INTRODUCTION IX
semblablement rentrer après la rétractation qu'on sait avoir été faite publiquement par lui dans cette ville le 2 janvier précédent. D'un autre côté, dit-on encore, on possède sur son arrivée à Metz des indications très détaillées et fort précises, d'où il résulte que c'est non pas en 1 58o mais en i 582 que le fait a eu lieu ; et ces indications, c'est Paul Ferry lui-même qui les donne dans ses Observations séculaires (t. III, p. iSgS), où on lit : « 1 582, le i5 may arriva M. Buf- « fet, qui fut reçu du gouverneur le 19, et prescha la « première fois le 2 5. » Tels sont les arguments qu'on oppose à l'opinion que François Buffet soit l'auteur de la chronique dont nous nous occupons. Contre ces arguments, nous avons à présenter quelques observations.
Nous constatons d'abord que tout le monde est d'accord pour reconnaître que le manuscrit est de la main de Buffet, comme le dit Paul Ferry. Mais, prétend-on, c'est là précisément ce qui prouve que la chronique n'est pas de lui, parce que le manuscrit n'est autre chose qu'une transcription, et qu'un auteur transcrivant son œuvre ne rappelle pas ordinairement, comme l'écrivain l'a fait ici, la pagination de l'original qu'il reproduit. Le fait, pour n'être pas ordinaire, peut-on répliquer, n'est pas absolument inadmissible. Il peut se présenter telle circonstance où un auteur se recopiant voudra garder ainsi la trace des conditions premières de son travail originaire,