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la, llulUuule: depuis vingt ans, elle luimuil uii(3 nuliuu Jibic; mais sa liberté n'était point reconnue par l'Espagne et les états de rarchiduc, dont elle s'était violemment séparée. Par la médiation de Henri IV, il y eut donc garantie aux Provinces-Unies par les rois de France et d'Angleterre, de la Irève de douze ans faite entre eux et les archiducs Albert et Isabelle- Glaire-Eugrénie. Par celte trêve les états-généraux des Provinces-Unies furent reconnus comme puissance libre et indépendante. Ils durent ainsi à la protection de Henri IV, l'honneur d'être comptés au nombre des nations souveraines de l'EuroiJC ; et c'est quelque chose dans les mouvements diplomati(|ues, pour la facilité des transactions. A la suite de ce premier acte d'une reconnaissance absolue et sans conditions, il y eut un traité d'alliance négocié par le président Jeannin et de Bezenval. Dans ce traité « le roy très chrestien promet assister de bonne foy les sieurs des états pour les ayder, en ce qu'il pourra, à obtenir une bonne et assurée paix ; et s'il plaisl à Dieu la leur donner, se mettre en tout devoir de la laire garder, et les desfendre en eux et leurs pays, de toute injure, violences et invasions contre tous princes, potentats et personnes quelconques qui voudroient entreprendre d'enfreindre et violer ladi(;te paix, soicl directement ou indirectement, et leur fournir à cet clfect dix mille hommes de pied, à ses frais. »
Si la monarchie! des Bourbons prenait sous sa protection la république naissante des états de Hollande, elle renouvelait aussi ses vieilles alliances avec les Grisons et les Suisses. La liberté de Genève n'éprouvait pas une atteinte dans ses droits, que tout aussitôt le roi de France ne tirât l'épée pour sa conservation. Quand les députés des Grisons vinrent à Paris pour renouveler la ligue et trêve, ils furent royalement festoyés au Louvre et par la ville ; le jurement fut renouvelé, et le roi déclara qu'il se ferait découronner roi de France plutôt que de souffrir que ses bons compères les Suisses pussent voir leur indépendance menacée. On jura de part et d'auti'es des capiluhilions militaires, une assurance umluelle en cas d'attaque :
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uSa nuijestca lousjours grandement affec lionne la piospùriié de leur répulilique , comme elle le leur a tesmoigné en plusieurs et diverses occasions, et les assistera de la somme de vingt-cinq mille livres par mois. » La Suisse formait pour la France une barrière naturelle du côté de la Savoie, antique rivale de la maison de Bourbon. Non seulement Henri IV appelait ses bons compères dans ses armées, mais il sentait l'importance de maintenir l'intégrité des cantons, la force de la fédération belvétique. Genève était alors spécialement menacée par la Savoie, qui convoitait cette belle cité, le siège de la religion de Calvin et de la philosophie de la réforme.
Sous le règne de Henri IV se développe encore sur de larges bases Talliance de la France et de la Turquie, essayée sous François I", et qui changea la pensée du droit public en Europe. Il est curieux de voir avec quelle attention les sultans Amurath, Mahomet et Achmed, entretiennent des relations avec la cour de Henri IV. Ils craignaient la puissance de Philippe II et de son successeur, et ces croisades que les papes rêvaient contre l'Orient ; plusieurs des conseillers du roi recevaient des pensions secrètes de Constantinople, et Henri IV cherchait dans l'empire ottoman une force contre l'Espagne. L'habile Savary de Brèves, ce négociateur ardent, qui depuis quinze ans n'avait jamais quitté Constantinople, stipulait alors de hauts privilèges commerciaux et politiques. Les premières capitulations réguhères pom^les consulats et la juridiction des Francs dans les Échelles remontent à cette ambassade active et curieuse' : «L'empereur Achmed, fils de l'empereur Mahomet toujours victorieux, moy qui suis par les infinies grâces du juste, grand et tout-puissant Créateur, et par l'abondance des miracles du chef de ses prophètes, empereur des victorieux empereurs, distributeur des couronnes aux plus grands princes de la terre, seigneur de l'Europe, Asie et Afrique conquises par noslre victorieuse espée et espouvantable lance,
* BiblioUu du roi, niss. do Brieunc; \ol. lx.vvu!, iiug. lôT.