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jusqu'à mon coucher. Nous croyons la trêve, et qu'elle se doit conclure aujourd'hui; pour moi, je suis à l'endroict des ligueurs, de Tordre de Sainct-Thomas. Je commence ce matin à parler aux esvesques, outre ceux que je vous mandois hier. Pour escorte je vous envoie soixante arquebusiers, qui valent bien des cuirasses. L'espérance que j'ai de vous voir demain, retient ma main de vous faire plus long discours. Ce sera demain que je ferai le saut périlleux. A l'heure que je vous escris, j'ai cent importuns sur les espaules qui me feront haïr Sainct-Denis comme vous faictes Mantes. Bon jour, mon cœur ; venez demain de bonne heure , car il me semble qu'il y a desjà un an que je ne vous ai vue. Je baise un million de fois les belles mains de mon ange et la bouche de ma chère maistressc '. » Ce fut donc moms l'inspiration de Dieu, la parole des évêques et des prêtres qui amenèrent l'abjuration de Henri, le railleur de croyances, que de sérieuses réilexions sur sa position politique. Quand l'assemblée catholique de Siirène eut dénombré ses forces, il fallut vite aller à elle. Le Béarnais craignait une défection des soigneurs qui s'étaient unis à lui depuis la mort de Henri 111 ; il s'était maintenu par eux; il les avait ménagés; il devait leur donner aujourd'hui le pouvoir, car ils étaient la force; les huguenots ne devenaient plus que des auxiliaires. Dès lors Henri de Navarre se résolut à sa conversion ; il ne s'agissait que de choisir un moment opportun pour ne pas trop prolondémcnt blesser les huguenots; et surtout il fallait les préparer à ce brusque changement dans la croyance de leur chef. Henri accomplit loul avec une grande habileté politique ; sans briser ses alliances à l'extérieur, il fit une immense concession à la vieille société catholique. Il se posa roi de France avec des conditions de durée et de force.
Au milieu de ces tendances diverses des états-généraux, d(^
' 23« juillet l.')!j;i. — Henri IV à la mai (prise de, Moiisscaiix ; Mémoires <k.'\L>l>' i:K-\loil<i, inss. cnt. P, W -W. —Suitfikmeitl J''i"r- H2.'v^.
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ces délais interminabies dont chaque intrigue «Hait accompagnée, l'opinion catholique et ligueuse de Paris s'appauvrissait. De braves chefs avaient été pendus à Montfaucon ; d'autres s'exilaient volontairement. La majorité des seize quartcniers était encore dévouée aux halles et aux confréries, aux immunités municipales ; mais son action se trouvait complètement neutralisée par la grande influence bourgeoise et parlementaire. Les trêves qui venaient d'être conclues ou prolongées avaient atténué quelques-unes des préventions que les partis conservaient les uns envers les autres. Bien des gentilshommes du camp de Henri de Navarre venaient jusqu'aux portes de Paris, y entraient librement au moyen de passeports; et à leur tour les bourgeois allaient à Saint-Denis visiter les tentes de Henri, qui multipliait les témoignages d'amitié et de familiarité royales envers ces habitants de Paris, grande cité qu'il convoitait déjà comme sa bonne ville. Les visites devinrent si fréquentes, qu'on fut à la fin obligé de les défendre, à moins d'autorisation spéciale. Le duc de Mayenne ne voulait pas se livrer pieds et poings liés au Béarnais. La capitale de la ligue n'en était pas réduite à se rendre sans conditions ; ne savait-on pas la finesse de Henri de Navarre , les alertes de guerre, toutes les ruses qu'il avait employées pour surprendre Paris durant le siège? Aussi les chefs ne négligeaient-ils aucun moyen de garde et de si!ireté. On publia au son de la trompe, sur toutes les places et carrefours , un ordre sévère de police militaire: «Voici les lieux où seront trouvés les princes et seigneurs aux alarmes et occasions qui se présenteront : Monseigneur le duc de Guise se tiendra et promènera dans la ville ayant M. Langlois, eschevin, avec luy, et donnera l'ordre par toute la ville par-delà l'eau. Monseigneur le duc d'Aumale prendra la charge du rempart depuis la porte Sainct-Antoine jusqu'à celle Sainct-Denis ; M. le maréchal de Rosne, le rempart depuis la porte Saint-Denis jusqu'à la porte Neuve; M. le mareschal de Sainct-Paul se rendra au bastion de l'Arsenal, à la teste de la rivière jusqu'en Grève , avec :\L Devaux , cschf!-