‹ La ligue et les papesChapitre 3 sur 32 · VI AVANT -PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT -PROPOS

En face de tout ce mondf qu'ils dominent du haut de la chaire de Saint-Pierre, nous voyons les papesSixte-Quint avec son coup d'œil de politique, Grégoire XIV avec sa résolution d'empêcher à main armée Tavènement au trône d*un prince protestant, et ce Clément VIII qui a pour la France les inquiétudes et les tendresses d'un père : ils ont tour à tour comme Nonces et Légats dans notre pays un Frangipani, un Morosini, un Sega, un Landriano, un Médicis.

Les événements sont à la hauteur des personnages.

Voici la prise d'armes des Guise, Tinvasion des reîtres allemands arrêtée aux combats de Vimory et d'Auneau ; voici les barricades élevées soudain dans les rues de Paris, le duc et le cardinal de Guise frappés dans le château de Blois, Henri III tombant six mois après sous le poignard ; puis les grands coups d'épée donnés à Arqdes et à Ivry, à Paris et à Rouen ; les émeutes populaires et les manifestations bourgeoises, les conférences dans les États généraux préludant à l'abjuration de Thériticr de la couronne au seuil de Téglise de Saint Denis.

On voit quelles scènes et quels souvenirs, quelle hauteur et fierté dans les âmes! combien les esprits sont résolus et les cœurs ardents! c'est qu'en fin de compte il y a ici en jeu deux causes sacrées : la Religion h défendre contre les Protestants et la Patrie h protéger contre les Espagnols. Opposées alors l'une à l'autre, et ennemies, toutes deux doivent triompher pour que l'on retrouve, heureuse et forte, la france catholique et monarchique d'Henri IV, de Louis XIII et de Louis XIV.

Des documents conservés principalement aux Archives du Vatican, nous ayant permis d'étudier à une lumière nouvelle les faits de cette époque, nous avons écrit ces pages et nous n'avons pas cru inutile de les publier.

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