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trances faicles uu bureau de la ville par plusieurs capitaines et bourgeois, que quelques personnes incognues et sans aveu s'ingéroient d'aller par les maisons tant de cesle ville que ailleurs taire recherche et prise contre le bien et repos public, à quoy est besoin pourvoir ; faictes très expresses inhibitions et desfenses à toutes personnes, de quelque estât, qualité et condition qu'il soit, d'aller ni entrer es maisons de ceste ville et fauxbourgs de Paris. M. le président Brisson, colonel, faictes recherches exactes par vos dixaiues, appelant avec vous tel nombre de bourgeois avec leurs armes que vous adviserez, es maisons, hostelleries, chambres garnies et collèges, pour sçavoir quelles personnes y sont logées. Il est enjoinct aux capitaines des archers, arbalestriers et arquebusiers, de faire bonne et sûre garde par vingt personnes de leur nombre, alternativement les uns après les autres, en la maison et commanderie du Temple pour la tuition et garde des poudres à canon, et les capitaines qui entreront en garde à la porte Sainct-Anthoine feront faire ouverture de ladicte porte entre cinq et six heures du matin, et la fermeture à neuf heures du soir précisément ; ils bailleront les clefs au capitaine Leclerc qui commande à la Bastille. Sire Guillaume Guercier, quartenier , nous vous mandons que vous ayez à visiter en toute diligence les chaisnes, rouets et poteaux de vostre quartier , et si aucune chose y a à refaire. Appelez aussi les dixainiers de vostre quartier, et avec eux eslisez quatre notables bourgeois de chascune desdictes dixaines. M. le président deThou, colonel, nous vous prions, suivant la résolution de l'assemblée, d'adviser le nombre de corps-de-garde que penserez eslre nécessaire pour maintenir la ville en toute sûreté, faictes ensemblement description et roole des bourgeois dudict quartier qui ont chevaux en leurs estables et peuvent fournir gens propres pour vous accompagnera faire les gardes et rondesàchevalqui sont nécessaires pour la sûreté de ceste villes »
1 Toutes ces délibérations qui rappellent les temps modernes sont consignées dans les curieux registres municipaux, vol. \n.
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Aussi avec quelle grande et belle sollicitude le nouveau conseil de ville ne veillait-il pas à la garde et à la protection des bourgeois ? On passait les nuits à l'hôtel en Grève; on avait toujours peur de ces faux et maudits politiques, de d'Épernon et de cette gentilhommerie de cour sans conscience, qui pouvaient par ruse surprendre les portes, s'introduire au moyen de quelques traîtres bourgeois, et pénétrer jusque dans l'enceinte même de la cité. Et le conseil municipal ne se bornait point à des mesures intérieures ; il se hâtait de suivre son grand système d'union de ville à ville, qui seul pouvait donner une immense force aux résolutions de Paris. Il y avait longtemps déjà que la ligue existait de fait et de sentiment ; on s'entendait pour toutes les chances d'avenir, et il ne s'agissait que de régulariser cette impulsion. Les prévôt et échevins écrivirent à toutes les bonnes villes pour leur annoncer ce qui s'était passé dans leurs murs et appeler leur concours. La première dépèche dut être adressée aux petites cités environnantes, parce qu'il était essentiel de s'assurer de leur aide dans la ligue municipale : « A messieurs les maire et eschevins de la ville de Monter eau-sur-Yonne. — Messieurs, nous vous prions très affectueusement de desputer et envoyer incontinent quelqu'un d'entre vous en ceste ville avec lequel nous puissions conférer de tout ce qui concerne nostredicte conservalion, et sur ce, prendre ensemblement une bonne intelligence et correspondance à la gloire de Dieu et manutention de nos villes. Vos frères et bons amis les prevost des marchands et eschevins de la ville de Paris. « De semblables lettres furent adressées à Lagny et à Corbeil. Ensuite une dépèche commune à toutes les grandes cités fut rédigée en forme de circulaire : « Messieurs, si vous n'estiez advertis des déportements du duc d'Espernon et autres partisans du roy de Navarre, nous aurions à présent trop de subjectspour en discourir; mais nous nous contenterons de vous dire que bruslant du désir de s'empai(;r de nostre ville conmie de la première du royaume et du siège de la religion catholique, ils ont, sous luux bruits el
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fausses impressions données à sa majesté contre M. de Guyse, faict entrer quatre mille Suisses en nos fauxbourgs avec force régiments de pied. De quoy M. de Guyse adverti est arrivé en plein midy, avec sept chevaux seulement, pour représenter au roy son innocence et la pureté de ses actions ; toutefois, au lieu d'y estre reçu, tels partisans de sa majesté ont fait appréhender à icelle quelque grand péril, encore qu'elle fust au milieu d'un peuple très fidèle ; ils ont de nuict faict entrer toutes les compagnies en la ville, lesquelles se seroiont saisies des ponts et emparées de toutes les places au grand estonnement de ce peuple qui voyoit sa vie en danger, ses biens à la merci du soldat, et la religion catholique au point d'estre du tout perdue. Ce qui le fit résoudre à sa conservation, se barricader en toutes les rues, tendre les chaisnes, de sorte que ceux qui le pensoient surprendre se virent eux-mcsmes surpris, et finalement recouvrirent la liberté de la ville et l'assurance de ladicte religion. De quoy leurs ennemis esfrayés, encore que le peuple ne bougeast, auroient conseillé au roi de s'enfuir honteusement et abandonner sa maison sous couleur d'aller aux Tuileries, puis Tauroient enlevé du Louvre et conduict en la maison de Damville, allié dudict d'Espernon et frère de Montmorency, associé du roy de Navarre. L'heure et le temps sont venus ou qu'il faut mourir ensemble, ou s'affranchir de la servitude où d'Espernon nousa jetés. »
Aux villes plus éloignées, aux cités plus importantes, le conseil municipal de Paris donnait de plus longs détails : « Nous aurons à craindre , disait-il aux Lyonnais, qu'on n'induise encore sa majesté à quelque conseil violent contre nous, au dommage de la religion et de l'estat, et pour ce, nous ayons voulu vous faire ceste lettre pour vous prier bien affectueusement de vous unir avec nous en une si juste et commune défense, vous asseurant que vous cognoistrez assez combien la conservation de la ville de Paris est importante et à l'un et à l'autre, et que de là dépend tout le bien ou le mal et de lu religion et de la France. »