CHAPITRE X
La soumission de Paris n'entraîna pas ccXh de Année 4591. BeauTais. Aux yeux des détermines ligueurs qui y dominaient, la trahison de Brissac, la mollesse et la connivence des politiques et des faux catholiques , ne changeaient rien à leurs sermens ni à ce qu'ils devaient à la Sainte-Union.
A notre époque d'unité et de centralisation , on a besoin , pour s'expliquer cette persistance de Beauvais dans la Ligue, de se rappeler qu'alors chaque ville libre jouissait d'une indépendance d'action qu'avaient accrue les troubles du royaume et l'affaiblissement du pouvoir royal. D'un autre côté , il ne faut pas perdre de vue que dans l'assemblée des Etats , le clergé , si puissant à Beauvais , plaçant l'intérêt religieux au-dessus de l'intérêt politique , avait seul repoussé la paix avec le Béarnais , et faisait tonner ses prédicateurs contre
4594. la fausse et simulée conversion de Henri de Navarre (i).
Luquin était à Bcauvais le représentant de la faction espagnole et ultramontaine. On sait que le Chapitre suivait ses inspirations et celles du cardinal de Plaisance (2) avec lequel le théologal était en intimes relations. Dans la pensée de tous ces ligueurs espagnolisés comme dans celle du Saint- Siège , le salut de la religion en France dépendait de l'établissement d'une royauté essentiellement catholique, dût- elle relever de la couronne d'Espagne.
Le nord de la France , ouvert aux armées espagnoles , offrait encore à la Ligue des chances de secours et de succès. Les émissaires de Philippe II parcouraient les villes de Picardie, de Champagne et de Bourgogne , attisant les restes d'un feu prêt à s^ éteindre ; ils promettaient aux villes de l'Union des troupes et de Fargcnt , aux chefs des pensions et des dignités. Godin s'inspira-t-il de leurs conseils ainsi que le maire Boicervoise?
(I ) Yoïr Tacte d'abjuration du roi , aux Notes, n« 4 8.
(2) On voit dans les registres du Chapitre que Luquin y avait fait insérer une lettre de ce légat du pape qui lui recommandait, pendant le Carême, de ne laisser prêcher dans le diocèse aucun moine , cordelier ou jacobin qui ne fût fermement attaché à la Sainte-Union. (Godefroij-Ueimand.)
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LA LIGUE A BEACVAIS. î97
Uue Circonstance le ferait croire. Vers le milieu ^504t de mars , et peu avant la reddition de Paris , des troupes espagnoles furent appelées à Beauvais et cantonnées dans le faubourg Saint-Quentin par respect pour les privilèges de la ville. Mais une fois Paris rendu , l'inquiétude des chefs de la cité s'aggrava de jour en jour. En effet, le nombre des royalistes s'accroissait sensiblement , les ligueurs les plus prononcés a» commencement des troubles grossissaient ce parti. La guerre avait ruiné le commerce , arrêté l'agriculture , épuisé toutes les ressources, lassé tous les courages. Aussi les ' officiers du comté, les chanoines royalistes et les gens de loi voyaient-ils chaque jour d'anciens ad^ versaires venir à eux , demandant la paix plus haut que les autres. Plusieurs curés de la ville osaient enfin prononcer ce grand mot de paix ^ et il était accueilli avec avidité. Les membres du présidial ne voulant rendre la justice qu'au nom du roi, avaient quitté la ville en masse. A cette occasion , l'un d'eux, le conseiller Jean Patin (i) pensa être massacré par la populace ligueuse i
Dans ces circonstances, le Conseil de ville crut pouvoir braver le préjugé populaire , et , ce qui
H) Oncle du célèbre Guy-Patin; il était allié de Godin.
1594. ctait sans exemple à Beau vais , on vil un détache* ment des Espagnols, cantonnés aufaubourgSaint- Quentin , entrer chaque matin dans TEvêchë et y monter la garde. Cette mesure exorbitante était motivée par la gravité des événemeus et l'état des esprits dans la ville.
A cette époque , les Maire et pairs de Beauvais reçurent une lettre de leur célèbre compatriote Loisel , retourné depuis peu à Paris. Ses sages conseils au prévôt Luillier, son ami, avaient hâté la réduction de cette ville. Il suppliait ses conci- * toyens d'entrer en accommodement. Avec l'autorité de son caractère et de sa position , il leur démontrait Tin utilité de la résistance et les avantages de la paix. Laon (r) venait de se rendre au roi ; les Espagnols étaient en fuite : la religion était à l'abri de tout danger. Autre symptôme précurseur des reviremens politiques qui se préparaient, Mayenne lui-même, à l'approche des élections municipales, recommandait au Conseil de ville de choisir pour maire un homme de bien qui ne fût pas suspect au parti contraire (2), et le ligueur Boicervoise,
(1) Le sieur de Marivaux venait d'en être nommé gouverneur par le roi.
(2) Délibération de l'Hôtel-de-Ville. VôU.
quoiqu'il n'eût que deux années d'exercice , sen- ^59^ tait là nécessite de cëder la Mairie (i) à Claude Galopin, que sa modération rendait l'homme de la circonstance. 11 fut en effet élu maire le
er
août.
Malgré tons ces signes de dislocation, Luqoin , Godin et quelques ligueurs de la faction espagnole s'opposaient fortement à tout accord , et semblaient résolus à pousser les choses à l'extrême.
Mais un matin le bnnt se répand en ville qu* Amiens vient d'ouvrir ses portes au roi. A cette nouvelle les ligueurs crient à la trahison , les roya- Estes se mettent en mouvement; ceux qui avaient été le plus persécutés , relevant la tète, provoquent une réunion générale de la ville et du clergé.
Saîsseval se trouvait à Amiens lors de l'entrée de Henri IV dans cette ville. Dès le 9 août, il avait annoncé ce grand événement aux Beauvaisins, et leur écrivait lettres sur lettres pour les engager à s'accommoder. Il était même venu, avec deux échevins d'Amiens, à quelques lieues de Beauvais (2)^
{\) Voir la sauvegarde accordée à Boicervoise et h Antoine Le Lanternier^ Note n» ^9.
(2) Il avait été décide en Conseil qu'on ne le laisserait pas entrer dans la ville.
200 LA LIGUE A BEAliVAIS.
^594. apportant des paroles de paix aux envoyés de la ville. Là, usant de tout Tascendant que lui don-naient ses bons services et la loyauté de son caractère, il leur avait démontre combien il était urgent pour eux d'envoyer des députés qui seraient favorablement accueillis par le roi. 11 fallait se hâter et profiter des heureuses dispositions où il se trouvait depuis son entrée à Amiens, la première ville qui l'eût reçu d'enthousiasme sans traité ni composition. Saisseval enfin leur garantissait de bonnes conditions et le maintien de leurs privilèges (i). La perplexité était grande à THôtel-de-Ville. Avant de rien décider, on voulait en référer au duc d'Âumale ; mais , pendant ces pourparlers, les royalistes agissaient. Ils comprirent que les rôles étaient changés ; que l'influence leur revenait, et qu'ils devaient donner l'impulsion. S'emparant habilement de la faute commise par l'Hôlel-de- Ville , parlant au nom des antiques privilèges de la cité audâcieusement violés , ils soufflent dans tous
(^) Le roi , pour reconnaître la confiance avec laquelle ceux crAmîens s'étaient jetés dans ses bras sans marchander, venait de leur accorder Vexemption du droit de gabelle à Tinstar de ceux d'Abbeville ; qu'il ne serait fait aucun fort ni citadelle dans leur ville, et que le gouvernement et le commandement «les armes demeureraient entre les mains du majeur, prévôt et échevins. fMezera't, t. m.)
les cœurs la méfiance de l'étranger et déterminent ^594. un mouvement de place publique contre les Espagnols de TEvéché. De ce moment le règne des ligueurs à Beauvais était passé (i).
Bientôt, dans l'assemblée générale du clergé et du peuple, les lettres de Saisseval et les propositions qu'il avait apportées sont l'objet d'une délibération animée.
Après avoir rappelé le serment solennel prêté par les habitans à la Sainte -Union, et exposé que la ville açait à ce sujet la foi promise açec celle d* Amiens 9 de ne faire accord que d*un commun consentement , le Maire fait remarquer qu'Amiens s' étant rendu au roi de Naçarre^ Beauvais se trouve désormais isolé et dans des conditions moins favorables pour traiter. Chaque jour amène de nouvelles défections. Troyes , Abbeville, Château- Thierry ont ouvert leurs portes; Michel d'Estourmel, gouverneur de Péronne, Roye et Montdidier, a fait son accommodement, et Doulens s'est empressé de suivre l'exemple d'Amiens. Il faut donc aviser sur les propositions de MM. d'Amiens et de M. de Saisseval.
Le Maire ouvrit la délibération en demandant à
(1) DclibcratioiJs de rilôtel-de-Ville.
I^^94. M' Luquin son avis : celui-ci, tentant un dernier effort, fit amples remontrances que la ville ne devait se départir du serment qu*elle a fait à la Sainte-Union et un beau discours à ce sujet (i). Mais le fanatisme avait fait son temps. Luquin ne tarda pas à s*en apercevoir, car ayant présenté un acte à l'appui de ses paroles , et voulant en faire donner lecture, il vit s'élever contre lui l'archidiacre Carré et le chanoine Pajot, qui désavouèrent hautement cet acte et le déclarèrent faux (2).
Sur cet incident, Luquin se départit de sa place et quitta la séance. Alors , à la majorité des suffrages, une grande détermination est arrêtée. Il est décidé que la ville entrera en composition avec le roi de Naçarre.
Les articles d'un traité sont rédigés à la hâte; on y stipule le maintien des privilèges de la ville, la prohition du calvinisme dans l'étendue du bailïge et des prévôtés , l'amnistie pour tous ceux qui avsdent pris part aux troubles , l'autorisation pour toute personne de quitter la ville et de vendre ses biens , des sauf-conduits pour quiconque voudra sortir du royaume , le maintien dans
(I) Délibérations de rHôtel-de-Yille. 16 août. (2 Menu
leurs fonctions des officiers nommes pendant les ^594. troubles, et entre autres du lieutenant du capitaine (t) et du lieutenant du maire, la suppression du taillon et la remise à la ville des arrérages des tailles, enfin la réintégration, dans l'élection de Beau vais, de dix -huit villages du bailliage de Senlis.
Le 20 août , Léonard Driot, à la tête d'une députalion d^ecclésiastiques et de laïques (2) , partit pour Amiens et fut présenté au roi par Saisseval , dont le naturel franc et bienveillant avait de suite plu au Béarnais. Par lui, le roi, s^ns aucun doute, s'était fait expliquer à fond les intérêts , les passions , les vœux des Bcauvaisins , et connaissait d'avance leur fort et leur faible. La harangue de Driot fut simple, concise, parfaitement appropriée à la conjoncture. « Sire, dit-il, le prince est l'i- » mage de Dieu ; il est père de son peuple et de » ses sujets. Dieu est tout bon , tout bénin , tout m miséricordieux ; le père aime son enfant d'un
(i) Le Ueutenant du capitaine était Nicolas Godin.
(2) Ces députés étaient , pour le clergé, les chanoines Hainques et Dadu; pour le corps de ville, Symphorien Roger et Claude Lebègue, pairs; pour la bourgeoisie, Léonard Driot et , CUarlcs Le Lanternier.
^594. » amour extrême, qui surpasse toute autre af-*
» fection.
» Dieu eslargit ses bieus , fait luire son soleil
» sur les bons et mauvais : il tend les bras à ceux
» qui l'ont offense, et quand ils se convertissent
» à luy, leur remet et efface toute leur offense , et
» retire son courroux.
» I! est avenu par nos péchés ou par quelque
» malheur, que le peuple de France , contre son
» naturel, s'est desmy d'avec son Roy et votre
» Majesté, sire. Dieu qui donne les royaumes,
» vous a donné le plus beau de ce monde , et
» vous a rempli de grâces et vertus , entre les-
» quelles la clémence dont il vous a doué a eu tant
» d'effets, que de rompre , et changer les cœurs^
» endurcis envers vous , ce que la force et vio*
» lence n'eut pu faire : c'est pourquoy vos trèsr
» humbles sujets, le clergé, ville et habitans de
» Beau vais, s'asseurans de trouver en vous pa-
» reille douceur que les autres villes, nous ont
» chargé de venir vers voire Majesté, et la sup-
» plier très-humblement d'oublier le passé , et les
» recevoir en vos bonnes grâces ; et usant de vo-
» tre bénignité royalle, leur accorder le contenu
» au cayer que nous vous présentons de leur
» part. »
Après avoir écouté l'orateur avec bonté, le roi ^594. remit sa réponse au jour suivant.
Le lendemain, après son dîner, il manda les députés dans son cabinet , et après les avoir gracieusement assurés que leur traité serait admis , il leur fit un discours peu connu (i) et qui mériterait de Tétre davantage , parce qu'il peint au naturel Henri commençant son œuvre de conciliation et de recomposition. Ce n'est point une pièce d'apparat, c'est presque une causerie; maïs en l'examinant de près , on admire le langage à la fois paternel et royal qu'il sait prendre avec ces ligueurs de la veille; ony découvre une exquise habileté, la dextérité d'un homme élevé à Técole des factions et du malheur, et qui a toujours eu besoin d'ajouter le droit du plus fin au droit du plus fort. Avec quel art il fait valoir ses concessions , comme il connaît bien ceux à qui il parle, les préjugés qu'il* doit respecter, les espérances qu'il peut entretenir, les sentimens qu'il faut faire vibrer ! Avec quelle douceur il refuse ce qui est inadmissible.
Son premier soin , c'est de rassurer l'inlérât religieux. Quelle joie pour ces bons catholiques de fieauvais d'entendre le roi se prévalant de son
(\) Voir ce discours aux Notes, n« 20.
206 LA LfGUE A BEAUVAIS.
^394. litre à^fils aîné de l'Eglise, parlant d'aller raffermir sa sainteté à Rome avec son épée , et s'e'criant : « J'accuse mes prédécesseurs d'une grande » lâcheté, d'avoir laissé perdre ce beau titre, » d'être le pilier du chef de V Eglise ! »
Il n^oûblie, du reste, ni les privilèges de la ville , ni les impôts , ni la bonne administration de la justice, ces grandes préoccupations des Beau-
vaisins. — « N'aurez autre garnison que
)> celle que vous voudrez vous mêmes ; et ne veux » autre château, forteresse ou citadelle que le y> cœur de vous autres »
Quant à l'exemption de tailles et de nouveaux subsides réclamée par les députés , il les rassure pleinement sur ce point important, sans trop s'engager toutefois, et avec cette restriction qui le peint si bien : <c Mais s^il avient que je sois pressé » de mes ennemis , je recourrerai à vous , et me » jetterai en vos bras. »
Aussitôt que le pays sera paisible, il s'empressera de remédier aux abus de la justice : <c . . . . En mon » royaume de Béarn j'ai si bien réglé les juges , que » le plus long procès ne dure que trois mois. ...»
Il faut l'entendre ensuite repoussant les calomnies des factions qui l'accusaient d'avoir demandé secours aux Turcs ^ et récriminant avec
amertume contre son grand ennemi Philippe II: 4594. <c Si je n'avais eu la crainte de Dieu, pour la haine » que j'ai de l'Espagnol , attendu le mal qu'il m'a » fait, je prendrais une armëe de diables pour le » défaire. »
Tout en prévenant ainsi Tobjection à l'égard des étrangers qu'il avait appelés à son secours^ il se hâte de prendre une adroite offensive en in* vo quant ces sentimens de haine contre Fétranger, si bien compris des Beauvaisins : «< Mais, mes » amis ! je suis marri qu'il faut qu'il vous soit re- » proche que vous avez mis ma ville de Beauvais » entre les mains de l'Espagnol, mon capital en-
» nemi , et cette belle couronne de pre'férence
j» que vous avez perdue, il faut que d'autres l'aient » gagnée sur vous qui de tout temps avez été re- » nommés d'être si fidèles serviteurs à vos rois ! »
Après s'être montré successivement habile, clément, affectueux, éclairé sur tous leurs besoins, Henri sait fort bien se redresser de toute sa hau* teur, et faire sentir à ses nouveaux sujets qu'il a l'épée au côté, mouvement plein de grâce qui donne du relief à sa bonté; mais sur lequel il n'a garde de s'appesantir, terminant par des promesses de pardon et d'oubli.
« Or, messieurs, acceptez ce que je vous offre,
Î08 LÀ LIGUE A BEAIVAIS.
^504. » car je sais bien recoDnaîtrc les bons et les mé- » chants; ceux qui en ont essayé vous le témoi^ » gneront : Je suis bon Roy, et ne me laisse >^ commander par mes sujets comme mes prëdc- » cesseurs , ains leur commande et veux qu'ils
» m'obëissent Mes ennemis savent bien que
» je n'eus jamais une seule peur dans l'âme , et » que quand ils m^ont voulu opprimer, je les ai » pansé de la main si doucement qu'ils n'y sont » retournés depuis. »
Enfin , répondant à la pensée plutôt qu'aux paroles des Beauvaisîns, il comprend dans sa généreuse amnistie même le fameux Godin qu'il nomme : « Si Godin me veut reconnaître comme son » roi , je le reconnaîtrai comme mon serviteur, et » sous sa fidélité je l'embrasserai et le recevrai en » ma protection, o
Par suite de celte composition , les troupes espagnoles quittèrentBcauvais. Godin et les frères Luquin furent les seuls qui partirent avec elles (i).
Saisseval , de retour en ville avec les députés qu'il avait si heureusement appuyés, fut accueilli comme un libérateur.
On savait qu'à Amiens son désintéressement
(^) Voir aux Notes , n'' 2^ ,
avait égalé son habileté. C'est lui quïy avait mis en ^394. avant et mené à bien la reddition de Beauvais. Il ne manquait pas autour du roi de gens qui rengageaient à profiter de cette occasion pour demander une récompense proportionnée à ce grand service (ï). Tous ses amis Vy excitaient. II leur répondit : <c Je ne veux point que Ton me reproche à Tad- » venir d'avoir été de ceux qui ont vendu au roi » son propre héritage (2). »
Tout avait changé de face dans la ville. On n'y voyait plus qu'écharpes blanches; ton n'oïaitque cris de : Fiçe le \Roi (3) ! Les armoiries royales avaient été remises à lear place, et les doubles croix de Lorraine» séditieux emblèmes, soigneusement effacées. Comme d'ancienneté , les prières publiques furent dites pour le roi, et Saisseval,
(\) Mayenne expliquait ainsi au roi d'Espagne la réduction d'Amiens, d'Abbeville et de Beauvais :
Trente mille écus bien employés et en saison eussent suffi pour retenir ces trois villes que deux millions d'or ne sauraient conquester par force, (Lettre de Mayenne à'Philippe IL — Mémoires de la Ligue.)
(2) Mémoires de Palma Cayet.
Oïl sait que Henri lY racheta pièce a pièce une grande partie du royaume. Cest ce qu*k Paris le prévôt des marchands, Luillier, appelait vendre à César ce qui est à César, ^ ,
(5) Mémoires de Palma Cayet,
^594. nommé capitaine de la ville , fit célébrer un service funèbre en Thonneur de Henri III.
Enfin, le 4 septembre, les articles du traite entre le roi et la ville furent publiés à son de trompe (i), et le lendemain, qui était un dimanche, le retour de la paix fut solennisé par une procession générale , ainsi que par un Te Demi , accompagné de jeu d'orgue et suivi d'allégresses publiques, dans lesquelles le Chapitre se signala par un immense feu de joie allumé devant le palais épiscopal.
Bientôt arriva en ville le sieur de Pontcarré , membre du Conseil du roi , chargé de recevoir les sermens des ecclésiastiques (2) , officiers de justice. Maire et pairs de Beauvais (3). Saisseval eut mission du roi de faire prêter serment aux communiers à THôtel-de-Ville. On s'y portait en foule , et les signatures des sermens prêtés, couvrirent dix-neuf r Aies en parchemin.
(1) Devant Thôtel du Cygne , lieu ordinaire des publications.
(2) Voir aux Notes, n° 22.
(3j Voir ce serment à la Note w» 25.