‹ La ligue et les papesChapitre 27 sur 32 · SOUS INNOCENT IX & CLÉMENT VIII · texte numérisé non relu

SOUS INNOCENT IX & CLÉMENT VIII

29 octobre 4591 — 2 décembre 1592

c Pour la rédaction de ce pays k l'obéissanee des catholiques, Je ne serai Jamais las de travailler et n'I Yeux espargnerni forces, ni moiens, non pas mesmes ma propre vie, car j'ai toujours creu ne la pouvoir plus dignement emploier. . . que pour défendre la foy que mes pères m'ont enseignée. »

Lettre du due de Nemours.

< J'ay pris et suivi le chemin d'un homme de bien... croyant que c'était notre honneur de traiter avec le Roi pourvu qu'il voulut être

catholique En traitant avec d'autres,

nous ne sauverions pas le royaume. »

lettre de YiHeroff.

Ant. Facchinetti, élu Pape le 39 octobre 1891, à Tâge de soixante-douze ans, pxit le nom d*Innocent IX. « Dieu soit loué, écrivait de France l'archevêque Matteuci, le Sacré Collège a judicieusement choisi un Pontife saint et prudent, qui n'a pas besoin d'instituteur (1). Chacun est joyeux, car c'est, dit-on, le pontificat des bons et des braves. »

(1) « Non ha bisogno di pédante. » Arch. du Va'ican, /. c, t. XXXVIII, f<» 513.

Un moment on avait répandu le bruit qu'Innocent IX ne serait pas éloigné de favoriser la maison de Bourbon, si on pouvait le faire, sans nuire à la religion catholique, mais Mgr Landriano s'empressa de le dénaentir. « Innocent IX, dit-il, appuyera la cause catholique avec autant d'ardeur que Grégoire XIV, car son seul but sera de pourvoir au bien public et à la conservation de la religion. »

Dans le consistoire du 13 novembre, les cardinaux demandèrent qu'on préparât une décision au sujet des troupes envoyées en France, et le 27, la Congrégation composée des cardinaux de Santa Severina, Lancellotto, Mattei, Acquaviva et Caetani, fut réunie dans le palais où ce dernier était retenu par la goutte. Le cardinal Sfondrato était resté à sa villa de Frascati. La Congrégation décida :

1* De conserver les fantassins italiens actuellement en France, réduits de 8.000 hommes à mille ou 800, la cavalerie réduite à sept cents lances. L'argent avancé pour la cavalerie serait suffisant, et môme au delîi, pour payer l'infanterie. Le Pape n'aurait ainsi à'solder que 700 chevaux.

S*" De conserver le duc de Montemarciano à la tête de ces 700 chevaux et de ces 1.000 fantassins. Les cardinaux de S. Severina, Lancellotto et Acquaviva furent d'avis d'assigner au duc mille écus par mois ; les cardinaux Mattei et Caetani voulaient en donner seulement 500, comme au comte de Santa Fiore, au temps de Pie V, ou 600, comme à Marc-Antoine Colonna, au temps du même Pontife, le surplus pouvant être fourni par Sa Sainteté, en manière de don, afin que les livres de la chancellerie ne portassent pas trace de a cette mauvaise habitude » de donner aux généraux une aussi forte somme. Ces dispositions devaient s'appliquer an cas où le duc de Parme viendrait en France avant le 15 décembre. Si à cette époque il n'était pas venu, on licencierait les troupes, sauf, pour ne pas paraître abandonner les catholiques, à laisser mille chevaux bien armés et équipés avec une paie qui, par mois, ne dépasserait pas douze mille écus. Le duc de Montemarciano. avait Tordre exprès de se réunir au duc de Mayenne auquel il devra avoir

Page 1