‹ La ligue de mm. le curé, le maire, le notaire et le médecin [microforme]Chapitre 3 sur 16 · DOCTEUR DEROY, NOTAIRE LANDRY · texte numérisé non relu

DOCTEUR DEROY, NOTAIRE LANDRY

NOTAIRE

Bonjour, docteur.

DOCTEUR

Bonjour, notaire. Prenez donc un sléire, SANS cérémonies, NOTAIRE Je viens vous donner avis d’une réunion du conseil de la Société St Vincent de Paul, qui avira lieu...

ns ——— Re

(ici, comme d'habitude, avec votre permissinn}e +

demain, à quatre heures, P. M. $ Il n'y aura rien de bien particulier, si ce n'est,la ?

lecture d'une lettre de M, le curé, adressée au conseilr:

de notre société,

'OCTEUR À quel sujet, savez-vous ?

NOTAIRE

M. le curé est très sensible aux souffrances de chacun de ses paroissiens et le dernier malheur, —celui de madame Fortier, —l'a décidé de nous soumettre un projet dont le but serait de prévenir l'indigence des veuves et des orphelins,

Dans su sollicitude pour nous, il craint que de nouveaux malheurs ne viennent s'ajouter à ceux présents. En me remettant sa lettre, il me dit : “ Votre société peut à peine répondre à tous les besoins : mais songez donc en face de quel état autrement lamentable nous nous trouverions si une épidémie venait à sévir dans la paroisse ! Que de familles seraient plonsées dans la misère par la mort de Jeurs chefs ! ?

Je lui représentai que grâce à nos lois d'hygiène, à notre orwanisation sanitaire, ces calamités sont peu à craindre ; mais je n'ai pu le rassurer.

DOCTEUR

J'admets que les bureaux de santé, les conseils d'hygiène sont très utiles à la société ; mais je n'admets pas que nous soyons absolument exempts des fléaux épidémiques. Ces fléaux sont les chaînes dont la justice divine chage, en expiation des iniquités nationales, certaines générations chez tous les peuples. Espérer se soustraire à ces calumités, ce serait pour un peuple, es, ser en quelque sorte, se soustraire à la justice divine.

Je ne le souhaite pas, mais avant longtemps peutêtre, une page de deuil viendra s'ajouter dans notre histoire à celles qui racontent les lugubres évènements de 1532, 34, 47, 56, 70 et 85. Ex s'attaquant à notre génération de neurasthéniques et de nerveux, une épidémie quelque peu maligne ferait une œuvre terrible. Ce serait un carnage.

Je crois que le projet de M. le curé vient bien à point, s’il est pratique st effectif

Notaire, j'ai un renseignement à vous demander sur un point de droit : Lorsque le certificat de médecin et les déclarations qui accompagnent une proposition d'assurance sur la vie, sont favorables au solliciteur, la compagnie est-elle tenue d’accepter cette proposition !

NOTAIRE Ah! non; pas du tout. Quelquefois les déclara tions du solliciteur sont fausses

DOCTEUR Maintenant, une compagnie d'assurance pourraitelle, après le décès d’un solliciteur, nccepter sa proposition de contrat, émettre une po‘ice et en payer le montant au bénéticiaire ?

NOTAIRE

Je ne crois pas: ce serait faire un pur don, et une compagnie ne peut, à même les fonds qui sont ln garantie et le wage des assurés, faire des faveurs ou des présent: Le wouvernement réprimerait un tel avuus.

DOCTEUR

Je vous remercie, notaire.

NOTAIRE Je suis votre serviteur. Au revoir.

DOCTEUR Au revoir.

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