‹ La ligue et Henri IVChapitre 25 sur 50 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

MOUVEMENT d'iNQUIÉTUDE DES CALVINISTES. — CONVERSION ET AVÈNEMENT DE HENRI IV.

Plaintes des minisirescalvinistes sur la conduite de Henri IV. — Lettres du ministre Sjiina. — De Duplessis-Mornay. — Retiiiête des eahinistes. — Les pauvres Albigeois. — Préparatifs de la conversion. — Engagements envers les calvinistes. — Motifs de la conversion. — Procèsverbal à Saint-Denis. — Acte d'abjuration. — Profession de foi. — Lettre an pajjC. — Explication diplonialifiue sur l'abjuration adressée àÉlisabetli; sa réponse. — Protestation du légat. — Troisième é[)0(ine des états. — Situation de Paris. — Triomphe de la loi saliquc par la majorité.

J'ai dit les actives démarclies qui avaient été faites par Henri de Navarre pour s'attaclier le parti catholique. Prince habile, il ne s'était pas seulement contenlé d'une déclaration qui assurait à tout jamais le libre exercice de la foi romaine ; il avait encore mainleslé le désir de s'inslruii'c de ses dogmes, de ses miracles, de ses merveilleuses légendes ; il avait offert de se soumettre au concile général, comme à un arbitre suprême en matière de foi. Henri envoyait une ambassade spécialeà Rome, auprès du pape Grégoire ; puis auprès de Clément, afin de parfaitement convenir d'avance des résultats de son abjuni- "lion. Pounait-il compter sur l'appui des pontifes au moyen de ces concessions? M. d'Ossat et l'évéque de Paris, Gondi, esprits de tiers-parti, s'étaient chargés de cette mission , car Henri était hérétique, relaps; et comment dès lors obtenir son absolution 1 L'Espagne, (jui avait repris son ascendant à Rome, devait traverser toutes les tentatives elcinpéclier les résultats politiques de ce retour du roi de Navarre aux lois générales

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de la vieille société, acle immense travenir. Il y avait loii;^;temps que le parti calviniste s'inquiétait des démarches du noble chef qu'il avait choisi, et de ses rapports intimes avec les catholiques. Dès que la brave chevalerie huguenote l'avait vu se rapprocher des parlementaires et du tiers-parti , elle avait jugé que le roi de Navarre, sans conviction profonde, sans véritable conscience religieuse , adopterait cette foi romaine contre laquelle toute la réforme avait saisi les armes. Ce prince, tout de chair, adonné au vin, aux femmes, roi de débauche et de plaisir, nouveau Salomon, n'allail-il pas suivre l'impulsion de ses intérêts, le parti qui conviendrait le mieux à son repos et à sa plaisance? Ingrat pour les siens, parjure envers celte brave et noble chevalerie qui seule avait servi ses premières armes et salué son drapeau, Henri allait-il passer à cette église, hlle de l'antéclirist, qui avait couvert de boue ses images, et flétri sa personne de l'excommunication? Ainsi raisonnaient les ministres austères; ils s'en exprimaient même sans aucun ménagement. Le sévère ministre Spina écrivait à Henri IV : « Sire, c'est la meilleure et plus saine partie de vos pauvres subjects qui parle maintenant à vous et se plaint à vous de vous-mesme. Dieu a retiré partie de ses bénédictions de dessus vous, et il n'accompagne plus vos armées de ses faveurs : vostre changement est cause de ces changements, car qui s'esloigne de Dieu, Dieu s'esloigne de luy. Sire, ce sont des paroles que vous ne pouvez mespriser sans mespriser vostre âme et vostre estât. Ce sont les trophées de vostre victoire d'ivry qui vous ont haussé le courage ; c'est environ ce lempslà que vostre fortune commença à ravaller. Auparavant vous recognoissiez Dieu pour auteur de vos victoires, et luy en rendiez sacrifices et louanges; mais on a vu depuis qu'enilé de tant de succès et vous voyant devant la ville capitale de vostre royaume, accompagné de tous les princes du sang et de la plus belle noblesse, vous commençastes à vous appuyer sur les bras de la chair, et desdaigner vos anciens serviteurs, desquels vous avez tiré autrefois le sang et la substance ; vous

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