‹ La ligue à MetzChapitre 11 sur 38 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

que BufFet serait l'auteur de notre chronique. On voit seulement qu'il a dû venir à deux reprises différentes à Metz, au mois d'avril i 58o d'abord, en fugitif probablement; au mois de mai i582 ensuite, comme ministre, après un éloignement que, même sans l'expliquer, on peut admettre parfaitement. Nos inductions à cet e'gard sont pleinement confirmées par des renseignements nouveaux que nous tenons de M. O. Cuvier, à qui nous avions communiqué les précédentes conclusions.

Ces renseignements très significatifs ressortent de deux documents, qui donnent à notre argumentation la valeur d'une démonstration, croyons-nous, sans réplique. Le premier des deux documents est un extrait du Livre du Recteur^ publié dans ces dernières années, constatant l'inscription de Buffet parmi les étudiants de l'Académie de Genève, à la date de i58o. Il est ainsi conçu sous ce millésime : « Franciscus Buffet, Divionensis, Theolog. stud. « 28 .Iulii. » Ainsi se trouve justifiée l'absence de Metz de Buffet, entre sa première arrivée dans cette ville en i 58o et la seconde en i582. Le second document explique l'absence justifiée par le premier. C'est une lettre qui donne à cette particularité un accent plus précis, et qui prouve que Buffet non seulement a pu mais a dû, en réalité, venir deux fois à Metz. Elle montre, en effet, que c'est la Communauté protestante de cette ville qui. après l'avoir ac-

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cueilli évidemment une première fois dans son sein, l'avait envoyé à Genève pour s'y préparer au sacré ministère. La lettre est publiée par Gaberel, au tome II de son Histoire de l'Église de Genève. Elle est datée de cette ville, 27 janvier i58i, et adressée au Consistoire de Metz par la vénérable Compagnie des pasteurs et professeurs de l'Église de Genève : « Messieurs et très chers frères, y est-il dit, « notre frère monsieur Buffet employé le temps de par « deçà à bien et diligemment estudier, et nous confirme « de plus en plus au témoignage de piété et modestie « que nous vous avons rendu de luy. Nous aurions « esté bien aises que vous mesmes luy eussiez ordonné « Testât que luy voulez fayre, le temps qu'il se debvra « façonner de par deçà, devant que d'estre apellé au « ministère. Et ne vous eust pas esté malaisé de consi- « dérer avec monsieur de Combles, vostre frère, qui « sort fraischement et sçait Testât de cette ville, et à « quel prix un homme de tel âge et qualité se peut « entretenir, combien vous luy eussiez deu distribuer « par an. ToutesfFoys, puisque vous vous en rapportez « à ce que nous trouverons bien en nostre Compagnie, « nous y avons advisé au mieux qu'il nous a esté pos- « sible, pour ne vous grever et pour luy donner moyen « de s'entretenir petitement et médiocrement. C'est « que luy bailliez soixante écus sol par an. Nous vous « asseurons qu'il sera assés contant et qu'il mesnagera « cela pour payer sa pension et pour achepter ce que

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