L'ŒUVRE DE LA COMMISSION PREPARATOIRE
Deux thèses principales, l’une soutenue par la France, l’autre par les nations anglo-saxonnes, devaient se heurter au cours des travaux de la Commission Préparatoire.
Celle défendue par notre pays, en conformité avec l’article 8 du pacte de la $S. d. N., posait la sécurité comme condition préalable de toute réduction d’armements, affirmait l’interdépendance des diverses catégories d’armements auxquelles cette sécurité est liée, enfin la nécessité de tenir compte du « potentiel de guerre de chaque état ». La France estimait, d’une part que la limitation des armements ne saurait être réalisée que si une garantie internationale équivalente vient remplacer la puissance des armes, en un mot que le désarmement dépend strictement de la
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sécurité, d'autre part qu’en raison de l'influence réciproque que les trois grandes catégories d’armements : armée, marine, aéronautique ont les unes sur les autres, il est impossible de les séparer et d’en faire l’objet de conférences ou conventions distinctes et qu’en conséquence il-est nécessaire de les limiter simultanément. Ce principe de l’interdépendance des armements est d’ailleurs soutenu par les puissances dont la sécurité nationale est à la fois continentale et maritime, en outre il est conforme à l'esprit du pacte de la S. D. N.
D'un avis tout à fait opposé, est la conception anglosaxonne qui veut aboutir à une réduction indépendante de chacune des différentes catégories d’armements, en dehors de toute considération de sécurité, celle-ci devant logiquement d’après elle, découler ipso facto de la réduction réalisée. La thèse anglo-saxonne prétend, en effet, que chaque Etat, en réduisant ses armements apparents, contribue par cela même au maintien de la paix et voit ainsi sa sécurité s’accroître par suite des réductions consenties par ses voisins en particulier, et par tous les autres états en général : elle tend donc vers une limitation séparée des armements terrestres, navals et aériens car pour elle’ le désarmement terrestre ne met en cause que les pays européns tandis que le désarmement naval, problème d’ordre financier, intéresse toutes les nations. Assurément c’est bien là le point de vue de ceux qui, n’ayant rien à craindre des armements terrestres, savent que seuls les armements navals peuvent les mettre en danger.
Certaines natfons estiment que la solution du problème exige que l’on tienne compte du « potentiel de guerre » car pour évaluer la capacité d’armements d'un pays, disent-elles, il est nécesaire de tenir compte aussi