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Chapitre XII, p. 195. — La Ligue a dégoûté tout le monde

iâ février 1586. Les amis de Guise s'effrayent. 11 lie va pa^u Louvre qu'avec trois cents gentiishomroes. Je crois qu'on verra bientost esclat* ter ce que le roi couve au fonds de la nue, le desdains qu'il porte dans la poitrine. — 20 février. Guise va toujours à pied au milieu de ses gentilshommes à cheval. M. de Sau:ves a dit que si Guise se hasardoit à s'accoutumer avec sa femme, il le feroit mourir sans respect. — 16 février. On croit qu'il (Guise?) est venu pour offrir de l'argent au roi de la part du clergé pour continuer la guerre contre le roi de Navarre. — j8 février. Hypocrisie de Guise. Il dit k l'ambassadeur de Savoie qu'il ne parlera point de paix, qu'il embrassera en bon serviteur le parti que suivra le roy, qu en ces jours de pénitence, où les ébats étoient bannis, onparleroit des affaires; que dans quinze jours il retoumeroit dans son gouvernement, où il serviroit mieux le roy. — 10 mars 1586. Guise fait effort pour que l'argent que donne le clergé soit remis en ses mains pour la guerre. Il visite ceux de Paris, tous les conseillers et présidents. — 1^3 iliars. Le roi met ordre que le sieur de la Noue se jette dans Genève avec soixante- gentilshommes, du consentement de ceux de la ville (pour la garder contre la Savoie.) — 14 mars. La nécessité d'argent les fera tous changer sans vergogne. M. de Gùise est pauvre et vend tous les jours. Argent comptant lui pourra faire changer de conseil. Et le clergé pai|iera tout.

23 mars 1586. Le roi ne consulte plus sa mère. Il met des impôts pour rendre odieux Guise, qui veut la guerre. — l^' mai. On réduit Guise par la pauvreté. Il vient d'engager sa meilleure terre de 25,000 fr. de revenus. — 14 mai. Guise dit au roi en portant : Je vois que mes

ennemis, da vivant de S. M. , peuvent m'ôter Thonneur et la vie ; mais je leur montrerai avec combien de malheurs cela adviendra. Cent ans après nous on sentira la plaie qu^ils auront faite à ce royaulme. — Guise aspireroit à la couronne après la mort du roi. — 27 mai. La Ligue a dégoûté tout le monde» Guise sVst laissé mener par le nez. — 18 juin. Dévotion d'Henri III. Le pape le prie de modérer ses abstinences. — 10 juin. On va imprimer les lettres de Guise à TEspagne et au pape. Le roi est devenu le plus fort. '• — 4 juillet. Le roi a dressé 12 enfants joueurs de luth, et les fait coucher k la garde-robe. -—15 février. Joie de la Savoie. Le jeu commence. Le duc pourra tomber enfin sur Genève, que le roi défend. — D'Espemon périra le premier, et Ton profitera de ses débris. — 20 février. Le roi devient mélancolique, n'aime plus le bruit, se retire aux Capucins. 11 laissera faire. Les mignons sont ennemis entre eux. Joyeuse trahirait Ëpernon pour Guise. ^ 6 mars. Henri II l dît qu'il voudroit que Savoie fût dans Genève, qu'il s'en réjouiroit avec le duc. — 31 mars. Le roi s^abandonne; mais, si d'Épernon vient, il peut tuer ses ennemis. Êpemun dit qu'il les fera sauter des galeries du Louvre. — 20 avril. Le roi, larme à l'œil, met le chapeau de Joyeuse à Éperrlon et celui d'Épernon à Joyeuse, et ' les deux chapeaux sur sa tête : union. — 29 avril. Il faut que le duc de Savoie gagne Marseille et Lyon. Sans Marseille, point de Provence, sans Lyon, point de Dauphiné. — 2 juin. Savoie pourroit se déclarer défenseur du roi, qui lui remettroit ses places plutôt qu'à un d'Ëpernon. — 4 août. Guise, au désespoir, avoue qu'il appellera les Espagnols. — C'est à ce point de ses affaires le plus ébranlé qu'il fera bon traiter avec luy. Je Iny ai faict tenir les 2 billets. On verra ce qu'il répondra. — 5 septembre. (Aux Ëtats), il y aura quelque querelle d'Allemand qui troublera la fête. Les fourriers des princes s'y entrebattent déjà. — 1.1 septembre. Le roi est vindicatif et dissimulé, mais qui n'exécute pas, il sera toujours prévenu par M. de Guise. — > 12 septembre. Guise a 5,000 arquebusiers dans Orléans, et l'ambassadeur offre du secours à Guise, qui se croit fort et ne veut encore agir. — Guise envient à nonchaloir, reprend ses amours avec madame de Sauves. — Le roi fait en* tendre qu'il le fera connétable. — 1589, 17 mars. Le président Jeannin m'est venu trouver; il m'a dit que V. A. devoit agir, que M. du Maisne, estant élu lieutenant de TEstat, ne pourroit sans rougir consentir ouvertement et du premier abord qu'on démerabrast la France. — Voyant qu'il parle vaguement comme Guise, le Savoyard répond durement, écarte Icg belles paroles de Jeannin, dit qu'il lui faut au moins le Dauphiné sous la protection de lu Savoie. ~ Les trois ou quatre qui mènent les affaires offrent le Dauphiné et la Provence. — {Dépêches inédites de V ambassadeur de Savoie, Archives de Turin. )

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