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LES ENFANTS DES ÉCOLES

Du Figaro :

Quatre-vingt-dix mille enfants viennent de disparaître—et nous demandons de leurs nouvelles ?

Que sont-1ls devenus ? On n'en sait rien !

(411 Rapport de l'Enquête gouverne mentale, Déposition du Frère lusti nlus, secrétaire général de l'Institut les Frères des Écoles Chré tiennes, p.26 (2) Le Manitoba, 7 oct. 1904

Consultons les statistiques ministérielles. Voici ce qu’elles nous apprennent. L'éloquence des chiffres, pour un peu brutale qu'elle soit, ne manque pas de vivacité,

Du 2 juin 1902 au 2 juin 1903, les écoles publiques ont gagné 60,000 élèves. C’est un beau résultat,—confessons-le, — et que du reste, facilita la fermeture d’un très grand nombre d'écoles privées. L'État s'organise, pour la concurence, le mieux du monde !

Les écoles privées, au 2 juin 1902, comptaient 1,135,835 élèves. Elles n'en comptent plus à présent que 985,107, Elles en ont perdu conséquemment, 150,728.

Comme cependant, les écoles publiques n'en recueillaient que 60,000, nous sommes bien obligés d'avoir de l'angoisse au sujet de 90,000 enfants qui semblent avoir disparu !.…

Nous demandons ce qu'ils sont devenus. Évanouis, anéantis ? Quoi ? Qu'on nous le dise !

La loi de l'enseignement obligatoire est catégorique et ne souffre pas d'exception, Alors ?...

2° COMBIENX COUTE L'O$... GRATUIT !!

Mais cet os jeté si dédaigneusement au peuple, l'Etat le lui donne-t-11—gratuitement—?

lei encore les statistiques gouvernementales prouvent avec la plus claire évidence, combien ce mot ‘‘gratuité”’ avec laquelle on capte la faveur du peuple, est mensonger,

Dans son étude ‘Organisation financière et Budget de l'Enseignement primaire en France," M. Turlin, chef

de bureau au ministère de l'instruction publique, fait

l'historique du budget de l'instruction primaire en France depuis 1789 a 1887.

C'est cet historique que je vais suivre. Je complèterai par les chiffres que fournit le Journal Officiel de la R. F., mars 1908.

Après avoir déclaré, d'après les documents de l'épo-

que, qu'avant la Révolution les écoles primaires étaient

assez nombreuses, et rappelé que le Concile de Trente (1545) avait ordonné qu'une école fut ouverte par le curé ou les sœurs, a côté de chaque église, M. Turlin avoue que la grande majorité de ces écoles étaient soutenues par les prêtres ou les congrégations et ne coûtaient rien a l'Etat. Dans les autres, qui ne coftaient rien à l'Etat non plus et très peu aux communes, les élèves pavaient de 3 à 15 sols par mois.

Puis, M. Turlin partage son historique budgétaire en deux périodes, la première de 1789 a 1833 et la seconde de 1833 à 1887.

De 1789 a la fin du premier Empire, l'instruction primaire fut précaire et malgré toutes les lois passées par la Convention, le Directoire, le Consulat, et l'Empire, 1l n'y eut de véritable instruction que celle qui fut donnée par les prêtres et lescongrégations renaissantes,

Sous l'Empire, le budget de l'Etat, pour ce service scolaire, était de 4,250 fr.!!!

En 1832, le budget scolaire était de 984,979 fr. 29, Le nombre des écoles primaires était alors de 32,520, dont 10,316 seulement (auxquelles était réservé le budget de l'Etat) appartenaient aux communes,

le budget de 8,620,766 fr. 38, dont 5,102,538 fr, 92

En 1832, les écoles étaient au mbre de 43,879,

fournis par les communes et 2,959,537 fr. 46, subvention de l'Etat.

En 1863, le nombre des écoles primaires tant congréganistes que de l'Etat était de 52,445 et le budget de 36,525,819 fr. 59 (pour 1860).

Enfin, 1870 vint ! époque néfaste où la France passa définitivement sous la domination de la secte maçonnique qui s'empara immédiatement de l'école pour la laïciser.

En 1870, le budget de l’école primaire était de 63,- 695,671 fr. 17, et le nombre d'écoles de 53,000,

De 63 millions en 1870, le budgec montait en 1887 à 172,900,352 fr. 91, c'est-à-dire qu'il triplait presque, tandis que le nombre des écoles, de 53,000, ne montait qu'à 66,784, desquelles il faut naturellement retrancher les 22,100 écoles congréganistes existant en 1832.

Les données de M. Turlin s'arrêtant à 1887, il faut remarquer que, de 1870 à 1887, la subvention accordée par l'État à l'école primaire a toujours été environ la moitié du budget total.

Ainsi en 1886, l'État accordait 85,140,701 fr, SO ; et les départements, villes et communes dépensaient 85,115,444 fr. 44.

En 1887, l'État accordait 84,743,746 fr.78, et les départements, villes et communes, dépensaient S$,156,- 706 fr. 15.

Or, en gardant les mêmes proportions, la seule sub-

vention de l'Etat à l'école primaire pour l’année cou-

55,939,369 fr. (Journal ofhciel de la

rante étant de 1

ri —

R.F., mars 1903, pp. 84-95), le budget général de l’école primaire est donc de 331,878,396 fr. Et cependant le nombre d'écoles primaires appartenant à l'État ne s'élève qu'à 63,000 environ (Vuibert, Annuaire de la jeunesse. )

Ainsi en 1870, le budget général était de 65,695,- 671 fr. 17, et le nombre d'écoles primaires, de 53,000.

En 1903, le budget est de 331,878,396 fr., et le nombre des écoles de 63,000; et plus d'un million d'en-

fants fréquentent encore les écoles libres!!!

À combien se montera le budget de l’école laïque en 1904 ?

Voilà donc ce que les ligueurs appellent donner gratuitement l'instruction au peuple. Il y a loin de ces chiffres fantastiques de 300 millions par année à ce que coûtait l'enseignement avant que la maçonnerie fût au pouvoir.

Et d'ailleurs, ces mirifiques résultats n’ont pas été obtenus en France seulement, mais partout où la Ligue de l'Enseignement est implantée. (1)

En voilà assez croyons-nous pour montrer la valeur de cette gratuité que promet la Ligue de l'Enseignement, au Canada comme ailleurs.

Mais où vont ces millions, puisque en France par

exemple le nombre des écoles est presque stationnaire,

et puisque la population scolaire de l'Etat a diminué de 1 — 1% a = St 320,371 élèves en onze ans ?

(1) C'est ce que confirment les ouvrages de M. Claudio Jannet: Les Etats Unis contemporains; M. Martin, L'Enseignement en Angleterre

Les documents de ia Chambre des représentants belges (Session 78 79 Rapport Olin, p. 189.) Xavier Roux, L'Autriche Hongrie, etc., etc

“Le Board of Schools de New-York a trouvé moyen, dit M. Jannet, de porter au double les taxes scolaires, (de 7,250,000 fr. à 14,500,000 fr.) alors que le nombre des élèves restait le même ou diminuait.

Dans son compte, on voit pour l'année 1879 figurer 300,000 fr. pour dépenses imprévues, c'est-à-dire pour dîners et rafraîchissements, que ses membres s’offraient entre eux.”

En 1871, le gouverneur de la Pensylvanie signalait des faits analogues pour cet État. (Robert Somers, The Southern States, p. 75 ; Claudio Jannet, p. 79; Jean de Moussac, p. 249.)

Il faut avouer que le peuple les paie fort cher ces

douceurs et qu'il n'en a guère de bénéfices.

CHAPITRE Vil La décadence morale de la France, fruit de l'école sans Dieu

ANS un discours aux élèves du patronage démocratique, M. Léon Bourgeois disait : «Nous sommes tous pleins de bonne volonté, nous ne de-

mandons pas mieux que de travailler, et cependant nous ne réalisons rien Pourquoi?»

Pardon, M. Bourgeois, vous êtes trop humble. Il est vrai que votre laïque, malgré votre sublime dévouement, n'a obtenu aucunrésultat scientifique ; qu’elle n’a donné la gratuité qu'à condition que l’on paie 10 fois plus qu'auparavant; et qu’elle a été loin d'augmenter l'assistance à l’école. Mais, en revanche, le résultat obtenu par la morale laïque a dépassé toutes vos espé-

rances

Avouez aussi que votre laïque n’a jamais eu pour but

de faire des savants, mais uniquement des affranchis des doctrines catholiques ou des émancipés, pour nous servir de l’argot maçonnique.

Soyez fier, car vous avez remporté le plus beau des succès.

Écoutez donc vos amis:

«Depuis une dizaine d'années, les crimes commis par les jeunes gens se sont multiphiés dans des proportions effrayantes.

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