‹ La ligue et les papesChapitre 16 sur 32 · MORT 0*HENRI · texte numérisé non relu

MORT 0*HENRI

se rencontrer en public avec le Roi excomrouDié ip$o facio par la mort du Cardinal de Guise. »

c( La Reine Catherine de Nédicis, dit Sixte V, a été cause de maux infinis et Dieu ne lui a pas fait éprouver, avant de mourir beaucoup de consolation (1). » Le Pape faisait sans doute allusion en ces dernières paroles à Tévéne^ ment du 23 décembre. Comment l'avait-il appris et comment le jugeait-il ?

L'ambassadeur du duc de Savoie à Rome avait reçu le 4 janvier 1689 un avis de la mort du duc de Guise; celui de France en était informé le 5 par une lettre de Jérôme Gondi et le lendemain 6 un courier apportait au Cardinal de Joyeuse un pli oii la même nouvelle était donnée à Niccolini, représentant du grand duc de Toscane. Sixte V était à table lorsque le sous secrétaire d*Etat Mgr de Bertinoro lui annonça la mort du duc et du Cardinal de Guise. — « Les malheureux (2), s*écria*t-il, ils leur ont donné la mortquIU méritaient » et il fondit en larmes. L'ambassadeur de France vint le 6 au soir porter au Pape la lettre reçue la veille, et comme l'ambassadeur de Venise le remplaça immédiatement à l'audience, nous connaissons grâce k lui l'effet produit par la communication de Pisany (3). « Que pensez^vous de ces

le côté gauche. Le corps fut embaumé, mis dans \m cercueil de plomb renfermé dans un de bois.

Pour donner satisfacUon au peuple qui accourait de tod9 les environs pour voir la Reine, on transporta son corps « de la Chambre ordi^ nairc à ceUe des audiences, orné des plus beaux tapis d*or qui soient au palais. » Beaucoup de dames en habits de deuil veillaient près du corpd totouf duquel brûlait une quantité de lumières et des P. P. Francis* eains psalmodiaient toute la nuit, etc.Àrch, du Vatican, Leltere, t. XXIV, ^ef7; 15 janvier 1380.

(1) « Lei era stata causa dMnflnitl mali, e Dlo Taveva condotta a mo^ rire con poca satlsfazione » parole rapportée par NlccoUni, dans Négociât» ^plomatiquet, t. Y, p. iO. Sur Catherine voir un travail du comte de la Ferrièrc dans le Cofrespondant, nov. et déc> 1880. M. de la Ferrière pablic les lettres de CaUierinc de Médicis.

(% « SciaguraU p on pourrait aussi traduire « miséraiiles • ou c scélé^ rats. » Bibl. des Barberini à Rome, mi. LX — 3i p. i43.

(3) Baron de Hubner Sixte-Quint, t. Il, p. 21, cf. Lettre de Niccolini ^ janvier 1589 dans Négoc. diplom., t. V, p. ^.

nouvelles, M. Tambassadeur, s'écria Sixte V en voyant entrer le vénitien Gritti ? .Nous ne pouvons louer et nous devons blâmer » et alors il reprit longuement Texposé des faits. Le premier acte du duc de Guise a été de s'armer contre le roi, lorsqu'il ne lui appartenait en aucune façon, de lever les armes contre son souverain ; bien qu'il prit la religion pour prétexte, il n'avait pas le droit de marcher contre son roi, ni de lui imposer la loi ; c'était un excès et us péché, car ce n'est pas au vassal de commander et de faire violence au prince; il peut bien l'avertir, l'exhorter, le persuader, mais s'insurger contre son roi est une action inexcusable, c'est un péché. Et si pour ce motif le roi l'avait puni, on n'aurait rien à dire : on aurait même pu approuver. Le second acte du duc a été son arrivée à Paris il y a quelques mois... Si le Roi avait voulu procéder contre lui il pouvait l'arrêter, le châtier, et s'il l'avait mis à mort et fait jeter son corps parla fenêtre, personne n'aurait bougé et tout était dit. Le roi eut tort de ne pas le faire alors... Maintenant vient de s'accomplir le troisième acte. Le roi peut agir <H)ntre ses sujets et n'est tenu de rendre compte à personne de ses actions. Mais après s'être réconcilié avec le duc de Guise, faire appeler dans sa chambre cet homme et le massacrer, c'est ce que nous ne saurions approuver, car ce n'est pas un acte de justice, c'est un homicide. Il devait l'arrêter, lui faire son procès et agir ensuite selon sa convenance, eu il est roi et, s'il se fut conformé aux lois, et eut observé les formes ordinaires de la justice, tout eut été bien fait En ce

qui concerne son frère, si le roi avait le moindre sujet de plainte, pourquoi ne pas s'adresser k Nous? Nous aurions appelé le Cardinal à Rome et tout se serait arrangé; s il n'était pas venu, nous l'aurions, pour punir sa désobéissance privé du Cardinalat, et alors le roi eut pu agir selon son

bon plaisir En somme le Roi a mal agi en traitant de la

sorte des gens avec lesquels il s'était réconcilié ». LePai)C parlait posément, écrit Gritti. Il devait éclater. Déjà lorsqu'il reçut le Cardinal de Joyeuse, tout entre eux fut « confus et aigre ». — «Nous ne faisions, dit Joyeuse,

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