‹ La ligue et les papesChapitre 21 sur 32 · MORT D*HENR1 III · texte numérisé non relu

MORT D*HENR1 III

renseignant mal le Souverain Pontife on Tinclinait à seconder ces passions (1).

L'intervention du Pape, et son intervention immédiate, était donc, quoiqu'avec des motifs différents, aux yeux du royaliste duc de Nevers comme à ceux du ligueur P. Félix, absolument nécessaire pour sauver la religion et TÉtat. « De grâce, écrivait le duc de Nevers, que le Pape réconcilie avec le Roi son troupeau catholique et impose à tous le devoir de combattre les Huguenots. Après il sera trop tard, tant les partis ont de fureur et d'aveuglement. »

Sixte-Quint le savait, mais sa circonspection, tenue en éveil par les récrimmations des Ligueurs, était également justifiée par l'attitude du Roi. Au lieu de suivre l'élan d'un fils vers son père, Henri III s'avançait d'un pas contraint et calculait ses expressions avec la froideur d'un politique.

Le 8 février iS89, le Roi écrivit au Pape pour lui annoncer le départ de llËvéque du Mans Claude d'Angennes de Rambouillet, <c personnage d'exemplaire vertu et ferveur » et demander pour lui « bénigne audience, )» en ajoutant foi et créance à sa parole (2) : « Votre Sainteté, disait-il, a scen ce ce qu'il s'est passé à Blois, et combien de justes causes les Princes ont de se conserver en leur estât... pour quoy, comme par force, j'ay esté tiré à ce qui est advenu (3). »

(1) « lo temo ch*i nostri non le sieno noU abastanza per la diversité dei eerveUi che rcgnano fra tioi. •» Leltre du cardinal de Gondi, 37 avril. Arch. du Vatican, /. c, t. XXY, P 39.

(2) Arch. du Vatican, Gallia tub Sisto V, 1. 1, f» 132. II était neveu du cardinal de RambouiUet empoisonné, lit-ou dans Moc lettre de Catherine

dcMédicis au Pape, (18 sept. 1588), « par une once d*elieb3re blanc mis :

P8r son apothicaire dans un clystère. » Arch. du Vatican, Lettere^ t. XXVI^ ^ 315. Henri III écrivit au Pape le 15 septembre. Ib, ^ 347 et 15 novem- '

bre, ib, fo 350; et au cardinal de MonUUo, f» 273. 1

P) Arch. du Vatican, Gallia sub Sisto V, t. I, T 137.

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Or le Pape condamnait nous Tavons vu ce qui était t advenu » au cardinal. Malgré sa résolution de se renfermer dus ses droits les plus stricts, Si)Cte- Quint n'avait pu obtenir aucune satisfaction. Il était disposé k faire une part aussi large que possible à la 'raison d*Ëtat, mais enfin il avait an moins besoin d*ttn simulacre de repentir. Écoutons le rédt de révèque du Mans : il met en relief les caractères et précise la situation (1).

Après s'être arrêté une journée à Turin et une demijournée à Florence, pour voir le Grand Duc, Tévêque arriva le 28 février à Rome, ofa il descendit chet le cardinal de Joyeuse, tandis que Villeroy et le cardinal de Gondi» venus avec loir se logèrent chez l'ambassadeur marquis de Pisany. ,

Joyeuse et Pisany instruisirent aussitôt Tenvoyé ^tno^ dinaire du Roi de TÉtat des esprits à la cour de Rome : on y était beaucoup plus exaspéré qu'on ne se le figurait et on s'y berçait de grandes illusions. Aussi pour détruire l'effel produit par l'annonce des succès des Ligueurs, il fallait montrer au Pape que les affaires du Roi étaient loin d'être complètement ruinées.

Le 25 février, le cardinal de Joyeuse et le marquis de Piss^y accompagnèrent l'évêque du Mans à l'audience pontificale. Sixte V les reçut très bien et eut la patience d'écouter le « très long discours » que lui fit l'ambassadeur» pois l'évêquci lequel «, parla pendant une heure ou peu s'en faut. >» Henri III lui avait ordonné de présenter au Souverain Pontife la vérité sur les événements de Blois et il s'aOqtiittait avec soin de sa commission. En face de ses ennemis le Roi^ dit l'évêque, n'avait pas pensé à la dignité cardinalice dont l'un des coupables était revêtu; telle fut l'excuse. Le pape ne voulut pas revenir sur le passé, nî discuter des assertions auxquelles, d'après plusieu)*s renseignements» il lui eut été facile, dit-il, d'opposer des assertions contraires : Il ne

(1) Arch. du VaUcan, Galtia sub Sisto V, t. ÎI, f» 408, rêvôqttC du Mans au Roi, 15 mars 15S0. Un résumé du rapport de 1 Évêque a été imprimé en 1589; Hubncr, Sixte-Quint, l II, p. 225.

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parla ni du pouvoir des Rois dans leurs Etats, ni de la mort du duc de Guise, car celui-ci était un sujet et l'autorité du prince est suprême, quoiqu'en raison du péché d'homicide commis pour n*avoirpas observé les formalités de la justice, le Roi relève de TÉglise et est soumis au Pape, mais enfin il passait facilement sur tous ces faits, car il avait un plus grand sujet de plainte. Le Roi devait réparation pour Tattenlat commis contre un cardinal, personne privilégiée, qui n'était plus dès lors son sujet, mais était comme tous les cardinaux sujets du Pape, doublement sujet, puisqu'il Tétait déjà comme évèque et que les évoques sont sujets du Souverain Pontife et non des Princes. Le Roi avait donc méconnu les privilèges des cardinaux et au lieu de cacher le fait et d'atténuer le scandale, il l'avait publié.

S'il voulait punir le cardinal de Guise, il aurait dû le remettre entre les mains du Légat, l'envoyer à Rome et demander justice : elle aurait été faite immanquablement. Il ne pouvait s'excuser en parlant de la crainte d'exciter une sédition parmi le peuple, car il avait des troupes pour maintenir l'ordre. Sixte V conclut en disant : « Le Roi ayant encouru les censures et Texcommunication a besoin de recevoir l'absolution : l'évêque du Mans vient sans doute la demander, car celle donnée en vertu du bref invoqué parle Roi n'est pas suffisante : de tels brefs ne pouvant s'étendre a un cas si grave et si imprévu, doivent Être interprétés par le Pape et non par le Roi. Il n'y a donc qu'à remettre par écrit une demande et on enverra la réponse. »

L'évêque apnt sollicité la permission de répliquer commença par assurer qu'il avait dit la pure vérité. « Il n'est pas question de cela, s'écria aussitôt le Pape t les détails ont peu d'importance. Il faut parler sur le cardinal. 7> — « J'obéis alors, écrit l'évêque, j'avouai et reconnus que les cardinaux et les évoques étaient sujets du Pape, mais cependant comme ils ue cessaient d'être sujets du Roi, il ne leur était pas permis de troubler l'État et le repos public. Sa Sainteté m'arrêta : « Dieu ordonne certainement d'obéir aux Princes, dit-il, et il u'esipas permis de se révolter contre eux. » Puis comme je

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voulais cODclare que la révolte excitée par le cardinal avait précisément motivé la conduite du Roi, le Pape ne me permit pas de continuer et pour me fermer la bouche me dit de faire bien attention à mes paroles : « Prenez garde de ne pas vous égarer, » me répéta-t-il plusieurs fois (i), il ne voulait sur ce point me laisser parler davantage, comme s'il craignait de me voir avancer une erreur. Il dit alors : « répondez au sujet de Técrit à remettre. « L'évéque fut obligé d*avooer qu'il n'avait pas Tordre de présenter une supplique, le Roi l'ayan^t seulement envoyé pour assurer le Saint Père de soo respect et lui demander sa sainte bénédiction. « Mais comment, repartit le Pape, le Roi veut-il avoir cette bénédiction puisqu'il persévère dans son péché en retenant encore prisonnielrs un archevêque et un cardinal ? — II veut les empêcher de mal agir, reprit l'évèque, et il a promis de les rendre à la liberté lorsque les troubles seront finis. » Sixte V parât se contenter de cette réponse et demanda de nouveau une demande par écrit. — « Je ne suis point chargé de la faire, repartit encore l'évèque, et il pria le Souverain Pontife d'accorder toujours au Roi sa bénédiction^ ^— Nous verrons, » répondit-il et l'évèque se retira.

Le vendredi 3 mars, l'évèque du Mans accompapé du marquis de Pisany revint à l'audience du Pape. L'évèque ayant cherché à dissiper l'impression mauvaise que Sa Sainteté avait pu concevoir de certaines paroles dites dans la précédente entrevue, Sixte V l'interrompit aussitôt en lui disant : « ne vous y arrêtez pas, il n'en est pas question et il s*agit uniquement de la mort d'un cardinal. » il ajouta : a Nous vous avions dit de déposer un écrit, l'apportez-vous?» puis avec une sorte de dédain : « Consolation, bénédiction, dit-il, je n'entends pas cela moi ! qui veut être absous de soo péché a besoin de le confesser, de le reconnaître, d'en demander humblement pardon, de le détester, non d'y persévérer, comme fait le Roi, en retenant encore dans ses prisons .un cardinal et un archevêque. Si le Roi voulait m'envoyer

(1) « Vcdctc di non cascar in qualchc disordinc. »

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ces prélats, je les châtierais et les empêcherais de mal faire, car je sais parfaitement la manière de procéder. » Puis se montrant très irrité de l'affront fait à l'Église et au collège des cardinaux, il dit qu'assurément le Roi avait encouru les censures et avait besoin d'absolution comme les autres personnes, car la dignité royale ne donnait pas le pouvoir de pécher, et il fallait savoir si le Roi voulait se séparer de rjSglise ou s'humilier sous la main de son chef.

L'évéque reprit la parole et répondant aux dernières observations, il pria le Souverain Pontife de ne pas douter de la piété du Roi et de son zèle pour TÉglise. « S'il était moins ferme dans son amour, la France eut pu être précipitée dans les périls, car les occasions n'ont pas manqué et ne manquent pas chaque jour ; il a vu ses sujets se révolter contre lui sous prétexte de religion et cependant il n'a rien dit : peu de Princes eussent été aussi réservés ; lorsqu'il a frappé il n'a point considéré la dignité du cardinal, il a vu seulement le péril de l'État et le besoin de pourvoir à sa sûreté. Dès que son confesseur eut éveillé ses scrupules, il n'a cherché aucune excuse et s'humiliant sous l'autorité du Saint- Siège il a demandé l'absolution : sa conscience est tranquille. — - Si Sa Majesté, répliqua Sixte V « d'un ton qui ressemblait à la colère, » se tient suffisamment absoute, elle n'a qu'à rester en cet état, mais le Pape en juge autrement. — Le Roi demande la bénédiction et les conseils de Votre Sainteté, » répondit l'évéque, et Sixte V de répliquer « pour obtenir l'absolution, il faut reconnaître sa faute. — Demander une bénédiction reprit d'Angennes, c'est bien la reconnaître, se soumettre ; » et il parla des pénitences accomplies par le Roi, de ses grandes austérités et de ses nombreuses dé volions. La bénédiction demandée était donc la ratification de la précédente absolution donnée par le confesseur. Du reste, si le Pape voulait imposer au roi quelque pénitence personnelle, il s'engagerait à la faire » et l'évéque supplia Sa Sainteté d'apporter en cette affaire sa prudence accoutumée.

Sixte V reprit ses premiers raisonnements, au sujet de l'absolution, insista sur la nécessité de présenter une suppli-

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que et conseilla de parler toujours aux cardinaux de la Congrégation de France.

Ainsi se termina cette seconde audience. Le marquis de Pisany, le cardinal de Joyeuse, Tévêque du Mans, et Villeroy réunis pour examiner la situation, furent d'avis de ne consentir à aucun acte qui impliquât la reconnaissance d'une juridiction quelconque sur le roi de la part de la Congrégation : il ne leur sembla donc pas à propos de discuter devant eux tous, mais ils résolurent de leur rendre visite séparément, et dans le cours de la conversation d'entendre leurs avis. V Leurs «raisons, écrit Tévéque, ne furent ni autres, ni meilleures, que celles déjà émises par le Souverain Pontife; ils reconnurent la validité du bref pour la conscience au for intérieur, ce qui est le principal, mais ils ne l'admirent pas au for extérieur. » le 8 mars, l'évêque retourna chez le Pape pour t^prcBdre son thème habituel, mais Sixte V lui dit pre^ qu'en colère qu'il s'étonnait de le voir perdre le temps h lui conter ces sornettes, ce furent ses expressions. « Le Roi aurait dû demander l'absolution et loin de la solliciter on loi contait des niaiseries ! Cela l'ennuyait, l'irritait » et Sixte V s'emporta jusqu'à menacer l'évêque du Mans de le faire jeter en prison. Aussi dès qu'il eut fini de parler, le marquis de Pisany prit la parole et après avoir rappelé avec quel respect il avait toujours parié au Souverain Pontife, « les ambassadeurs, dit-il, ont coutume d'exposer en toute liberté le? raisons présentées par leurs maîtres, sans être intimidés et menacés de prison. Quant à nous, nous nous humilions devant le Pape, mais pour le service du Roi, sans craindre d'aller en prison, nous exécutons nos ordres, au risque même de perdre la vie et de porter nos têtes sur k pont Saint Ange.»

Sixte V avait évidemment été trop loin ; il ne répondît pas et changea de propos : « Le Roi n'est pas absous, dit-il, voudrait-on soutenir le contraire? Si le Roi demande Tabsolation, le Pape remplira son devoir et interviendra pour rendre la paix au Royaume dont l'état lamentable était affligeant. Pendant que nous discutons ici, la [situation s'aggrave.

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— C'est là précisément^ reprit TËvéque, la raison de notre insistance; tout délai augmente le mal et perd les âmes égarées par les décisions rendues en Sorbonne, au préjudice de Fautorité du Saint-Siège^ pour délier les sujets de leur fidélité. — Noos le savons, dit le Pape, mais le Roi ne remplit pas son devoir ; Dieu réprouve et de plus grands malheurs sont encore à craindre; il y à cependant encore en France de bons catholiques pour défendre TËgiise, Dieu saura les protéger et les sauver. y> Ces paroles inquiétèrent un peu rÊvêqne, car le Pape en employant le mot : « bons catholiques » lui sembla faire allusion aux Ligueurs* L'Évèque répondit donc : « c'est mon espoir et ma confiance, car Dieu ne saurait abandonner ni le roiy ni ses sujets catholiques. Avec Taide du ciel, il s'en tirera, car Dieu ne laissera pas pros* pérer ceux qui, en se couvrant de son nom sous prétexte de religion, se révoltent contre leur prince et désobéissent à ses exprès commandements. Le Roi bientôt hors d'affaire, il faut l'espérer, saura alors remercier ceux qui l'auront secouru et se soutenir aussi de celui qui ne l'aura pas aidé. — Dieu peut le faire, répondit le Pape il peut délivrer le royaume en faveur de tous les grands saints, martyrs et confesseurs de la France, qui prient pour elle et y sont invoqués. »

L'ambassadeur et l'Ëvêque se retirèrent, et après avoir longuement délibéré,, ils résolurent de demander enfin l'absolution, tout en maintenant hi réserve qu'on pouvait s'en passer. Ils revinrent donc le dimanche suivant h l'audience du Pape et feignant d'avoir reçu une dépêche qui ordonnait de demander l'absolution, l'évèqoe du Mans en se jetant à genoux : « Je vous demande, Saint-Père, dit-il, l'absolution que le Roi très chrétien avec toute rhumilité^ respect et révérence d'un fils très dévot et obéissant, vous supplie de lui accorder avec votre sainte bénédiction », cependant il ajouta que le Roi ne pensait pas avoir encouru les censures.

Le Pape lui dit aussitôt de se rasseoir, que cet acte de soumission lui était agréable et qu'il aurait voulu le voir agir ainsi dès le commencement. Le royaume ne serait p^ ^i

troublé, ajouta-t-il, et de profonds soupirs sortant de sa poitrine montraient sa peine extrême.

« 11 faut, dit ensuite Sixte V, que le roi gouverne les affaires de TËtat avec prudence et intelligence : » Le Pape donnera sa bénédiction, mais auparavant il a besoin de savoir ce que Ton compte faire des prisonniers. Le légat peut les garder aussi bien que les gens du roi, et il convient d'avoir confiance en lui. Leur remise entre les mains de son représentant serait du reste un moyen d'arrêter les mouvements en enlevant les prétextes invoqués pour obtenir leur délivrance. Le pape se dit très bien instruit de ce qui se passait en France, à la Cour et ailleurs : dernièrement, les villes de Paris, de Toulouse, d'Orléans, de Rouen, de Lyon et d'autres encore avaient soilicité une approbation de leurs actes et une déclaration contre le Roi, mais il avait bel et bien renvoyé leurs députés, en blàmantleur conduite et en leur ordonnant d'obéir à leur Roi comme au chef voulu par Dieu. « Vous pourrez le savoir, si vous vous en informez, ajouta-t-il ; la réponse il est vrai a été seulement verbale, et il n'y a pas eu d'écrit; » il désirait aider le Roi et le tirer d'embarras, car il l'aimait et avait pour lui une affection toute particulière. L'évêque demanda de nouveau l'absolution, mais le Pape ne voulut pas l'accorder avant d'avoir les réparations nécessaires au sujet des prisonniers : il prit alors plaisir à discourir sur les secours à envoyer et il parla de 12 à 15,000 hommes.

Ainsi se termina la quatrième audience où le Pape, au dire de l'Évêque du Mans, à s'était montré un peu de meilleure, ou de moins mauvaise humeur que dans les précédentes. »

Nous avons rapporté, d'après le récit de l'envoyé extraordinaire du Roi les principaux incidents de ces entrevues, parceque, bien que Sixte V put en contester jusqu'à un certain point l'inexactitude (i), les positions prises par lui vis- Ci) Le rapport de l'Évoque sur ses entrevues fui saisi à Roanne et envoyé au Pape (Hubner, /. c, t. Il, p. 231). Le Cardinal de Montait) écnvit alors au duc de Nemours : « Quanto aile lettere del vcscovo du Mans dlspiace a S. S; che quel Prelato sia cascato in lanto disordinc. » Arctudu Vatican, UUere^ t. XXIII, f> 80 ; !2i avnl 1589.

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à-vis du Roi et des Ligueurs^ y paraissent nettement indiquées. Le Pape abandonnant le côté purement politique de la question, a gardé le silence sur la mort du duc de Guise, mais a exigé pour la mort du Cardinal une demande d'absolution et, comme preuve de repentir, la délivrance préalable des Prélats restés prisonniers. Vis-à-vis de la Ligue, le Pape a été aussi net ; il a loué le zèle des catholiques, mais a blâmé leur révolte.

Toutefois ces déclarations ne purent donner confiance à rÉvëque du Mans, et il rapporta de son séjour à Rome de fâcheuses impressions. Le roi, selon lui, avait peu de serviteurs auprès du Souverain Pontife, et il écrivit : « l'intérêt particulier conduit ici les hommes : nos affaires seront plus ou moins aidées selon la tournure des événements et d'après les circonstances on favorisera le parti qui semblera le plus fort. » Aussi, concluait l'Évêque, « les serviteurs du Roi désirent voir Sa Majesté entrer en campagne pour combattre ses ennemis. Dieu Tassistera et bon nombre de loyaux sujets l'accompagneront. C'est notre espoir, car cette résolution fera réfléchir beaucoup de villes et la réflexion amènera le repentir. )>

Mais le faible monarque voulait-il sérieusement se mettre en campagne ?

VU

Malgré l'opposition de plusieurs conseillers, Henri III annonça son départ pour Moulins. Ce voyage, décidé par l'influence du duc de Nevers et approuvé par le Légat, avait à leurs yeux l'avantage d'éloigner le Roi des huguenots et d'occuper un point stratégique important puisque Moulins se trouvait au centre de la France, entre deux rivières, à égale distance de Lyon et de la Bourgogne, plus rapproché de Montmorency dont la femme était attendue à la cour oii son frère

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