‹ La ligue à MetzChapitre 7 sur 38 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

celui de la chronique elle-même. Il nous reste à expliquer sur quoi repose cette dernière opinion, puisqu'elle est conteste'e. Nous le ferons en signalant, après les raisons qui doivent ce nous semble inviter à s'y ranger, les objections qu'on y oppose, et en disant aussi ce qui nous empêche de nous rendre à ces considérations.

La chronique est. disons-nous, de François Buffet. Nous fondons cette opinion sur le témoignage d'abord de Paul Ferry, qui connaissait bien Buffet et tout ce qui le concernait, ayant vécu de son temps à Metz, dans la petite communauté protestante de cette ville où ils ont tenu l'un et l'autre une place importante. Or, ce témoignage, Paul Ferry nous le donne dans une triple déclaration : i° sur le folio i du manuscrit où il a tracé ces mots : « De la main de Mon- « sieur Buffet» ; 2° sur le recto du folio 4, où il a écrit (( M. Buffet arrive à Metz l'an i58o, le ... avril u, en marge du passage suivant du chroniqueur : « L'an « i58o, au commencement d'avril, j'arrivay à Mets, « venant de Marseille » ; 3° au verso du folio 5. où il a écrit encore « Traitté de M. Buffet au Roy ... etc. », en marge de cette proposition énoncée par l'auteur de l'écrit : « Comme je l'ay démontré amplement « au traité dédié au Roy... etc.» A ces considérations se joignent les inductions qu'il est permis de tirer d'un passage de la chronique, d'où il ressort, à notre avis, qu'elle émane d'un ministre protestant de

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l'Église de Metz, et que ce ministre ne peut être que Buffet.

Un ministre seul a pu effectivement écrire, croyonsnous, ce qu'on y lit, à propos d'une controverse, sous la date de i583 ; « C'est un point de doctrine auquel « les catholiques ne sont d'accord avec ceux de la Reli- « gion ... Mais n'estant mon but de disputer ici de la « théologie, mais remarquer simplement ce qui advint • pour lors, je remettray au discours que j'en feis pour « lors, cotté parmi mes papiers du n» 2 3 ... » La chronique est, on ne peut guère en douter, l'œuvre d'un ministre protestant; mais il y en avait alors trois à Metz, Lâchasse ou Chassanion, de Combles et Buff"et. Or, au commencement de notre chronique, l'auteur relate l'année de sa naissance, à la date de i 544, qui ne convient ni à Lâchasse ni à de Combles, mais convient parfaitement au contraire à Bufïet. Lâchasse était né en i53i, puisqu'il avait 34 ans, est-il dit, lorsqu'il fut reçu ministre à Lyon en i5b5. Quant à de Combles qui, veuf de sa première femme, a contracté un second mariage en 1619, et qui est mort en i633, il faudrait admettre, s'il était né en 1544, <i^'^^ se fût remarié à yS ans et qu'il fût mort à 89 ; et si ce dernier fait n'a rien d'impossible, l'autre est bien peu vraisemblable. Pour ce qui est de Buffet, il dit dans son écrit intitulé Historia mea, possédé aujourd'hui par M. O. Cuvier, qu'il avait dix ans sept mois et quatorze jours quand il fut amené, le 4 février i 555,

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