‹ La ligue et Henri IVChapitre 17 sur 50 · ET H EMU IV · texte numérisé non relu

ET H EMU IV

ce royaume, el iMiM. Laicher, conseiller en la cour, et Tardil', conseiller au Chastelet , ayant recherché des prétextes ordinaires de trahison descouverte; et estant monseigneur de Mayenne adverti de ce qui s'esLoit exécuté, a jugé qu'il devoit proraptement y pourvoir, en sorte qu'un tel accident ne pusl cy-après survenir; ce qui luy auroit laict quitter son armée; pour quelques jours et venir en personne par deçà pour en prendre cognoissance , et cliasti(M' jusques au nombre de (|uatre seulement, usant de sa douceur et clémence naturelle envers tous les autres ; ce que nous espérons devoir cy-après apporter un repos et tranquillité en ceste ville, ce dont nous vous avons bien voulu advertir, afin qu'à nostrc exemple vous puissiez prévenir de tels malheurs, etestablir si bel ordre parmi vous en vostre ville qu'un semblable accident ne vous puisse arriver.» Peu de cités répondirent à ces explications. Le parti de la bourgeoisie n'avait plus qu'un faible ascendant sur le peuple; la démocratie municipale formait les bases de la ligue. Partout on savait les trahisons et les bassesses des parlementaires. A quoi aboutissait ce nouvel ordre administratif institué à Paris, cette proscription de tout ce qui avait le cœur haut et la main ferme? à l'inévitable transaction avec Henri IV. La bourgeoisie se séparait du peuple ; elle voulait avoir son gouvernemenl, gouvernement sans force , qui , tôt ou tard, devait passer aux gentilshommes batailleurs , sous leur roi Henri de Navarie. C'est une des conditions de la bourgeoisie de ne pouvoir jamais longtemps seule établir son gouvernement politique. Elle doit, par la force des choses, ou s'unir au peuple, qui est son origine, ou se jeter aux bras des hautes classes, qui la couvrent de leur éclat. Quand elle n'a voulu ni de la multitude, ni des gentilshommes , elle a fondé je ne sais quoi de faible et de honteux qui a duré tout juste le temps de tomber aux acclamations méprisantes de la foule.

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