés et de tolérances réciproques. Un jour, c'était la duchesse d'Âumale qui, au grand étonnement des Beauvaisins, traversait les cantonnemens royaux sans escorte et

en toute sûretë. Une autre fois la méroe Dame ^592 ëcrivant à Birou , campé près d' Aumale , le suppliait de ménager ses terres * et la police de Godin interceptait celte lettre à une des portes de la ville; ou bien c'était le duc de Guise qui, au sortir de Beauvais , s'abouchait secrètement , et au grand scandale des zélés , avee un chef royaliste « le marquis d*Humières(i). Pendant le séjour à Beauvais^ de ce jeune duc, le baron de Vitry, gouverneur de Meaux, qui l'accompagnait, avait reçu de Henri IV, alors au château de Trie , le billet suivant :

« La présente reçue , ne fais faute me venir trou- » ver pour courir le cerf, parce que Ja plupart de » mes gens sont malades.

» Henry de Bourbon (2). »

Et le duc de Guise avait trouvé bon qu'il y allai en qualité dé grand chasseur. Le pur d'Alin-

(^) Charles d'Humières, gouverneur de Compiègne, et que les ligueurs avaient surnommé le Boucher de Picardie,

(2) Ce billet et l'entrevue qui le suivit empruntent d'un événement postérieur une importance historique. On sait que Tannée suivante Vitry, gouverneur de la Brie, fut le premier qui ouvrit les portes de Meaux à Henri IV ; plus tard, c'est encore lui qui, le jour de l'entrée du roi à Paris, se saisit de la porte Saint-Denis et des Espagnols qui la gardaient. Les méûances des Beauvaisins n'étaient donc pas dépourvues de fondement.

17â LA LIGUE A BEAU VAIS.

^592. court lui-même , célèbre parmi les ligueurs par la défense de Pontoîse , allait à Trie jouer à la paume avec le Béarnais! Tout cela différait bien des sévérités par lesquelles la ville se maintenait dans la Ligue. Godin faisait impitoyablement emprisonner tous ceux qui montraient quelques tendances pour le roi. Il suffisait d'avoir un ennemi pour être exposé à tous les dangers.

Récemment, et peu de jours avant la procession commémorative du grand assaut (i), THôtel-de-Ville , qui avait déjà banni bon nombre de politiques, décida que leurs femmes seraient mises hors la ville. Les incarcérations se multipliaient. Si les cachots de TEvêché regorgeaient de prisonniers de guerre, ceux du Beffroi étaient remplis de suspects et de prétendus conspirateurs.

Toutefois, il faut reconnaître que, même à cette époque de terreur, les habitudes de liberté municipale n'avaient pu être entièrement comprimées à Beauvais : elles se manifestaient jusque parmi les prisonniers. Chaque jour on les voyait invoquant les vieilles garanties qui avaient toujours protégé les accusés, demander à être jugés par

(^) En mémoire de la délivrance de Beauvais et de l'héroïsme de Jeanne-Hachette, on faisait, chaque année, le 27 juin, une procession dans laquelle les femmes marchaient les premières.

leurs pairs , réclamer des cautions bourgeoises et ^^^2. souvent obtenir leur élargissement.

Le dernier jour de juillet , après trois ans d'exercice y le maire Godiu , selon l'antique usage , remercia le peuple assemblé sur la place Saint - Etienne. Le procureur de la commune vanta le bon dei^oirquil avait fait à la viUe, tant contre les ennemis du dehors que contre les trahisons de l'intérieur (i). Mais on n'use pas impunément de la toute-puissance , et dès-lors les nombreux ennemis que l'exercice du pouvoir absolu avait suscités au maire , oubliaient qu'il avait sauvé la ville ligueuse, et ne se souvenaient que des moyens rigoureux à 1 aide desquels il avait obtenu ce grand résultat. De ce qu'aucun complot n'avait éclaté dans Beauvais, ils en concluaient que tous les soupçons de Godin avaient été chimériques et tous ses actes ceux d'un tyran. C'était nier l'efficacité du remède lorsqu'il a prévenu la maladie.

Toutefois le sentiment général se montra plus équitable , et quand le premier août les maîtres des métiers portèrent par les maisons la liste des candidats pour procéder à l'élection du maire , le

i^) Le drapier de Saint-Quentin déclare qu'il ignore ce que le panégyriste veut dire par ces derniers mots.

174 LA UGUE Â BEAUVAIS.

4592. nom de Godin fut piqué (i) à une immense majoritd; mais cette fois ii persista dans son refos , en dëpit de robstinatioû de quelques corps de métiers à le rëëlire , et malgré les instances de Saisseval , chargé , disait- on , par les princes , de rengager à rester en charge.

Lucien Boicervoise fut élu , mais la grande popularité de Godin , les sernccs qu'il avait rendas à la cause, lui assuraient toujours lahaute^main dans le Conseil. A la charge de lieutenant du capitaine, il joignait le titre de premier pair de la ville, bien que ces deux offices fussent incompatibles, et Boicervoise ne fut en réalité que son continuateur on son prête -nom (2); aussi, le Conseil ne se relâchait- il en rien de ses rigueurs. Madame de Marivaux, munie d'un sauf-conduit du duc de Mayenne, voulait se retirer à Troissereux,^ et demandait à THôtel-de- Ville de Ty laisser en paix. Elle fut refusée sur le motif qu'elle ne venait qae pour lever de l'argent et l'envoyer à son mari au

(\) Les noms des candidats étaient inscrits sur des pancartes portées de maison en maison, et le vœu des électeurs s'exprimait par une piqûre placée en regard du nom choisi.

(2) Nicolas Godin et Charles Lebègue furent choisis par le Conseil pour écrire les lettres d'importance. (Délibérations de VEôteUe-Vilk.)

LA LIGUE Â BËADVAIS. 175

canip du roL A cette occasion, il fut arrêté que dé- 1592. sonnais Ton ne tolérerait dans les châteaux que ceux qui s'engageraient à ne plus porter les armes contre la Sainte-Union.

Le sieur d'Espiés, gouyemeur royaliste de Croumay, avait eu la bonne pensée d'envoyer à la ville une sauvegarde , pour permettre aux laboureurs de faire la moisson, et il demandait la réciprocité, il essuya un refus. Pour punir le Conseil de ce refus inhumain , il ravagea Saint-Âubin , Ous-en-Bray et les environs.

Vers celte époque , quelques membres da Conseil de ville semblaient incliner à une déclaration de neutralité. Luquin, alors malade, leur dépécba, pour attiser le feu , le docteur Denis Loquin son frère ,^ et il ne fut plus question de suspension d'armes.

C'était l'époque des vacances, et le premier président Lemaitre, qui devait avoir im si grand rôle dans le dénouement de la Ligue, traversa Beau vais accom|mgné décent lances, car la petite guerre n'était pas terminée; les convois delà ville étaient toujours menacés et harcelés; vers ce temps, Tennemi ^ qui était campé à Tillé , attaqua l'abbaye de Saint-Lucien. Les religieux et les habifans se défendirent avec courage el repoussèrent l'attaque

4592. pendant laquelle un religieux (i) fut tué à une fenêtre. Le nom de Lanoue était si redouté dans le pays que, bien qu'il eût été tué en Bretagne, on croyait encore ce chef au camp de Tiljé et dirigeant les expéditions des royalistes.

Depuis la prise du seigneur de Mouy, les habitans du faubourg Saint- Jacques négligeaient beaucoup la garde de leurs poites. Le 6 septembre, trente maraudeurs pénétrèrent dans ce faubourg qu'ils pillèrent. Parmi vingt faits d'attaques, de représailles , de bétail enlevé et repris, de châteaux saccagés et brûlés (2), de convois surpris ou défendus, d'embuscades réciproques, en voici un qui mérite une mention particulière, parce qu'il montre sous son vrai jour le caractère d'un des personnages de cette histoire. Vingt cavaliers volontaires de Beauvais étaient allés en course aux environs de Mantes; ils venaient de faire prisonnier un gentilhomme qu'ils ramenaient avec eux, lorsqu'ils furent investis et pris eux-mêmes dans une ferme par la garnison de Vernon. Conduits à

(-1) Dom Martin Hucleux.

(2) Les châteaux détruits pendant ces troubles furent, entre autres, ceux du Bois-de-FEcu, La NeuviUe-en-Hez, Méru, Siily, Lormaison, Fontaine-la- Vaganne, Goulancourt, Ansacq, Thérines, Saint-Just-Belle-EgUse.

Mantes» ils couraient risque d'être mis à mort. io92. L'Hétel-de-YilIe de Bcauvaîs , s'attendant à quelques sanglantes représailles, s'était hâté d'écrire à d'Alincourl(i) , gouverneur de Pontoise, pour invoquer son intercession. A Mantes , le cardinal de Vendôme, se souvenant du sac de Bresles et des indignités qui en avaient été la suite, inclinait à la sévérité. Maïs le bon évéque de Beauvais , en véritable pasteur, sentit que son devoir était de sauver ses ouailles , et, avec le doyen Gouîne, s'interposant chaleureusement en leur faveur il leur sauva la vie. Sa conduite généreuse eut à Beauvais sur les esprits plus d'influence que n'auraient pu le {aire les plus profondes combinaisons de la politique, et s'il eût vécu , nul doute qu'il n en eût recueilli les fruits.

Comme si Beauvais n'avait pas assez des calamités réelles qui le désolaient, une terreur panique y occasiona à cette époque une des plus chaudes alertes que ville puisse connaître.

Une nuit un officier faisant sa ronde crut voir des mèches allumées dans les vignes du mont Saint- Symphorien. Il répandit imprudemment l'alarme dans la ville. Les habitans, à demi-nus, sortaient

(4) Fils de Nicolas de la Neuville, sieur de Villeroy, secrétaire d'Etat, auteur des Mémoires d'Etat.

178 LA LIGUE A BEAUYAIS.

îi592. en tumulte , les compagnies, à peine armées, cherchaient à se former sur les places. Entendant ce tumulte, les guetteurs de Saint- Pierre et de Saint- SauTcur sonnèrent le tocsin , ce qui n'avait jamais eu lieu. Alors la terreur fut à son comble. Pour s'en faire une idëe, il faut se rappeler les mœurs du temps, les terribles récits des sièges de Gournay et de Clermont, les pillages de Gerberoy, de Breleuil et des villes voisines, surtout la récente tentative de nuit sur la porte Saint- Jean. On conçoit à quoi devait s'attendre alors une place surprise. Les habitans , le regard troublé par Tépouvante^ faisaient feu au hasard ou tiraient les uns contre les autres. Des femmes enfantèrent de frayeur (i); l'alarme fut telle, que Ton tira le canon des remparts sur les points signalés par l'ofBcler qui avait causé cette terrible commotion. L'effroi général pénétra jusque dans la prison où le seigneur de Mouy était plus resserré que jamais , parce qu'il avait cherché à séduire ses gardes. Les soldats qui veillaient sur le captif, croyant la ville envahie et qu'on voulait enlever le prisonnier, résolurent de le tuer. Quelques-uns d'entre eux s'y opposèrent heureusement, et coururent avertir le

|l) Recueil mémorable.

maire Boicervoîsc, qui parvint, non sans peine, ^592. à le tirer de ce danger.

Cependant, THôlel-de- Ville ayant appris q«e Ton faisait de vives instances auprès de Mayenne pour obtenir rechange du sieur de Mouy contre le baron de la Châtre , sentait la nécessité de prendre les devans et de conclure un arrangement avec le prisonnier. II y eut à cette occasion un combat de générosité entre la ville et le sieur de Saisseval. Le plus pressant intérêt de Beauvais était 4 'obtenir la destruction de Bresles, de Gerberoy et d'Ons-en-Bray , ces forteresses qui servaient de retraites à ses plus proches ennemis. Mouy déclarait que le démantèlement de Bresles ne rencontrerait aucun obstacle (i). Mais la ville , craignant que Saisseval n'obtînt pas de son prisonnier une rançon suffisante, déclarait qu'eUe açait tant de respects et d obligations à la personne de Saisseçal, qu'elle renonçait au démantellement de Bresles, afin quil obtint satisfaction. De son côté , Saisseval répondait qiiil désirait que le démantellement se fît le plus prornptement

(I) QuantàGerberoy, il ajoutait qu'à raison de FimportaDce de cette place , il était nécessaire qu'il intervînt personnellement auprès du roi pour en obtenir le démantèlement. (Recueil mémorable.)

+592, possible^ et que la ville ne s' arrêtai pas à ce qui le regardait en son particulier; qu'il tenait une cause si bonne que Dieu le maintiendrait en icelle (i).

En dëfinitÎTC, le 5 novembre, Saisseval mît en liberté le seigneur de Moay. II laissait en otage son neveu Benjamin de Normanville et le capitaine Mérard qui tenaient prison pour lui et à ses frais. Le démantèlement de Bresles, de Gerberoy et d'Ons-en-Bray était stipulé ainsi que la neutralité de Mouy, de Château-Rouge et de Château- Vert. Le sieur de M ouy s'engageait en outre à ne point faire la guerre dans un rayon de six lieues de Beauvais (2). A ces conditions (3), la ville qui avait refusé dix mille écus pour le rendre à la liberté, s'engageait à le laisser traiter de sa rançon avec Saisseval , comme un prisonnier ordinaire. Henri lY et Mayenne ratifièrent cet arrangement (4).

La caisse municipale était vide. Le clergé, à bout de subventions et ruiné lui-même, ne pouvait plus

(\) Délibérations de ruôtei-de-ViUe.

(2) Idem.

(5) Voir aux Notée j n9 -16.

^4) Cette ratification fut donnée au camp de Chauny. — Le seigneur de Mouy ne fut pas plus tôt en liberté, que, rencontrant un parti de ligueurs à sept lieues de Beauvais^ il l'attaqua et le délit.

LA LIGUE A BEAU VAIS. igl

venir en aide à la ville. Les tailles ne rentraient ^592. plus pour payer les soldats et les travaux de fortifications qui se continuaient sur une grande échelle. L'Hôtel-de- Ville , licenciant la plus grande partie de ses troupes, n'avait conservé à sa solde qu'une centaine d'hommes commandés , sous les ordres de Saisseval, par les capitaines Biuet, Beaudeduit et Maucourt , et encore ces soldats n'étaient payés que sur les tailles qu'ils allaient lever, aui risques de leur vie, sur des villages éloignés et de difficile perception, La ville en était réduite à donner à un soldat blessé, comme indemnité et au lieu d'argent, un prisonnier à rançonner. La banlieue était libre depub la convention faite avec Mouy, mais au-delà les bandes de partisans tenaient encore la campagne et interceptaient toute communication avec Beauvais. Force fut donc au Conseil d'avoir recours à un nouvel impôt qui entraîna des vexations infinies.

Le 6 décembre , ont fit publier une taxe sur tonte marchandise sortant de Beauvais. En cas de fraude il y avait confiscation , dont le tiers appartenait aux soldats et les deux tiers à la ville (i).

(I) Si bien, dit le Recueil mémorable , que c était la plus •grande pitié du monde comme le pauvre peuple criait !

4592. Afin quonne pût sortir sans payer, le franc-marché qui se tenait hors la vilte fut transporte sur la place Saint-Michel. Beauvais étant un lieu de refuge et le dépôt de tous les environs , ceux qui venaient y chercher leurs denrées devaient, avant de sortir, prouver non seulement qu'ils en étaient propriétaires, mais encore que la destination des objets n'était pas suspecte. On comprend les difficultés, les méfiances et les querelles qui devaient s'en suivre. L'extrême pénurie de la ville avait induit le duc de Mayenne à octroyer à Luquin et à Lebègue une mesure ausâ déplorable On achetsût jusqu'à la liberté d'aller aux champs, et le Chapitre, après avoir excommunié ceux qui traitaient avec l'ennemi, s'était vu forcé de payer douze cents livres aux chefs royalistes pour obtenir la permission de faire ses récoltes.

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